samedi 21 novembre 2009

1945-1953 : la destruction des "Allemands ethniques" et des prisonniers de guerre allemands en Yougoslavie (fin)

La plupart de ces anciens soldats réguliers de la Wehrmacht périrent dans la Yougoslavie d'après-guerre en trois phases. Pendant la première phase, plus de 7 000 soldats allemands capturés moururent dans les « marches d'expiation » (Suhnemärsche) organisées par les communistes, faisant 1 300 kilomètres depuis la frontière sud de l'Autriche jusqu'à la frontière nord de la Grèce. Pendant la seconde phase, à la fin de l'été 1945, de nombreux soldats allemands en captivité furent sommairement exécutés ou jetés vivants dans de grandes carrières de karst le long de la côte dalmate. Dans la troisième phase, de 1945 à 1955, 50 000 autres périrent comme travailleurs forcés, de malnutrition et d'épuisement. Le nombre total des pertes allemandes en captivité yougoslave après la fin de la guerre - incluant les civils et soldats « allemands du Danube » ethniques, ainsi que les Allemands « du Reich » (Reichsdeutsche) - peut donc être estimé à 120 000 assassinés, affamés, tués au travail ou disparus.
Quelle est l'importance de ces chiffres ? Quelles leçons peut-on tirer de ces drames ? Il convient de souligner que le triste sort des civils allemands des Balkans n'est qu'une petite partie de la topographie de la mort communiste. Au total, entre 7 et 10 millions d'Allemands - personnel militaire ou civils - moururent pendant et après la Seconde Guerre mondiale en Europe et en Union Soviétique. La moitié d'entre eux succombèrent dans les derniers mois de la guerre, ou après la reddition sans conditions de l'Allemagne le 8 mai 1945. Les pertes allemandes, à la fois civiles et militaires, furent sensiblement plus élevées pendant la "paix" que pendant la guerre.
Durant les mois qui précédèrent et suivirent la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands ethniques furent tués, torturés et dépossédés dans toute l'Europe orientale et centrale, notamment en Silésie, en Prusse orientale, en Poméranie et dans les Sudètes. En tout 12 à 15 millions d'Allemands s'enfuirent ou furent chassés de leurs foyers au cours de ce qui reste peut-être le plus grand « nettoyage ethnique » de l'histoire. Sur ce nombre, plus de deux millions de civils allemands furent tués ou perdirent la vie.
Les génocides communistes dans la Yougoslavie d'après-guerre sont rarement abordés par les media des pays qui émergèrent des ruines de la Yougoslavie communiste en 1991, même si, chose remarquable, il y a aujourd'hui dans ces nouveaux pays une plus grande liberté d'expression et de recherche historique que dans les pays d'Europe occidentale. Les élites postcommunistes de Croatie, de Serbie et de Bosnie, largement composées d'anciens communistes, semblent partager un intérêt commun à refouler leur passé criminel concernant le traitement des civils allemands.
L'éclatement de la Yougoslavie en 1990-91, les événements qui y conduisirent, ainsi que la guerre et les atrocités qui suivirent, ne peuvent être compris que dans le cadre de grandes tueries menées par les communistes yougoslaves de 1945 à 1950. Comme nous l'avons déjà noté, le « nettoyage ethnique » n'a rien de nouveau. Même si l'on considère l'ancien dirigeant serbe Slobodan Milosevic et les prévenus croates actuellement jugés par le Tribunal International des Crimes de Guerre de La Haye comme de vils criminels, leurs crimes, soit réels, soit présupposés, demeurent minuscules par rapport à ceux du fondateur de la Yougoslavie communiste, Josip Broz Tito. Tito mena le « nettoyage ethnique » et les tueries de masse sur une bien plus grande échelle, contre les Croates, les Allemands et les Serbes, souvent avec l'aval des gouvernements britannique et américain. Son règne en Yougoslavie (1945-1980), qui coïncida avec l'ère de la « Guerre froide », fut néanmoins généralement soutenu par les puissances occidentales, qui considéraient son régime comme un facteur de stabilité dans cette région de l'Europe.
Par ailleurs, la tragédie des Allemands des Balkans fournit aussi des leçons sur le sort des Etats multiethniques et multiculturels. Deux fois, durant le XXe siècle, la Yougoslavie multiculturelle éclata dans un carnage inutile tout en déclenchant une spirale de haines entre ses groupes ethniques constituants. On peut conclure, par conséquent, que pour des nations et des cultures différentes, sans parler de races différentes, il vaut mieux vivre à part, séparés par des murs, plutôt que de vivre dans une fausse convivialité qui cache des animosités et laisse des ressentiments durables.
Peu de gens pouvaient prévoir les sauvages tueries interethniques qui balayèrent les Balkans après l'effondrement de la Yougoslavie en 1991, et ceci entre des peuples d'origine anthropologique relativement similaire. On ne peut que s'interroger avec inquiétude sur l'avenir des Etats-Unis et de la France ou des tensions communautaires entre les populations autochtones et des masses d'allogènes du Tiers Monde laissent présager un désastre avec des conséquences beaucoup plus sanglantes.
La Yougoslavie multiculturelle fut avant tout la création des dirigeants français, britanniques et américains qui signèrent le Traité de Versailles en 1919, et des dirigeants britanniques, soviétiques et américains qui se rencontrèrent à Yalta et à Postdam en 1945. Les figures politiques qui créèrent la Yougoslavie ex nihilo comprenaient très mal la perception que les différents peuples locaux avaient d'eux-mêmes et de leurs voisins immédiats.
Bien que les morts, les souffrances et les dépossessions subies par les Allemands ethniques des Balkans pendant et après la Seconde Guerre mondiale soient bien connues des autorités allemandes et des historiens indépendants, elles continuent donc à être ignorées dans le reste de l'Europe et aux Etats-Unis. Pourquoi ? On peut penser que si ces pertes allemandes étaient plus largement discutées et mieux connues, elles stimuleraient probablement une vision alternative de la Seconde Guerre mondiale, et en fait de toute l'histoire du XXe siècle. Une meilleure connaissance des pertes civiles allemandes pendant et après la Seconde Guerre mondiale pourrait aussi encourager une discussion sur la dynamique des sociétés multiculturelles d'aujourd'hui. Or, cette démarche, à son tour, risquerait d'affecter significativement les idées et les mythes dominants qui façonnent l'Europe depuis 1945. Un débat ouvert sur les causes et les conséquences de la Seconde Guerre mondiale ternirait aussi la réputation de nombreux spécialistes et faiseurs d'opinion aux Etats-Unis et en Europe. Il est probable qu'une meilleure connaissance des crimes commis par les Alliés pendant et après la Seconde Guerre mondiale, au nom de « la démocratie », pourrait changer les mythes fondateurs de nombreux États contemporains.
Tomislav SUNIC*, Ecrits de Paris
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* Ecrivain et historien. T. Sunic est auteur de Homo americanus, Child of the Postmodern Age (2007).

mercredi 18 novembre 2009

« Jamais l'école républicaine n'a été aussi inégalitaire qu'aujourd'hui »

Entretien avec Vincent Laarman :

Depuis 2002, forte de ses 64 000 membres revendiqués, l'association SOS Education multiplie les actions de lobbying auprès du personnel politique afin d'obtenir une réforme de fond du système scolaire. Vincent Laarman, son délégué général, explique les raisons de cette agit-prop.

Le Choc du mois : Presque quarante ans après Mai 68, l'esprit soixante-huitard continuerait-il de dominer l'Education nationale ?
Vincent Laarman : Oui. Et plus son échec est patent, plus ses représentants s'accrochent aux manettes du pouvoir. Ce qui est assez logique : ils jouent leur survie. Contrairement à ce qu'ils prétendent, ils ne défendent pas les intérêts de nos enfants, mais uniquement leurs privilèges.
Que les élèves réapprennent enfin à lire, écrire et compter, telle serait un peu la devise de votre association...
Pas seulement, et votre question est d'ailleurs mal formulée : les tenants de l'école «pédagogiste» vous assureront qu'ils poursuivent exactement le même but, mais avec d'autres méthodes. C'est pour cela que notre objectif principal consiste avant tout à en revenir à ce bon sens, à ces vieilles méthode, qui, elles, ont fait leurs preuves. Soit la transmission d'un savoir structuré, fondé sur l'apprentissage systématique des règles et de leur constante répétition. Les tables de multiplication, les grandes dates de l'histoire de France, les notions élémentaires de la géographie, voilà qui doit se rabâcher inlassablement, jusqu'à ce qu'elles deviennent des réflexes, parce que ce n'est pas en allant surfer sur Internet qu'on apprend à maîtriser l'usage de la langue française...

C'est-à-dire ?
C'est-à-dire qu'au lieu de monter un « projet pédagogique » sur les pharaons, juste parce que les livres de Christian Jacq se vendent bien, tendant à persuader les élèves qu'ils découvriront et dénoueront, grâce à Internet, les mystères de l'Egypte antique, encore faudrait-il au moins qu'ils soient capables de situer cette dernière, chronologiquement, ailleurs que quelque part entre le Moyen-Àge et la Renaissance...

Un âne chargé de livres restera donc toujours un âne...
Tout à fait. Internet est une gigantesque bibliothèque, la plus grande que l'humanité ait probablement connue. Mais elle ne transformera pas pour autant des analphabètes en de fins lettrés. C'est à l'école que revient la mission première de fournir à tous les outils susceptibles de leur permettre de tirer profit de cette somme de connaissances. Sans codes : sans repères fondamentaux et sans dates majeures leur permettant de s'y retrouver, apprises à coups de pieds dans le derrière si besoin est, tout cela demeurera vain.

A vous entendre, cet apprentissage devrait alors commencer dès le plus jeune âge...
Bien sûr. Les élèves de maternelle sont à l'école pour commencer à apprendre avant même de comprendre. Cette fonction première de l'Education nationale consiste ainsi à ce que nos enfants apprennent et non point qu'ils s'épanouissent, tel qu'on voudrait nous le faire croire depuis tant d'années : pour s'épanouir, il y a la famille et les amis. Sans être forcément passéiste, rappelons-nous qu'autrefois les élèves de sixième avaient déjà revu trois fois leur Histoire de France. Ils avaient donc le substrat nécessaire à la compréhension du monde qui les entourait et pouvaient ensuite, selon la sensibilité de chacun, développer leurs propres opinions.

Vous êtes très en pointe dans le combat visant à en finir avec la méthode de lecture globale. Est-ce pour des raisons politiques ou de simple efficacité ?
Les deux à la fois. La méthode de lecture globale ou semi-globale a créé des générations d'analphabètes et d'illettrés. Quoi que prétende le ministère, c'est près de 20 % des élèves qui arrivent en sixième totalement analphabètes ou seulement capables de vaguement décrypter un texte. Voilà pour l'efficacité. Pour ce qui est du domaine politique, je remarque que cette méthode, vendue sous couvert d'égalitarisme, a abouti à un enseignement parfaitement inégalitaire. Pourquoi ? Tout simplement parce que la méthode de lecture globale permet de vaguement identifier un mot que l'on connaît déjà ou dont on a vaguement entendu parler grâce à un environnement familial que l'on peut, sans prendre grand risque de se tromper, qualifier de «favorisé».
En revanche, les enfants qui n'ont plus la chance de grandir dans des familles motivées seront, eux, incapables de déchiffrer ces mots qui sont autant de concepts. Ces gamins, ne nous voilons pas la face, arrivent au CP avec tout juste cent mots de vocabulaire ! La méthode syllabique est la seule qui puisse leur permettre de s'élever. Car même un mot dont ils ne peuvent pas forcément comprendre le sens, au moins pourront-il, en apprendre la juste définition dans le dictionnaire, à condition qu'ils sachent lire. Pour résumer, la méthode de lecture globale est, en France, l'équivalent des idéogrammes chinois, réservés à une élite et inaccessibles au peuple, si ce n'est dans sa version abâtardie tel le verlan ...

Avec tout ce qui en découle...
Parfaitement. Une langue noble pour les lettrés et les fortunés, et une vulgate rudimentaire pour le commun. Si c'est cela, l'égalitarisme républicain dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée...

D'où la distorsion de la notion même d'élitisme...
Oui. Sous couvert d'égalitarisme, les syndicats marxistes ou assimilés font la promotion d'un élitisme sournois tout en perpétuant des intérêts de castes. Alors que la véritable égalité, fondée sur la méritocratie et, justement, l'élitisme, consiste à donner les mêmes chances à tous nos enfants, riches ou pauvres. En ce sens, la méthode de lecture syllabique est, je le répète une fois encore, l'un des meilleurs garants de l'école jadis fondée par Jules Ferry. D'ailleurs, la bonne orthographe n'est ni de gauche, ni de droite ! Jean Jaurès écrivait en un aussi bon français que Charles Maurras !

On vous sent passéiste, pour le coup...
Pas du tout ! L'école d'autrefois avait peut-être ses défauts ; mais au moins a-telle fait ses preuves. Je constate seulement que ceux qui se prennent aujourd'hui pour des hussards républicains persistent à perpétuer ce système inégalitaire que nous dénonçons en permanence, système qui est à l'exact opposé de leurs objectifs publiquement affichés. Quand on sait que les deux premières professions à contourner la carte scolaire sont les professeurs et les journalistes - deux castes majoritairement de gauche et financièrement assez privilégiées -, on a tout compris.

Nicolas Sarkozy est désormais à l'Élysée. Que vous inspirent l'éviction de Gilles de Robien, ministre sortant de l'Education nationale, et son remplacement par Xavier Darcos ?
Gilles de Robien présentait au moins ce mérite consistant à avoir insufflé à l'Éducation nationale un souffle nouveau qui allait dans le bon sens, même si dans les faits, il n'a pas fait grand-chose, si ce n'est brasser du vent et susciter la polémique sur des effets d'annonce médiatique pour ensuite capituler devant des syndicats d'obédience marxiste tels que l'Unsa ou le Snuipp. Mais au moins convient-il de lui reconnaître ce mérite d'avoir mis fin à la terreur des «pédagogistes», ces fous furieux ayant la haute main sur les IUFM, ces Instituts universitaires de formation des maîtres, où l'on évoque ces « référentiels bondissants » alors que l'homme de la rue persiste bêtement à parler de « ballons ».

Et Xavier Darcos...
A peine arrivé, il s'est déjà couché. Avant même d'entrer dans son nouveau costume, il revenait sur le décret Robien consistant à payer aux professeurs des heures supplémentaires n'ayant jamais été effectuées...

A savoir...
À savoir qu'autrefois, les professeurs de sciences naturelles nettoyaient leurs laboratoires. Mais il y a belle lurette que des femmes de ménages sont payées pour cette tâche. Tout comme ces professeurs étaient payés pour les heures passées à polycopier leurs cours alors que maintenant, l'informatique permet d'accomplir ce travail d'un simple clic. C'est un peu comme les conducteurs de TGV qui perçoivent encore une prime de charbon...

Revenons-en à Xavier Darcos. Il semble qu'il soit revenu sur les décisions de son prédécesseur concernant la méthode de lecture globale...
D'une manière plus ou moins fourbe, oui. En effet, tout cela est désormais laissé à la discrétion des enseignants. Ce qui signifie que ces derniers sont désormais abandonné, au bon vouloir des inspecteurs. Or il faut savoir que dans l'Education nationale, plus on monte dans la hiérarchie, plus on est syndiqué... A titre d'exemple, seuls 30 % des professeurs le sont, contre 80 % chez les inspecteurs chargés de les surveiller. Pour monter dans cette hiérarchie, le syndicalisme est donc plus que jamais devenu un passage obligé et les divers ministres s'étant succédé à ce poste n'ont jamais voulu ou pu remettre en cause cette tyrannie...
De même, Xavier Darcos est immédiatement revenu sur les mesures de Gilles de Robien qui souhaitait remettre à l'honneur l'apprentissage dès quatorze ans. Tout comme il a refusé qu'on réinstaure cette simple règle de bon sens voulant que les élèves se lèvent dès que le professeur entre en classe. Mais il est vrai que pour que ces derniers se lèvent, encore faudrait-il qu'ils soient préalablement assis...

On parle beaucoup de la carte scolaire, de sa suppression ou de son assouplissement. Qu'en pense SOS Education ?
Il s'agit, là encore, d'une double hypocrisie. Plutôt que d'avoir la discipline et l'excellence pour tous, ce sera une école à deux vitesses, avec d'un côté les riches enfants des « classes dominantes » qui font ces lois, et, de l'autre, les délinquants et les gamins issus de l'immigration. Et, cerise sur le gâteau, Xavier Darcos vient de promettre que les écoles qui auront moins d'élèves bénéficieront de plus de moyens. Soit une sorte de prime aux cancres et à la nullité ; et l'élitisme pour les uns et le nivellement par le bas pour les autres.

Propos recueillis par Nicolas Gauthier Le Choc du Mois Juin 2007
SOS Education, 8, rue Jean-Marie Jego, 75013 Paris. Tél. : 01 45 81 22 67.
Site : www.soseducation.com

30 novembre 1939 : Staline attaque la Finlande

Le 30 novembre 1939, Staline lance les troupes soviétiques à l'assaut de la petite Finlande.
Nicolas Glyko.
Le Petit Poucet résiste à l'ogre
La Finlande s'était émancipée de la Russie pendant la Grande Guerre de 1914-1918 et la frontière entre les deux pays avait été établie à quelques dizaines de kilomètres de Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg).
En 1939, tandis qu'il partage la Pologne avec Hitler, Staline s'inquiète de la vulnérabilité de cette frontière et du risque d'une invasion de la deuxième région économique de l'URSS via la Finlande.
Il propose aux Finlandais de reculer leur frontière méridionale, dans l'isthme de Carélie, en échange de vastes territoires situés plus au nord. Il demande aussi de pouvoir installer une base navale à Hanko, à la pointe sud du pays.
Le gouvernement finlandais veut bien négocier un échange de territoires mais refuse de sacrifier sa souveraineté en cédant une base. Loin de chercher un quelconque arrangement avec le dictateur, il renforce ses fortifications frontalières longues de 140 km et connues sous le nom de «ligne Mannerheim», du nom d'un maréchal finlandais qui avait repoussé les bolcheviques en 1917.
Brutale agression
Finalement, Staline attaque son voisin sans prendre la peine de lui déclarer la guerre.
Avec un total de 265.000 hommes, 270 avions et 26 tanks, la Finlande doit faire face à 400.000 hommes de l'Armée rouge, équipés de 1500 avions et autant de tanks.
Malgré la disproportion des forces et la brutalité de l'attaque, du golfe de Finlande à l'océan Arctique, l'Armée rouge piétine plusieurs mois sur la frontière et les Finlandais remportent même de nettes victoires au nord.
Cette «Guerre d'Hiver» se traduit par de lourdes pertes pour l'Armée rouge, d'autant que les Français et les Anglais, en guerre déclarée contre Hitler, ont à coeur de soutenir le peuple finlandais en lutte contre Staline, lié au Führer allemand par un pacte.
Les Occidentaux caressent l'espoir illusoire que des opérations militaires comme celle-là leur permettront de faire l'économie d'une attaque frontale de l'Allemagne.
Sur une idée du Premier Lord de l'Amirauté, le ministre britannique de la marine Winston Churchill, les Français et les Anglais entreprennent même une expédition en... Norvège pour tenter de soutenir les Finlandais.
Victoire à l'arraché
Staline finit par conquérir la partie orientale de la Finlande et conclut un traité avec son ennemie le 12 mars 1940.
Mais sa victoire à l'arraché a pour effet d'isoler un peu plus l'URSS sur le plan international. Elle met aussi en évidence la médiocrité du commandement soviétique et la faible motivation des troupes.
Vorochilov, commissaire du peuple (ministre) à la Défense, est d'ailleurs démis de ses fonctions dès le 7 mai.
Ce désastre va fournir d'utiles enseignements à Hitler quand il prendra la décision d' attaquer son associé le 22 juin 1941.
Alliés à leur tour aux Allemands, les Finlandais reprendront l'offensive en 1941 mais, en 1944, ils devront accepter une mise sous tutelle soviétique.....

dimanche 15 novembre 2009

2 septembre 1870 Napoléon III est fait prisonnier à Sedan

Le 2 septembre 1870, les Prussiens reçoivent la capitulation d'une armée française enfermée à Sedan, dans les Ardennes. Ils font 83.000 prisonniers y compris l'empereur des Français. Napoléon III envoie un simple télégramme à l'impératrice Eugénie : « L'armée est vaincue et captive, moi-même suis prisonnier ».
C'est la quatrième fois dans l'Histoire de France qu'un souverain est capturé sur un champ de bataille. Ce désastre signe l'échec de la guerre engagée à la légère par les Français six semaines plus tôt.
Joseph Savès

Une guerre mal engagée
Napoléon III a déclaré la guerre à la Confédération d'Allemagne du Nord le 19 juillet 1870 d'une façon pour le moins maladroite et précipitée, sans prendre la peine de s'assurer le soutien des grands États européens ni de vérifier les dispositions de l'armée.
La France n'est en mesure de mobiliser que 265.000 hommes, sur un front de 250 kilomètres, de Thionville à Bâle. De leur côté, la Prusse et ses alliés d'Allemagne du Sud en alignent immédiatement 600.000 grâce à une organisation bien rodée et à un réseau ferroviaire très dense.
Les armées françaises sont très vite bousculées par la coalition allemande. Les Français subissent plusieurs défaites non dépourvues de panache comme à Wissembourg, le 4 août 1870, et surtout à Froeschwiller-Woerth, le 6 août. Ce jour-là, à deux reprises, près du village de Reichshoffen, les cuirassiers à cheval chargent sabre au clair dans les houblonnières. Empêtrés dans les piquets et les fils, hommes et chevaux se font absurdement massacrer.
À la suite de ces défaites, qui entraînent la perte de l'Alsace et de la Lorraine, le commandement en chef passe au maréchal Bazaine. Brave mais indécis, celui-ci tente de replier ses armées de l'Est sur Verdun mais se voit barrer la route par l'ennemi. Plutôt que de forcer le passage, il se laisse enfermer dans la place forte de Metz.
Le piège de Sedan
Un mois après la déclaration de guerre, il ne reste à la France que 130.000 hommes de la première armée, regroupés au camp de Châlons sous le commandement du maréchal de Mac-Mahon. L'empereur l'accompagne mais, très malade en raison d'un caillou dans la vessie et pouvant à peine circuler en voiture, il se garde de diriger les opérations.
L'armée manoeuvre en vue de secourir le maréchal Bazaine assiégé à Metz. Celui-ci, qui songe déjà à se rendre, reste étrangement inactif. C'est ainsi que Mac-Mahon est battu le 30 août à Beaumont et, faute de mieux, se replie sur la place forte de Sedan. Le 1er septembre au matin débute la bataille décisive. Blessé, le maréchal de Mac-Mahon laisse le commandement au général Ducrot et celui-ci au général Wimpffen, « le plus ancien dans le grade le plus élevé ».
Écrasés par l'artillerie allemande, les Français sont impuissants à desserrer l'étau. L'empereur souffre le martyre et se désespère de laisser tant d'hommes aller à une mort inutile. Lui-même, malgré sa maladie, monte à cheval et va au-devant de la mitraille. Mais la mort se refuse à lui. Le lendemain,soucieux d'éviter un massacre inutile, il donne lui-même l'ordre de se rendre et se rend auprès de l'état-major allemand. Il est reçu dans une modeste maison non par le roi Guillaume 1er mais par le chancelier Bismarck.
L'acte de capitulation est signé au château de Bellevue, sur une hauteur à quelques kilomètres de Sedan. À Lyon, Marseille et Paris, sitôt connu le désastre, l'empereur est déchu et la République proclamée.
Le gouvernement provisoire poursuit la guerre cependant que les Prussiens se dirigent à marches forcées vers Paris. La capitale va subir un siège éprouvant jusqu'à l'armistice de janvier 1871.
De son côté, l'ex-empereur quittera sa prison de Wilhelmshösse, dans la Hesse, et rejoindra sa femme, l'ex-impératrice Eugénie, à Londres. C'est là qu'il mourra le 9 janvier 1873, en se faisant opérer de la maladie de la pierre. Son fils unique, le prince Eugène, sera tué en combattant les Zoulous d'Afrique du Sud au service de l'armée anglaise, en 1879. La mort tragique du Prince impérial laissera orphelins les derniers bonapartistes.
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4 septembre 1870 Proclamation de la République

Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République (c'est la IIIe du nom). En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du «Quatre Septembre».
C'est après avoir appris la capture de l'empereur Napoléon III par les Prussiens à Sedan que les républicains de la capitale ont pris le pouvoir. Ils ont été devancés de quelques heures par leurs homologues de Lyon et Marseille.
Joseph Savès.

Illusions impériales
Quelques mois plus tôt, le 8 mai, Napoléon III était sorti renforcé d'un plébiscite qui lui avait donné 7.336.000 oui contre 1.560.000 non en confirmant l'orientation libérale de l'empire. À Paris, toutefois, à la différence du reste du pays, une majorité républicaine s'était prononcée contre le régime.
La déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, allait détruire les illusions de l'empereur. Certains républicains se hasardent à souhaiter qu'une prompte défaite consacre la ruine du régime et hâte l'avènement de la République. C'est ainsi que Le Rappel écrit noir sur blanc : « L e danger le plus sérieux, c'est celui de la victoire. L'Empire fait le mort. Les Prussiens battus, il ressuscitera ». Ce journal appartient aux fils de Victor Hugo - lequel est en exil à Jersey -. La défaite de Sedan comble au-delà de toute espérance les voeux de ces drôles de patriotes.

Une République issue de la défaite
Dans la nuit du 3 au 4 septembre, dès l'annonce de la défaite, les députés du Corps législatif se réunissent au Palais-Bourbon. Ils dédaignent de confier la régence à l'impératrice Eugénie, confinée au palais des Tuileries, et s'interrogent sur la conduite à suivre.
Dans le petit groupe républicain, plusieurs députés se préparent à un illustre destin. Parmi eux, Jules Favre, Jules Grévy, Jules Simon et Jules Ferry, qui fonderont la «République des Jules». Il y a aussi Adolphe Crémieux et surtout Léon Gambetta, superbe orateur de 32 ans.
Les Parisiens envahissent bientôt le Palais-Bourbon et exigent l'instauration de la République. Les députés craignent d'être débordés par l'insurrection. Jules Favre leur suggère alors de proclamer eux-mêmes la République à l'Hôtel de ville de Paris, comme aux plus beaux jours de la Révolution de 1789 ou des journées de Février 1848.
Deux colonnes de députés et de simples citoyens se rendent donc à l'Hôtel de ville, où elles ont été devancées par un groupe d'agitateurs révolutionnaires, jacobins ou socialistes (Delescluze, Blanqui, Flourens,...).
Pour séduire et rassurer la foule, Jules Ferry a l'idée de constituer un gouvernement composé de députés républicains de Paris. C'est ainsi que Léon Gambetta et Jules Favre proclament la République au milieu d'une liesse générale quelque peu surréaliste en regard de la situation militaire du pays.
Beaucoup de Parisiens croient naïvement que la déchéance de l'empereur et l'avènement de «Marianne» rendront les Prussiens plus accommodants. Certains imaginent au pire un sursaut général comme aux temps héroïques de Valmy. La résistance de l'armée de Bazaine à Metz leur donne quelques motifs d'espérer.

Paris résiste
Le «gouvernement de la Défense nationale» est placé sous la présidence du gouverneur militaire de la place, le général Louis Trochu, un conservateur timoré, «Breton, catholique et soldat», selon ses propres termes. Il délègue le député Adolphe Crémieux à Tours en vue de prendre en main les zones encore libres. Mais le généreux septuagénaire se révèle vite insuffisant à la tâche.
La situation s'aggrave le 19 septembre avec l'encerclement de Paris par les troupes ennemies. Le 7 octobre, le fougueux Gambetta (32 ans), ministre de l'Intérieur, s'enfuit à son tour de Paris à bord d'un ballon.

Sitôt à Tours, Léon Gambetta organise une armée en vue de secourir la capitale et de mener une «guerre à outrance». Son initiative recueille quelques éphémères succès mais elle inquiète les populations rurales qui rêvent surtout du retour à la paix. Les troupes hâtivement rassemblées par Gambetta sont sans difficulté battues par les Prussiens après la reddition honteuse de l'armée de Bazaine, à Metz.
De leur côté, affamés par un siège impitoyable, les Parisiens tentent dans un effort désespéré une «sortie torrentielle» à Buzenval, le 20 janvier 1871. Elle s'achève par une piteuse retraite.
Dans un ultime effort, Adolphe Thiers (73 ans), vieux député conservateur doté d'un très grand prestige, entreprend une tournée des capitales européennes en vue d'obtenir une intervention militaire en faveur de la France. Il se heurte partout à un refus poli, ... au grand soulagement du chancelier Bismarck.
À Saint-Pétersbourg, le tsar Alexandre II accueille avec une secrète jubilation les nouvelles de France, qu'il avait prévues. Il y voit la rançon de son humiliation dans la guerre de Crimée et des leçons prodiguées par les Français à son endroit à propos de la Pologne.
L'armistice est finalement signé par Jules Favre le 28 janvier 1871 pour une durée de quatre semaines. Bismarck veut ainsi donner le temps aux vaincus d'élire une assemblée nationale. Il a besoin en effet que le traité de paix définitif soit entériné par une autorité légitime afin de ne pas être plus tard contesté.
Dix jours plus tôt, le 18 janvier, les envahisseurs ont proclamé triomphalement l'Empire d'Allemagne dans la Galerie des Glaces de Versailles.

La France aspire à la tranquillité
Le 8 février, les élections générales amènent à la nouvelle Assemblée nationale une majorité favorable à la paix. Les ruraux des provinces, peu au fait du siège de Paris et des événements militaires, manifestent massivement leur volonté d'en finir au plus vite avec la guerre en reportant leurs suffrages sur les notables. C'est ainsi que se révèle à l'Assemblée une majorité écrasante de monarchistes.
Pas moins d'un élu sur trois est noble ! Mais ces députés monarchistes sont divisés entre partisans du comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe 1er, du comte de Chambord, petit-fils de Charles X, et de Napoléon III, empereur déchu.
Paris étant entourée de troupes allemandes et trop agitée au goût de l'Assemblée nationale, celle-ci se réunit au Grand Théâtre de Bordeaux avant de se transférer à Versailles. Le gouvernement de Trochu lui remet sa démission et, le 17 février, l'Assemblée désigne Adolphe Thiers comme « chef du gouvernement exécutif de la République française » en attendant de statuer sur la nature du régime futur : monarchie ou république.
Ainsi naît la IIIe République, dans la détresse et la confusion... Elle mourra de la même façon 70 ans plus tard, en 1940.
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lundi 9 novembre 2009

Quand les Tchétchènes combattaient les partisans blancs aux côtés des bolcheviks


En 1917, dans l’Europe ravagée depuis trois ans par la Grande Tuerie, éclate la révolution bolchevique financée entre autres par la "Deutsche Connexion Bank" d’Israël Lazarevitch Helphand, dit "Parvus", et Jacob Fürstenberg, dit Yakov Ganetsky.
Ces deux personnages sont les intermédiaires entre l’Allemagne et les islamistes du Comité Union et Progrès qui ont pris le pouvoir à Constantinople le 23 juillet 1908 qui finira, au nom du "Djihad", par entraîner l’Empire osmanli aux côtés de l’Allemagne dans la guerre contre les pays de l’Entente.
L’objectif des forces que représentent Parvus et Ganetsky est à l’évidence de détruire les empires coloniaux français, anglais, italien et russe.
De fait, le premier acte des Bolcheviks sera, le 3 mars 1918, la signature du Traité de Brest-Litovsk dont l’article IV impose aux Russes d’évacuer la Transcaucasie et l’Asie Centrale. Aussitôt, les armées du sultan de Constantinople envahissent l’Arménie sous juridiction russe depuis 1828.
Car, non contents d’avoir, avec la complicité des Tchétchènes, assassiné trois millions d’Arméniens et de Grecs de Turquie et d’Anatolie, les islamistes de Constantinople projettent d’en faire autant en Transcaucasie.
A peine signé le traité de Batoum, l’Armée islamiste, qui, depuis le Traité de Brest-Litovsk, contrôle la partie nord de l’Iran, attaque les Russes blancs de Koltchak en Asie Centrale et ceux de Denikine dans le Nord-Caucase. Deux cent trente mille Arméniens de Transcaucasie et soixante-dix mille d’Iran sont trucidés par les Turcs, Azéris, Adjares, Tchétchènes et autres composantes de la Division Sauvage. Israël Helphand, artisan du traité de Brest-Litovsk, Adolf Joffe, chef du département "Asie Centrale" du Comité centrai du PCUS et ambassadeur en Allemagne, Karl Sobelsohn, dit Radek, chef du département "Europe" du Commissariat aux Affaires étrangères de l’URSS, Léon Karakhan, chef du département "Orient" du même commissariat, Léon Davidovitch Bronstein, dit Trotski, et Grigori Brilliant, dit Sokolnikov, commissaire politique de l’Armée rouge, sont les responsables avérés de ce génocide conforme à la stratégie bolchevique de "l’écharpe verte" consistant à soulever les peuplades islamistes contre l’Angleterre et la France.
Israël Helphand est le financier de ces bouchers ainsi qu’en témoigne un télégramme daté du 14 juillet 1917 : « Nous avons transféré à votre nom par l’entremise de M. I. Ruchver, magistrat-instructeur, cent quatre vingt mille Marks pour vos dépenses en Finlande. La différence est à votre disposition pour l’agitation contre l’Angleterre et la France. Les lettres de Malyanik et Stelkov ... seront considérées. »
Signé : Parvus.

Dans le cadre de la même stratégie, après l’armistice de novembre 1918, la "ligue pour la révolution islamique" fut installée à Berlin et confiée à Talaat, ministre de l’intérieur de l’Empire osmanli. Responsable du génocide des Arméniens et des Grecs d’Anatolie en 1915, Talaat, réfugié dans la capitale allemande, était devenu créature de Joffe, Radek et Karakhan. Sous leur influence, la "Ligue" allait inspirer et financer toutes les révoltes musulmanes anti-occidentales de l’Entre-deux-guerres :
- la guerre menée par Atatürk en Anatolie, de 1919 à 1923, contre les Alliés afin d’empêcher l’application du Traité de Sèvres qui consacrait la reconquista de l’Anatolie par les Arméniens et les Grecs ;
- la guerre du Rif (1919-1934) menée par Abd-El-Krim contre la France et l’Espagne ;
- la guerre afghano-britannique de 1919-1923 ;
- la révolte irakienne contre les Anglais (1919-1932) ;
- la rébellion senousiste en Libye contre les Italiens (1919-1934) ;
- la révolte syrienne contre les Français (1919-1927).
C’est dans ce contexte géostratégique qu’il faut situer la guerre civile russe de 1918-1921. Exaspérés par les persécutions religieuses, le génocide entrepris par les Bolcheviks dès novembre 1917, le massacre de la famille Impériale à Iekaterinbourg et le traité scélérat de Brest-Litovsk, les Russes se révoltent sous la direction de Koltchak, Semionov, Alexeiev, Kornilov, Denikin et Ioudenitch.
En janvier 1919, les partisans blancs de Denikin sont sur le point de l’emporter. Ayant repris Vladikavkaz enlevé par les Tchétchéno-Bolcheviks aux Cosaques du Terez, libéré les bassins du Don et du Dniepr moyens, puis Voronej, Koursk, Orël, ils campent aux portes de Toula, à 250 km de Moscou.
C’est là que les partisans blancs seront poignardés dans le dos par une coalition musulmane formée en un "comité de défense" au sein duquel on trouve, alliés aux Bolcheviks, les Tchétchènes constitués en régiments de la Ch’aria et en Armée Islamique.
Le coup de poignard tchétchène dans le dos de Denikine est tragique dans ses conséquences : les bolcheviks reprennent Orël et Voronej, Kharkov et Kiev, puis Tsaritsyne et Rostov.
Ce qui reste de l’armée blanche sera littéralement exterminé par les Tchétchènes sur la route de la Mer Noire.
Les troupes de Koltchak, quant à elles, sont repoussées par les bolcheviks. Harcelées par les Tatars, Kirghizes et autres musulmans d’Asie Centrale, elles seront écrasées par l’Armée rouge et leur chef, trahi par la légion tchécoslovaque, sera fusillé le 7 février 1920.
Après la bolchevisation de la Transcaucasie, les Arméniens de Transcaucasie et d’Iran sont massacrés par les Turcs, les Azéris, les Tchétchènes, les Adjares, les Ingouches et les Iraniens en application du Traité de Kars (13 octobre) signé entre la Turquie et l’URSS.
C’est Jacob Fürstenberg, financier, avec Israël Helphand, de la révolution bolchevique, qui, au nom de l’Union soviétique, signa ce traité porteur de mort.

Aujourd’hui, les mêmes forces sont à l’oeuvre derrière les récents événements.
Les Azéris, qui ont tué au moins quarante mille Arméniens depuis 1988, agissent de concert avec les Tchétchènes en rébellion contre les Russes, les Abkhazes dressés contre la Géorgie, les Ingouches affrontés aux Ossètes et les groupes islamistes du Tadjikistan.
Cette véritable offensive musulmane généralisée contre la Russie, comparable à celle qui suivit le Traité de Brest-Litovsk, s’éclaire d’une lumière inquiétante à la lecture d’une étrange vaticination du patriarche orthodoxe de Constantinople, Basile III, datée de septembre 1929 :
« Seul le Tsar pouvait empêcher que les prédictions ne s’accomplissent.
La bataille d’Armagueddon, le combat de l’Apocalypse, les chevaux blancs, l’Hydre à sept têtes et aux sept couronnes. L’Hydre verte !
Du sang sur la tunique blanche !
Les deux fous de Sarajevo.
Nul n’a compris que l’hydre verte avait armé le bras du Serbe.
Le cerveau est aux terres glaciales.
Si les tentacules s’étendent et se ramifient sur le monde, Sainte Russie, barrière de l’Europe, soutien de l’Eglise, si tu cèdes, les cavales de Tamerlan se baigneront aux rives de Bretagne. »

"L’Hydre verte" qui a "armé le bras du Serbe" semble faire allusion, d’une part, au fait que le revolver de Gavrilo Prinzip, qui tua l’archiduc d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914, avait été fourni par des musulmans bosniaques ; d’autre part, à la "Société du Dragon vert", organisation occulte orientale qui disposait de deux succursales européennes : l’une à Constantinople, où se tint, en juin 1914, le congrès sionisto-islamique dont nous avons parlé dans notre article sur l’attentat de Sarajevo (Helphand-Parvus se trouvait à Constantinople à cette date), l’autre à Stockholm, siège de la banque d’Helphand et Fürstenberg, financiers de la révolution bolchevique.
Le siège central du "Dragon vert" se trouvait en Chine, où se succèderont comme ambassadeurs soviétiques, entre 1922 et 1927,... Joffe et Karakhan, signataires du Traité de Brest-Litovsk et promoteurs de la stratégie de l’"écharpe verte".
Ces deux "diplomates" appuyèrent l’action de l’agent bolchevique Michel Grüsenberg, dit Borodine, fondateur des partis communistes chinois et vietnamien et dont le secrétaire s’appelait Nguyen Tat Than, plus connu aujourd’hui sous le nom d’Ho Chi Minh.
Texte publié dans Le Libre Journal n°57.

samedi 7 novembre 2009

Moscou aux origines de la « légende noire » de Pie XII

En raison de la suspicion qui pèse sur l'attitude de Pie XII, qui régna de 1939 à 1958, face au IIIe Reich, son procès en béatification ne cesse d'être différé. Principal élément à charge :
Der Stellvertreter (Le Vicaire), la pièce de l'Allemand Rolf Hochhuth, portée à l'écran sous le titre Amen par Costa-Gavras. Laquelle aurait été téléguidée par les services soviétiques...


La langue allemande dispose de deux substantifs - ce qu'on nomme un doublon en lexicographie - pour désigner le genre théâtral qui est en français la tragédie : die Tragödie (mot féminin décalque du latin tragœdia, lui-même issu du grec tragôdia qui était, à l'origine, le chant qu'entonnaient les sacrificateurs lorsqu'ils égorgeaient le tragos, le bouc) ; et das Trawerspiel (mot neutre, de racines germaniques, formé de deux substantifs agglutinés, der Trawer (deuil, mélancolie, tristesse, chagrin) et das Spiel (jeu scénique, par extension pièce de théâtre). Tragödie et Trawerspiel sont donc une seule et même chose, la seule nuance étant que le premier mot est plutôt académique et semble un peu vieilli.

La biographie de Rolf Hochhuth est pleine de trous

A quarante-cinq années de distance, deux tragédies de langue allemande (et qui plus est chacune en cinq actes) portent des sous-titres dont le parallélisme est assez troublant Eine Biblische Tragödie (Une tragédie biblique), en 1918, puis Ein Christliches Trawerspiel (Une tragédie chrétienne); en 1963. Encore plus troublante, l'étonnante relation chiasmatique entre les deux auteurs et leurs deux tragédies. L'auteur de 1918 ne dut pas sa célébrité à cette oeuvre, dramatique alors que celui de 1963 n'est connu que par elle. La première avait pour titre principal Judas Ischariot, qu'elle glorifiait au détriment de son Maître, Jésus, ravalé au rang d'ilote politique. La seconde, Der Stellvertreter, dénigrait le rôle du Vicaire (c'est la traduction de Stellvertreter en français) de ce même Jésus, en la personne de Pie XII. L'auteur de Judas lschariot se nommait Joseph Goebbels. Celui de Der Stellvertreter se nomme toujours Rolf Hochhuth.

Tenter d'en savoir plus sur la biographie de Rolf Hochhuth relève de la gageure. Son site officiel (http://www.rolf-hochhuth.de) possède certes une section «Lebenslauf» (curriculum vitœ), mais y aller voir redirige automatiquement vers le site du Deutsches Historisches Museum (DHM) de Berlin, dont la notice sur l'auteur est des plus étiques pour la période qui va de sa naissance (1931) à la parution du Vicaire, la tragédie qui va le rendre mondialement célèbre (1963), et qui est celle, on le comprendra, qui nous intéresse particulièrement. C'est avec de tels trous dans une biographie que le doute s'installe.

Hochhuth est donc né en 1931, le 1er avril précisément, à Eschwege, une ville du Land de Hesse qui ne devait guère avoir plus de vingt mille habitants à cette date et où les catholiques étaient très minoritaires. Son père, à l'époque de la naissance de Hochhuth, semble avoir dirigé dans cette ville, ou dans ses alentours, une fabrique de chaussures. Quelle a été l'attitude du père industriel pendant le régime national-socialiste ? Je l'ignore, mais de nombreux commentateurs ont estimé que Le Vicaire manifestait une sorte de transfert du sentiment de culpabilité de Hochhuth d'avoir eu un père favorable au National-socialisme sur une personnalité de plus grande envergure, et que, à cet égard, il était difficile de trouver mieux que Pie XII.

La DHM est absolument muette sur Hochhuth quant à ses vingt premières années. Quelles furent ses études) Son comportement pendant le régime national-socialiste (il était dans sa quinzième année quand le IIIe Reich s'effondra) ? Ce qu'il fit dans l'immédiat après-guerre, on l'ignore. On nous apprend que de 1951 à 1955, après avoir, peu de temps, suivi les cours d'une école sur les métiers de l'imprimerie, il occupe quelques places de commis de librairie dans trois villes allemandes et suit, comme auditeur libre, des cours aux universités de Heidelberg et Munich. Ce statut confirme ce que la plupart des commentateurs soutiennent, à savoir que Hochhuth n'obtint pas même l'équivalent allemand du baccalauréat, l'Abitur.

Conséquemment, il n'a aucun diplôme universitaire. Pendant les années 1955 à 1963, toujours selon les données succinctes de la DHM, Hochhuth serait «lecteur» chez l'éditeur Bertelsmann-Lesering, mais le vrai rôle qu'il y joue demeure obscur.

Pour Moscou, le pape et l'Eglise catholique doivent être abattus

En 1963, il a trente-Deux ans, Hochhuth se dit « auteur indépendant ». En fait il n'a encore rien écrit qui permette de déceler en lui un talent d'écrivain naissant. On pense qu'il poursuit alors un travail de documentation sur le national-socialisme entrepris des années auparavant. C'est celle année-là que paraît l'édition de sa tragédie Le Vicaire, qui allait le hisser à une subite notoriété internationale. Traduite en 27 langues, la pièce sera représentée dans un encore plus grand nombre de pays, notamment dans tous ceux de l'Est où elle était un spectacle incontournable (pour ne pas dire obligatoire, car elle fut représentée au moins une fois par an dans toutes les villes du bloc de l'Est disposant d'un théâtre...), mais elle sera, très curieusement, interdite de représentation en... Israël.

La controverse qu'elle suscite est mondiale. Découvrir que Pie XII, décédé en 1958, n'avait rien fait pour dénoncer les persécutions antisémites, voire qu'il les avait encouragées par son «silence», fut une douche froide pour le monde catholique qui continuait de vénérer la mémoire du souverain pontife, vénération partagée par les habiroux eux-mêmes.

En juin 2005, le bimensuel jésuite La Civiltà Cattolica - dont les textes sont systématiquement relus pour approbation par la Secrétairie d'État - publiait un article du père jésuite et historien Giovanni Sale, rappelant (ou pour mieux dire révélant) que la « légende noire » contre Pie XII avait été créée et lancée par Radio Moscou dès le 7 juin 1945. Cinq jours auparavant, le 2, en la fête de son saint patron Eugène, Pie XII, lors d'une allocution, avait mis en garde le « monde libre » contre les manœuvres de séduction de l'Empire soviétique. Radio Moscou déclarait : « Qui a entendu le discours du pape [...] a été extrêmement étonné d'apprendre que le Vatican, pendant les années de la domination d'Hitler en Europe, a agi avec courage et audace contre les délinquants nationaux-socialistes. En revanche, les faits et actions véritables du Vatican disent le contraire [...] Aucune des atrocités commises par les hommes d'Hitler n'a suscité le mépris et l'indignation du Vatican. Il s'est tu alors qu'œuvraient les machines de mort allemandes, quand fumaient les cheminées des fours crématoires [...], quand la doctrine hitlérienne d'élimination et d'extermination des nations et des peuples se transformaient en une dure réalité [...] Maintenant en revanche, le pape [remplit] son discours d'allusions contre l'Union soviétique et le communisme international pour provoquer des divergences et semer la méfiance parmi les alliés. »

La presse communiste internationale, mais aussi bien des organes du « monde libre », éternels « idiots utiles », accordèrent leurs violons au la donné par Moscou... Ce début d'une offensive médiatique - oubliée de nos jours - contre le Vatican allait se doubler d'un formidable effort d'infiltration de l'administration du Saint-Siège par le NKGB (qui deviendra le MGB en 1946 et sera incorporé au KGB créé en 1953). Le pape, premier résistant au communisme, était devenu l'homme à abattre et L'Eglise catholique, l'institution à subvertir avec des réussites incontestables - le noyautage du Russicum (le Collège pontifical russe) à Rome entre 1949 et 1953 - ou de piteux échecs - l'échec du montage contre le cardinal Jozsef Mindszenty, primat de Hongrie, en 1949.

Le transfuge roumain Pacepa balance la manip soviétique

En juillet 1978, le n°1 de la DIE (services secrets extérieurs de la Securitate roumaine), le général Ion Mihai Pacepa, passait à l'Ouest, et avec lui la révélation des coups fourrés du renseignement soviétique et des services «frères» et subordonnés des services d'espionnage du bloc de l'Est. Né en 1928 et entré dans la carrière en 1947, Pacepa était la mémoire vivante de l'organisation et des méthodes du renseignement de l'empire soviétique. « Une contribution considérable et sans équivalent », estima la CIA. il fut en effet le plus grand maître-espion jamais passé à l'Ouest.

Dans une longue, dense et remarquable étude parue le 25 janvier dernier dans la National Review américaine, Pacepa, qui avait d'ailleurs été en poste en Allemagne de l'Ouest à la fin des années 1950, apporte des révélations inédites sur une opération de «desinformatsiya» contre la mémoire de Pie XII par l'instrumentalisation de Rolf Hochhuth, montée par le général soviétique Ivan Agayants (1911-1968), premier chef du Département D (celui de la désinformation) du Premier directorat du KGB (renseignement et opérations à l'étranger).

Pacepa raconte qu'en 1963, Agayants (qui avait sévi sous couverture commerciale à Paris à la fin des années 1930 et y revint après-guerre) arrive à Bucarest pour remercier la DIE des bons résultats de son travail de subtilisation, de documents des archives du Saint-Siège sur Pie XII, un volet, confié aux Roumains, d'une plus vaste opération de dénigrement du pape défunt, montée par le général soviétique Aleksandr Sakharovsky, grand patron du Premier directorat du KGB, opération baptisée Siège-12 (Siège pour Saint-Siège et 12 pour Pie XIl). Agayants informe ses interlocuteurs roumains que l'opération Siège-12 va aboutir grâce à une pièce attaquant Pie XII, et titrée... Le Vicaire.

Hitler avait eu le projet de faire enlever Pie XII !

On annexera à l'édition de cette pièce toute une documentation «organisée» par les techniciens moscovites du Département D, grâce aux éléments fournis par les Roumains : ce sont, selon Pacepa, les Historische Streiflichter (les à-côtés historiques) qui figurent dans l'édition originale, et qui offrent une crédibilité apparente à une oeuvre dramatique qui en était essentiellement dépourvue.

La pièce sera mise en scène et produite par le célèbre homme de théâtre allemand, Erwin Piscator (1893-1966), un communiste notoire. Fondateur du « théâtre prolétarien », Piscator se réfugia à Moscou peu avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler, puis vécut à Paris de 1936 à 1939 avant d'émigrer aux Etats-Unis, d'où il revint en 1962 pour «arranger», la pièce de Hochhuth, c'est-à-dire réduire à une durée raisonnable une tragédie qui aurait occupé la scène plus de huit heures dans la version de l'auteur, et sans doute contribuer à la réécriture d'une pièce mal ficelée et la remanier pour augmenter l'impression détestable de Pie XII ! A cet égard, ce fut une réussite, qui vérifiait le slogan alors en cours au KGB : « Les morts ne peuvent pas se défendre » ainsi que l'aphorisme sans cesse rappelé à Pacepa par Youri Andropov, le patron du KGB de 1967 à 1982 : « Les gens sont toujours plus disposés à croire aux cochonneries qu'à la sainteté. »

Le succès planétaire du Vicaire se maintint jusque vers milieu des années 1970, lorsque l'opinion publique internationale apprit que non seulement Pie XIl n'était pas le supposé ami et allié des nationaux-socialistes, comme cette pièce kgébiste entendait le démontrer, mais, que c'était un mythe : les dirigeants du IIIe Reich considéraient le pape comme leur pire ennemi, imaginant toute sorte d'opérations pour en venir à bout, y compris l'investissement de la Cité du Vatican et la réclusion de Pie XII (1943), voire son enlèvement, chose tellement énorme qu'on a du mal à y croire.

Monsieur Poutine, ouvrez les archives du KGB !

Ce projet fut pourtant révélé en janvier 2005 dans l'Awenire, le quotidien de l'épiscopat italien, citant un témoignage inédit et écrit du général Karl Friedrich Otto Wolff, Höchster SS und Polizei-Führer (chef suprême des SS) à Rome, à qui Hitler avait ordonné, en mai 1944, d'enlever Pie XII ! Non seulement Wolff n'obéit pas, mais il profita d'une audience pour en avertir le pape. Ce dernier, a-t-on appris l'an passé, prit l'affaire au sérieux et toutes dispositions pour que l'État du Vatican perdure si survenait ce cas inédit de sede vacant (de vacance du Saint-Siège)...

Pacepa rapporte une confidence que lui fit Andropov en 1974 : si Moscou avait connu, à l'époque de Siège-12, ces informations, on ne s'y serait jamais pris ainsi pour attenter à la réputation de Pie XII ! Un aveu qui permet de comprendre pourquoi la tentative de reprise de l'opération de calomnie essayée en 2002 par Costa-Gavras avec son film Amen, directement inspiré et adapté du Vicaire - et récompensé du César du meilleur scénario ! - est tombée à plat.

Pour l'heure, Hochhuth refuse de s'expliquer sur le fond de l'affaire révélée par Pacepa. Nous n'en saurons guère davantage tant que les archives du KGB ne seront pas ouvertes aux chercheurs et aux historiens : nous avons la clef de ce mystère mais sa serrure nous est interdite. Quant à l'auteur du Vicaire, trois hypothèses peuvent être avancées. La plus bénigne serait sa manipulation « à l'insu de son plein gré » comme disait l'autre mais c'est la moins probable : on l'imagine mal, sauf à considérer qu'on a affaire à un parfait imbécile - ce qui n'est pas le cas -, n'avoir rien subodoré pendant plus de 40 ans.

La seconde, qui est double, est que Hochhuth a participé consciemment et activement à une opération de désinformation du KGB, soit pour une raison de lucre (ses droits d'auteurs sont considérables et sa carrière littéraire et de dramaturge a été lancée par ce « coup de pouce », soit parce qu'il était idéologiquement philo-communiste et anti-catholique - encore que ces deux raisons peuvent n'en former qu'une seule... Dernière hypothèse : Hochhuth était un homme tenu par les services soviétiques, en raison de détails connus d'eux de sa vie passée ou privée, et qui dut, en raison du chantage exercé sur lui, se plier à la volonté soviétique de collaborer à son entreprise multiforme de désinformation contre Pie XII et de lutte à mort contre l'Église catholique.

Pas besoin d'être chiromancien pour comprendre que les révélations de Ion Mihaï Pacepa, qui a reconnu avoir « été lui-même impliqué dans la tentative délibérée du Kremlin pour salir le Vatican » connaîtront des rebondissements. Mais quand ?

Daniel Hamiche; Le Choc du Mois Mars 2007.

jeudi 5 novembre 2009

Eric RAYNAUD : « Rien n'explique que les avions aient pu pénétrer aussi facilement l'intérieur des zones les mieux protégées du monde »

Journaliste d'investigation, Eric Raynaud se passionne depuis huit ans pour les attentats du 11 septembre 2001. Auteur d'un livre intitulé 11 septembre, les vérités cachées, il est convaincu que les tours du World Trade Center avaient été piégées avant que les avions ne les percutent. Il s'explique pour Monde et Vie.
M&V : Le 11 septembre 2001, le monde entier a assisté en direct à l'écroulement des tours du World Trade Center à New-York, heurtées de plein fouet par des avions de ligne détournés par des terroristes. Pour tout le monde, ces terroristes et leur chef, un certain Oussama ben Laden, jusqu'alors inconnu du grand public, en étaient seuls responsables. Comment en êtes-vous arrivé à douter de la version officielle des événements ?
- Eric Raynaud : A l'époque,je suis resté «scotché», le souffle coupé, devant ma télévision jusqu'à cinq heures du matin et je ne me suis pas posé de question sur la manière dont l'événement avait pu se produire. Les questions sont venues plus tard, d'abord à la lecture du livre de Thierry Meyssan sur l'attentat visant le Pentagone, « L'Effroyable imposture », puis lors de la publication des conclusions de la commission d'enquête américaine conduite par l'administration Bush-Cheney, absolument pas crédibles. Des scientifiques de premier rang sont d'ailleurs montés au créneau pour critiquer cette version officielle des faits, avec des arguments puissants. Après l'élection de Barack Obama, la parole s'est un peu libérée.
Elle est plus libre aux Etats-Unis qu'en France...
- En effet, de nombreuses associations s'y sont créées et se sont pour la plupart fédérées au sein d'un Mouvement pour la vérité sur le 11 septembre, afin de réclamer l'ouverture d'une nouvelle enquête. Des associations de victimes et de familles de victimes, de pompiers, de témoins, de Professionnels du bâtiment - architectes et ingénieurs -, d'anciens agents des services secrets, une association de personnalités religieuses et une autre rassemblant des dirigeants politiques internationaux ont demandé que la lumière soit faite sur les nombreuses obscurités de ce drame.
Selon vous, que s'est-il réellement produit le 11 septembre ?
- Il s'agit indubitablement d'attentats perpétrés par des terroristes - nous avons tous vu les avions percuter les tours -, mais je suis convaincu que Georges Bush et les membres de son administration avaient des éléments démontrant qu'ils allaient se produire. Les services secrets d'au moins quinze pays, dont le Mossad, les services secrets afghans et la DGSE française (dès le mois de janvier !), les avaient prévenus qu'un attentat allait avoir lieu avec des avions détournés. La CIA en avait aussi fait état le 6 août 2001, lors du briefing quotidien en présence de George Bush. L'administration en place a volontairement laissé faire et probablement accompagné le mouvement. On ne s'explique pas autrement que les avions aient pu pénétrer aussi facilement à l'intérieur des zones les mieux protégées du monde : New-York, Washington et le Pentagone. Il faut savoir qu'autour du Pentagone est tracé un cercle virtuel, baptisé P 56, dans lequel on n'entre pas sans émettre un message accompagné d'un code qui est changé tous les jours. Si ce message codé n'est pas reçu, des missiles sont immédiatement lancés contre l'appareil intrus. Les avions qui ont percuté les tours auraient également dus être interceptés par la chasse américaine dans les six minutes. À 8 h 30, deux appareils étaient prêts à décoller et à se porter sur l'adversaire en 5 ou 6 minutes. Or ils sont restés au sol pendant une heure et demi, laissant le deuxième avion se fracasser sur la deuxième tour...
Vous évoquez dans votre livre la découverte d'un scientifique, Niels Harrit ? De quoi s'agit-il ?
- Niels Harrit est un scientifique danois, spécialisé en nanochimie. En mars dernier, il a publié dans un bulletin scientifique à comité de lecture - ce qui pour un scientifique est un gage de sérieux - une étude dans laquelle il expliquait avoir trouvé, dans les poussières de béton des tours écroulées, des particules de nanothermite. Il s'agit d'un mélange chimique qui possède des propriétés explosives ou de fusion et dont les ouvriers des chemins de fer se servaient naguère pour couper les rails. Plus c'est petit, plus c'est exogène, et plus ça «pète». Cet explosif atteint très rapidement des températures de 2 500 degrés et brûle sans apport d'oxygène. Le kérosène que contenaient les réservoirs des avions ne brûle, lui, qu'à une température de 800 à 850 degrés. Or, l'acier ne fond pas à moins de 1580 degrés... Par ailleurs, la nanothermite peut servir, soit comme explosif, soit pour découper. Il est probable qu'il y a eu à la fois des charges de découpe et d'explosion, ce qui expliquerait que des poutres de plusieurs tonnes aient été expulsées à 180 mètres, ainsi que la vitesse à laquelle les tours sont tombées : 10 secondes, vitesse de la chute libre, au lieu des 30 secondes minimum qu'il aurait fallu pour écraser 110 étages, selon les spécialistes.
Vous soupçonnez les Américains d'avoir eux-mêmes miné les tours. Pourquoi ?
- Cet explosif est fabriqué sous licence militaire, dans des laboratoires militaires, à usage militaire. Il est donc permis de se demander ce que font ces particules dans les poussières du Worl Trade Center. Je vois mal des islamistes fabriquer la nanothermite dans les grottes d'Afghanistan... Ils auraient pu l'acheter, mais encore aurait-il fallu pouvoir placer les explosifs dans les tours. Car, selon Niels Harrit, il aurait fallu plus de 10 tonnes de nanothermite répartie dans tous les étages des deux tours et de la tour 7 - la troisième à être tombée - pour provoquer de tels dégâts. On sait par des témoins que des explosions ont eu lieu dans les tours, on les entend distinctement lorsqu'on consulte les archives filmées. Un témoin nommé Rodriguez, qui travaillait dans les « Twins Towers » et dont George Bush a fait un héros national car il a sauvé plusieurs personnes, a été brûlé par une énorme explosion dans les sous-sols.
Comment aurait-on pu introduire discrètement plus de 10 tonnes d'explosifs dans les tours ?
- Des journalistes de la télévision danoise l'ont demandé à Niels Harrit, qui leur a répondu : « sur des palettes », et leur a conseillé d'aller poser la question aux responsables de la société qui était en charge de la sécurité des tours, Securacom. Cette société, qui assurait aussi la sécurité de l'aéroport de Dulles, d'où est parti l'avion qui se serait écrasé sur le Pentagone, était dirigée... par Marvin Bush, le propre frère de George Bush, et par leur cousin Wirt Walker. Les responsables de Securacom n'ont jamais été interrogés par la commission d'enquête... Ils auraient pu expliquer pourquoi les chiens renifleurs d'explosifs avaient été retirés du World Trade Center quinze jours avant les attentats ? Des familles ont demandé des explications, elles n'ont jamais reçu de réponse. Peu de temps avant les attentats aussi, il avait été procédé à une opération de réfection des ascenseurs, au cœur d'une colonne d'acier qui monte dans la cage d'ascenseur. Ces ascenseurs avaient pourtant déjà été révisés à peine dix-huit mois plus tôt...
Vous avez abordé aussi dans votre livre le cas de la tour 7, la troisième à s'être écroulée, sans avoir été percutée par aucun avion...
- Le rapport final de la commission d'enquête passe purement et simplement sous silence la chute de cette tour, dans laquelle se trouvaient les bureaux de la CIA, mais aussi le bunker du maire de New-York, à l'époque Rudy Giuliani. On a avancé pour expliquer son écroulement que des débris entrés par les fenêtres de cette tour y avaient allumé des incendies qui auraient affaibli sa structure. Or cette tour, d'une hauteur de 165 mètres, est tombée elle aussi à la vitesse de la chute libre, en 6,5 secondes, dans son empreinte et sans qu'un seul des immeubles qui l'entourent ait été touché.
Vous doutez également de la version officielle concernant l'attentat contre le Pentagone. Pourquoi ?
- Le toit du Pentagone, censé avoir été également frappé par un Boeing, s'est écroulé seulement trois quarts d'heure après l'impact. Des photos prises par des militaires présents à ce moment-là laissent apparaître, au point d'impact, un trou de 5 mètres sur 5... fait par un avion de 38 mètres d'envergure ! En outre, une association rassemblant à la fois des pilotes de ligne et de chasse a fait savoir qu'il aurait fallu exécuter, pour se planter dans le Pentagone de cette manière, une manœuvre en spirale impossible à exécuter ! Le pilote de chasse qui a inspiré le film Top Gun, membre de l'association des pilotes pour la vérité sur le 11 septembre et qui affiche 400 missions de combat, a déclaré que lui-même ne saurait pas la faire - or, le terroriste qui est censé avoir réussi cette même manœuvre avec un Boeing 757 s'était vu refuser deux semaines auparavant la location d'un Cessna, parce qu'il n'arrivait pas à le piloter. Enfin, on ne trouve pas de débris de l'avion sur la pelouse : ni sièges, ni bagages, juste des pièces de métal qui font la surface d'une main.
Autre chose : le 757 est censé avoir traversé trois anneaux du Pentagone celui-ci est constitué de cinq «anneaux», bâtiments concentriques en béton armé, avec d'énormes poutres de protection. A la sortie, dans le sixième mur (il y a deux murs par anneau), on voit un trou circulaire de 2,30 mètre, dont on nous dit que c'est le nez de l'avion. Or le nez d'un 757 n'est même pas en aluminium, mais en fibre de carbone pour que les communications soient meilleures. De la fibre de carbone qui traverse des murs en béton armé ? Je demande à voir... Mais justement, en dépit des 84 caméras qui surveillaient l'endroit, on ne dispose pas d'une seule image montrant le choc et l'avion qui s'engouffre dans le mur : le FBI refuse de les montrer, en dépit des demandes des plaignants.
Mais que sont devenus l'avion et ses passagers - car il a bien décollé ?
- C'est une question à laquelle je suis incapable de répondre. On n'a rien retrouvé à l'intérieur du pentagone. La commission d'enquête a expliqué que la chaleur avait été telle que l'avion s'était volatilisé - moyennant quoi, sans crainte de se contredire, on a affirmé aux familles que leurs proches présents dans l'avion avaient été identifiés grâce à des traces d'ADN ou des empreintes digitales... Tout ce que je peux dire, c'est qu'il est impossible qu'un 757 ait percuté le Pentagone. Selon l'hypothèse la plus courue, il se serait agi d'un missile. Cette hypothèse pourrait être renforcée par les résultats obtenus par une spécialiste qui est allée mesurer la radioactivité sur place : elle est dix fois supérieure à ce qu'elle était à l'origine.
De même, je ne sais pas ce qu'il a pu advenir des personnes qui se trouvaient dans l'avion qui se serait écrasé en Pennsylvanie. On a trouvé un trou de 30 mètres dans un champ, là encore sans une valise, ni un siège, ni un morceau de fuselage. Selon une hypothèse, cet avion-là aurait été abattu par l'armée : après les attaques contre les tours et le Pentagone, il pouvait sembler préférable de le descendre et de tuer 47 personnes pour en sauver 4 000. Aujourd'hui, le gouvernement ne dément plus formellement cette hypothèse.
On a dit que des passagers de cet avion avaient téléphoné à leurs proches...
- Lors du procès de Moussaoui (survivant du groupe terroriste, ndlr), ses avocats ont demandé les expertises du FBI concernant les conversations téléphoniques d'avion jusqu'au sol. Les experts ont expliqué qu'il ne pouvait pas y avoir eu de telles conversations avec la terre ferme, de la hauteur à laquelle volait l'avion. En 2001, on n'avait pas encore la technologie suffisante. Il n'est pas impossible en revanche que les gens, au sol, aient reçu des coups de téléphone - mais de qui, comment, par qui ? Je ne le sais pas.
Pourquoi tout cela ? En se rendant complice des terroristes, le gouvernement américain aurait pris des risques énormes...
- Ce cas de figure s'est déjà vu : on sait aujourd'hui qu'avant Pearl Harbor, par exemple, les Américains avaient été prévenus de l'attaque japonaise. Pour les Américains, il était important d'aller en Irak et en Afghanistan, à cause du pétrole. Un an auparavant, un groupe néoconservateur avait d'ailleurs publié un Projet pour un nouveau siècle américain (PNAC, Project for a New American Century), dont les rédacteurs expliquaient que les Etats-Unis étaient en train de perdre la guerre de l'énergie et qu'il fallait établir des bases au Moyen-Orient, mais que l'opinion publique américaine n'était pas prête à la guerre, « sauf à ce qu'un élément moteur n'advienne, du type Pearl Harbor, qui retournerait l'opinion et permettrait de passer immédiatement à l'action. » Je pense que Bush était au courant qu'il allait se produire quelque chose. La nuit précédente, il couchait dans un hôtel et contrairement à l'habitude, il y avait une batterie anti-missile sur le toit. Mais je crois qu'il ne pensait pas que ça irait si loin et qu'il a été doublé par Dick Cheney.
Propos recueillis par Hervé Bizien monde & vie 12 octobre 2009

mercredi 4 novembre 2009

De l'avortement à l'euthanasie

Et toujours le même scénario
Dans notre société sur-médiatisée, l'émotion est devenue le vecteur principal des réformes politiques. Pour faire passer des lois qui pourraient heurter l'opinion publique, les lobbies ont compris qu'il faut jouer sur la corde sensible des Français. Avortement. Mariage homosexuel Euthanasie. Le scénario est, depuis trente ans, toujours le même.

- Le 5 octobre 1971, Le Nouvel Observateur publie le manifeste dit « des 343 sal... » qui contient l'appel à la désobéissance civile suivant : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont confrontées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles, je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. » Ce manifeste est notamment signé par Catherine Deneuve, Yvette Roudy, Marie-France Pisier ou Françoise Sagan. Chacun des signataires s'expose à des poursuites pénales.

Un drame réel, des témoins de « moralité », une émotion intense, une loi

Un an plus tard s'ouvre le procès de Bobigny. Cinq femmes se trouvent dans le box des accusés. Parmi elles Marie-Claire, une jeune fille de seize ans, qui a avorté après avoir été violée par un garçon de son lycée. A ses côtés, quatre autres femmes : sa propre mère, une modeste employée de la RATP, qui l'a conduite à l'hôpital pour qu'elle y subisse un avortement, et trois membres du corps médical qui ont pratiqué l'acte interdit par une loi de 1920. La justice se trouve face à un drame. Un drame humain épouvantable. L'horreur du viol. L'innocence d'une gamine souillée à tout jamais. Une mère démunie qui élève seule sa fille. Personne, même parmi les plus farouches adversaires de l'avortement, ne peut rester insensible face à cette tragédie.
- Le lobby de l'avortement, qui, depuis les événements de Mai 1968, tente de faire sauter le verrou, va l'instrumentaliser avec succès. La défense des accusées est assurée par Maître Gisèle Halimi. Le tribunal va lui servir de tribune pour prendre l'opinion publique à témoin. Son argument est simple. Une jeune fille, victime d'un viol, se retrouve face à la justice, pour avoir refusé de garder son enfant. Ce n'est pas elle qui est coupable, c'est la loi qui interdit l'avortement.
- Les témoins défilent. Le scientifique et académicien Jean Rostand. Les Prix Nobel et biologistes Jacques Monod et François Jacob. La comédienne Françoise Fabian. L'homme politique Michel Rocard. L'écrivain Simone de Beauvoir. Le professeur Paul Milliez, médecin et catholique, qui affirme à la barre : « Je ne vois pas pourquoi nous, catholiques, imposerions notre morale à l'ensemble des Français. » Aux termes de la plaidoirie de Gisèle Halimi, la jeune fille, est relaxée. Les autres accusées le sont également ou simplement condamnées à des peine de sursis.
- Dans tout le pays, l'émotion est intense. Pour ou contre l'avortement. Le débat est lancé. Chacun prend position. Articles de presse. Pétitions, livres. Le sujet n'est plus tabou. Il faut légiférer. Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l'Assemblée nationale. La discussion du projet de loi relatif à l'interruption volontaire de la grossesse peut commencer. Le 17 janvier 1975, la loi autorisant l'avortement est publiée au Journal officiel. En deux ans, l'exploitation d'un drame incontestable a permis de transgresser l'interdit absolu. Celui de se débarrasser de l'enfant à naître.

Conseils aux scénaristes en manque d'imagination
Le 16 janvier 2004, un homosexuel, Sébastien Nouchet, est grièvement brûlé par trois individus qui, affirme-t-il, l'auraient attaqué en raison de son orientation sexuelle. La machine médiatique se met en branle. Un homme a été brûlé vif en France parce qu'il est homosexuel. On évoque Himmler et son fameux discours contre les pédérastes. La France, patrie des droits de l'Homme, ne peut pas tolérer de tels actes. Quelle que soit l'opinion de chacun sur l'homosexualité, personne ne peut accepter qu'un jeune soit brûlé pour une telle pratique. Il faut donc légiférer. Le 8 décembre, les parlementaires votent une loi créant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité et incluant un dispositif contre l'homophobie.
- En janvier 2005, le député UMP, Christian Vanneste, donne son point de vue sur l'homosexualité : « L'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité. [...] Je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse. j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité. [...] Pour moi leur comportement est un comportement sectaire. » Ça ne vous rappelle rien ? Himmler bien sûr : « Si j'admets qu'il y a un à deux millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8 % ou 10 % des individus de sexe masculin sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. A long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel. »
- Le 14 janvier 2006, Vanneste est condamné en premier instance pour ses propos. L'élu, qui est la première victime de la loi, fait appel. Le 25 janvier 2007, suivant en cela les réquisitions du parquet, la cour d'appel de Douai confirme, et même aggrave la décision des premiers juges. Forts du pacs et d'une loi qui interdit toutes remarques qui ne constituerait l'éloge de la sodomie, le lobby homosexuel entend passer à la vitesse supérieure. L'ultime étape est clairement annoncée : la reconnaissance du mariage entre homosexuels et le droit à l'adoption d'enfant, par ces derniers. Le scénario est déjà écrit. D'ici quelques mois, les médias nous présenteront un enfant abandonné dans un orphelinat (Mieux choisi que Sébastien Nouchet ? Sa plainte a débouché sur un non-lieu. Le magistrat instructeur a conclu à « l'absence d'élucidation des circonstances dans lesquelles sont survenues les brûlures ». Il a fait appel.
- Alors imaginez. Le regard désespéré d'un enfant sans parent. L'ambiance lugubre d'une maison d'accueil pour un enfant seul. Son désir légitime d'être aimé. Personne ne veut de lui. Personne ? Si, justement, deux femmes veulent l'adopter. Elle sont belles. Elles travaillent. Elle sont maternelles. Elles lui apportent du réconfort depuis des années. Va-t-on le laisser grandir loin de leur affection ? Ce n'est pas envisageable. Des adultes viendront témoigner. Ils ont été élevés par deux hommes ou deux femmes. Ils ont toujours été heureux. Epanouis. Choyés. L'enfant tentera de mettre fin à ses jours. Il n'en pouvait plus d'être seul. Séparé de celles qui veulent l'élever. Comme deux vraies mamans. Le législateur interviendra. Et l'impossible se réalisera. Les homosexuels pourront adopter.

L'euthanasie s'invite dans les urnes... funéraires
Le 24 septembre 2000, le jeune Vincent Humbert devient tétraplégique, aveugle et muet à la suite d'un accident de voiture. Une vie brisée. Une vie désormais privée de toute espérance terrestre. Un drame ignoble pour le jeune homme. Un calvaire pour sa mère. La France découvre cette souffrance incommensurable. Chacun se sent concerné. Le 24 septembre 2003, la mère tente d'abréger ses souffrances en lui injectant un produit mortel. Il sombre clans le coma. Elle est arrêtée.
- Les médias se saisissent de l'affaire. Deux jours plus tard, son médecin traitant met un terme définitif à ses souffrances. Vincent Humbert décède. Le 2 janvier 2006, le parquet requiert un non-lieu à l'encontre de la mère et du médecin. La campagne en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie est lancée. Toutefois, elle patine. Le corps médical est réticent. Les parlementaires hésitent. L'opinion publique est incertaine. Le choc de Vincent Humbert n'a pas suffi.
- En 2007, la campagne électorale bat son plein. Air du temps : le compassionnel. La campagne pour l'euthanasie redémarre. Le 7 mars, deux mille soignants lancent un manifeste : « Nous soignants, avons aidé un patient à mourir. Parce que, de façon certaine, la maladie l'emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence. Tous les soignants ne sont pas confrontés à ce drame, mais la majorité de ceux qui assistent régulièrement leurs patients jusqu'à la mort, utilisent, dans les circonstances décrites, des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle [...] Aussi nous demandons l'arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l'encontre des soignants mis en accusation ; une révision de la loi dans les plus brefs délais, dépénalisant sous conditions les pratiques d'euthanasie, en s'inspirant des réformes déjà réalisées en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas ; des moyens adaptés permettant d'accompagner les patients en fin de vie, quels que soient les lieux, (domicile, hôpital, maisons de retraite) et les conditions de vie. Il s'agit là, d'accorder à chaque personne, une singularité, une valeur absolue, qui se nomme, selon le préambule et l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 : la dignité. »
- Ce « manifeste des 2 134 » - cela ne vous rappelle rien ? - n'est pas dû au hasard. Il est intervenu trois jour avant l'ouverture, devant la cour d'assises de Périgueux, du procès de deux femmes, une infirmière et un médecin, accusées d'empoisonnement et encourant trente ans de réclusion criminelle pour avoir administré une dose mortelle de chlorure de potassium à une malade atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale.
- Une fois encore, le cancer est une maladie qui bouleverse tous ceux dont un proche en est mort. ta souffrance. La déchéance physique, lente, mais irrémédiable. Lorsque le cœur s'arrête de battre, c'est un corps décharné qui s'arrête de vivre. A quoi bon prolonger une vie qui ne vaut plus la peine d'être vécue ? L'euthanasie est donc nécessaire.
- 1975, la vie amputée à son commencement. 2007, la vie amputée à son terme. Le scénario a parfaitement fonctionné. A quoi servent les enfants handicapés ? A rien. Certains ont sans doute la solution.
Thierry Normand Le Choc du Mois Mars 2007

mardi 3 novembre 2009

2 novembre 1917, la déclaration Balfour

Il y a 92 ans, le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique adoptait la déclaration Balfour, un texte qui est à l’origine du conflit palestinien.

Alain Gresh, Le Monde diplomatique

Pour en comprendre les enjeux, voici un extrait du chapitre 2 de Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2001 et 2007).
Le conflit se noue (1917-1939)
Un monde s’effondre. La première guerre mondiale entre dans sa dernière année. Des empires séculaires, celui des Ottomans - le turc -, l’empire austro-hongrois, n’y survivront pas. La Russie tsariste est déjà morte et les bolcheviks s’apprêtent à prendre le Palais d’hiver et à instaurer un régime dont la durée de vie coïncidera avec ce que les livres d’histoire désignent comme le XXe siècle. Nous sommes le 2 novembre 1917 et lord Arthur James Balfour, ministre du puissant empire britannique, met la dernière touche à sa lettre. Hésite-t-il un instant à y apposer son paraphe ? Est-il saisi d’une sombre prémonition ? Sans doute pas, car le texte, plus connu sous le nom de « déclaration Balfour », a été longuement débattu par le gouvernement de Sa Majesté. Celui-ci déclare qu’il « envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif ». La déclaration qui, dans une première version, évoquait « la race juive », précise que, pour la réalisation de cet objectif, « rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays ». Comment créer un foyer national juif sans affecter les populations locales arabes ? Cette contradiction, la Grande-Bretagne ne pourra jamais la résoudre et elle sera à l’origine du plus long conflit qu’ait connu le monde contemporain.
La lettre de Balfour est adressée à lord Walter Rothschild, un des représentants du judaïsme britannique, proche des sionistes. Qu’est-ce que le sionisme ? J’y reviendrai dans le prochain chapitre. Bornons-nous pour l’instant à dire que ce mouvement réclame « la renaissance nationale du peuple juif » et son « retour » sur la terre de Palestine. La déclaration Balfour répond à plusieurs préoccupations du gouvernement de Londres. Alors que la guerre s’intensifie sur le continent, il s’agit de se gagner la sympathie des juifs du monde entier, perçus comme disposant d’un pouvoir considérable, souvent occulte. Cette vision, ironie de l’histoire, n’est pas éloignée de celle des pires antisémites qui détectent, partout, « la main des juifs ». Le premier ministre britannique de l’époque évoque dans ses Mémoires la puissance de « la race juive », guidée par ses seuls intérêts financiers, tandis que Lord Balfour lui-même avait été le promoteur, en 1905, d’un projet de loi sur la limitation de l’immigration en Grande-Bretagne, qui visait avant tout les juifs de Russie. Mark Sykes, un des négociateurs des accords qui partagèrent le Proche-Orient en 1916, écrivait à un dirigeant arabe : « Croyez-moi, car je suis sincère lorsque je vous dis que cette race [les juifs], vile et faible, est hégémonique dans le monde entier et qu’on ne peut la vaincre. Des juifs siègent dans chaque gouvernement, dans chaque banque, dans chaque entreprise. »
La déclaration Balfour s’adresse particulièrement aux juifs américains, soupçonnés de sympathie pour l’empire austro-hongrois, et aux juifs de Russie, influencés par les organisations révolutionnaires qui ont renversé le tsar au printemps 1917. Nombreux sont favorables à ce que la Russie signe une paix séparée. Londres espère éviter ce « lâchage ». Balfour évoque même la mission qui serait confiée aux juifs en Palestine : faire que les juifs du monde se comportent « convenablement » ! Ce calcul échouera puisque, dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les insurgés bolcheviks s’emparent du pouvoir à Petrograd et appellent à la paix immédiate.
Mais la Grande-Bretagne, en confortant le mouvement sioniste, vise un objectif plus stratégique, le contrôle du Proche-Orient. Le dépeçage des vaincus est négocié entre Paris, Londres et Moscou, alors même que la victoire n’est pas acquise. En 1916, sont signés entre Paris et Londres, puis ratifiés par le tsar, les accords connus sous le nom de Sykes-Picot (Mark Sykes et Georges Picot sont deux hauts fonctionnaires, l’un britannique l’autre français) qui définissent les lignes de partage et les zones d’influence au Proche-Orient. Pour Londres, la Palestine « protège » le flanc est du canal de Suez, ligne vitale entre les Indes, le fleuron de l’empire, et la métropole. Le parrainage accordé au sionisme permet au gouvernement britannique d’obtenir un contrôle total sur la Terre sainte.
Mais les Britanniques ne se sont pas contentés de promesses au mouvement sioniste, ils en ont fait aussi aux dirigeants arabes. Le calife ottoman (il exerce son autorité sur les territoires arabes du Proche-Orient et il est « le commandeur des croyants ») s’est joint en 1914 à l’Allemagne et à l’empire austro-hongrois. Il a même lancé un appel à la guerre sainte contre les infidèles. Pour riposter, Londres suscite une révolte des Arabes contre l’empire ottoman, animée par un dirigeant religieux, le chérif Hussein de La Mecque. En échange, Hussein obtient l’engagement britannique d’appuyer l’indépendance des Arabes. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient... Comment, en effet, concilier l’indépendance arabe et la création d’un foyer national juif ? La révolte arabe deviendra célèbre dans une version bien déformée forgée par un des agents britanniques qui y jouèrent un rôle capital, Thomas E. Lawrence, dit Lawrence d’Arabie. Ce récit, « Les Sept piliers de la sagesse », sera porté au cinéma par David Lean et Peter O’Toole dans le rôle de Lawrence.
Le Proche-Orient sera donc partagé entre la France et la Grande-Bretagne. Créée en 1920, la Société des Nations (SDN), l’ancêtre des Nations unies, ne regroupe alors que quelques dizaines d’Etats, pour l’essentiel européens. Elle invente le système des « mandats » que la charte de la SDN définit comme suit : « Certaines communautés, qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules. » Ainsi des peuples considérés comme « mineurs », auraient besoin de tuteurs pour accéder, un jour peut-être, à la majorité...
Le 24 juillet 1922, la SDN octroie à la Grande-Bretagne le mandat sur la Palestine. Le texte prévoit que la puissance mandataire sera « responsable de la mise à exécution de la déclaration originairement faite le 2 novembre 1917 par le gouvernement britannique et adoptée par [les puissances alliées], en faveur de l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif ». Les fils du chérif Hussein, étroitement contrôlés par Londres, s’installent sur les trônes d’Irak et de Transjordanie (pays créé par les Britanniques à l’Est du Jourdain), tandis que les territoires libanais et syrien tombent dans l’escarcelle de la France. L’Egypte, formellement indépendante depuis 1922, reste sous occupation britannique.
Tous les acteurs du drame palestinien sont en place : la puissance dominante, la Grande-Bretagne, qui souhaite maintenir son contrôle sur une région stratégique, riche en pétrole dont le rôle économique et militaire grandit ; le mouvement sioniste, fort de son premier grand succès diplomatique, et qui organise l’immigration en Palestine ; les Arabes de Palestine, que l’on ne désigne pas encore sous le nom de Palestiniens, et qui commencent à se mobiliser contre la déclaration Balfour ; enfin, les pays arabes, pour la plupart sous influence britannique et qui vont s’impliquer graduellement dans les affaires palestiniennes.


Les blogs du Diplo
Vous pouvez consulter cet article à :
http://blog.mondediplo.net/2009-11-...
http://www.info-palestine.net/

dimanche 1 novembre 2009

Ma réponse aux Alisiens

Communiqué de Franck Ferrand, auteur de L’Histoire interdite en réponse au communiqué diffusé le 22/12/08 par la SEM Alésia à propos du documentaire télévisé « Alésia, la bataille continue ».
Le documentaire « Alésia, la bataille continue », réalisé par Benoît Bertrand-Cadi et diffusé par Canal + le 12 décembre dernier, a suscité, pendant la trêve des confiseurs, la réaction outrée d’une poignée de sommités archéologiques. Volant au secours de M. Michel Reddé, ces personnalités dénoncent dans un communiqué ce qu’elles regardent comme des omissions volontaires de la part des auteurs du film ; mais elles se gardent bien d’aborder le cœur du problème.
Quoique épargné par cette protestation, je sais trop ce que le documentaire incriminé doit à la parution de mon dernier ouvrage pour rester muet plus longtemps.
Qu’on me laisse donc reprendre, à la volée, les griefs formulés par les signataires.
1. Ils reprochent aux auteurs de glisser sur la présence, au Mont-Auxois, d’un mur – qualifié par eux, un peu vite, de « murus gallicus » – ainsi que d’un habitat antérieur à la Conquête. Comme si l’existence, au demeurant sujette à controverse, de tels vestiges, offrait la moindre lumière sur l’identité des lieux.
2. Dans le même ordre d’idées, les signataires déplorent que les photographies aériennes du site d’Alise-Sainte-Reine par M. René Goguey aient été négligées dans le film. C’est conférer une portée indue à des clichés qui, s’ils mettent en évidence les indubitables vestiges militaires romains du Mont-Auxois, ne permettent nullement de les identifier, et moins encore d’y retrouver les ouvrages décrits dans les Commentaires…
3. Quant à l’oubli des « rarissimes monnaies à l’effigie de Vercingétorix », il aurait plutôt dû soulager les signataires : M. Michel Reddé lui-même ne reconnaît-il pas au fameux statère d’or une provenance bien éloignée d’Alise ?
On aurait aimé, au-delà de ces griefs un peu vains, voir les donneurs de leçons apporter, ne serait-ce qu’un début de réponse à toutes les grandes questions en suspens. Je me tiens du reste à la disposition des signataires qui souhaiteraient organiser un débat public sur cet important sujet ; mais je doute fort que l’un d’entre eux s’y risque jamais.
Au fond, il est navrant que des personnalités éminentes mettent leur titre, leur autorité, leur poids moral au service, non de la vérité ou d’une recherche de vérité, mais d’une cause officielle éculée, absurde, chaque jour plus douteuse et friable. Tant il est vrai que rien, aujourd’hui, ne permet plus de situer sérieusement Alésia en Bourgogne.
Personne ne se grandit à nier une évidence ; et lorsque, tôt ou tard, certains travaux en cours viendront confirmer de manière définitive les conclusions d’André Berthier sur la localisation d’Alésia dans le Jura, le jugement de la postérité sera sans indulgence pour celles et ceux qui, bien qu’avertis, auront usé leur influence à retarder la manifestation de la vérité.