mercredi 8 juillet 2020

El Alamein, Montgomery et Rommel 3/3

Pourtant, on méconnut à Londres le succès d'Auchinleck. Churchill le contraignit à poursuivre l'attaque. "Auk" y perdit 86 chars "Valentine" sur 97. Il ne lui restait plus de réserves. Incapable de poursuivre sa contre-attaque, il dut s'arrêter Churchill ne le lui pardonna pas. Il le sacrifia aussitôt. Le 6 août, il le releva de son commandement et décida de faire subir le même sort à Ramsden, Corbett et Dorman Smith. Gott, excellent général et vieux routier du désert, fut désigné pour prendre le commandement de la VIIIe Armée. Il fut tué, le 7 août, son avion ayant été descendu par la Luftwaffe. C'est ainsi que Montgomery, servi par la chance, prit le commandement de la VIIIe Armée à sa place, alors que, le 8 août, le général Alexander (futur maréchal de Tunis) arrivait au Caire, pour assumer le commandement de tout le secteur du Moyen-Orient.

L'entrevue que "Monty" eut avec "Auk'' fut glaciale. Auchinleck accepta sa disgrâce avec dignité. "Monty" devait l'accuser ensuite, sur la foi, a-t-il dit, du témoignage de Guingand, d'avoir préparé la retraite sur le Nil, ce qui était faux. Puis, avec un incroyable aplomb, "Monty", nous conte M. Corelli Barnett, s'appropria les plans de "Auk". Une fois de plus il fut favorisé par la chance car Churchill réclamait toujours une contre-offensive immédiate qu'il était impossible de mener à bien avant l'arrivée des renforts. Mais heureusement pour "Monty", Alexander s'interposa et arracha à Churchill le délai refusé naguère à Auchinleck, ce qui donna le temps au nouveau chef de la VIIIe Armée de rassembler les énormes renforts en éléments cuirassés, artillerie et troupes qui lui parvenaient enfin par la route du Cap et la mer Rouge. C'est ainsi que "Monty" put enfin lancer à Alam Halfa du 31 août au 7 septembre 1942, l'offensive qu'avait précisément conçue "Auk" le vrai vainqueur « in absentia ».

Il devait lancer ensuite le 23 octobre la « seconde bataille d’El Alamein » dont il s'est si fort enorgueilli, bataille inutile et coûteuse (13 500 hommes et 600 chars perdus) commandée par des motifs politiques et des considérations de prestige et de propagande. Mais même si "Monty" n'eût pas livré et gagné cette seconde bataille d’El Alamein, Rommel aurait dû quitter l’Égypte avant un mois, et la Tunisie dans trois, parce que les Alliés déclenchaient précisément l'opération "Torch" et venaient de débarquer, le 13 novembre 1942, en Afrique du Nord. Pour échapper à la tenaille constituée par la Iere Armée et la VIIIe, l'Afrika Korps était donc contraint de battre en retraite vers la Tunisie. Or "Monty" connaissait l'imminence de "Torch". Il décida donc son offensive en calculant que, de toute façon, il était assuré de ne pas perdre la bataille. Mais il s'était déjà inspiré des plans d'Auchinleck, de Dorman Smith et de Ramsden à la bataille de Alam Halfa, livrée quinze jours à peine après le limogeage de "Auk"

Dans cette seconde bataille d'El Alamein, dont il tira tant de gloire, "Monty" avait bénéficié de tous les avantages refusés à son infortuné prédécesseur. Il avait reçu deux divisions cuirassées, équipées en chars "Sherman" et en "Grant", une centaine de canons de 105 m/m, une puissante artillerie antichars et deux divisions fraîches d'infanterie. Il avait 220 000 hommes à opposer aux 108 000 de Rommel (et sur ce total, celui-ci ne comptait que 54 000 Allemands). "Monty" disposait enfin d'un matériel bien supérieur à celui de l'adversaire (1 100 chars, y compris 480 chars lourds) et il put encore faire appel à 200 chars supplémentaires au cours de la bataille du 23 octobre. Rommel n'avait que 500 chars (200 allemands, 300 italiens, ceux-ci très inférieurs). Seuls les chars allemands "Mark III" et "Mark IV" étaient de taille à tenir tête aux "Sherman" et Rommel n'en avait que... 30. En outre, il ne disposait que de 300 avions alors que "Monty" en avait 800 sans compter une puissante artillerie et d'un millier de canons allemands (excellents d'ailleurs) de 88. Pourtant la « Panzer Armée » réussit ce fait d'armes de résister douze jours à un ennemi dont la puissance de feu et les effectifs étaient bien supérieurs et Rommel réussit à faire échapper son armée à la destruction qui semblait être inévitable. Quelques mois plus tard, à El Agheila, le 13 décembre 1942, Rommel se trouvait encore en mesure de résister avec succès alors qu'il ne lui restait que... 35 chars contre les 120 de son adversaire. Il dut pourtant reculer encore sur Buerat, le 13 janvier 1943. Mais la VIIIe Armée n'atteignit la ligne du Mareth que le 20 mars 1943, après la chute de Tripoli survenue le 23 janvier. Ainsi prit fin la guerre du Désert à laquelle devait succéder la campagne de Tunisie.

« La bataille d'El Alamein, déclara plus tard Montgomery, marqua le tournant décisif de la guerre », et même « un succès sans précédent dans l'histoire ». En réalité, ce fut le chant du cygne de l'armée anglaise. Les grandes décisions stratégiques lui échappèrent et passèrent ensuite aux Américains.

Rommel, homme de guerre génial, fut quant à lui secondé par des généraux de grande valeur, (Kesselring et Student, Fritz Bayerlin, Georg von Bismarck tué au combat Hildebrand von Hrnim, Gause, Neuman Silkow - tué le 7 décembre 1941 -, Klezmann, Krause, Hameke (le célèbre « papa Rameke » des "Paras"), von Randow, Rawenstein, von Thoma, von Melenthin, Walther Nehring le chef de. Panzer -, Seidermann, von Waldau, von Waest, von Wechmar, Bollowius, Weber, Westphal, Crûwell, Bottcer, Geissler, les colonels Craessemann, etc. Ces chefs intrépides ne succombèrent que sous le nombre, car, contrairement à la légende, ils n'avaient nullement l'avantage en chars, artillerie, aviation ou effectifs.

Les combattants allemands, qui avaient rendu hommage à Auchinleck, n'ont pas été moins généreux envers Montgomery. Le 11 septembre 1959, à Munster, eut lieu la réunion des anciens de l'Afrika Korps à laquelle avait été courtoisement invité le "brigadier" Carver, commandant du contingent anglais stationné dans la région. On applaudit chaleureusement la lettre adressée par un ancien de la VIIe Armée à ses ennemis de jadis. « J'ai perdu, écrivait le sergent Devlin, plusieurs de mes parents au cours des raids allemands sur Londres, mais en dépit de tout ceci, je ne garde nullement rancune à nos anciens adversaires. Mon vœu le plus cher est de pouvoir un jour venir me recueillir sur la tombe du maréchal Rommel et je serais heureux d'avoir pour ami un ancien de l'Afrika Korps. » Le général Siegfried Westphal, ancien chef d'état-major de Rommel, félicita le sergent de son esprit chevaleresque et rendit hommage aussi aux qualité militaires du maréchal Montgomery.

Parmi les combattants, la campagne d’Égypte et de Libye n'avait donc laissé aucun sentiment de rancune et de haine. Les survivants de la VIIIe Armée et de l'Afrika Korps s'estimaient les uns les autres. Suivant le mot d'un soldat allemand, adressé à Sir Brian Horrocks (lorsque celui-ci était prisonnier de guerre lors de son premier conflit mondial) : « Plus les gens sont loin du front et plus belliqueux et haineux ils deviennent. »

Frédéric Bartel Écrits de Paris N° 736 Novembre 2010

Cadmos et Harmonie, la légende de Thèbes - Mythologie Grecque

Les confessions d’un écologiste : pourquoi et comment il a menti en plaidant la cause du catastrophisme climatique

Les confessions d’un écologiste : pourquoi et comment il a menti en plaidant la cause du catastrophisme climatique

Militant américain de la cause écologiste, Michael Shellenberger publie un livre dans lequel il explique pourquoi et comment il a menti en plaidant la cause du catastrophisme. Témoignage censuré par la bien-pensance. Michael Shellenberger dénonce les déclarations apocalyptiques sur le climat qui sont scientifiquement erronées et politiquement contre-productives. Dans un article censuré par Forbes, il présente ses excuses pour avoir répandu la peur climatique. La version française du texte original en anglais de sa déclaration publiée sur le site du think tank GWPF, a été traduite par l’Association des climato-réalistes. Extrait :

Au nom des écologistes du monde entier, je voudrais m’excuser pour la peur climatique que nous avons créée au cours des 30 dernières années.

Le changement climatique se produit. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre problème environnemental le plus grave. Il peut paraître étrange que je dise tout cela. J’ai milité pour le climat pendant 20 ans et été un écologiste pendant 30 ans. Mais en tant qu’expert en énergie invité par le Congrès à fournir un témoignage objectif, et invité par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à être expert examinateur de son prochain rapport d’évaluation, je me sens une obligation de demander des excuses pour la façon dont nous, les écologistes, avons trompé le public.

Voici quelques faits que peu de gens savent :

  • Les humains ne sont pas à la cause d’une « sixième extinction de masse » ;
  • L’Amazonie n’est pas « le poumon du monde » ;
  • Le changement climatique n’aggrave pas les catastrophes naturelles ;
  • Les incendies ont diminué de 25 % dans le monde depuis 2003 ;
  • La superficie des terres que nous utilisons pour la viande (l’élevage est la plus grande utilisatrice de terres) a diminué d’une superficie presque équivalente à celle de l’Alaska ;
  • Ce sont l’accumulation de bois et la proximité des habitations des forêts, et non le changement climatique, qui expliquent pourquoi il y a davantage d’incendies et de plus dangereux, en Australie et en Californie ;
  • Les émissions de carbone diminuent dans les pays riches depuis des décennies et ont atteint un pic en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France au milieu des années 1970 ;
  • En s’adaptant à la vie en dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas sont devenus plus riches et non pas plus pauvres ;
  • Nous produisons 25 % de nourriture en plus de ce dont nous avons besoin et les excédents alimentaires continueront à augmenter à mesure que le monde deviendra plus chaud ;
  • La perte d’habitat et l’abattage direct d’animaux sauvages sont des menaces plus grandes pour les espèces que le changement climatique ;
  • Le bois est bien plus dangereux pour les gens et la faune que les combustibles fossiles ;
  • La prévention des futures pandémies nécessite plus d’agriculture « industrielle » et non pas l’inverse.

Je sais que les faits ci-dessus paraîtront comme du « négationnisme climatique » à beaucoup de gens. Mais cela montre simplement la puissance de l’alarmisme climatique. En réalité, les faits ci-dessus proviennent des meilleures études scientifiques disponibles, y compris celles conduites ou acceptées par le GIEC, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et d’autres organismes scientifiques de premier plan.

[…]

Jusqu’à l’année dernière, j’ai évité de m’exprimer contre la peur climatique. C’est en partie parce que j’étais embarrassé. Après tout, je suis aussi coupable d’alarmisme que n’importe quel autre écologiste. Pendant des années, j’ai parlé du changement climatique comme d’une menace « existentielle » pour la civilisation humaine, et je le qualifiant de « crise ».

Mais surtout, j’avais peur. Je suis resté silencieux au sujet de la campagne de désinformation climatique parce que je craignais de perdre des amis et des crédits. Les rares fois où j’ai eu le courage de défendre la science du climat contre ceux qui la dénaturent, j’ai subi des conséquences sévères. Et donc je n’ai rien fait alors que mes collègues écologistes terrifiaient le public.

Je n’ai même pas réagi lorsque des gens à la maison blanche et beaucoup d’autres dans les médias ont essayé de détruire la réputation et la carrière d’un scientifique exceptionnel, un homme bien, et ami à moi, Roger Pielke, Jr., démocrate progressiste de longue date et un écologiste qui militait pour la réglementation du carbone. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que ses recherches prouvaient que les catastrophes naturelles ne s’aggravaient pas.

Mais l’année dernière, les choses ont basculé.

Alexandrie Ocasio-Cortez a déclaré : « Ce sera la fin du monde dans douze ans si  nous ne nous attaquons pas au changement climatique. » Le groupe environnemental le plus en vue de Grande-Bretagne a affirmé que « le changement climatique tue les enfants ». Le journaliste vert le plus influent du monde, Bill McKibben, a qualifié le changement climatique de « plus grand défi auquel les humains ont jamais été confrontés » et a déclaré qu’il « anéantirait les civilisations ». Les journalistes « mainstream » ont rapporté, à plusieurs reprises, que l’Amazonie était le « poumon du monde », et que la déforestation avait les mêmes effets que l’explosion d’une bombe nucléaire. En conséquence, la moitié des personnes interrogées dans le monde l’année dernière ont déclaré qu’ils pensaient que le changement climatique ferait disparaître l’humanité. Et en janvier, un enfant britannique sur cinq disait aux sondeurs qu’il faisait des cauchemars à cause du changement climatique.

Que vous ayez ou non des enfants, vous devez voir à quel point cette situation est mauvaise. J’avoue que je devrais être sensibilisé à cette question étant le père d’une fille adolescente. Après que nous en ayons parlé de façon scientifique, elle s’est sentie rassurée. Mais ses amis sont profondément désinformés et donc, naturellement, effrayés.

J’ai donc décidé que je devais m’exprimer. Je savais que l’écriture de quelques articles ne suffiraient pas. Il fallait un livre pour exposer toutes les preuves.

Et ainsi mes excuses formelles pour avoir répandu la crainte ont pris la forme d’un nouveau livre, « l’apocalypse jamais : pourquoi l’alarmisme environnemental nous fait du mal à tous ».

Il est basé sur deux décennies de recherche et trois décennies d’activisme environnemental. Avec 400 pages, dont 100 de notes de fin, Apocalypse Never couvre le changement climatique, la déforestation, les déchets plastiques, l’extinction des espèces, l’industrialisation, la viande, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.

Quelques faits saillants du livre :

  • Les usines et l’agriculture moderne sont les clés pour la libération humaine et le progrès environnemental ;
  • Le plus important pour sauver l’environnement est de produire plus de nourriture, en particulier de la viande, sur moins de terres ;
  • Le plus important pour réduire la pollution atmosphérique et les émissions de carbone est de passer du bois au charbon, puis au pétrole et au gaz naturel et enfin à l’uranium ;
  • 100 % d’énergies renouvelables nécessiteraient d’augmenter le nombre de terres utilisées pour l’énergie de 0,5 % à 50 % ;
  • Nous devrions avoir des villes, des fermes et les centrales électriques plus denses en énergie, et non pas le contraire ;
  • Les végétariens réduisent leur trace carbone de de moins de 4% ;
  • Greenpeace n’a pas sauvé les baleines ; passer de l’huile de baleine au pétrole et à l’huile de palme en sauve ;
  • Le bœuf « en liberté » aurait besoin de 20 fois plus de terres et produirait 300 % plus d’émissions en plus ;
  • Le dogmatisme de Greenpeace a aggravé la fragmentation forestière de l’Amazonie ;
  • L’approche colonialiste de la conservation des gorilles au Congo a produit un effet pervers qui a pu avoir comme conséquence le meurtre de 250 éléphants.

Pourquoi avons-nous tous été autant induits en erreur ?

Dans les trois derniers chapitres d’Apocalypse Jamais j’expose les motivations financières, politiques et idéologiques. Les mouvements environnementaux ont accepté des centaines de millions de dollars provenant de l’industrie des combustibles fossiles. Des groupes motivés par des croyances antihumanistes ont forcé la Banque mondiale à cesser leurs efforts pour mettre fin à la pauvreté en tentant de rendre la pauvreté « soutenable ». Et l’anxiété, la dépression, et l’hostilité à la civilisation moderne sont largement à l’origine de l’alarmisme.

[…]

L’idéologie qui est derrière l’alarmisme environnemental, à savoir le malthusianisme, bien que maintes fois dénoncée pendant ces 200 dernières années, est pourtant plus  puissante que jamais.

[…]

https://www.lesalonbeige.fr/les-confessions-dun-ecologistes-pourquoi-et-comment-il-a-menti-en-plaidant-la-cause-du-catastrophisme-climatique/

El Alamein, Montgomery et Rommel 2/3

Dès le mois de mars 1941, Rommel passait à l'offensive. Wawell dut battre en retraite, perdant en avril Bardia et la Cyrénaïque. L'Afrika Korps poussa alors en avant sur trois colonnes le long de la côte vers Benghazi, le long de la route Msus-Mechili, et plus au Sud, sur la route Mechili-Derna. O'Connor se porta vainement au secours du général Neame qui, dans son inexpérience, s'était fait sérieusement bousculer. Le 6 avril O'Connor, qui se trouvait avec Neame dans sa voiture en reconnaissance en avant des lignes, perdit son chemin. Tous deux furent faits prisonniers. Le destin frustra l'Histoire du duel le plus fascinant entre Rommel et O'Connor. Le 9 avril, Wawell décida que la seule façon de bloquer l'avance ennemie était de tenir Tobrouk, défendu par le "brigadier" Harding et le général Morshead, de la 1ère Division australienne. Contournant Tobrouk, Rommel marcha alors droit sur l’Égypte, atteignant la frontière le 28 avril. Puis, essoufflés, privés les uns et les autres de carburant, Anglais et Allemands durent s'arrêter pour attendre leurs approvisionnements.

Cependant la flotte italienne avait subi des échecs répétés (le 12 octobre 1940 au large de Malte, le 10 janvier 1941 dans les détroits de Sicile, le 28 mars 1941 au cap Matapan). De ses bases grecques, Crétoises et yougoslaves, la Luftwaffe bloquait toutefois les voies de communication anglaises en Méditerranée, et gênait les mouvements de troupes en Libye. Obsédé par le souci de remporter une victoire éclatante pour remonter le moral anglais et regagner du prestige, Churchill harcelait sans relâche Wawell et le poussait à l'attaque alors qu'il n'en avait pas les moyens. Le 15 juin 1941, l'offensive anglaise devant Sollum (opération « Battle Axe ») échoua pitoyablement   Gatehouse perdit 99 chars sur 104.

Furieux de cet échec, Churchill releva Wawell de son commandement, le 21 juin, sans égard pour les succès méritoires qu'il avait remportés naguère contre les Italiens en Afrique orientale, avec fort peu de moyens.

Wawell fut relevé par Sir Claude Auchinleck, Écossais énergique et capable. Dès le début, il s'efforça de tenir tête aux ordres inconsidérés de Churchill qui exigeait sans cesse une offensive prématurée. "Auk" réclamait, pour attaquer avec des chances raisonnables de succès, 50 % de renforts (soit 25 % de ses effectifs pour couvrir les pertes au combat et 25 % pour assurer les arrières et le service des ateliers de réparations des blindés). Churchill lui répliqua par un refus sardonique : « Ce n'est qu'au ciel que les généraux bénéficient de tels avantages ! »

Pendant de longs mois, la fortune de la guerre hésita. Le 18 novembre 1941, Cunningham, commandant alors la VIIIe Armée sous les ordre de "Auk", engagea avec Norrie et Godwin Austen l'offensive de "Crusader" sur la ligne Tobrouk-Capuzzo-Gabr-Saleh-Bardia, afin de dégager la garnison de Tobrouk.

L'affaire tourna mal. Cunningham, épuisé physiquement, fut relevé de son commandement le 26 novembre et remplacé par Ritchie, tandis que les "Panzer" de Crûwell attaquaient durement les lignes anglaises. Le 4 décembre, Rommel dut arrêter son offensive. Mais, en janvier 1942, Rommel avait pourtant repris la Cyrénaïque occidentale, dégagé Benghazi et avançait sur Méchili. De février à mai 1942 les adversaires restèrent presque sans bouger sur leurs positions, face à face, dans les sables de Gazala, attendant, de part et d'autre, du ravitaillement.

Le 27 mai, Rommel repartait à l'attaque de la VIIIe Armée. La bataille de Gazala se décomposa en trois phases :

1°) Du 27 au 28 mai , 2°) du 31 mai au 5 juin , 3°) du 11 juin au 14.

Ramsden tenait le flanc droit britannique le long de la côte, avec la première division sud-africaine et la 50e anglaise. La seconde division sud-africaine, avec Klopper tenait Tobrouk, appuyée par le 13e corps de Gott, le flanc gauche était défendu par Kœnig et sa brigade française à Bir Hakeim qui tenait l'extrême Sud sur le flanc du 30e corps de Willoughbie Norrie. Kœnig, en résistant opiniâtrement une semaine, retarda l'avance ennemie, mais Rommel, battant Ritchie, qui avait temporisé et n'avait pas observé les consignes d'Auchinleck, ne s'empara pas moins de Tobrouk le 21 juin. Rommel, avec 15 000 hommes, avait forcé Klopper à capituler. Il rafla 35 000 prisonniers et un énorme matériel. La faute était imputable à Ritchie qui n'avait pas su décrocher à temps la deuxième division sud-africaine de Derna, à Gazala, et sa division cuirassée qui, au lieu de couvrir sa retraite, tomba dans le piège de l'ennemi à "Knightsbridge" où elle se fit démolir par les canons de 88 m/m de Rommel.

Celui-ci, après avoir rapidement dépassé Bardia, Sollum, Sidi Barrani, marchait irrésistiblement sur le Delta. Après cette brillante victoire, il fut promu maréchal ainsi que Cavallero et Bastico, tandis que Nehring était nommé général de la Panzer Armée. Le 31 août pourtant, à bout de souffle, Rommel dut s'arrêter à une étape d'Alexandrie, faute d'essence. La défaite de Ritchie à Mersa Matruh, la destruction de ses meilleures unités, laissaient Auchinleck en fâcheuse posture. Les perspectives étaient tragiques. La VIIIe Armée était définitivement battue, les Allemands, en huit jours, seraient maîtres du Delta du Nil, la Palestine et la Syrie tomberaient comme un fruit mûr, et adieu les pétroles d'Irak et de Perse ! La Turquie ne pourrait plus garder sa neutralité et devrait céder à la pression allemande. Le flanc caucasien de l'armée soviétique se trouverait tout à fait découvert. Déjà Manstein s'emparait de Sébastopol, le 3 juillet Koupiansk tombait et l'armée de von Weichs s'avançait sur Biéligorod et Karkhov (le 8 août, von Bock devait prendre Armavir, Maikop et Krasnodar). Le front d'Ukraine était crevé. Que Rommel arrivât à Alexandrie, tout le Moyen-Orient tomberait, l'Inde serait à la merci d'une double offensive, les armées japonaises de Birmanie feraient jonction avec les armées allemandes qui, par l'Irak et la Perse, prendraient facilement l’Inde à revers. La flotte japonaise, de son côté, forçant les défenses de l'océan Indien, pourrait alors remonter la mer Rouge et déboucher en Méditerranée.

Pourtant, "Auk" ne perdit pas courage. Il choisit comme principal exécutant un Irlandais à l'esprit fertile, Dorman Smith. La bataille de Gazala, gagnée par Rommel, du 27 au 30 mai, sur Ritchie, puis la bataille de Mersa Matruh, le 29 juin, marquaient l'apogée de la Panzer de l'« Afrika Korps ».

"Auk" allait-il pouvoir défendre le quadrilatère Suez-Port Saïd-Le Caire-Alexandrie ?

Du 30 juin au 25 juillet il livra la première bataille d’El Alamein qui se décomposa en trois phases :

1°) Du 30 juin au 2 juillet, 2°) du 13 au 17 juillet , 3°) du 22 au 25 juillet.

Il réussit alors, par sa ténacité, à barrer la route d'Alexandrie à Rommel, et à écraser les divisions d'élite italiennes (Ariete, Brescia, Pavia, Sabratha, Trieste). Rommel se trouva réduit à la défensive.

À suivre

El Alamein, Montgomery et Rommel 1/3

Le maréchal britannique Montgomery 1887 1976) s'est taillé une grande réputation non seulement par ses mérites qui lui valurent d'être fait vicomte of Alamein mais aussi par son sens aigu de la publicité. Ses thuriféraires et ses propres écrits lui ont accordé le crédit de la victoire d'El Alamein, faisant de lui l'irrésistible vainqueur du maréchal Rommel. Une légende écornée par l'historien anglais M. Correlli Barnett dans son livre Les généraux du désert qui nous conte les vicissitudes de la campagne d’Égypte et de Lybie, commencée le 9 décembre 1940 par une première offensive du général O'Connor, et qui aboutit, le 3 février 1943, à la prise de Tripoli par Montgomery, ce qui contraignit l'Afrika Korps à battre en retraite sur la Tunisie.

Le début de la guerre avait été marqué pour l'Angleterre par une série de défaites retentissantes : la retraite de Dunkerque, la perte de la Somalie britannique dans l'été 1940 avaient été suivies de désastres en Grèce et en Crète, en Extrême-Orient - en Malaisie, à Singapour où le général Percival capitula avec 100 000 hommes presque sans coup férir devant 35 000 Japonais -, en Birmanie, etc. L'armée anglaise était totalement impréparée, en Afrique comme en Europe ou ailleurs. M. Correlli Barnett rappelle ses insuffisances, le dédain de ses chefs pour la guerre de chars, la structure archaïque des unités régimentaires, nullement adaptées à la guerre de mouvement et aux vastes opérations de masses. Les généraux anglais, pour la plupart, étaient tout juste capables de commander de petites unités. Ils ignoraient l'interdépendance de l'artillerie, des unités cuirassées, de l'aviation. Ils ne surent d'abord qu'organiser des colonnes qui se faisaient bravement hacher par un ennemi plein de ressources. Cependant l'Angleterre eut la chance d'avoir, en Afrique, dans cette période catastrophique, deux remarquables soldats : Wawell et Auchinleck, son successeur, tous deux fort injustement décriés par la suite et tous deux victimes du ressentiment colérique de Churchill, obsédé par l'idée de jouer au petit soldat - ou plutôt au généralissime, ce qui, en maintes occasions, aboutit à des résultats désastreux.

Le général sir Archibald Wawell, qui avait remporté de très grands succès en Afrique orientale, n'avait à sa disposition que des troupes peu nombreuses et mal équipées. Pourtant avec le général O'Connor, autre très remarquable soldat, il réussit à s'emparer, en six mois, de la Libye, faisant 200 000 prisonniers aux Italiens et raflant une énorme quantité de matériel. Au début de décembre 1940, Wawell avait pris l'offensive contre Graziani et dégagé l’Égypte. Le 12 décembre, il reprenait Sidi Barrani, capturait 20 000 Italiens. Le 16, il s'emparait de Sollum et de Capuzzo. Le 4 janvier 1941, il prenait Bardia et y faisait 30 000 prisonniers. Le 22, il forçait Tobrouk à capituler puis s'emparait de Derna et de Benghazi.

C'est alors que Hitler envoya au secours des Italiens Rommel, soldat génial. Dès le mois de mars 1941 il déclencha une contre-offensive foudroyante qui lui permit de reconquérir la Cyrénaïque. En réalité, Wawell avait été frustré des fruits de sa victoire par les incohérences et les imprudences de Londres, imputables à Churchill, à Anthony Eden et à sir John Dill - le chef d'état-major impérial - qui s'étaient follement lancés dans une campagne de Grèce après avoir entraîné les malheureux Grecs dans une aventure où, finalement, ils furent abandonnés. Il fallut donc prélever des troupes sur les maigres effectifs de Wawell pour tenter une faible diversion en Grèce, puis en Crète - où elles furent taillées en pièces. La catastrophe grecque éclipsa la brillante victoire de Wawell et de O'Connor. Le maréchal Lord Alanbrooke s'était en vain opposé à une entreprise futile qui ne réussit ni à aider les Grecs, ni à sérieusement embarrasser les Allemands. « Je la considérais, dès le début, a-t-il dit, comme une erreur grave, car nous ne savions déjà où donner de la tête au Moyen-Orient et l'intervention en Grèce ne pouvait que provoquer une dangereuse dilution de nos forces. » Mais Churchill se refusa opiniâtrement à l'écouter : « Pour la première fois, il démontra que, s'il était un Churchill, il n'était pas un Marlborough », observe sarcastiquement Barnett.

Le 2 février 1941, Rommel débarquait en Afrique. Pendant plus de deux ans allait se dérouler une guerre courtoise, menée sans haine de part et d'autre par des professionnels qui avaient, pour l'ennemi, une estime réelle. Dans les deux camps, le soldat connaissait les mêmes épreuves physiques et morales, chantait le même air nostalgique de Lili Marlene. La campagne se déroula « comme un match de polo ». On traitait chevaleresquement : l'adversaire Rommel ne toléra jamais la Gestapo dans son armée, et traita toujours humainement ses prisonniers, fussent-ils membres des commandos juifs. Les généraux anglais invitaient à dîner les généraux allemands prisonniers (ce qui valut à Montgomery une semonce furieuse de Churchill lorsqu'il convia von Thoma - vingt blessures, les plus hautes décorations allemandes - et lui serra la main après qu'il fut tombé dans une embuscade le 4 novembre à El Daba). Les « soldats du désert » gardèrent toujours un esprit de corps remarquable qui se traduisit par des affectations vestimentaires (souliers de daim, écharpe de soie, pantalons de velours kaki, etc. qui les différenciaient des unités métropolitaines. « Historiquement, remarque Barnett, la campagne du désert continua le dernier acte militaire de l'empire britannique en tant que grande puissance indépendante et unifiée. Elle résume ironiquement le suicide de la vieille Europe. Aujourd'hui, ni Allemands, ni Italiens, ni Anglais ne contrôlent plus le Moyen-Orient pour lequel ils luttaient si âprement. Dans cette aventure épique, les hommes de dix nations recherchèrent la victoire parmi le tumulte d'une guerre mécanisée telle qu'on n'en avait jamais vu et que l'on n'en verra probablement jamais de semblable. »

À suivre

Ce que les médias vous cachent : ces Noirs qui ont défendu hier et aujourd’hui le drapeau confédéré

Les récents incidents de Charlottesville sont l’occasion pour les médias dominants d’une fois de plus tenter de manipuler l’opinion publique.

Rappelons que ces incidents sont la conséquence d’une provocation absurde : la volonté de déboulonner la statue du Général Lee, commandant en chef de l’armée confédérée et véritable héros pour tout le sud des Etats-Unis.

Or, dans cette histoire, les médias dominants manipulent l’opinion publique à plusieurs titres.

D’abord, en continuant à propager le mythe que la guerre de sécession avait pour motif principal la volonté du Nord d’abolir l’esclavage. C’est là une réécriture de l’Histoire destinée à entretenir une légende dorée en faveur des vainqueurs (les fédérés) et fermer les yeux sur toutes leurs exactions.

Un autre mensonge des médias dominants consiste à faire croire que seuls les Blancs racistes sont encore attachés au général Lee et au drapeau confédéré. C’est tout simplement nier la réalité du Sud des Etats-Unis.

Et ce que ces médias dominants veulent à tout prix éviter de vous montrer, ce sont ces citoyens noirs du Sud des Etats-Unis qui défendent le drapeau confédérée et la mémoire du général Lee et de l’armée confédérée.

Car il y a une autre réalité qui va à l’encontre de l’histoire tronquée racontée par les médias dominants : ce sont les soldats noirs qui ont fièrement combattu dans les rangs de l’armée confédérée.

L’histoire des confédérés noirs est sans doute le sujet le plus controversé de la guerre civile car il dérange la version officielle.

250.000 noirs libres ont été recrutés en tant que soldats et des milliers d’esclaves loyaux se sont battus à côté de leurs maîtres, bien que la Confédération l’ait théoriquement interdit.

Bien sûr, les historiens politiquement corrects refusent de voir l’importance (et même simplement l’existence) de ces confédérés noirs dans la guerre de sécession. 

Ce qui dérange le plus le politiquement et historiquement correct, c’est l’énorme poids symbolique que représentent ces Noirs esclaves qui ont volontairement combattu avec leurs maîtres, car ils explosent le mythe selon lequel un esclave ne se battrait pas au nom des maîtres. Les historiens sérieux reconnaissent pourtant que tout au long de l’histoire, les sociétés pratiquant l’esclavage ont eu des esclaves armés, parfois promis à la liberté. Ils reconnaissent également qu’un petit nombre d’Afro-Américains étaient des propriétaires d’esclaves (environ 3.700, selon Loren Schweninger). En fait, la plupart des 3 700 «maîtres noirs» dans la décennie avant la guerre civile vivaient dans ou autour de Charleston, Natchez et la Nouvelle-Orléans . En plus de posséder des esclaves, ils ont créé des églises, des écoles et des associations de bienfaisance dans leurs efforts pour s’identifier aux blancs.

Les Afro-Américains ont été les premiers à rappeler à l’opinion publique la présence des confédérés noirs.

Selon les documents et témoignages d’époque, on s’aperçoit par exemple que trois régiments de Noirs se battaient pour la Confédération à Manassas. La plupart des soldats noirs ayant combattu à Manassas étaient des Noirs libres.

Un autre exemple significatif des troupes confédérées noires libres est le Louisiana Native Guards, basé à la Nouvelle-Orléans. Quelque 1 500 hommes se sont enrôlés au début de la guerre et ont annoncé leur détermination à “prendre les armes à tout moment et à se battre avec les autres citoyens” en défense de la ville.

https://www.medias-presse.info/ce-que-les-medias-vous-cachent-ces-noirs-qui-ont-defendu-hier-et-aujourdhui-le-drapeau-confedere/78744/

mardi 7 juillet 2020

« La France n’a pas colonisé l’Algérie. Elle l’a fondée. »

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Ces mots ne viennent pas d’un nostalgique de l’ française mais de Ferhat Abbas, ex-leader FLN et président de la République algérienne du temps du GPRA.

On l’oublie souvent, mais l’identité algérienne n’existait pas avant 1830. Jusqu’au VIIIe siècle, les populations qui y vivaient étaient d’origine phénicienne, berbère, romaine et de religion majoritairement chrétienne. Ce sont les Arabes, peuple nomade venant du Moyen-Orient, qui ont envahi toute l’ du Nord et converti de force toutes ces populations. Ainsi, et après quelques siècles de domination arabo-islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico-romaine.

Plus tard, au XVIe siècle, en profitant du chaos répandu par les Espagnols, mais aussi en soufflant habilement sur les nombreuses divisions existant entre les différentes tribus de la région, les Ottomans en prirent le contrôle, avec Alger pour capitale.

C’est alors que se développa, pendant près de 300 ans, la piraterie barbaresque, arraisonnant tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Ainsi, dans l’Alger des corsaires du XVIe siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés.

Plusieurs tentatives de destruction de ces bases furent alors entreprises. D’abord par Charles Quint, à l’action duquel succédèrent les bombardements anglais, puis ceux des Néerlandais et même ceux de la jeune nation américaine, également victime de ces perfidies…

Toutefois, seul le débarquement des troupes françaises, en 1830, mit fin définitivement à trois siècles d’atrocités.

Par la suite, et à l’inverse des autres puissances colonisatrices, comme les Américains avec les Indiens ou les Britanniques avec les Aborigènes ou encore les Turcs avec les Arméniens, la France ne massacra pas les peuples qu’elle venait de conquérir. Au contraire, la France soigna, grâce à ses médecins, toute la population, amenant cette dernière de moins d’un million, en 1830, à dix millions, en 1962. De plus, la France draina, assécha, fertilisa des sols à l’abandon depuis des siècles, transformant une agriculture moyenâgeuse en une agriculture riche, prospère et exportatrice.

La France respecta aussi la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, et respecta la religion musulmane.

Bien entendu, la France ne faisait pas dans la philanthropie, mais cela n’enlève rien au fait qu’elle a réussi à désarmer les différentes tribus et mis en place une infrastructure durable (encore utilisée aujourd’hui) qui a été capitale pour l’État naissant de l’Algérie. Par ailleurs, le nom même du pays a été donné par la France en 1839 : jusqu’alors, il était officiellement appelée « le pays de Barbarie ».

In fine, renier l’œuvre de la France, c’est logiquement renier l’Algérie en tant qu´État unifié et souverain.

Mis en ligne le 18 février 2017

Dernière mise à jour : 6 juillet 2020

Xavier Scott

https://www.bvoltaire.fr/france-na-colonise-lalgerie-fondee/

lundi 6 juillet 2020

Et si De Gaulle n'avait pas existé ?

En ce double anniversaire gaullien (la future « Jeanne d'Arc à moustaches » naquit le 22 novembre 1890 à Lille et s'éteignit le 9 novembre 1970 à Colombey) qui, n'en doutons pas, sera abondamment célébré, il nous paraît opportun de reproduire la percutante démythification publiée par Marcel Signac en juin 2000 dans Rivarol pour le 60e anniversaire du (faux) Appel du 18-Juin. E. de P.

Il fut un temps, sous la IIIe République, où l'école primaire avait pour mission de faire croire au peuple des mensonges utiles - avant le 14 juillet 1789, c'était la tyrannie des prêtres et des rois, etc. - tandis que le lycée, pour une minorité, enseignait l'esprit critique. Aujourd'hui, la tendance est à une école primaire qui n'enseignerait plus rien, et la mission de conditionner les esprits est transférée au lycée pour tous.

Rien de surprenant, donc, si un inspecteur général d'Histoire, Jean-Pierre Rioux, connu d'ailleurs par ses articles du Monde, vient de signer dans Ouest-France 18 mai) une présentation époustouflante de la défaite de 1940. C'est simple, et même plus que simpliste : « la France a d'abord été vaincue parce que cette poignée de gradés suprêmes, Pétain et Gamelin en tête, s'obstinait "dans" une stratégie militaire ringarde »; et « un seul a sauvé l'honneur », car le 18 juin il y eut « une espèce de Jeanne d'Arc à moustaches » (sic) pour sauver la France malgré les « manigances de Pétain et Laval pour ramasser le pouvoir ».

Avec des profs formés à cette école, pas besoin de travailler dans la nuance pour avoir son bac...

Pucelle (à moustaches )...

Passons sur les controverses militaires (il n'est pas vrai qu'il y avait assez d'avions de chasse en 1940, ils commençaient juste à arriver en mai) et sur l'amalgame entre Pétain, qui n'exerçait plus de commandement depuis 1919, et Gamelin, responsable suprême, mais mis hors de combat par le tréponème. Plus étonnante est une autre phrase de J.-P. Rioux, selon qui « tout attestait qu'un vrai sursaut national, venu des profondeurs du peuple, montait depuis l'humiliation de Munich » : où a-t-il vu jouer ça ? C'est superficiellement, au contraire, dans la presse et certains milieux politiques, qu'il y avait un parti de la guerre immédiate et dans n'importe quelles conditions, par pure idéologie; et il y avait aussi, mais ça J.-P Rioux n'en parle pas, un homme qui faisait imprimer en manchette de son journal « Armons ! », mais qui, en 1939, tenta de sauver la paix en disant « Nous ne sommes pas prêts » : où était la clairvoyance, sinon du côté de Maurras ?

Mais l'essentiel de l'article, c'est l'exaltation de la « Jeanne d'Arc à moustaches ». Reportons-nous, là aussi, à l'époque il suffit de regarder de près l'affaire de Dakar, où De Gaulle incita les Anglais à tirer sur des Français qu'il accusait, contre toute vraisemblance, de trahison au profit de Hitler (1), pour prendre la mesure du sens de l'honneur chez ce personnage - qui mentit aussi impudemment, dix-huit ans plus tard, dans ses manigances pour ramasser le pouvoir de la IVe République chancelante.

En réalité, si l'on veut comprendre, il faut remiser les cocoricos et simplement poser la question : que se serait-il passé, si De Gaulle n'avait pas existé ? Et la réponse vient toute seule, en considérant les faits : en 1942, quand les Américains ont débarqué en Afrique du Nord, tous les chefs nommés là par Vichy se sont ralliés à eux et sont entrés dans la guerre. Ils n'attendaient que cela ! Héritier désigné du Maréchal Pétain, Darlan, avant d'être assassiné, avait donné cette directive, suivie d'enthousiasme par tout ce qui tenait de Vichy une responsabilité militaire ou politique.

En métropole même, l'« Armée de l'Armistice », loin d'être faite de figurants d'opérette, s'était renforcée dans toutes les limites du possible à l'imitation de ce qu'avait fait la Prusse après Iéna, exemple qui hantait les esprits de ses chefs; son aviation, en 1942, était plus puissante que celle de 1940 ! L'esprit de revanche que cultivait Vichy, un détail suffit à le montrer : en zone libre, un livre entier à la gloire des combattants français de 1940, où à chacune des 200 pages il est question de « l'ennemi » - il reprenait le texte d'émissions radiodiffusées par les soins de Tixier-Vignancour -, fut distribué, en 1941 dans ces lycées qu'aujourd'hui Jean-Pierre Rioux inspecte. Sur ce livre, Le Mémorial de France, faits d'armes de la Guerre 1939-1940, la couverture porte un cachet : « Offert par le Maréchal Pétain aux meilleurs élèves de France, 1er mai 1941 ». Si ça ne s'appelle pas préparer l'avenir dans une certaine direction.

... Ou parasites ?

Quel rôle a donc joué De Gaulle ? Celui, très exactement, du parasite, ou du captateur d'héritage. Ce qui se serait fait sans lui, et qui, à Alger, avait commencé de se faire avec Darlan et Giraud, il se l'est annexé, et sans aucun scrupule quant aux procédés. Un test l'affaire Pucheu. Celui-ci, ancien ministre de l'Intérieur de Vichy avait rallié Alger, en demandant seulement à reprendre sa place dans le combat militaire contre les Allemands. Qu'a fait De Gaulle ? Il l'a fait fusiller, non seulement pour satisfaire la volonté de vengeance des communistes sur lesquels il s'appuyait - il se serait allié avec le diable ! - mais aussi pour supprimer ce témoin de la volonté de revanche du personnel de Vichy.

Sans De Gaulle, le sort de la guerre n'eût pas été différent. Celui de la France non plus : les Américains, meneurs du jeu à l'Ouest, et qui avaient maintenu à Vichy leur ambassadeur, l'amiral Leahy, étaient prêts à accepter le ralliement de la hiérarchie de l'« État français ». Sans De Gaulle, la Résistance intérieure n'aurait été ni plus, ni moins efficace, sauf peut-être contre les Français; le communisme eût été mieux contenu, alors qu'il le favorisa jusqu'à amnistier le déserteur Thorez, quitte à se présenter, deux ans plus tard, comme le seul rempart contre ceux qu'il appelait les « séparatistes ». Bref, sans De Gaulle, une seule chose eût été différente beaucoup moins de sang français eût été versé dans des discordes civiles, et une fracture durable ne se serait pas installée dans notre vie politique.

En effet, la vraie différence entre De Gaulle et Pétain, c'est que le second, comme Paul Valéry l'en félicitait, avait compris que « le feu tue » et qu'il fallait éviter de faire tuer des Français inconsidérément. C'est la clé de toute sa politique après avoir été celle de sa stratégie. Au contraire, la statue de De Gaulle, personnage inutile et personnage funeste, est cimentée du sang des Français, ceux qu'il a poussés à se faire tuer sans nécessité et ceux qu'il a fait tuer lui-même.

Cette vérité simple, Jean-Pierre Rioux, qui touche à la fois à la police de la pensée, par son rôle dans la presse, et, par l'inspection générale, à celle de l'enseignement, ne peut pas l'admettre. Elle finira tout de même par s'imposer, parce qu'elle ressort tout simplement des faits.

Marcel Signac Écrits de Paris N° 736 Novembre 2010

(1) Voir là-dessus La Bataille de Dakar, par le bon historien militaire Jacques Mordal (éditions Ozanne, 1956), un livre probe que personne n'oserait plus rééditer aujourd'hui mais disponible sur Internet à partir de 10 €.

dimanche 5 juillet 2020

L'édit royal de 1315 : quand la Monarchie abolit l'esclavage.

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Le 3 juillet 1315, il y a 705 ans, le roi Louis X le Hutin, fils de Philippe le Bel, signe un édit, applicable en tous lieux du domaine royal (en fait, le véritable royaume de France, et non les terres sur lesquelles le roi avait « seulement » la suzeraineté), qui abolit le servage et toute forme d’esclavage sur ceux-ci, ce dernier terme pouvant correspondre à la définition d’esclave communément admise de « personne humaine considérée comme une propriété privée de ses libertés, qui ne peut changer d’activité et maintenue dans un état de servitude à l’égard d’un propriétaire, état entretenu par la force ou sous une forme non contractuelle explicite ». En fait, l’esclavage lui-même avait déjà quasiment disparu du monde occidental sous la pression de l’Eglise et parce que, dès les rois mérovingiens (et parfois sous l’influence ou la régence de leur épouse ou mère, comme la reine Bathilde au VIIe siècle, sans doute ancienne esclave et devenue sainte quelques décennies après sa mort), cette pratique « d’abord » économique n’avait plus guère de défenseurs, pour des raisons autant économiques que religieuses. L’édit clôt par la loi un processus déjà quasiment abouti.

L’esprit de cet édit est simple : « Selon le droit de nature, chacun doit naître franc (c’est-à-dire libre de condition) », d’où la maxime « Nul n’est esclave en France » popularisée et appliquée dans le royaume tout entier, ce qui le fait apparaître comme une terre de refuge pour les proscrits de toute l’Europe, et cela jusqu’à… nos jours ! Cette émancipation est aussi un élément de prestige et d’attraction valorisé par la Couronne face à des pays moins avancés sur cette question.

Bien sûr, les raisons de cet édit ne sont pas forcément humanistes en tant que telles, car le roi évoque un achat de son affranchissement par les personnes de condition servile, achat qui doit permettre de ramener quelques pièces dans les caisses royales. Mais c’est cet édit qui permet néanmoins de fixer une fois pour toutes l’interdiction de l’esclavage en France métropolitaine, au point que, au XVIe siècle, lorsque les ports de l’Europe atlantique renouent avec la traite des esclaves en se fournissant sur les marchés de l’Afrique littorale et pour entretenir les grandes exploitations sucrières et cotonnières d’Amérique, les esclaves qui mettent le pied à Bordeaux sont libérés, comme le confirme l’arrêt de la cour de Bordeaux, en 1571, l’exprimant en ces termes : « La France, mère de liberté, ne permet aucuns esclaves », ce dont se félicitera Montaigne en dénonçant « les pratiques de conquistadores » des Espagnols qui baptisaient des hommes qu’ils suppliciaient ensuite sans remord. La France, par ses lois territoriales émancipatrices, ne pouvait ainsi être confondue avec les nations méditerranéennes, orientales et slaves, qui avaient peu de scrupules sur cette question de la possession d’êtres humains…

Mais la colonisation française en Amérique remet en partie en cause l’application de cet édit, puisque les terres lointaines semblent échapper à cette législation et que grands propriétaires et négociants n’hésitent pas à pratiquer l’esclavage et la traite qui l’alimente dans les îles des Antilles, entre autres. Néanmoins, et malgré les pressions des puissances économiques de l’époque, l’Etat royal ne cède pas et l’édit de 1315 reste appliqué, parfois difficilement, sur les terres métropolitaines du royaume. Paradoxalement (quoique…), c’est au siècle des Lumières que les pressions pour « libéraliser » l’esclavage en France (au nom de la liberté économique, qui semble l’emporter, concrètement, sur toutes les autres libertés…) sont les plus fortes, mais elles restent, fort heureusement, vaines, le roi Louis XVI allant même jusqu’à envisager et tenter d’abolir l’esclavage dans les îles françaises d’Amérique en 1776, mais sans y parvenir, l’opinion publique y étant peu favorable, là encore suivant des motivations plus économiques que morales…

En ces temps contemporains de grande confusion mémorielle, il n’est pas inintéressant de se pencher sur l’histoire pour en comprendre tous les ressorts et mieux saisir les enjeux d’aujourd’hui, au-delà des excitations médiatiques… Tout comme il n’est pas inutile de rappeler que, selon la définition de l’esclavage évoquée plus haut et inspirée de celle de l’UNESCO, et au regard des chiffres connus, il y aurait, à travers le monde, environ 40 millions d’esclaves… Oui, 40 millions d’esclaves, en 2020 ! Le silence des grands médias sur cette sinistre réalité est fort curieux et, disons-le tout net, absolument choquant et scandaleux ! L’occasion, donc, de ranimer l’esprit de l’édit royal de 1315, à l’échelle de la planète et épuré de ses considérations financières…

https://jpchauvin.typepad.fr/jeanphilippe_chauvin/2020/07/l%C3%A9dit-royal-de-1315-quand-la-monarchie-abolit-lesclavage.html

samedi 4 juillet 2020

5 juillet 1962 : le massacre d’Oran, avec la complicité de De Gaulle

57818539.gif?resize=208%2C245Ce 5 juillet à Oran (environ 100 000 Européens y résidaient encore à ce moment), alors que le prétendu « cessez-le-feu » avec le FLN était en vigueur depuis 3 mois, suite à la trahison gaulliste, se déroula une terrible chasse aux Blancs.

« On égorgea, on tua au revolver ou à la mitraillette, on prit des rues en enfilade, tuant tout ce qui bougeait.
On pénétra dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres. On vit même des femmes musulmanes dépecer des vivants avec les dents. »

Bilan : 3 000 morts et disparus.

Le pire, dans cette histoire, est que 18 000 soldats français étaient stationnés à Oran. Ils reçurent l’ordre de l’infâme général Katz de rester cantonnés dans leurs casernes, sans intervenir.
Katz téléphona à De Gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’Etat répondit « ne bougez pas ».
Les accords d’Évian (article V) prévoyaient pourtant que l’armée française puisse intervenir, au cas où la sécurité de ressortissants français serait menacée. Mais les 18 000 soldats français reçurent l’ordre de rester dans les casernes.
Enlèvements et assassinats se poursuivirent jusqu’à la tombée de la nuit.

« C’est le seul exemple dans l’histoire d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense, en présence d’une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.

La tuerie dura près de six heures. Lorsque à 17 heures les gendarmes français sortirent de leur trou à rats, le calme revint aussitôt.

Les cadavres jonchaient la ville, on en trouva pendus aux crochets des bouchers, dans des poubelles…

Dans la chaleur de juillet, la puanteur était horrible.

Les soldats français et algériens déversèrent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrirent de chaux vive. Nul ne sait le bilan exact de cette Saint-Barthélemy.

On parlait dans les semaines qui suivirent de 3.000 morts et disparus.

C’est le chiffre que donna le sinistre De Broglie et que reprit le ministre André Santini.

Ce qui est sûr, c’est que le massacre était prémédité car les tueries commencèrent à la même heure aux quatre coins de la ville qui était vaste.

On peut presque dire que les morts eurent de la chance, car le sort des disparus qui furent signalés par des témoins dans les mines de l’Algérie, dans des prisons sordides, dans des maisons closes et des bars à soldats, traités en esclaves ou torturés fut sans nul doute pire encore. » (témoignage de Geneviève de Ternant)

oran-canard.jpg?w=244La décision venait de l’Elysée mais trois jours après le massacre, De Gaulle osera : « mis à part quelques enlèvements, ça se passe bien Algérie ».
Le général Katz, de son côté, écrira dans son journal le soir-même du drame : « les Pieds-noirs, pour avoir caché sciemment les hommes de l’OAS pendant quatre mois, n’ont eu que ce qu’ils méritaient. »

A lire, un dossier sur l’affaire « Katz – massacre d’Oran » ici.

http://www.contre-info.com/il-y-a-cinquante-ans-le-massacre-doran-avec-la-complicite-de-de-gaulle#more-20730

Le Canard Enchaîné rappelle le rôle de De Gaulle et le cynisme de Katz

vendredi 3 juillet 2020

Les deux solstices et les deux Jean

L’année constitue un cycle. Ce cycle comprend un point le plus bas (et le plus froid), la nuit la plus longue ; et un point le plus haut (et le plus chaud), le jour le plus long. Ces deux points sont diamétralement opposés et constituent les deux solstices, les deux grands tournants de la course annuelle du soleil. A ces deux solstices correspondent les deux saint Jean du calendrier chrétien : saint Jean Évangéliste, qui est fêté le 27 décembre, et saint Jean Baptiste dont on célèbre la nativité le 24 juin.
Le solstice d’été est l’apogée de la course du soleil, c’est le sommet de la saison chaude. Jour le plus long de l’année, il est le point culminant de la course du soleil. Après être monté de plus en plus haut chaque jour, il entame sa course déclinante. Ainsi, alors qu’il est une victoire de la lumière sur l’obscurité, le solstice d’été est aussi le commencement de la descente vers cette même obscurité. Les Nordiques consacraient ce jour au dieu Balder, dieu solaire et printanier. Pour célébrer la victoire du soleil sur les ténèbres, on allumait des feux au sommet des collines ce qui symbolisait l’arrivée de l’astre solaire au sommet de sa course. Ces feux ont survécu à la christianisation, et se perpétuent de nos jours le 23 juin sous le nom de feux de la Saint Jean. Au cours de cette fête, qui est communautaire, à la différence de Noël qui est centrée sur le foyer, le feu est allumé à l’extérieur. Il a une finalité essentiellement purificatrice : Dans nos campagnes, on faisait passer le bétail dans la fumée pour le protéger des maladies, on sautait au dessus du feu pour se purifier, on gardait les tisons jusqu’à Noël, date à laquelle ils servaient à allumer la bûche. La fonction purificatrice et fécondante du feu solsticial était marquée par le fait de lancer des roues enflammées qui dévalaient les pentes des collines pour parcourir les champs. Ces roues de feu devaient purifier les champs, mais symbolisaient aussi le cours du soleil fécondant les sillons porteurs des moissons qu’il ferait mûrir. Cette pratique a existé depuis le monde romain, où elle est déjà attestée, jusqu’au folklore européen. La fête du solstice d’été, au centre de la saison joyeuse est, à l’inverse de Noël, une fête triste : le soleil ayant atteint le point culminant, va commencer son déclin. De plus, la période des récoltes qui commence ne permet pas de festoyer pendant douze jours comme à Noël. Les réjouissances estivales auront lieu plus tard, à l’Assomption, grande fête mariale. En Suède, les feux du solstice d’été sont appelés les feux funéraires de Balder.

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Le solstice d’été est donc une fête triste qui se déroule pendant la saison joyeuse, le solstice d’hiver est, à l’inverse, une fête joyeuse située au centre de la saison sombre. Les feux de la saint Jean ont lieu en la fête de la nativité de saint Jean Baptiste. Précédant de six mois celle du Christ, elle place le saint sans un rôle d’un précurseur qui doit s’effacer une fois sa tache accomplie ce qu’il fait en disant : Il faut qu’Il croisse et que je diminue (Jean III, 30).
Le solstice d’hiver est la nuit la plus longue de l’année : deux tiers de nuit pour un tiers de jour. Mais le jour va commencer à croître et cet état de choses est marqué dans la fête de Noël. L’hiver est une période de chaos, si la nature est endormie sous le givre, les forces obscures, rodent de par le monde depuis Samain (la Toussaint). Noël, dont le nom vient de l’allemand Neue Helle, “nouvelle lumière”, est c’est l’espérance en des jours meilleurs qui va transcender la détresse hivernale par le biais de rites solsticiaux qui ont laissé des traces dans notre façon de célébrer Noël. Le fait religieux de Noël trouve donc sa source dans une phénoménologie saisonnière et donc cyclique. L’homme, observant la nature, ne cherche pas à expliquer celle-ci par la religion. La religion n’apparaît, au contraire, qu’au moment où l’homme s’est approprié un certain nombre de connaissances relatives à son environnement naturel et aux phénomènes cycliques. C’est ainsi que le calendrier, qui est religieux, se modèle sur les cycles de la nature, à tel point que parler d’“année liturgique”peut paraître un pléonasme.
La Révélation vient ensuite. L’avatar ne se manifeste que lorsque les hommes sont préparés à sa venue, d’où l’importance d’un précurseur. Dans le christianisme, c’est Jean Baptiste. A l’inverse, la religion, ce lien entre les hommes et Dieu, disparaît lorsqu’elle a perdu tout son sens, lorsqu’elle ne remplit plus sa mission libératrice qui consiste à conduire les hommes au delà du cercle de leur vie matérielle. Ainsi, on n’a pu faire admettre aux ouvriers que la religion est l’opium du peuple que parce que l’âme celui-ci avait commencé préalablement à se vider de sa spiritualité, alors que coupé de ses racines paysannes et spolié de ses moyens de production (qui ont été souvent le support de sa vie spirituelle1), l’injustice de la loi d’airain l’avait confiné aux inquiétudes de la survie quotidienne.
Noël peut venir du latin natalis, “jour de naissance” ou “anniversaire”. L'Église catholique a fixé la naissance du Christ le 25 décembre, dans le but de faire face à la concurrence des anciens cultes, tout en intégrant les pratiques populaires de l’ancienne religion. C’est ainsi qu’on relève toute l’année, et plus particulièrement au solstice d’hiver, des faits socio–religieux qui intègrent dans la fête chrétienne des éléments plus anciens qui, malgré la disparition de ses élites religieuses (druides, godis, pontifes...), n’a jamais été complètement abandonnée par les peuples européens depuis l’avènement du christianisme. Ces faits socio–religieux reposent toujours sur un calendrier basé sur la course annuelle du soleil dont le dies natalis était fêté au solstice d’hiver. Ainsi, le Christ ne pouvait naître qu’au cœur de l’hiver, au moment où les hommes sont le plus en détresse : au solstice d’hiver. Il en découle que la crèche où naît l’enfant divin (qui n’est pas forcément Jésus, car Mithra naît aussi dans une grotte au solstice d’hiver), tout en étant la représentation d’un fait unique : la Nativité, est en même temps un symbole s’ajoute à celui des flammes des bougies, des torches et des foyers traditionnels que nous allumons toujours pour illuminer la nuit la plus longue de l’année.
Noël est une fête familiale, intime. Les ancêtres sont évoqués mais on célèbre surtout les enfants, car ils représentent l’avenir, l’espérance, le printemps ; comme le soleil, ils vont croître, jusqu’à l’apothéose de leur jeunesse, après laquelle ils fonderont une nouvelle famille, transmettront l’héritage ancestral à leurs petits enfants, avant de devenir eux-mêmes des ancêtres. Cet héritage n’est pas que matériel. A coté de la famille (autrefois élargie au clan) on trouve d’autres unités qui sont la commune, ensemble de familles vivant dans un même lieu et qui se réunissent pour des célébrations collectives, comme les feux de la saint Jean ; et le métier qui se trouvait autrefois sous le patronage d’un saint dont la solennité donnait lieu à un culte religieux et à des réjouissances. Ce ciment communautaire, qui était la base horizontale de la spiritualité populaire, s’est fondu dans la masse de la cité moderne où l’homme, par le fait même d’être coupé de ses racines, a oublié sa religion.
Le solstice d’hiver marque le début de la phase ascendante du cycle annuel. Au milieu de la nuit hivernale, il est la porte qui mène à la lumière, la porte des dieux. Le 27 décembre est fêté saint Jean Évangéliste. La saint Jean d’hiver, juste au moment où le soleil vient de commencer sa course ascendante, constitue donc la répercussion religieuse d’un phénomène naturel. De plus, le fait qu’au solstice d’hiver soit célébré ce qui ne meurt jamais, associé à l’image de Jean ne peut que faire penser à un étonnant verset de la fin de son Évangile : Le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait point ; mais : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? (Jean XXI, 23). Demeurer jusqu’au retour du Christ, tel est le rôle de Jean Évangéliste dans le mystère chrétien, et nous verrons que les Anciens tenaient déjà pour sacré ce qui, dans la nature, demeurait pendant la saison où le soleil, au plus bas de sa course, allait commencer à remonter. C’est le cas des arbres et arbustes à feuilles persistantes, qui représentaient ce qui ne meurt pas l’hiver. C’est cette végétation qui est encore utilisée dans la décoration des maisons, car la fête de Noël est la continuation, sous un nom chrétien, de cette ancienne fête du soleil renaissant.
L’un ayant rempli son rôle et l’autre demeurant dans l’attente du retour du Christ, les deux Jean correspondent à la symbolique du dieu Janus à deux visages, celui d’un homme âgé tourné vers le passé, et celui d’un homme jeune tourné vers l’avenir : « dans le christianisme, les fêtes solsticiales de Janus sont devenues celles des deux saint Jean, et celles-ci sont toujours célébrées aux mêmes époques, c’est à dire aux environs immédiats des deux solstices d’hiver et d’été(2). » Ces deux tournants de l’année sont considérés comme des portes, or « Janus,[...], est proprement le janitor qui ouvre et ferme les portes (januae) du cycle annuel, avec les clefs qui sont un de ses principaux attributs(3). » Ces portes sont les portes solsticiales. Le 21 juin s’ouvre la porte des hommes, et la porte des dieux s’ouvre le 21 décembre. La fête de Janus était célébrée aux deux solstices.
Les fêtes solsticiales sont donc la transposition de l’observation de la course du soleil autour des deux solstices qui sont les pivots d’une division du cycle annuel en deux moitiés, l’une “ascendante”, l’autre “descendante”. L’hiéroglyphe du Cancer suggère cette inversion de la marche du soleil aux deux tournants de l’année que sont les deux solstices. Au milieu de ces deux parcours ascendant et descendant, se trouvent les équinoxes pendant lesquelles la durée du jour est égale à celle de la nuit (voir le signe de la Balance). L’année est donc divisée en quatre phases, les saisons, que notre calendrier fait commencer au moment des solstices et des équinoxes. Ces quatre phases ont leurs correspondances avec celles du mois lunaire : la nouvelle lune et le solstice d’hiver, le croissant et l’équinoxe de printemps, la pleine lune et le solstice d’été, et le décroissant, à l’entrée dans la phase la plus sombre, l’équinoxe d’automne. Dans la mythologie nordique, Odin, le dieu borgne, très présent pendant cette période, est amoureux d’un personnage féminin qui représente cette dernière phase de la lune. Il poursuit son reflet sur les lacs avant qu’elle ne disparaisse. C’est à partir du début de l’automne, lorsque les arbres perdent leurs feuilles et que les oies sauvages s’envolent vers le sud, qu’Odin mène la “chevauchée sauvage” des guerriers morts au combat, et c’est en novembre que se situe, depuis toujours, la fête des Morts.
Bibliographie :
C. Gaignebet, Le Carnaval, op. cit., pp. 65-86.
R. Guénon, Symboles fondamentaux de la science sacrée

La Petite Histoire : Le corsaire qui a sauvé la France de la famine

Légende des corsaires français, au même titre que Surcouf et Duguay-Trouin, Jean Bart a marqué à jamais l’histoire de la marine. Dunkerquois d’origine, il se rendra maître dans l’art de la guerre de course pour le compte du roi Louis XIV, notamment contre la Hollande et l’Angleterre. Ses plus beaux exploits resteront son évasion à travers la Manche, mais surtout sa prise à l’ennemi de 170 navires chargés de blé, que la France venait d’acheter à la Norvège. Un acte héroïque, réalisé en nette infériorité numérique, qui sauvera le pays de la famine et lui vaudra son anoblissement. Retour sur le parcours trépidant de Jean Bart, le renard des mers au service du Roi-Soleil.


https://www.tvlibertes.com/la-petite-histoire-le-corsaire-qui-a-sauve-la-france-de-la-famine

mercredi 1 juillet 2020

Les blancs aussi ont été victimes de l’esclavage

Après avoir montré que les Noirs ont été réduits en esclavage pendant des siècles par les musulmans (voir aussi cette autre vidéo de 12mn) voici une vidéo montrant que les Blancs aussi ont été victimes de l’esclavage :


https://www.lesalonbeige.fr/les-blancs-aussi-ont-ete-victimes-de-lesclavage/

Passé-Présent n°274 : qui est le Général Faidherbe, cible des racialistes ?

Grande figure de l’histoire militaire et coloniale de la France, la vie du général Louis Faidherbe (1818-1889) est intentionnellement choisie par Philippe Conrad en ces temps où la mode du déboulonnage et du saccage des statues – dont la sienne à Lille – sévit.
Les auteurs de ces déplorables actions méconnaissent pour le moins l’existence de ce républicain teinté de socialisme, hostile à la monarchie, opposé au boulangisme, abolitionniste de l’esclavage, favorable au métissage, créateur – malgré de faibles moyens mis à sa disposition – d’une colonie modèle au Sénégal avec écoles, bourses, chambres de commerce, tribunaux coraniques et sous la conduite duquel Saint-Louis devint une ville moderne dans le projet d’obtenir de ce pays une émancipation durable.

Aussi au programme de ce Passé-Présent : Pierre Drieu La Rochelle (1893-1945) : Avocat mais aussi romancier et essayiste, c’est aujourd’hui en tant que biographe que Thierry Bouclier est reçu par Philippe Conrad suite à la publication, aux éditions Pardès, de son livre Drieu La Rochelle, dans la collection « Qui suis-je ? ».
Et 1429 : La Victoire de Patay. C’est un autre 18 juin qui nous est conté par Anne Sicard, non celui de Waterloo (1815), mais plutôt celui de la victoire des troupes françaises face aux anglais à Patay, en 1429, au cours de la guerre dite de Cent ans.


https://www.tvlibertes.com/passe-present-n274-qui-est-le-general-faidherbe-cible-des-racialistes

Hommage Jean Raspail - Le camp des saints "écrit prophétique ?"