mercredi 26 février 2025

La décarbonation : une lubie dogmatique qui sacrifie la France sur l'autel de l'idéologie

 

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Thomas Joly, président du Parti de la France

La décarbonation est devenue le nouveau credo de la secte climatiste. Drapés dans leur vertueuse indignation, nos gouvernants et les technocrates de Bruxelles nous imposent un carcan réglementaire suicidaire, pendant que la Chine et l'Inde rient sous cape, brûlant chaque jour davantage de charbon et de pétrole pour alimenter leur expansion économique. Ce dogme absurde repose sur une vision partiale et biaisée du carbone, qui serait le mal absolu à combattre. Or, la science nous enseigne que le carbone est un élément fondamental à la vie sur Terre : il est le socle de la photosynthèse, le moteur de la croissance végétale et un régulateur climatique naturel depuis des millénaires.

lundi 24 février 2025

Une nouvelle enquête ?

 

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par Adègne Nova

Pourquoi avoir enquêté sur la monarchie ? Quand Charles Maurras s’est lancé dans cette étude, longue, il s’y est attelé parce que le contexte de son époque le poussait à vouloir y voir clair dans l’État pour en vérifier les organes et les positions. Des décennies plus tard, le contexte encore – le même ? Non ! Bien pire… – nous fait dire que, définitivement, le régime en vigueur n’est pas apte à autre chose que mener la France à sa perte totale.

En 1925, quand l’Enquête sur la monarchie est réimprimée, son auteur s’étonne de la longévité de ses dires, déplorant en même temps sa toujours grande actualité. Malgré une guerre abominable et des millions de morts, partout, malgré des changements immenses « dans les êtres et dans les choses », ainsi que Maurras le mentionne dans le « discours préliminaire » paru en ouverture de cette nouvelle édition, rien « n’a fait varier d’un iota le problème central de la vie publique française, sa faiblesse de direction ! »

Un quart de siècle après l’Enquête, « on se demande toujours, et de plus en plus : oui ou non, l’institution d’une monarchie traditionnelle, héréditaire et décentralisée n’est-elle pas de salut public ? » Alors, un siècle après ce quart de siècle, imaginez donc… après le collège unique le programme commun, l’abolition de la peine de mort, l’arrêt de la conscription, la fin de la diplomatie, le culte de la personne jupitérienne, les magouilles et prises illégales d’intérêts, après des désaveux, le mariage pour tous et les morts du terrorisme, après les saccages liés à la transition énergétique, après les lois travail, santé, pouvoir d’achat et autres, après hadopi, le paritarisme et la GPA, après les gilets jaunes, la covid et la dissolution, après la constitutionnalisation de l’avortement, l’islamisation de la société et la déculturation, après le musellement de l’expression… les sources de mécontentement sont légion et, surtout, semblent sans fin et sont légitimes quand on constate la défaillance de tous ces gouvernements successifs. Certains de ces mécontentements sont superficiels, d’autres ne touchent pas la population dans sa totalité pendant que d’autres encore peuvent être plus graves et bien plus globaux.

Maurras disait en son temps que « la politique spécifiquement républicaine de la République ou, plus généralement [de trop nombreuses années] de démocratie, ont déterminé un abaissement considérable… » et que, par ailleurs, celle-ci est bien la dernière à pouvoir s’occuper de demain puisque jamais elle ne pense à l’avenir. Nous vérifions cela tous les jours ! Bien sûr, la République donne l’illusion à l’électeur qu’il a la possibilité de choisir et que, en cela, s’il n’est pas satisfait il n’a qu’à patienter quelques années pour pouvoir changer les choses… mais finalement, il ne change rien du tout bien que changeant les hommes qui, évidemment, n’échappent pas à la constante de la démocratie historique.

Petit aparté, pour mener son Enquête, Charles Maurras s’est tourné vers la Maison de France, ce n’est pas le chemin de l’Espagne qu’il a pris pour évoquer le sujet. Non, c’est auprès des « deux représentants de l’opinion royaliste ayant la confiance du Prince [le duc d’Orléans], M. André Buffet, chef du bureau politique de Monsieur le duc d’Orléans, et le comte de Lur-Saluces, président des Comités royalistes du sud-ouest », exilés résidant tous deux à Bruxelles, qu’il s’est rendu… et aujourd’hui encore, en 2025, les militants d’AF, les membres d’AF, les sympathisants d’AF soutiennent la Maison de France, pas les Blancs d’Espagne, abusivement qualifiés de légitimistes sans en avoir la légitimité, seule détenue par la Maison de France.

Si nous prenons la peine de seulement regarder autour de nous sans préjugé de quelque nature qu’il soit, nous ne pouvons que convenir d’une chose : « la République ne peut faire les affaires de la France ». En effet, les enfants sont tués dans l’œuf, constitutionnellement parlant, les diplômes sont dépréciés, l’ascenseur social est en panne, les portes ont été détruites aux frontières, la laïcité se meut de « bouffeuse de curés » en marraine de l’islamisation, la souveraineté française n’est même plus réduite à peau de chagrin, elle est complètement dissoute dans l’empire bruxellois, les vieux sont euthanasiés, les entrepreneurs saignés, les agriculteurs méticuleusement suicidés, l’argent du labeur français généreusement distribué à l’étranger.

Empruntant les mots de Maurras, comment admettre que « la patrie s’effondre, ou que la civilisation nationale périsse » ? Peut-être serait-il temps de mener une autre enquête… sur la République cette fois ! Il a été établi par l’Enquête que « la royauté dispose seule de pouvoirs assez vifs, assez réguliers, assez prolongés, par là même assez pénétrants, pour opérer le difficile sauvetage de la France », que pouvons-nous établir s’agissant de la République ?

Les années ont passé, le siècle a changé, la civilisation s’est transformée, les hommes se sont affaiblis, pourquoi ? Pour quoi ? À cause de quoi ? Voilà bien les questions que nous, royalistes, devons nous poser aujourd’hui. Il faut mener une Enquête sur la République… au plus vite.

https://www.actionfrancaise.net/2025/02/22/une-nouvelle-enquete/

À la découverte du paganisme romain de « Fons Perennis »

 

À la découverte du paganisme romain de « Fons Perennis »

Pour compléter et prolonger le dossier du numéro 212 de la revue Éléments, actuellement en kiosques, consacré au « retour des Dieux » et aux résurgences du paganisme en Europe, nous sommes partis à la rencontre d’organisations et d’individus se réclamant de cette spiritualité et de cette vision du monde. Première étape de ces rencontres, « Fons Perennis », association culturelle et cultuelle romaine proche du mouvement de la droite radicale et sociale « Casapound Italia »

ÉLÉMENTS. Quand et comment est née la communauté « Fons Perennis » ?

FONS PERENNIS : Nous la définissons plutôt comme une « famille spirituelle élargie ». En tant que famille, « Fons Perennis » a une histoire plutôt longue, e, en fait, on pourrait dire qu’elle existe au moins depuis la première moitié des années 20 après Auguste. Plus pragmatiquement, en tant qu’association culturelle, « Fons Perennis » est née il y a 23 ans de l’initiative de cinq jeunes hommes qui ont décidé de partager avec le monde les valeurs qui étaient l’héritage de notre famille. « Fons Perennis » est née, comme il se doit, avec un « rite » de fondation mais aussi avec un acte administratif formel tel que prévu par les lois de l’actuelle république italienne.

ÉLÉMENTS. À quel type de paganisme vous identifiez-vous ?

FONS PERENNIS : Disons tout de suite que le terme de paganisme n’est pas le plus correct car, comme chacun sait, il désignait en termes péjoratifs ceux qui, dans les villages, conservaient encore les anciens cultes primitifs et respectaient la « coutume des ancêtres », à la différence des villes où s’était répandu un autre culte de nature monothéiste et messianique. Cette question, cependant, peut recevoir différentes réponses, mais disons qu’à un degré d’approximation suffisant, nous appartenons au sillon du culte païen, avec toute la complexité qui en découle en termes de ce qu’un anthropologue moderne cataloguerait comme des « contaminations » » mais qui ne sont rien d’autre que différentes « nuances » de couleur d’une palette commune qu’est la tradition indo-européenne. De la tradition dorique à la tradition étrusque, grecque et romaine, en passant par la tradition celtique, germanique et indo-iranienne, qui a influencé qui ? Une prétendue classification « sèche » et « rigide » est typique d’une vision du monde qui ne nous appartient pas instinctivement.

ÉLÉMENTS. Que signifie pour vous être un païen en 2025 ? Comment vivez-vous cette foi au quotidien ?

FONS PERENNIS : Que signifie être ce que l’on est ? Nous vivons simplement comme des hommes et des femmes de notre temps, mais dans le respect des valeurs et des coutumes de nos ancêtres que nous appelons « mos majorum ». Une manière d’être régie par un code non écrit qui s’appuie principalement sur un système intérieur d’autodiscipline. Le monde des « numi » est aussi complexe que simple et plutôt que de « foi » comme on l’entend aujourd’hui, nous parlons de conscience qui s’acquiert par l’expérience.

ÉLÉMENTS. Avez-vous un calendrier de rites et de célébrations ?

FONS PERENNIS : Bien sûr que oui ! Comment peut-on se passer d’un outil aussi indispensable ? C’est le « tambour » qui harmonise le temps et l’espace, la nature, l’homme et sa relation avec les dieux.

ÉLÉMENTS. Où puisez-vous vos sources ? S’il y a des innovations ou des réinterprétations, pouvez-vous expliquer en quoi elles consistent ?

FONS PERENNIS : De nombreuses sources sont orales, dont les racines remontent véritablement à des siècles et sont  heureusement intemporelles et universelles. En ce sens, les sources écrites, d’Homère à Virgile, de Plutarque à Macrobe, remplissent la mission qu’elles se sont données, à savoir soutenir une mémoire, une sorte de réseau de routes dont les principales ramènent à un centre primordial. Ce qui est ensuite la tâche de chacun d’entre nous, c’est de se déplacer toujours avec une « boussole intérieure », sans quitter ce réseau de « rues » reliées à des artères principales qui conduisent toutes à un centre originel, primordial et en un certain sens, ou, comme le dirait le professeur Filippani Ronconi, archétypal. En ce sens, plutôt que d’innovations ou de réinterprétations, nous parlons d’actualisations de principes intemporels.

ÉLÉMENTS. Quelles sont les activités concrètes de Fons Perrenis ?

FONS PERENNIS : Tout ce qui concerne une famille vivante, du militantisme politique à la métapolitique en passant par le sport et la culture de la terre, mais dans le respect de cette relation sacrée et saine que tout homme digne de ce nom doit avoir avec les dieux et que nous appelons « pax deorum ».

ÉLÉMENTS. Qu’est-ce que la tradition pour vous ?

FONS PERENNIS : C’est la jeunesse éternelle. En puisant directement à la source, en essayant d’atteindre l’archétype générateur, c’est une recherche comparable à l’archéologie mais sur un plan vertical. Nous l’appelons « archéologie de l’esprit ».

ÉLÉMENTS. Comment un païen se projette-t-il dans l’avenir ?

FONS PERENNIS : Comme nous avons une vision cyclique et non linéaire de l’histoire, pour nous, l’avenir n’est rien d’autre que le résultat de chaque action, de sorte que la chose la plus importante de toutes est de vivre pleinement dans le présent, en cohérence et adéquation avec nos valeurs et nos aspirations. . La chose la plus importante est donc de vivre dans le présent en assumant et proclamant ce que nous sommes. Nous sommes « hic et nunc », ici et maintenant !

 En ce sens, ce que nous devons faire avancer, et ce à quoi nous travaillons d’arrache-pied, c’est l’acquisition d’espaces réels, concret, communautaires, la fondation de nouvelles petites villes rurales, qui seront la base terrestre sur laquelle nous pourrons faire vivre pleinement nos communautés, avec une force tangible et manifeste, et où nous serons en mesure d’exprimer librement nos valeurs et de faire vivre concrètement la  civilisation européenne originelle, mais sans jamais, en aucune façon, cesser de faire face aux défis du monde contemporain.

Propos recueillis par Chiara del Fiacco

En ton Honneur Harki, ton Frère d’armes se souvient !

 

Sinistre et terrible anniversaire  que ce 19 mars !

Comme l’a écrit Etienne de VIGNOLES, dit La Hire, Compagnon de Jeanne d’Arc

« J’ai fait ce qu’un Soldat a l’habitude de faire. Pour le reste, j’ai fait ce que j’ai pu ! »

Mais, cela n’a pas été assez et si je croyais encore, il y a déjà longtemps que j’aurais demandé à Dieu qu’il me pardonne.
Alors, aujourd’hui et jusqu’à mon dernier jour, je continue et continuerai à faire ce que je peux, car je ne peux ni ne veux oublier les Harkis, mes Frères d’arme !

Ayant déjà écrit plusieurs articles relatifs à ces sinistres événements, et publiés sur ce site, j’ai choisi de vous faire connaître un texte rédigé par Khader Moulfi (Coalition Nationale des Harkis et des Associations de Harkis), bien sûr il n’a jamais donné lieu à aucune diffusion médiatique bien que légèrement postérieur à l’élection de celui que la Constitution a fait « chef » des Armées …

J’ajouterai simplement :

nous avons un Devoir de mémoire envers nos Harkis.

Aidez moi à ce qu’ils ne soient pas oubliés !

Faites connaître ce texte de Khader Moulfi
Jean-François Cerisier

À l’attention : du Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron

 Le candidat Macron avait déclaré, en Algérie flniste, de manière antipatriotique et infamante, que la colonisation était un crime contre l’humanité, sans donner davantage de détails.

Face à l’énorme polémique, celui-ci a évoqué, de manière très floue et unilatérale, la « guerre » d’Algérie qui n’est pas, rappelons-le, une guerre au sens juridique et international du terme mais une pure création idéologique et politicarde, via la loi scélérate et révisionniste du 18 octobre 1999, soit une déclaration de guerre, à un État qui n’existait pas, la Flnie, 45 ans après le démarrage des événements.

Une insurrection parsemée d’attentats terroristes, d’exactions contre les populations civiles de toutes origines et confessions (incluant les athées), … Aussi violente soit-elle, ne constitue pas, systématiquement, une guerre, d’autant plus que l’ALN n’était pas une fraction significative, de la population de céans, avec ses 47000 membres, sur 12 millions d’habitants, de 1954 à 1962, pour prétendre à une guerre civile. Les Harkis étant, très largement, en supériorité numérique, avec plus de 225 000 combattants, durant cette période de pacification.

Pour preuve ni l’ONU ni les États démocratiques ni les organisations (de type Croix Rouge) n’ont reconnu, cette « guerre », selon les conventions internationales (Genève, …) ni les Accords d’Evian entérinés le 18 mars 1962 (Oups 1 « coquille » s’est glissée , par inattention de ma part, dans le texte de la pétition en ligne, dans lequel j’ai tapé 18 septembre 1962 au lieu du 18 mars. J’ai rectifié mais seuls les modérateurs, de MesOpinions.Com, peuvent valider mes corrections. Je tiens à le préciser sinon mes « potes » Benjamin Stora & Co vont me vanner en disant que je ne connais pas mon Histoire. Heureusement que j’ai rédigé, des légions d’articles, sur ce sujet, pour ma « défense » !!!).

Ces accords prévoyaient, entre autres « petits-arrangements » économiques, stratégiques (le Front National de Libération supposé avoir délivré, son Peuple, de la colonisation, a accepté, néanmoins, que, par exemple, l’État français puisse continuer à l’irradier, jusqu’en 1975, avec ses essais nucléaires au Sahara), … Plusieurs clauses qui étaient, pourtant, de véritables « signaux d’alarme » sur ce qui devait arriver (?).

Lesdits accords acceptés, par les représentants du FLN et ceux de la France, stipulaient, par ailleurs, que les « Musulmans » de droit local (Cf. les décrets Crémieux), incluant les Harkis et leurs familles, deviennent, Algériens au sens flniste, sans leur laisser le choix de rejoindre, librement, la « Mère-Patrie » qu’ils avaient servie dont certains depuis la seconde guerre mondiale puis l’Indochine.

Il est étonnant que le FLN et, encore plus, l’État français, aient signé, cette condamnation à mort programmée, notamment, en raison des télégrammes très hostiles émanant, bien avant, des katibas, imposant d’attendre avant de liquider les Harkis. Quant aux Pieds-Noirs, le fameux : « La Valise ou le Cercueil » n’était guère plus optimiste !!!

Pourquoi le FLN n’a-t-il pas recommandé, tout simplement, que les Harkis et leurs familles soient rapatriés, en métropole ou dans les DOM-TOM, car leurs vies étaient en péril… Et, pourquoi l’État français fut-il si « crédule » ???

La perfidie préméditée et sournoise obligeait, la France, à désarmer ses propres soldats, pour les livrer à un génocide plus que prévisible… Résultat, après le pseudo cessez-le-feu du 19 mars 1962 à 12H00 violé, dès le premier jour, par le FLN et ses « marsiens »[1] (les fameux résistants de la dernière heure), il y eut 150 000 Harkis (chiffres donnés, par un courrier du Ministère des Armées, en 1975), plusieurs milliers de Pieds-Noirs et 535 soldats métropolitains exterminés avec une barbarie extrême.

L’Histoire ne doit pas être confisquée, ad vitam aeternam, par une seule catégorie d’historiens vrais ou supposés, ayant soutenu avant, pendant et après, d’une manière ou d’une autre, le FLN et autres révolutions marxistes et assimilées, sans que les susvisés ne soient confrontés à une véritable contradiction équilibrée dans le débat public (incluant les médias).

L’Algérie d’avant le 05 juillet 1962, n’était pas la propriété du FLN, avec une histoire très complexe qui ne doit pas être instrumentalisée, par un régime unique despotique et corrompu, ayant ruiné, ce pays et ses habitants(tes), pour conserver sa « mainmise », sur ce territoire et ses richesses, surtout, à l’approche de chaque élection.

Depuis le 25 septembre 2001, date de la première journée d’hommage national aux Harkis inaugurée, par le Président Chirac, ce n’est que félonie et hypocrisie nationales, avec l’occultation du génocide, les réparations en souffrance, l’officialisation du morbide 19 mars 1962 (en doublon avec le 05 décembre promulgué avant), …

Certes, d’aucuns(es) diront que François Hollande a reconnu, le 25 septembre 2016, la responsabilité de l’État français mais dans quoi au juste ??? Les massacre des Harkis et Pieds-Noirs ??? L’accueil inhumain en métropole ??? La mort sociale maintenue et programmée des Harkis et leur famille, amplifiée par le regroupement familial à compter de 1975 ??? Les propagandes anti-Harkis et la falsification de l’Histoire ??? Les insultes et diffamations permanentes des satrapes flnistes et de leurs comparses qui n’ont jamais créé le moindre incident diplomatique ???

Toutefois, si l’État français a, bel et bien, une responsabilité collatérale, quant à sa déraison d’État dans sa gestion, criminellement, chaotique et expéditive, des « Affaires Algériennes ». Les génocidaires sont le FLN et ses « marsiens » et eux-seuls car ils ont commis, physiquement, ces crimes contre l’humanité, après le cessez-le-feu, sur des gens désarmés et, cerise sur le gâteau, un « hold-up » sur ce pays et ses ressources naturelles… Régime que la presse algérienne qualifie, entre autres, de « kleptocratie » !!!

Alors, il est temps d’appeler un génocidaire, un génocidaire (trop de respect, pour les chats, pour les impliquer dans ce sordide dossier), surtout, quand les ventriloques et marionnettistes, de Ziziz Bouteflika, le gnome despotique du FLN devenu, désormais, la « Momie » supposée diriger, nonobstant son état quasi-végétatif, l’Algérie du FLN et, par conséquent, d’imposer à la France sa repentance, sur la colonisation qui, n’en déplaise à certains, concerne tous les protagonistes de l’époque antérieure, à 1962, car cette terre maghrébine en a vu, de toutes les couleurs, au fil des siècles.

C’est pourquoi le Président Macron, au service exclusif des Français(es) et, aucunement, des dictatures étrangères, doit reconnaître, officiellement, le génocide perpétré, par le FLN et ses « marsiens », après le cessez-le-feu, lors des commémorations des 25 septembre et 05 décembre 2017.

La signature de la présente pétition, en fonction de son succès, pourrait appuyer cette requête plus que légitime pour rendre (enfin) justice, aux « Martyrs de la République Française », de toutes origines et confessions (dont les athées), 55 ans après !!!

Étant de nature très réaliste, je sais, fort bien, que cette cause n’est pas le genre à mobiliser, spontanément, la Nation et les médias qui censureront ou caricatureront, cette démarche mais, envers et contre tout et tous(tes), il faut du panache et de la détermination car victoire ou défaite, l’honneur et la dignité, des « Martyrs de la République Française », doit être défendu par tous les gens de bonne volonté encore en vie et en état de le faire !!!

[1]   marsiens :  nouveaux militants de la « cause nationale » apparus dès la veille de la signature des « accords » d’Evian. En fait, combattants de la dernière heure, ayant joué un rôle considérable dans la véritable épuration contre les Harkis dès la signature des « accords » d’Evian.

Jean-Francois Cerisier

https://ripostelaique.com/en-ton-honneur-harki-ton-frere-darmes-se-souvient.html

Baisser la vitesse sur autoroute pour l’écologie ? C’est du pipeau

 

par Yoann

Les Pays-Bas ont décidé de relever la limitation de vitesse sur autoroute de 100 à 130 km/h, une mesure, fondée sur des études approfondies, qui semble aller à l’encontre des idées reçues sur la réduction de la vitesse pour protéger l’environnement. La vitesse sur route reste fixée à 80 km/h.

Selon l’agence néerlandaise d’évaluation environnementale et l’université de Wageningen, la baisse de la vitesse n’aurait aucun impact significatif sur la qualité de l’air. Cette conclusion, unanime des experts néerlandais, contraste fortement avec les mesures prises en France pour les routes départementales, où la réduction de la vitesse est souvent perçue comme une solution écologique. Les Pays-Bas, après quatre ans de recherche, ont décidé de revenir à une vitesse plus élevée, soulignant l’importance de politiques fondées sur des données scientifiques rigoureuses.

En France, sur autoroute, sans aller jusqu’à rouler à 150 km/h, comme le proposait Olivier Dassault en 2018, les automobilistes peuvent continuer à appuyer sur le champignon sans trop d’état d’âme. La vitesse sur autoroute demeure fixée entre 110 et 130 km/h. Cela peut varier selon conditions de visibilité et les véhicules (les caravanes ne doivent pas dépasser 90 km/h). Les routes se partagent entre tronçons à 80 km/h et 90 km/h, selon les départements. Un véritable piège, mais moins strict que la réglementation à 80 km/h sur route aux Pays-Bas.

Le boulevard périphérique parisien est l’exception. Le 10 octobre 2024, sa vitesse a été abaissée de 70 km/h à 50 km/h. Bilan : moins d’embouteillages, moins d’accidents, mais tout autant de pollution. La mairie écolo de Lyon réfléchit à suivre l’exemple de Paris, quant à la ville de Bordeaux, elle n’y pense même pas. Elle est trop occupée à la chasse aux vieilles bagnoles dans ses ZFE. Alors, Paris est-elle vraiment sur la bonne voie avec son écologie punitive ou simplement en train de jouer de la flûte pour donner l’impression d’agir ?

Le passage en question est à regarder à partir de 19’58 :

source : Le Média en 4-4-2

https://reseauinternational.net/baisser-la-vitesse-sur-autoroute-pour-lecologie-cest-du-pipeau/

ROBERT D'ARBRISSEL : un prédicateur infatigable

dimanche 23 février 2025

La récolte des « Bonnets jaunes »

 

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol

Du 15 au 31 janvier 2025, environ deux millions de personnes ont désigné leurs représentants aux chambres d’agriculture dans chaque département, à l’exception notable de l’Île-de-France, de la Corse et de l’Outre-mer qui détiennent pour leur part un organisme interdépartemental ou d’échelle régionale. Le vote s’est effectué soit en ligne sur Internet, soit par correspondance.

vendredi 21 février 2025

 

Ce qui se passe est fascinant vu du haut de mon grenier normand ce qui est à peine plus haut que le plancher des vaches pour vous dire toute la vérité, mais peu importe.

Fascinant.

Hier je vous parlais dans mon édito intitulé pourquoi l’Europe ne sera jamais à la table des négociations ci-dessous que nous assistions à combat acharné entre les souverainistes dont Trump fait partie mais aussi Poutine mais aussi Xi ou même le président indien Modi contre les mondialistes/globalistes. D’un côté ceux qui veulent des nations avec chacune leur identité et les autres qui veulent un village mondial dirigé d’une main de fer par quelques davossiens non élus et d’autres à la légitimité électorale factice.

Dans ce combat il y a des institutions qui ont été infectées, gangrénées d’après les souverainistes par les globalistes.

C’est le cas de l’OTAN et de l’Union Européenne.

Comme le dit très bien le très otanien et très globaliste général Yakovleff et nous serons parfaitement d’accord sur ce point “autant l’Otan sait se défendre contre les Russes, autant on ne sait pas se défendre contre les Américains”.

Sauf qu’il faudrait tout de même oser poser la question qui fâche…

Mais pourquoi diable les Américains voudraient détruire l’Otan instrument de leur influence et de leur puissance ?

Hein pourquoi dit-donc ?

Sans doute parce que Donald il est bête et stupide Hein… biloute.

Ou alors parce que pour nettoyer les écuries d’augias de la mondialisation il faut en passer par la destruction de l’Otan et ensuite de l’UE pour reconstruire et rebâtir des institutions internationales fonctionnelles et multilatérales.

Vous pouvez ne pas la partager, mais ne vous y trompez pas, la stratégie de Trump est très réfléchie, pensée, elle sera violente, brutale, rapide, et le monde va radicalement changer dans les 12 prochains mois.

Ladite libération de 1944

Entretien avec Jean-Loup Izambert et Claude Janvier à propos de leur nouveau livre :« L'abandon français, quelque chose de pourri dans mon royaume de France »

 

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Propos recueillis par Guirec Sèvres

Synthèse nationale : Que dénonce globalement votre livre ?

Jean-Loup Izambert et Claude Janvier : L'ouvrage dénonce la destruction progressive de la France et de ses valeurs, au profit d'une américanisation de la société. Nous analysons les causes de ce déclin et pointons du doigt les politiques menées par les différents gouvernements depuis des décennies. Nous dénonçons également l'affaiblissement de l'État, la perte de souveraineté, la crise sociale et le déclin de l'influence de la France dans le monde.

Notre ouvrage met notamment en lumière l'omniprésence de l'anglais dans la plupart des actes de la vie quotidienne des Français : pour communiquer, dans l’économie, l’alimentation, la mode, la culture, la recherche ou encore l'enseignement. Nous dénonçons une véritable invasion de l'anglais, qui menace à terme la survie de la langue de Molière. La langue et la culture étant indissociables, cette adoption à marche forcée de l’anglais comme langue unique imposée par l’Union européenne entraîne automatiquement l’adhésion aux principes et aux valeurs sécrétés par la culture qu’elle sous-tend. Comme le rappelle l’universitaire Charles Xavier Durand dont nous rapportons des extraits de ses travaux, « elle sert de facto les intérêts des pays pour lesquels elle est aussi langue nationale ».

SN : Vous pointez du doigt les politiques agricoles et industrielles. Pourquoi ?

J-L.I. et C.J : Comment ne pas le faire alors que les analystes de France Stratégie, institution autonome placée auprès du Premier ministre, constatent eux-mêmes, dans un rapport très peu médiatisé, que sur les quarante dernières années, de 1980 à 2020, « le recul de l’emploi industriel est saisissant », que « les entreprises françaises sont ainsi devenues les championnes de la délocalisation » au point que « la France est l’un des pays les plus désindustrialisés » d’Europe ? ! Et que cette « désindustrialisation est à la fois structurelle, artificielle et inquiétante. » Hormis quelques partis souverainistes qui en parle et qui fait le bilan de cette Union dite « européenne » ?! L’agriculture ? Le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) observe « qu’en 30 ans, le Revenu Net de la Branche Agricole (RNBA) a baissé de près de 40 % en France en euros constants. Dans le même temps, le nombre d’exploitations agricoles a diminué de 60 % avec des évolutions importantes des structures juridiques. » Encore une fois qui en parle ? Cette politique décidée à Bruxelles favorise les sociétés transnationales, dans l’industrie comme dans l’agriculture, la pêche et autres secteurs d’activité. En cause également l'influence des lobbies agroalimentaires qui privilégient leurs intérêts financiers au détriment de la santé des consommateurs. Ce que nous appelons la « chimbouffe », la "bouffe chimique" conçue dans des laboratoires, est omniprésente dans les supermarchés, des restaurants scolaires et de facto, nous assistons à une augmentation des maladies liées à l'alimentation telles que l'obésité, le diabète ou encore les cancers. Nous mettons en exergue également les conséquences environnementales de ce type d'agriculture, avec la pollution des sols et des eaux.

SN : Vous abordez dans votre ouvrage « l’art comptant pour rien ».

 J-L.I. et C.J : La dévalorisation de l’éducation artistique est flagrante. De la diminution de l’enseignement artistique de valeur dans les écoles en passant par la spéculation des « œuvres d’art », façon François Pinault et autres multimilliardaires, l’art est complètement dévoyé. La jeune génération est de plus en plus privée d’une culture de base essentielle. Le dernier classement Pisa – Programme international pour le suivi des acquis des élèves – de l’Organisation de coopération et de développement Économique (OCDE) en fait le constat : la France est en 26e position du classement en mathématiques et en culture scientifique et en 29e pour la compréhension de l’écrit ! …

Des pneus de tracteur dorés à l’or fin exposés il y a peu à l’Opéra Garnier à Paris en passant par les WC de Marylène ou un amas de rouleaux de papier toilette considéré comme une « sculpture », la fumisterie bat son plein. Les divertissements de masse, formatés et commerciaux, ont remplacés la création artistique authentique et originale. Les médias et les institutions sont complices et font la part belle – à coups de centaines de millions d’euros ! - à l’invasion de cette sous-culture « made in USA ». Une société qui ne soutient pas ses artistes et ses créateurs se prive d'une source de richesse et d'épanouissement. L'art, lorsqu'il est de qualité, stimule la réflexion et l'esprit critique. Sa relégation entraîne une perte des capacités de réflexion chez les individus au point que nous posons la question qui fâche devant le drame social qui en résulte et s’aggrave d’élection en élection : passé le stade des veaux, près de 50% des Français seraient-ils devenus des bœufs ?

SN : Vous évoquez une uniformisation des modes de consommation.

J-L.I et C.J : Nous critiquons l'uniformisation des modes de consommation, avec le développement de chaînes de très grandes surfaces commerciales et de produits standardisés, souvent d'origine étasunienne, qui nivellent les goûts et les modes de vie d’une grande majorité de gens. La tendance est aux vêtements à trous, aux tatouages, aux piercings, à l’homme qui se ressent femelle et au marché aux enfants. Il faut avoir l’air « branché » et « in the mood ». Tout le monde à l’air marginal, mais en réalité, la majorité n’est en rien non conformiste. Elle obéit à des codes dictés de manière insidieuse par les tendances d’outre-Atlantique portée par les sociétés transnationales étasuniennes. Hollywood, Netflix et autres uniformisent la culture et marginalisent les productions locales et européennes. Le déclin du cinéma Italien et Français est une réalité tangible. Nous sommes bien loin de chefs d’œuvre comme la « Grande Vadrouille », les « Tontons Flingueurs », des films de Federico Fellini ou de Pier Paolo Pasolini qui, la veille de son assassinat en novembre 1975, nous alertait via une interview ayant pour titre « nous sommes tous en danger », sur le « génocide culturel » du capitalisme progressiste par nature. Le vin, aussi, n’échappe pas à cette destruction culturelle. Les USA ont été les précurseurs à produire des vins de cépages uniformisés. Ni bon, ni mauvais. Sans caractère, sans typicité. Aucune éducation du palais. Un véritable nivellement du goût et des saveurs. Pour preuve, la fréquentation toujours en hausse du « Street Food », de Mac Do, de KFC etc, et la consommation en hausse de cocktails alcoolisés-sucrés chez les jeunes. Les Pompes funèbres ont de l’avenir.

SN : Votre ouvrage présente et s’inscrit dans un contexte historique. Pourquoi ?

J-L.I et C.J : La perte de la souveraineté de la France est mesurable. En 40 ans, la France est au bord de l’abîme. Les élites dirigeantes ont sabordé notre pays. La trahison est immense. Témoin, un sentiment de déclassement social de plus en plus évident chez les Français, doublés d’une paupérisation galopante. Corruption et affairisme gangrènent la classe politique. Les politiciens de tous bords ont un mépris viscéral envers le peuple. Jamais un président de la République n’a été aussi irrespectueux qu’Emmanuel Macron envers les Français. Peu importe son devenir, du moment que cette caste de criminels en cols blancs continue à jouir des ors de la République.

SN : Votre vision est pessimiste. Une note d’espoir ?

J-L.I et CJ : Notre constat est celui du délabrement continu de la France. Il y a effectivement de quoi être pessimiste mais nous décrivons la réalité en nous appuyant sur des sources officielles parfois peu connues. Cette situation est le résultat des politiques qui se succèdent depuis le début des années 1970 sous la direction de politiciens domestiques de l’oligarchie financière. Plus ou moins 25 millions de Françaises et de Français n’en finissent pas de voter un coup à droite, un coup à gauche sans voir que c’est la même politique anti-nationale qu’on leur sert sous des emballages marketing différents. Aujourd’hui le parlement n’a plus d’opposition. Tous les partis, du parti dit « communiste » qui n’a plus rien de communiste au Rassemblement national qui n’est en rien national en passant par les partis bleu layette, rose bonbon et vert de gris ont le même programme commun : l’Union européenne et l’Otan, c’est-à-dire la poursuite de crise capitaliste et la guerre qui l’accompagne toujours. Il suffit de faire le bilan noir de 75 années d’Europe supranationale pour le comprendre. L’avenir de la France est désormais entre les mains des citoyens et nous sommes à la croisée des chemins concernant le devenir de notre pays. Les enjeux sont importants. La France peut encore retrouver son rayonnement et sa place dans le monde. Rien n’est écrit, tout peut changer. Encore faut-il qu’un bon nombre de gens le décident. Il est encore temps de le faire pour se débarrasser du carcan de l’Union européenne et des guerres de l’Otan. A ce niveau de forfaiture, un peuple informé et conscient ne peut que légitimement cultiver un sentiment de colère et s’autoriser à réfléchir au recours politique ultime. Nous espérons qu’à la lecture de L’abandon français, les citoyens comprendront les tenants et les aboutissants. Et quand la compréhension est présente, nourrit le débat, l’action peut alors avoir lieu. Il est plus que temps de nettoyer les écuries d’Augias et de faire lever un printemps aux couleurs d’incendie.

Jean-Loup Izambert : journaliste professionnel exerce en indépendant depuis 1990 l’investigation à long terme sur des sujets d’actualité. Spécialisé sur les secteurs de la grande finance, de l’économie et de la politique, plusieurs de ses ouvrages mettant en cause des personnalités et des institutions ont défrayé la chronique.

Claude Janvier : écrivain essayiste, auteur d’ouvrages sur les relations entre la politique et la grande finance. Connu pour ses « coups de gueule », il intervient sur de nombreux médias libres, anime l’émission Libre parole sur TV ADP et est partenaire de nombreux blogs et sites d’information.

Découvrir l’ouvrage cliquez ici

L’abandon français, Jean-Loup Izambert et Claude Janvier, Parution, Editions Jean-Cyrille Godefroy , parution : 11 février 2025, 320 pages, 22,00 € 

jeudi 20 février 2025

Jules Ferry : républicain, instituteur et colonisateur

Mirabeau, un monarchiste ?

 

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L’essai d’Herbert van Leisen sur Mirabeau a la valeur d’une découverte. Car il y a des découvertes en histoire comme dans les sciences. Et les pages qu’il a écrites renouvellent en entier l’histoire des origines de la Révolution.

*****

Par Jacques Bainville

Il n’est pas excessif de dire que, jusqu’à une date tout à fait récente, ces origines ont été incomprises et méconnues. En étudiant Mirabeau, en pénétrant sa pensée, en expliquant son action, M. Herbert van Leisen fait apparaître et corrige une longue suite de contresens.

En gros, Mirabeau a été le seul vrai monarchiste de son temps. Il était dans l’esprit de Louis XV, selon une conception dont Louis XVI s’était écarté, comme nous l’avons indiqué brièvement dans notre Histoire de France. Ceci demande un mot d’explication.

La monarchie française existait depuis huit siècles et elle n’aurait duré aussi longtemps si, au cours des âges, elle ne s’était transformée et adaptée. Le pouvoir royal n’était pas sous Louis XIV ce qu’il était sous Robert le Pieux ou Louis le Gros, ni même sous Louis XIII, quand l’habitude du « ministériat » avait prévalu et quand le premier ministre gouvernait au nom du roi.

Au XVIIIe siècle, un besoin de réformes profondes était apparu. La monarchie dans la tâche de gouverner et d’administrer, trouvait devant elle un obstacle. Et cet obstacle était un pouvoir judiciaire et législatif, les Parlements, munis d’une telle autorité qu’ils étaient capables de tenir la royauté en échec. Défenseurs des traditions, des coutumes et des droits acquis, les Parlements interdisaient tout progrès. La suppression des abus n’était qu’un mot lorsqu’une institution puissante et indépendante comme celle-là intervenait pour les maintenir et repoussait jusqu’aux impôts les plus nécessaires. À la fin, Louis XV voulut en finir avec cette espèce de Fronde sèche. Le Parlement de Paris fut cassé. Un nouveau régime judiciaire, qui retirait aux corps de magistrats leur omnipotence, fut établi. Ce fut ce que les contemporains, qui avaient bien compris l’importance de cet acte politique, appelèrent la « révolution » de Maupeou.

Lorsque Louis XV mourut, le nouveau système était en voie d’application. Le pouvoir royal affranchi et renforcé pouvait travailler aux réformes. Des agents directs de ce pouvoir, animés d’un esprit réformateur, de grands intendants comme Turgot, ont incarné cette politique qui, sans bouleversement violent, devait moderniser la France. En résumé, Louis XV, en brisant la puissance parlementaire, résidu de la féodalité, avait continué ses prédécesseurs, fondateurs de l’État français.

Louis XVI succède à son grand-père. Qu’arrive-t-il ? La politique de Louis XV est abandonnée. Et pourquoi l’est-elle ? Parce que Louis XVI avait été élevé et nourri dans des idées entièrement différentes. Louis XV suivait la méthode de Louis XIV. Louis XVI suivait l’école du duc de Bourgogne.

On s’est demandé souvent, non sans soupir, ce que le règne du duc de Bourgogne eût été. On en a fait une sorte de Marcellus. Inutile de chercher à reconstituer l’histoire et de se perdre en regrets. Le duc de Bourgogne a régné sous le nom de Louis XVI et cela n’a pas bien fini.

Louis XIV, qui ne détestait pas Fénelon sans cause, avait vu le danger. La petite chapelle des beaux esprits chimériques qui entouraient le duc de Bourgogne était imbue d’idées féodales accommodées au goût d’une sorte de démocratie chrétienne. Le duc de Saint-Simon, intraitable sur les privilèges de la noblesse, bien que la sienne ne fût pas de date si ancienne, y collaborait avec Télémaque. Ce mélange était purement rétrograde avec des prétentions réformatrices.

Selon une formule véritablement romantique, le goût de l’archéologie s’y mariait au snobisme du progrès. On était vieille France, on ressuscitait d’antiques institutions d’ailleurs mal comprises, et l’on se peignait un âge d’or qui devait assembler le passé et l’avenir, le présent seul étant une corruption effroyable.

Les chapelles politiques ressemblent aux chapelles littéraires, à cette différence près qu’elles sont beaucoup plus dangereuses. La chapelle fénélonienne et saint-simonienne qui avait entouré le duc de Bourgogne avait laissé une tradition qui fut transmise à Louis XVI par son père. Dès que Louis XVI fut le maître, quel fut son premier mouvement ? Il rétablit les Parlements. Louis XVI estimait que Louis XV avait altéré le caractère de l’ancienne monarchie patriarcale et féodale, appuyée sur les grands corps intermédiaires et sur le peuple, idylle et chimère de Fénelon, par où, depuis, avait passé Montesquieu.

Sans nous étendre plus longuement, car il faudrait des développements considérables, on s’explique ainsi ce que la politique de Louis XVI eut de décousu et d’irritant, de déconcertant et de contradictoire. Ce fut aussi puérilement réactionnaire que puérilement progressif. Un acte presque inintelligible, qui l’eût été certainement pour Louis XIV, comme la réforme militaire de Ségur et l’exigence des quartiers de noblesse pour les officiers, se comprend quand on sait le rôle que le « second ordre » tenait dans la théorie. Et la théorie voulait aussi la convocation des États généraux, la consultation des trois ordres et du bon peuple, alors que la convocation des États généraux devait faire tout sauter, ce qu’on savait fort bien depuis 1614, si bien que Louis XIV et Louis XV n’avaient jamais voulu de ce remède qui était un poison, de cette dernière et périlleuse ressource des temps difficiles et troublés.

Lorsque Louis XVI eut rappelé le Parlement, l’eut restauré dans sa puissance, il ouvrait la Révolution. Car le conflit entre la monarchie et le Parlement ne manqua pas de renaître. Il redevint tout de suite aigu, il le fut plus encore par la crise financière et, pour le résoudre, il fallut faire appel à l’arbitrage des États généraux.

Dans la grande confusion d’aspirations et d’idées qui éclata alors, on comprend ce que voulait Mirabeau. M. Herbert van Leisen rend son rôle tout à fait clair. La politique de Mirabeau c’était de reprendre celle de Louis XV. Il ne fut pas compris et il ne pouvait pas l’être. Cléry, le valet de chambre de Louis XVI, a raconté qu’un jour, pendant la Révolution, traversant aux Tuileries la bibliothèque, le roi murmura en désignant les œuvres de Voltaire et de Rousseau : « Voilà ce qui a perdu la France ». Il aurait pu, à tout aussi juste titre, montrer les œuvres de Fénelon. Sans le rappel du Parlement, faute initiale de son règne, nous aurions eu un État moderne en épargnant à la France des convulsions terribles, un hiatus immense avec le passé et les funestes exagérations de la table rase révolutionnaire. Toutes les bonnes intentions de Louis XVI ont été anéanties par un système faux.

On a déjà réhabilité la politique extérieure de Louis XV. Il resterait à réhabiliter sa politique intérieure. Ce travail éclairerait toutes les origines de la Révolution. Je me permets de le conseiller à M. Herbert van Leisen qui fait preuve, dans ce Mirabeau, de la plus vive perspicacité historique.

https://www.actionfrancaise.net/2025/02/19/mirabeau-un-monarchiste/

Histoire : Paul Déroulède (1846-1914) (rediff’)

 

Première publication: 1er juillet 2012.

Paul Déroulède, homme politique et poète sous la IIIe République, fondateur et chef de la Ligue des patriotes, est aujourd’hui oublié, y compris dans les milieux patriotes, alors qu’il fut une figure emblématique du nationalisme français jusqu’à sa mort en 1914. La mémoire a oublié ce « premier nationalisme » auquel il se rattache pour le second incarné par Charles Maurras et Maurice Barrès qui se développa dans les années 1890-1900. Pourtant, malgré ses contradictions, son intransigeance et une obstination parfois incompréhensible dans ses erreurs, Déroulède fut un personnage hardi, sincère, opiniâtre mais sans haine. Au-delà de la thématique de la Revanche tombée en désuétude, l’homme qui a incarné son courage et sa ténacité dans son Quand même ! demeure fascinant.

I. Le parcours

Paul Déroulède naît à Paris le 2 septembre 1846, fils d’un père juriste et catholique convaincu. Le cousin du futur fondateur de la Ligue des patriotes est Ludovic Trarieux, futur fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme (1898) ! Après une scolarité passable, il obtient son baccalauréat en lettres en 1863. Son père le pousse à l’inscrire à l’Ecole de Droit et il y obtient péniblement sa licence en 1868 et n’aura jamais un seul client au barreau. Il déteste l’Empire et se décrit alors comme pacifiste, antimilitariste, humanitariste voire internationaliste. La guerre de 1870 va le bouleverser.

Déroulède devient soldat quand il apprend la défaite de Reichshoffen. Le 1er septembre 1870, il reçoit son baptême du feu à la bataille de Bazeilles, avec son frère André. Ce dernier reçoit une balle prussienne et se trouve gravement blessé. En allant secourir son frère, il est fait prisonnier par les Prussiens et envoyé à Breslau. Evadé de sa prison déguisé en juif polonais, il rentre en France et repart très vite au combat en sous-lieutenant de tirailleurs algériens (les « turcos »). A leur tête, il s’illustre par un fait d’armes à Montbéliard qui lui vaudra la légion d’honneur. Quand, à Marseille, il apprend le soulèvement des Parisiens, il s’engage sans hésitation du côté des Versaillais et participe à la Semaine Sanglante pour mater la Commune, où il faillit perdre un bras sur une barricade. Ayant horreur de l’anarchie, il n’exprimera jamais le moindre regret pour cet épisode qui lui sera reproché au cours de sa carrière politique.

La guerre semble l’avoir converti au patriotisme. Dans ses souvenirs, il rapporte que le 27 ou le 28 juillet 1870, il croise, près de la Croix-de-Berny, un vieux paysan dont le fils est soldat et qui lui demande quand les troupes partiront. Déroulède répond qu’il n’en sait rien. « Le regard de mépris que me lança cet homme entra dans mes yeux comme un éclair. […] Je sentis que je venais de manquer à la solidarité qui m’unissait, avant tout et malgré tout, aux hommes de mon pays […] La cruauté de ma réponse se révéla à moi dans toute sa vilenie. » Après la paix, il n’a qu’une idée en tête : la Revanche. Il reste dans l’armée jusqu’à sa démission en 1874, alors handicapé par un accident de cheval.

Il publie les Chants du soldat en 1872, grand succès (plus de 100.000 exemplaires vendus) dont le Clairon reste le poème le plus connu. Les Nouveaux Chants du soldat (1875), l’Hetman (pièce de théâtre, 1877) et Marches et Sonneries (1881) et La Moabite (pièce de théâtre la même année) connaissent un certain succès mais qui s’essouffle et non comparable aux Chants. Ses pièces de théâtre sont l’occasion d’exprimer ses idées politiques. Il fonde sa Ligue des patriotes en 1882, expliquant qu’il faut agir contre « le flot montant des doctrines cosmopolites, qui désagrègent les Etats » (1885), et dont le journal Le Drapeau devient le moniteur officiel (Maurice Barrès en sera un des éphémères directeurs en 1901). Il regroupe républicains, bonapartistes et même royalistes. Sur le journal figure la devise, répétée jusqu’en 1914 :

« Républicain, bonapartiste, légitimiste, orléaniste, ce ne sont là chez nous que des prénoms. C’est Patriote qui est le nom de famille. »

Jusqu’à sa mort, il dirigera sa Ligue d’une main de fer, jaloux de son autorité et peu enclin aux concessions. Purges et démissions forcées se succéderont pour les membres s’éloignant trop de la ligne déroulédienne. Ainsi, attaché personnellement à l’amitié anglaise, il purge en 1903 la Ligue des éléments « anglophobes » à l’occasion de la venue à Paris d’Edouard VII (l’Entente cordiale devient alors un dogme officiel de la Ligue).

Déroulède voue un culte à Gambetta et se réclamera toujours d’un gambettisme idéalisé. A l’inverse, il entretient une haine féroce à l’égard de Jules Ferry qui le remplace. S’il se montre favorable aux lois scolaires, il l’attaque durement sur sa politique coloniale, l’accusant de répandre le sang français inutilement dans des expéditions lointaines alors que la priorité est la récupération de l’Alsace-Moselle. En 1882, Déroulède lui lance sa célèbre réplique :

« J’ai perdu deux enfants et vous m’offrez vingt domestiques. »

A partir de 1888, il se range clairement derrière le général Boulanger « porte-drapeau du parti national ». « Je bois à celui qui nous délivrera des chinoiseries parlementaires et des bavards impuissants […] à celui qui nous délivrera de ceux qui se soumettent humblement aux altières exigences de l’étranger provocateur, après avoir prodigué le plus pur sang français en expéditions lointaines. » (toast du 9 février 1889). La Ligue a alors à ce moment 25.000 à 40.000 membres dont le dixième est militant (le Drapeau revendique plus de 100.000 membres, chiffre totalement bidonné). Plus grand soutien à Boulanger en terme d’effectifs, la Ligue tente de noyauter les comités boulangistes sans grand succès. Déroulède est élu député de la Charente en 1889 (jusqu’en 1893) et sera à nouveau député de 1898 à 1901. La mémoire a surtout gardé comme souvenir de son premier mandat son duel au pistolet contre Clemenceau, attaqué à la Chambre sur le scandale du Panama (six balles échangées le 22 décembre 1892 sans conséquence). Après les déconvenues de Boulanger (fuite en Belgique le 1er avril 1889, échec aux élections d’automne) et son suicide (1891), Déroulède tente en vain de rassembler l’armée battue sous sa bannière. Malgré ses échecs, il garde espoir quand même !

Les années 1890 sont marquées par le retour à la poésie et aux pièces de théâtre : Les Chants du paysan en 1894, Messire Du Guesclin en 1895, La Mort de Hoche en 1897 et La Plus Belle Fille du monde en 1897. Lorsqu’éclate l’affaire Dreyfus, il se range parmi les antidreyfusards même s’il doute fortement en privé de la culpabilité de Dreyfus ; il s’élève en revanche pour réprouver fermement et combattre les attaques contre l’armée. Déroulède n’est pas antisémite : il est l’une des rares grandes figures a avoir condamné sans ambiguïté La France juive d’Edouard Drumont lors de sa parution ; il déclare en 1890 que « L’antisémitisme est la honte de notre siècle ». De ce fait, il supporte mal la mainmise des antisémites sur le mouvement anti-dreyfusard et est décontenancé par la nouvelle génération de la Ligue qui crie « A bas les juifs ! ». S’il trouve l’influence des juifs trop forte en France (il parle plusieurs fois de les remettre à leur « juste place »), il comprend mal les motivations de l’antisémitisme et lorsqu’il s’exprime sur ce sujet, il n’y voit qu’une résurgence des guerres de religion.

A la fin des années 1890, constatant que toutes les voies pour imposer ses idées s’avèrent être des impasses, Déroulède songe au coup d’Etat. Lorsque, à Nice, il apprend la mort de Félix Faure (16 février 1899), il rentre immédiatement à Paris dont l’atmosphère est agitée. Pensant que le peuple de Paris est avec lui (le nouveau président Loubet est hué), il approche plusieurs généraux : beaucoup lui assurent qu’ils suivront mais aucun ne veut marcher en tête, sauf un : Pellieux. Le 23 février, selon le plan prévu, Pellieux devait passer place de la Nation avec sa troupe tandis que Déroulède devait l’attendre avec ses ligueurs puis marcher sur l’Elysée. Les événements ne se passent pas comme prévu : les ligueurs sont en trop petit nombre (environ 500) et Pellieux se défile au dernier moment. C’est le général Roget qui se présente (un des conjurés mais ne voulant pas prendre la tête du coup d’Etat), rentrant à la caserne avec ses hommes. Déroulède, fidèle à sa devise, s’élance quand même, attrape la bride du cheval du général et lui lance :

« Mon général, sauvez la France ! Vive la République ! A l’Elysée ! A l’Elysée ! »

Roget est inflexible et rentre à la caserne… avec Déroulède. Le coup de Déroulède paraît grotesque (une « subite hallucination » pour La République française, une « rêverie de poète » pour Les Débats). Déroulède, lors de son procès, clame que s’il est acquitté il recommencera : il est acquitté et tente de recommencer. Le nouveau plan est plus élaboré mais la police découvre le coup en préparation. Cette fois, la Haute Cour le bannit du territoire pour dix ans (4 janvier 1900).

Il s’exile en Espagne, à Saint-Sébastien, localité qui devient un lieu de pèlerinage pour les nationalistes. Depuis sa maison d’Espagne, Déroulède continue à diriger la Ligue par le biais de son lieutenant Galli. Il n’est autorisé à rentrer provisoirement en France (pour 24h) par le gouvernement que pour un duel face à Jean Jaurès qui devient la principale cible de la Ligue (l’Espagne ne voulant pas d’un tel duel sur son territoire). L’Humanité avait égratigné un hommage rendu à Jeanne d’Arc par la Ligue dans un article intitulé « La Bataille des Pyramides » (28 novembre 1904). Deux balles sont échangées à 25 pas le 6 décembre au matin, sans conséquence, devant une foule curieuse.

Il rentre en 1905 en France à la faveur d’une amnistie votée par l’Assemblée. Suite à son échec aux législatives de 1906 en Charente, il renonce à la carrière politique et refuse de se présenter à l’Académie française en 1908 malgré l’insistance de Maurice Barrès. Lors des dernières années, la politique intérieure est délaissée pour la politique extérieure : l’Alsace et la Moselle reviennent au premier plan. Déroulède s’en prend surtout au pacifisme, à l’antimilitarisme, à l’internationalisme portés par ceux qu’il appelle les « émigrés de l’intérieur » coupables du « crime de lèse-patrie ».

« les apostats de la France et les renégats de nos traditions ont inventé toute une série de paradoxes ayant pour but d’acheminer petit à petit la Nation vers l’indifférence pour la Patrie. […] En voici deux des [formules les] plus répandues, des plus accréditées mais non pas des moins nuisibles : “Tous les peuples sont frères. Je suis un citoyen du monde.”
J’ai déjà dit souvent, mais le répéterai mille et mille fois s’il le faut, que la fraternité des peuples n’a rien en soi à quoi je sois formellement contraire, à la condition que notre premier frère soit le frère français. Ce n’est qu’après avoir fait pour ce frère-là tout ce qui est “humainement” possible de faire que nous aurons le droit d’examiner ce qui pourra être fait “humanitairement” pour les autres. Belle conception de vouloir former les Etats-Unis d’Europe, alors qu’après quatorze siècles d’existence commune, nous ne sommes même pas capables chez nous d’organiser les Etats-Unis de France !
L’évidente ineptie de l’idée suffit à faire douter de la bonne foi de ses prosélytes.
Il en est de même pour la pompeuse déclaration de ces soi-disant citoyens du monde. Ils seraient bien embarrassés, je suppose, s’il leur fallait désigner l’emplacement de leur cité mondiale. car enfin, c’est la cité qui fait le citoyen et qu’est-ce qu’un citoyen sans cité sinon un sauvage ? 
[…]
A vrai dire, l’effet de la propagande humanitaire commence à s’user. Aussi, la secte qui s’évertue à démilitariser et à décatholiciser les Français afin de les opprimer plus sûrement a eu recours à une autre maxime. Ils l’ont retrouvée toute faite dans les 
Rêveries d’un promeneur solitaire : “Heureux les peuples qui n’ont pas d’Histoire !” […] Ils savent pourtant bien, ces sophistiqueurs d’idées, ces professeurs d’oubli et d’abdication, que c’est à coups de sabre que la France s’est taillée sa place dans le monde et que c’est faute d’avoir tenu son épée assez aiguisée qu’elle a perdu deux de ses plus belles provinces et avec elles et en même temps qu’elles, une partie de cet apanage sacré sans lequel un peuple n’a plus sécurité ni fierté : l’Indépendance ! » (extrait du discours du 10 juin 1909)

II. Le déroulédisme

La république plébiscitaire

Déroulède se veut profondément républicain : il est hors de question pour lui qu’une restauration monarchique ou impériale ait lieu. En revanche, il combat pour une autre république qu’il qualifie de plébiscitaire et qu’il oppose à la république parlementaire laquelle confisque la parole du peuple et est considérée comme source des maux de la France. Sa République idéale est centralisée, dispose d’un pouvoir exécutif fort et base sa légitimité sur le recours aux consultations populaires (référendums qu’il nomme plébiscites). Son vœu le plus cher est l’élection au suffrage universel du président de la République, lequel disposerait d’un mandat de cinq ans toujours renouvelable. Le Parlement est réduit à n’être qu’un organe de contrôle et n’empiéterait pas sur l’exécutif.

L’épithète « plébiscitaire » met mal à l’aise ses propres alliés (sauf bonapartistes) qui le passent sous silence lors de leurs campagnes, y voyant un repoussoir idéologique (cela rappelle le Second Empire exécré par les républicains). Déroulède pourtant n’en démord pas, pensant qu’expliquer rationnellement ses idées suffira à les faire accepter. Il ne se résoudra qu’à plus ou moins abandonner la formule tardivement, après 1903, après les nombreuses pressions de ses amis.

Questions économiques et sociales

Déroulède n’a eu aucune formation économique, ses idées restent assez vagues et sont largement inspirées par Eugène Deloncle, l’un de ses éphémères lieutenants. Au niveau industriel, sa préférence va à la petite entreprise et à l’artisanat contre les grandes usines et manufactures. Il éprouve une grande méfiance vis-à-vis du monde des affaires et de la Bourse : « les hommes d’argent n’ont, pour la plupart, d’autre patrie que leur coffre-fort » (1907). Il condamne la lutte des classes (bien qu’il dise la comprendre) et se prononce en faveur d’une redistribution des richesses. Il vote systématiquement toutes les propositions de loi visant à réduire la durée du travail et à améliorer le sort des enfants dans l’usine ; il se montre favorable à l’accroissement du poids des syndicats ouvriers et soutient les grévistes. En 1890, il dépose une proposition visant à créer une caisse nationale des retraites et appuie l’année suivante le contre-projet Constans (« le progrès social […] je suis prêt à l’accepter même de M. Constans »). Au niveau fiscal, il reste extrêmement flou, se contentant de demander une réforme en 1885 dont il se garde de préciser le contenu (sauf la suppression des octrois). Sa seule originalité en la matière a été de se prononcer en faveur de l’impôt sur le revenu, impôt qu’il juge juste (instauré en 1914).

Il se déclare protectionniste et met en avant cette thématique dans les années 1880. Il entend lutter contre la concurrence déloyale et la main d’oeuvre étrangère : « La première défense nationale à organiser est la défense du travail national contre les travailleurs étrangers ; la défense de l’industrie et du commerce français contre la concurrence et la contrefaçon étrangère, la défense des colonies françaises contre leur exploitation par des étrangers […]. L’heure est venue d’un égoïsme national. » (1883). Il vote la loi Méline en 1892, instaurant un tarif douanier protectionniste sur l’agriculture, et s’en déclarera satisfait.

La religion et l’Etat

Déroulède se montre modéré en matière religieuse. Personnellement, il se dit catholique mais n’est en réalité pas croyant (il est plutôt déiste). Ses ennemis l’accusent tout au long de sa carrière d’être clérical, accusation dont il se défend. Il renvoie dos à dos « le gouvernement des curés » et l’anticléricalisme, « cette guerre à Dieu qui n’est qu’une autre foi » (pièce La Moabite). En 1891, quand le député Camille Dreyfus réclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat, Déroulède prend la parole : « Je suis surpris qu’un débat semblable soit précisément ouvert devant vous non pas par un des 36 millions de catholiques mis en cause, mais bien par un des 500.000 ou 600.000 israélites ». Dreyfus proteste en se qualifiant de libre-penseur et Déroulède lui répond « Je proteste quand je vois que l’on veut déchristianiser la France pour la judaïser peut-être ! ». En 1905, il condamne fermement la Séparation mais reste à l’écart des manifestations contre les inventaires.

Ses relations avec la franc-maçonnerie évoluent. Au cours des années 1880, les francs-maçons étaient nombreux à la Ligue des patriotes et le leader se montre plutôt bienveillant. Les liens se distendent à partir du virage boulangiste. Après 1900, Déroulède tient des propos durs vis-à-vis des loges sans afficher une hostilité de principe.

 Position par rapport à l’Allemagne

La priorité de Déroulède est la récupération des territoires perdus dans la guerre de 1870. Dans ses discours, il parle rarement de l’Allemagne mais de la Prusse ; il se dit dépourvu de toute haine à l’égard des autres provinces germaniques et affirme qu’une fois l’Alsace-Moselle récupérée, pas un centimètre carré de territoire allemand ne sera pris. Le chef de la Ligue se défend d’aimer la guerre pour la guerre : « Je ne suis pas un monomane de la guerre, je sais trop ce qu’elle coûte aux individus, aux familles et aux Etats, je ne suis même pas un ennemi acharné de notre ennemi. » (1912).

* * *

A la fin de sa vie, Déroulède se retire à Langély où il rédige ses Feuilles de route (ses souvenirs) dont le premier volume paraît le 15 janvier 1907. Peu à peu, le chef de la Ligue se rapproche du pouvoir déporté à droite par l’accroissement du poids des socialistes : Clemenceau, ancien ennemi, finit par gagner son estime et il porte de grands espoirs en Poincaré. La Ligue des patriotes voit son poids s’affaiblir du fait de la modération de son chef, que certains de ses membres ne comprennent pas, et du fait de l’irrésistible ascension de l’Action française d’une part et de l’Action libérale d’autre part. Barrès déclare le 14 juillet 1913 que la Ligue est victorieuse puisqu’elle a « nationalisé » ses adversaires. Déroulède tombe malade en février 1913 (tachycardie, tension). A Champigny, le 7 décembre 1913, il prononce son dernier discours qui est un adieu à la Ligue et décède le 30 janvier 1914. Le lendemain, lors des obsèques, les témoins parlent d’une foule extrêmement dense comparable à celle qui avait suivi les obsèques de Victor Hugo, et d’un silence total. De nombreuses personnalités suivent le cortège dont Millerand, Léon Daudet et Maurras. Six mois plus tard éclate la Revanche pour laquelle le chef de la Ligue avait tant combattu.

Archives de la parole : Déroulède, fragment du panégyrique d’Henri Regnault puis poème “En avant !”.

Bibliographie :
DÉROULÈDE Paul, Qui vive ? France ! “Quand même !”. Notes et discours, 1883-1910, Paris, Bloud et Cie, 1910.
JOLY Bertrand, Déroulède. L’inventeur du nationalisme, Paris, Perrin, 1998.

Comment les armes hypersoniques redéfinissent l’équilibre stratégique mondial

 

par Laurent Vilaine

La vélocité et la maniabilité en vol des armes hypersoniques, développées par la Russie, la Chine, les États-Unis mais aussi par la France, l’Inde, l’Iran ou encore la Corée du Nord, changent profondément la donne en matière d’équilibre stratégique et de dissuasion nucléaire.

Le surgissement des armes hypersoniques, qui ont été utilisées pour la première fois à partir de 2022 par la Russie dans le cadre de sa guerre en Ukraine, entraîne un changement brutal dans l’équilibre stratégique mondial : leur existence et leur emploi bouleversent des notions fondamentales telles que la dissuasion et la supériorité militaire. Alors que les grandes puissances s’engagent dans une nouvelle course à l’armement, les implications stratégiques de ces innovations suscitent des interrogations majeures.

Principales caractéristiques des armes hypersoniques

Alliant une vitesse inédite – Mach 5 (plus de 6000 km/h, soit 5 fois la vitesse du son), sachant que des recherches en cours visent à leur permettre d’atteindre des vitesses allant jusqu’à Mach 20 – à une manœuvrabilité exceptionnelle, ces armes sont particulièrement délicates à intercepter pour les défenses antimissiles existantes.

Les armes hypersoniques font l’objet de recherches depuis l’époque de la guerre froide. Cependant, à l’époque, les technologies liées à la résistance à la chaleur des matériaux, ainsi que des problèmes relatifs aux systèmes de guidage et de propulsion avaient empêché leur développement. Désormais, la majeure partie de ces défis technologiques ont été relevés. Les matériaux avancés capables de résister aux frottements à des vitesses hypersoniques, lesquels génèrent des températures extrêmes, commencent à être mis au point. Et le maintien de la précision à de telles vitesses, en raison des perturbations atmosphériques et des interférences électroniques, est également aujourd’hui de plus en plus maîtrisé.

Ukraine : les missiles hypersoniques, l’arme «invincible» de Poutine. TV5 Monde, 19 mars 2022

Les armes hypersoniques sont de deux types : les planeurs hypersoniques (Hypersonic Glide Vehicles, ou HGV) et les missiles de croisière hypersoniques. Les HGV sont déployés sur des missiles balistiques et libérés dans la haute atmosphère avant de planer à des vitesses extrêmes vers leur cible. Les missiles de croisière hypersoniques, quant à eux, sont plus autonomes dans la mesure où ils possèdent leurs propres moteurs statoréacteurs à combustion supersonique («scramjets») qui leur permettent de maintenir des vitesses extrêmement rapides en vol horizontal, tout en étant capables d’adopter des trajectoires manœuvrantes permettant d’augmenter leur capacité de survie.

Une compétition acharnée entre puissances

Les grandes puissances – les États-Unis, la Russie et la Chine – ou encore les puissances moyennes à haute capacité technologique comme la France se livrent une compétition intense pour développer et déployer ces armes. Chaque pays vise à minimiser des lacunes perçues dans sa posture de dissuasion et cherche à acquérir un avantage comparatif stratégique avec ses compétiteurs.

La Russie possède une certaine avance avec des systèmes comme l’Avangard, le Kinzhal ou encore le Zircon, pour ce dernier capable de transporter des ogives nucléaires, qu’elle a testés avec succès en 2018, renforçant son rôle de pionnier dans ce domaine. Pour autant, à ce jour, les résultats des systèmes russes n’ont pas encore été à la hauteur des espoirs de Moscou.

La Chine, quant à elle, développe le DF-ZF, un planeur hypersonique dont la tâche principale est de contourner les systèmes antimissiles des États-Unis, dans le but de redéfinir les équilibres stratégiques en Asie.

«Missile hypersonique chinois : vers une nouvelle génération d’armes nucléaires ?», Le Parisien, 26 décembre 2021

Les États-Unis, bien qu’encore en retard dans certains domaines de l’hypervélocité, investissent massivement dans des programmes comme le CPS (Conventional Prompt Strike) pour maintenir une parité stratégique avec leurs concurrents et préserver leur prééminence militaire.

La France n’est pas en reste et travaille activement sur le programme du planeur hypersonique «V-MaX» (véhicule manœuvrable expérimental), porté par l’agence de recherche de la Direction générale de l’armement (DGA). Ce projet vise à doter le pays de capacités hypersoniques pour garantir sa souveraineté stratégique. Avec un calendrier marquant une forte volonté politique, la France espère rendre l’arme opérationnelle d’ici à 2035.

Des caractéristiques techniques conférant de nombreux avantages stratégiques

Le fait que ces armes volent à une vitesse de Mach 5 (plus de 6000 km/h) et non pas à Mach 2 ou Mach 3, comme les missiles des générations précédentes, réduit considérablement le temps de réaction des adversaires et donc leur capacité à prendre des contre-mesures efficaces.

À titre d’illustration, un missile hypersonique peut atteindre une cible située à 2000 km de son point de départ en moins de 15 minutes. Une telle rapidité confère un avantage décisif, empêchant toute détection précoce et permettant de neutraliser des objectifs stratégiques (états-majors, porte-avions, bases aériennes, cibles industrielles ou de communication, cibles politiques, etc.) si rapidement qu’aucune riposte ne sera possible.

En outre, contrairement aux missiles balistiques, qui suivent une trajectoire parabolique, les armes hypersoniques ont la capacité de changer de direction en vol, ce qui rend leur interception normalement quasiment impossible. Cette maniabilité complique les prévisions des systèmes de détection traditionnels que sont les radars terrestres ou les satellites.

Il est à noter que certaines armes hypersoniques peuvent être équipées de charges nucléaires, ce qui augmente leur portée opérationnelle et leur valeur stratégique.

Importantes implications stratégiques et géopolitiques

Les armes hypersoniques remettent en question le concept traditionnel de dissuasion, fondé sur la certitude de destruction réciproque en cas d’attaque nucléaire. En effet, la capacité à s’affranchir des systèmes de défense antimissile rend la dissuasion asymétrique et lui fait perdre, par conséquent, une part majeure de sa substance.

Ainsi, un pays doté d’armes hypersoniques aurait la capacité de porter des frappes préemptives contre, par exemple, des bases de sous-marins nucléaires, des bases aériennes accueillant des vecteurs nucléaires ou des silos. De telles frappes, dites désarmantes, rendraient la réponse de l’adversaire inefficace en raison de la soudaineté de l’attaque.

Cette nouvelle donne complique fortement les calculs stratégiques des puissances rivales et pourrait avoir pour conséquence une nouvelle course aux armements visant à rééquilibrer les forces, notamment dans des régions déjà marquées par des tensions stratégiques élevées.

En Asie-Pacifique, en Europe de l’Est ou au Moyen-Orient, la présence d’armes hypersoniques peut exacerber la perception des menaces et favoriser des réponses disproportionnées, voire des erreurs de calcul. En effet, il pourrait être difficile pour un belligérant de déterminer si l’attaque dont il fait l’objet est nucléaire ou conventionnelle. De plus, la manœuvrabilité des missiles hypersoniques peut susciter des erreurs sur la nature même de l’attaque ou des objectifs visés.

Un conflit limité pourrait dans ce cadre mener à une escalade faisant passer la confrontation conventionnelle à une confrontation majeure, voire nucléaire.

Face au développement des armes hypersoniques, les grandes puissances s’efforcent désormais de développer des techniques permettant de contrer leurs capacités extrêmes. Ainsi, des recherches visant à développer des radars avancés et des systèmes de défense spatiale ayant pour but de détecter, de suivre et de détruire des armes hypervéloces sont en cours. En outre, la recherche s’oriente également vers le développement de capteurs infrarouges en orbite, le déploiement de lasers terrestres ou spatiaux capables de détruire ces armes avant qu’elles n’atteignent leur cible.

Les armes hypersoniques représentent une rupture technologique et une évolution majeure dans l’équilibre stratégique mondial, malgré des difficultés de développement qu’il ne faut pas sous-estimer. Ces armes offrent des avantages opérationnels significatifs pour les nations qui seront capables de les développer. Cependant, elles posent également des défis majeurs en termes de stabilité et de régulation.

Les acteurs internationaux devront être capables de développer des mécanismes de régulation similaires à ceux développés au cours des dernières décennies pour les missiles balistiques. L’état du monde, marqué par la course à la supériorité stratégique des grandes puissances, n’incite pas à l’optimisme alors que la régulation des missiles nucléaires non seulement ne progresse pas mais, plutôt, recule…

source : The Conversation via Infodujour

https://reseauinternational.net/comment-les-armes-hypersoniques-redefinissent-lequilibre-strategique-mondial/