Mythes et antimythes
Culture et histoire
dimanche 15 mars 2026
Un être singulier : Gustave Thibon

Par Gérard Leclerc
Le « paysan-philosophe », l’irréductible aux idées toutes faites.
Bien sûr, Gustave Thibon, c’est un écrivain très tôt lu chez moi. Je m’étais beaucoup inspiré de son texte Nietzsche ou le déclin de l’esprit dans une dissertation, en l’équilibrant par le Père de Lubac du Drame de l’humanisme athée. Mais il m’a fallu attendre de le rencontrer pour le savoir chaleureux et apprécier sa personnalité. J’avais eu l’honneur de dialoguer avec lui lors d’une conférence tenue à Rouen, dans une église désaffectée transformée en auditorium. J’entends encore sa voix alors que nous cheminions dans les vieilles rues de la ville. Cette rencontre fut suivie de plusieurs autres. Jamais cependant chez lui, à Saint-Marcel-d’Ardèche.
L’« Antigone juive »
Un nom retentissait sans cesse dans sa conversation, celui de Simone Weil. Je ne me souviens pas d’une seule occasion où il ait omis de citer cette « Antigone juive », dont la rencontre, pendant la guerre, avait bouleversé son existence. A priori, une telle relation paraissait improbable. Lui n’était-il pas classé délibérément à droite ? Elle avait milité, de la façon la plus exclusive, à l’extrême gauche. Au point d’obliger ses parents à recevoir chez eux à Paris Léon Trotski, poursuivi par toutes les polices de Staline ! Mais il y avait chez elle un sens de l’absolu, supérieur à ses engagements politiques, avec une soif de comprendre qui l’entraînait sur les sommets de la pensée. Proscrite de l’enseignement par Vichy, elle avait demandé à venir chez Thibon pour « travailler comme fille de ferme ». Ce fut un moment inoubliable où deux personnalités aussi contrastées allaient se retrouver sur l’essentiel, notamment sur la nécessité temporelle de l’enracinement et l’aspiration au surnaturel. Thibon avançait cette explication : « Chrétienne d’âme, elle n’est pas entrée dans l’Église, empêchée sans doute par sa fièvre d’absolu… Fascinée par le but qu’est Dieu, elle répugnait à passer par le chemin qu’est l’Église »… À son départ pour les États-Unis, elle confia à son hôte une serviette de gros cahiers, ses manuscrits inédits. Ce qui permit à Thibon, après la guerre, de publier La Pesanteur et la Grâce (Gallimard).
Si l’on n’a pas en tête le lien indéfectible entre les deux penseurs, il est proprement impossible de comprendre qui fut l’homme de Saint-Marcel-d’Ardèche. Paysan-philosophe ? Incontestablement, mais l’enracinement n’empêchait pas l’auteur de L’échelle de Jacob de multiplier les conférences, jusqu’aux États-Unis. Chrétien, catholique attaché à l’institution indispensable, il était d’abord attiré par la mystique. Sa foi profonde, incontestable, n’en était pas moins traversée de cette nuit qu’ont connue les grandes figures du carmel, telle Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Le contraire d’un conformiste
Avec la distance, je perçois Thibon dans toute sa complexité, irréductible aux idées toutes faites qui sont encore répandues. À tous égards, il fut le contraire d’un conformiste. Un de ses mots favoris pour qualifier un personnage qu’il appréciait était celui d’« étagé ». Un « personnage étagé » était quelqu’un de particulièrement sensible aux ordres pascaliens, avec ce qu’il y avait de difficulté à les concilier. L’ordre de la nature n’était nullement évident, pas plus que celui de la raison. Oui, il y avait du sceptique chez lui, mais son scepticisme était finalement surmonté : « Voir et pâtir tout ce qu’il y a d’absurde dans la nature, tourner en rond dans les limites de la raison et malgré tout, reconnaître l’ordre de la nature comme l’ordre de la raison, pour l’unique motif que Dieu l’a voulu ainsi. Le mysticisme conduit d’abord au scepticisme, et plus tard il nous en délivre » (Gustave Thibon, Aux ailes de la lettre, Pensées inédites 1932-1982, Éditions du Rocher).
https://www.actionfrancaise.net/2026/03/15/un-etre-singulier-gustave-thibon/
samedi 14 mars 2026
De la médiocrité…

Dans l’imaginaire européen, la figure du rebelle traverse les siècles. Elle apparaît dans les mythes, la littérature ou le cinéma : un individu qui refuse de se plier à l’ordre établi lorsqu’il estime que celui-ci viole des principes plus fondamentaux. Ce personnage agit souvent seul, en marge de la loi, mais son geste est perçu comme moralement légitime parce qu’il défend une forme supérieure de justice.Les récits antiques et médiévaux regorgent de ces figures. On pense à l’héroïne grecque Antigone, défiant l’autorité du pouvoir pour honorer les devoirs sacrés de la famille, ou encore aux légendes populaires européennes où des archers ou des insurgés s’opposent à l’injustice des puissants. Dans les représentations modernes, cette figure se retrouve aussi dans le cinéma ou la littérature contemporaine, incarnant la résistance de l’individu face à la machine sociale ou politique.
Cette fascination persistante pour le rebelle révèle une question essentielle : comment préserver la liberté personnelle lorsque les structures de pouvoir deviennent omniprésentes ?
Ernst Jünger et la figure du « rebelle de la forêt »
L’écrivain allemand Ernst Jünger, ancien combattant de la Première Guerre mondiale et penseur majeur du XXᵉ siècle, a consacré une réflexion célèbre à cette question dans son essai philosophique Der Waldgang, souvent traduit par La traversée de la forêt.
Dans ce texte, Jünger décrit un type humain particulier : l’individu capable de résister intérieurement aux systèmes qui cherchent à contrôler ou uniformiser la société. Il ne s’agit pas nécessairement d’un révolutionnaire ou d’un combattant armé, mais d’un homme qui refuse de se soumettre à des mécanismes qu’il juge contraires à sa conscience.
Le symbole de la « forêt » occupe ici une place centrale. Elle représente à la fois un refuge et un espace de liberté intérieure. Dans l’histoire européenne, les forêts ont souvent servi de refuge aux résistants ou aux insurgés. Mais chez Jünger, cette image prend aussi une dimension symbolique : la forêt est le lieu où l’individu se retire pour préserver son autonomie morale face aux pressions du monde moderne.
Une réflexion née des bouleversements du XXᵉ siècle
L’essai de Jünger s’inscrit dans un contexte historique particulier. Le XXᵉ siècle a vu l’émergence de régimes totalitaires capables d’exercer un contrôle inédit sur la société grâce à la bureaucratie, à la propagande et à la technique.
Face à ces systèmes, la résistance ne peut pas toujours passer par des moyens classiques. Jünger insiste alors sur une idée : la liberté ne peut survivre que si certains individus conservent la capacité de dire non, même lorsque tout les pousse à se conformer.
Dans cette perspective, le geste du rebelle peut être discret, presque invisible. Il peut s’agir d’un refus silencieux de participer à un mensonge collectif, d’un acte de conscience ou d’une fidélité à des valeurs que l’époque cherche à effacer.
La critique de la modernité technicienne
Un autre thème important de la réflexion de Jünger concerne la transformation du monde par la technique. Le progrès technologique apporte des avantages indéniables, mais il peut également renforcer les mécanismes de contrôle social.
Au XXᵉ siècle déjà, Jünger s’interrogeait sur la manière dont les appareils administratifs, les médias ou les technologies modernes pouvaient contribuer à réduire l’autonomie de l’individu. Dans certaines situations, l’efficacité technique risque de prendre le pas sur la liberté humaine.
Cette inquiétude résonne aujourd’hui dans les débats contemporains sur les technologies numériques, la surveillance ou l’automatisation des décisions.
Une liberté enracinée dans la responsabilité
Pour Jünger, la liberté ne se résume pas à un catalogue de droits abstraits. Elle suppose avant tout un sens aigu de la responsabilité personnelle.
Le rebelle dont il parle n’est pas un destructeur ni un criminel. Au contraire, il se distingue par une discipline intérieure et par une fidélité à certaines valeurs morales et spirituelles. La liberté véritable exige une capacité à se gouverner soi-même.
Dans cette perspective, la résistance commence souvent par un travail intérieur : cultiver son indépendance d’esprit, préserver sa dignité et refuser de se laisser absorber par les automatismes de la société de masse.
Une réflexion toujours actuelle
Plusieurs décennies après sa publication, la réflexion de Jünger continue d’alimenter les débats sur la liberté et la modernité. Dans un monde marqué par les crises politiques, les transformations technologiques rapides et les tensions culturelles, la question posée par l’écrivain reste pertinente : comment préserver l’autonomie humaine face à des systèmes toujours plus puissants ?
L’image du rebelle solitaire proposée par Jünger ne renvoie pas nécessairement à une insurrection spectaculaire. Elle évoque plutôt la persistance d’une minorité d’individus capables de défendre une conception exigeante de la liberté, fondée sur la conscience, la responsabilité et l’enracinement dans des valeurs qui dépassent les circonstances du moment.
Armand LG
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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vendredi 13 mars 2026
jeudi 12 mars 2026
mercredi 11 mars 2026
Eoliennes, la corruption généralisée

Source Réinformation TV
Les éoliennes continuent de se répandre partout sur le territoire français. Elles continuent de détruire, malgré le narratif. En janvier 2025, en France, on comptait 10 518 éoliennes (offshore compris). Certains territoires en sont infestées comme dans les Vosges par exemple.
Depuis 20 ans qu'il enquête sur l'éolien, Eddie Puyjalon a découvert l'envers du décor. Et l'enfer quotidien pour certains paysans. Eddie Puyjalon, ancien conseiller régional est interviewé par Armel Joubert des Ouches.
En 2014, RiTV avait réalisé une enquête. Elle a été vue plus de 1,2 million de fois et diffusée dans 5 pays, traduite en 5 langues. Quelques semaines plus tard, parce qu'elle dérangeait les lobbys, elle était censurée puis supprimée d'internet. Le 18 avril 2025, RiTV décidait de la remettre en ligne cliquez ici
Sur les éoliennes :
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7 mars 1966 : la France quitte le commandement intégré de l’OTAN pour choisir l’indépendance

OTAN contre URSS
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les tensions entre le bloc occidental et l’Union soviétique conduisent rapidement à la création de l’OTAN, le 4 avril 1949. Cette alliance militaire regroupe alors les États-Unis, le Canada et plusieurs pays d’Europe occidentale, dont la France, afin d’organiser une défense collective face à la menace des rouges. Durant les années 1950 et au début des années 1960, l’Alliance atlantique s’organise alors autour d’un commandement militaire dominé par les États-Unis. Ainsi, de nombreuses bases militaires américaines sont installées en Europe et sur le territoire français.
On retrouve ainsi plusieurs sites à Châteauroux, Metz, Marville, Chambley-Bussières, Toul-Rosières, Phalsbourg, Verdun, Sarrebourg, Étain, Bar-le-Duc ou encore Nancy. Cependant, lorsqu’il revient au pouvoir en 1958 et fonde la Ve République, Charles de Gaulle nourrit une autre ambition, pour la France : celle d’une nation pleinement souveraine dans ses choix stratégiques et diplomatiques, moins dépendante de la puissance américaine.
La lettre du 7 mars
Dès 1959, l’homme du 18 juin entreprend de retirer progressivement certaines forces françaises du commandement intégré de l’OTAN. Le processus aboutit officiellement le 7 mars 1966. Ce jour-là, le général de Gaulle adresse une lettre au président américain Lyndon B. Johnson pour lui annoncer que la France se retire du commandement militaire intégré de l’OTAN et demande le départ des forces étrangères stationnées sur son territoire.
Au total, 56 bases terrestres, 17 bases aériennes, 370 dépôts logistiques, environ 27.000 militaires et près de 37.000 personnels civils sont concernés par cette décision. Le quartier général des forces américaines en Europe, installé à Saint-Germain-en-Laye depuis 1954, ferme alors ses portes en 1967 et est transféré en Belgique. La France conserve, néanmoins, son appartenance politique à l’Alliance et demeure engagée dans la défense collective de l’Europe occidentale.
Une indépendance revendiquée
La décision du président de la République repose alors sur plusieurs motivations. D’abord, de Gaulle considère que la défense nationale doit rester entièrement sous contrôle français. Il refuse que la dissuasion nucléaire française, alors en plein développement avec la force de frappe, devenue opérationnelle en 1964, puisse être placée sous un commandement étranger.
Ensuite, le chef de l’État estime que l’intégration militaire dans l’OTAN limite la capacité de la France à mener une politique internationale indépendante. Dans un monde marqué par la guerre du Vietnam et par la confrontation entre les superpuissances, il veut éviter que la France ne soit entraînée dans des conflits décidés par d’autres puissances. De Gaulle rassure toutefois ses alliés en affirmant que sa décision ne fait que « modifier la forme de notre Alliance sans en altérer le fond ». Ainsi, la France continue de coopérer avec l’OTAN à travers divers accords militaires et stratégiques.
Le retour
Pendant près de quarante ans, tous les présidents de la République, de Georges Pompidou à Jacques Chirac, en passant par Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, maintiennent la décision du général de Gaulle et préservent cette ligne stratégique, même si certaines évolutions apparaissent. En effet, en 1995, sous la présidence de Jacques Chirac et le gouvernement d’Alain Juppé, une tentative de rapprochement avec le haut commandement est envisagée, mais elle n’aboutit pas, notamment après l’arrivée du gouvernement de Lionel Jospin en 1997.
La situation change avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2007. En effet, le nouveau chef de l’État souhaite rapprocher la France de l’Alliance atlantique, un désir qu’il annonce officiellement devant le Congrès américain, le 7 novembre 2007. Il estime alors qu’une participation pleine et entière aux structures de l’OTAN permettrait à Paris de peser davantage dans les décisions militaires qui affectent le monde.
Après moults débats et de fortes divisions politiques, la décision est confirmée par un vote de confiance à l’Assemblée nationale, le 17 mars 2009, adopté par 329 voix contre 228. La majorité présidentielle, composée de l’UMP et de ses alliés centristes, soutient alors le projet face à l’opposition de la gauche socialiste.
Cette situation pourrait toutefois être remise en question à l’avenir si le Rassemblement national venait à remporter les prochaines élections présidentielles. En effet, le Rassemblement national défend depuis plusieurs années l’idée de revenir à la position gaullienne, en quittant le commandement militaire intégré de l’OTAN tout en restant membre de l’Alliance. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, a régulièrement exprimé cette volonté, tandis que Jordan Bardella a indiqué que cette décision ne pourrait être envisagée qu’en dehors de toute période de guerre.
mardi 10 mars 2026
lundi 9 mars 2026
dimanche 8 mars 2026
[HISTOIRE] 5 mars 1886 : l’anarchisme frappe au cœur de la Bourse de Paris
Un sacrilège anarchiste dans le temple du capitalisme
Ce 5 mars, vers 14 h 30, Charles Gallo, âgé de 27 ans, franchit les portes du palais Brongniart, un bâtiment dont la construction avait été ordonnée par Napoléon en 1806 et achevée sous Charles X en 1826. Siège de la Bourse de Paris, le palais est alors un lieu d’effervescence permanente où se croisent agents de change, courtiers et investisseurs dans un ballet incessant de transactions en tout genre. Pour Gallo, ce décor résume tout ce qu’il abhorre : la domination de l’argent et une société fondée sur la propriété.
Fraîchement arrivé de Nancy, où il avait fondé un petit cercle anarchiste après avoir purgé cinq années de prison pour fabrication de fausse monnaie, il avait d’abord envisagé d’autres cibles symboliques, notamment l’Assemblée nationale. Finalement, il choisit la Bourse, symbole direct du capitalisme qu’il entend frapper. À l’intérieur du bâtiment, armé d’un revolver et porteur d’un petit flacon rempli d’acide prussique, qu’il imagine pouvoir provoquer un effet meurtrier, il gravit les galeries dominant la corbeille et observe la foule des agents et des courtiers affairés.
Soudainement, il jette son flacon en direction de la foule. La bouteille se brise alors au sol mais, curieusement et heureusement, aucune explosion ne se déclenche : seule une forte odeur d’amande amère se répand dans la salle. Cette émanation suffit néanmoins à susciter la panique. Profitant de la confusion, Gallo sort son revolver et tire en direction de la foule située en contrebas. Deux coups de feu partent d’abord, sans atteindre leur cible, puis trois autres dans diverses directions. Un homme est néanmoins touché à la jambe après qu’une balle a ricoché. Rapidement alertée, la police intervient, maîtrise l’assaillant et l’empêche de prendre la fuite. L’attentat a ainsi échoué, mais le symbole est frappant : la Bourse de Paris, le cœur du système économique, vient d’être attaquée.
Le profil déterminé d’un anarchiste
Bien qu’il tente d’induire les enquêteurs en erreur en se présentant sous le nom de Petrovitch, l’auteur de l’attentat est rapidement identifié par la police. Né dans le Morbihan en 1859 et abandonné dès l’enfance, Gallo affronte l’existence avec adversité. Malgré cela, il tente de se lancer dans les études, mais en vain. Ses échecs successifs nourrissent alors en lui un profond ressentiment envers une société qu’il juge responsable de ses malheurs. Ce sentiment d’injustice l’entraîne ainsi progressivement vers les milieux anarchistes.
Lors de son procès, ouvert en juin 1886, Gallo ne manifeste aucun remords. Il transforme l’audience en tribune politique et lance, à plusieurs reprises, des cris de défi : « Vive la révolution sociale ! » « Vive l’anarchie ! » « Mort à la magistrature bourgeoise ! » « Vive la dynamite ! » Les juges se montrent inflexibles et le condamnent à vingt ans de travaux forcés, assortis de la déportation au bagne de Nouvelle-Calédonie. Là-bas, à l’autre bout du monde, son rejet de toute autorité ne faiblit pas. Peu après son arrivée, il agresse un surveillant pénitentiaire en lui plantant une pioche dans le ventre, acte pour lequel il est grièvement blessé à la tête lors de son interpellation. Rejugé, il est condamné, cette fois, à la réclusion à perpétuité. Il meurt en 1923 après avoir passé des décennies à revendiquer inlassablement son engagement anarchiste, idéologie au nom de laquelle il avait sacrifié son existence.
La propagande par le fait
L’attentat de la Bourse s’inscrit alors dans une phase de radicalisation d’une partie du mouvement anarchiste européen, marquée par la stratégie dite de la « propagande par le fait ». Élaborée dans les années 1880, cette doctrine repose sur l’idée que des actions spectaculaires et violentes peuvent, à elles seules, éveiller la conscience des masses et déclencher une nouvelle révolution. En France, cette orientation radicale s’enracine largement dans le traumatisme de la répression de la Commune de Paris en 1871, dont l’écrasement sanglant a laissé une génération de militants avides de se venger et de réussir à changer la société.
Cependant, Charles Gallo ne fut pas l’initiateur de cette mouvance violente dans l’Hexagone, rôle qui revient plutôt à l’attentat de Saint-Germain-en-Laye, en 1881, contre la statue de Thiers, mais il en constitue l’un des premiers relais. Son geste s’inscrit ainsi dans une séquence plus large de radicalisation de l’anarchisme français qui, au cours des années 1880 et 1890, voit apparaître d’autres figures comme Ravachol, auteur de plusieurs attentats à l’explosif en 1892, Auguste Vaillant, qui lance une bombe dans l’enceinte de la Chambre des députés en 1893, ou encore Sante Geronimo Caserio, assassin du président de la République Sadi Carnot en 1894, à Lyon.
À travers l’attentat de la Bourse, la France découvre ainsi l’une des premières expressions modernes d’une violence politique explicitement revendiquée par l’extrême gauche. Les lois dites scélérates de 1893 et 1894, adoptées afin de réprimer la propagande anarchiste et de renforcer les moyens de poursuite et de surveillance, témoignent de l’ampleur de l’inquiétude provoquée par cette vague d’attentats et de la volonté de l’État de vouloir stopper durement, à cette époque, cette menace terroriste.
Libye, Maghreb, mémoire coloniale : l’Afrique réelle décrypte les fractures du continent

Dans son numéro de mars 2026, L’Afrique Réelle, dirigée par Bernard Lugan, propose une série d’analyses consacrées aux grandes lignes de force du continent africain : assassinat de Seif al-Islam Kadhafi et avenir de la Libye, recompositions géopolitiques au Maghreb, dépendance énergétique de l’Algérie ou encore questions historiques liées aux accords d’Évian et à l’ethnogenèse des Berbères. Un numéro qui entend éclairer l’actualité africaine à la lumière des réalités historiques, politiques et géographiques du continent.
Sommaire du n°195 (mars 2026)
Actualité
– Seif al-Islam Kadhafi assassiné par ceux qui ne veulent pas voir renaître une Libye unie
Dossier
– Maroc-Algérie-pays du Golfe, la nouvelle géopolitique du Maghreb
– L’Algérie exportera-t-elle encore des hydrocarbures en 2040 ?
– Le blé, une production stratégique pour l’Afrique
Histoire
– Les « Accords d’Evian » ou le début de l’épuration ethnique des Européens d’Algérie et du massacre des Harkis
– L’Empire africain britannique, un « mauvais investissement » ?
– L’ethnogenèse des Berbères
Editorial de Bernard Lugan
Seif al-Islam Kadhafi a été assassiné par ceux qui ne veulent pas voir renaître une Libye unie. Cette vieille terre berbère aujourd’hui arabisée et islamisée après avoir été tour à tour colonisée par les Grecs, les Carthaginois, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Turcs, et enfin par les Italiens, se caractérise par la faiblesse du pouvoir central face aux permanences tribales et régionales. Véritables « fendeurs d’horizons », les ensembles tribaux les plus forts ont toujours contrôlé les couloirs de nomadisation reliant la Méditerranée à la région tchadienne. Les trafics d’aujourd’hui (drogue et migrants), se font le long de ces voies tracées par la géographie.
N’ayant pas voulu voir que la réalité politique libyenne repose sur l’équilibre et sur les jeux de pouvoir entre les grandes confédérations tribales et régionales, ceux qui, en 2011, au nom de l’ingérence démocratique, mirent à bas le régime du colonel Kadhafi, ont directement provoqué le chaos. Ceux qui viennent de faire assassiner son fils Seil al-Islam ont décidé de l’entretenir car ils en vivent.
La longue histoire des Berbères précède de 10 000 ans la conquête arabo-musulmane. Une évidence niée par certains historiens « officiels » algériens, dont Mohamed El Amine Belghit, pour qui « l’amazighité est un projet idéologique sioniste-français par excellence » car, selon lui, les Berbères n’existent pas. En 1962, Abderrahmane Ben Hamida, ministre algérien de l’Education nationale, avait quant à lui déclaré que « Les Berbères sont une invention des Pères Blancs »… L’ethnogenèse des Berbères permet de réfuter un tel mensonge ethnique et historique.
L’Algérie se trouve dans une situation de grande vulnérabilité avec à la fois une baisse de la production des hydrocarbures, et une hausse de la demande interne. Or, comme les hydrocarbures représentent près de 95% des exportations et plus de 60% du budget algérien, la situation économique rentière du pays va inéluctablement devenir intenable.
En France, nous disposons des travaux pionniers de Jacques Marseille qui montrent que son empire colonial fut une ruine pour la France. Aujourd’hui, grâce aux publications universitaires récentes, il est possible d’affirmer que l’empire africain ne fut pas un élément de la puissance économique britannique car il n’en constituait qu’un élément secondaire, pour ne pas dire marginal. En revanche, il fut un espace stratégique, politique et symbolique.
Les 18 et 19 mars, la France officielle et masochiste va « célébrer » l’anniversaire des « accords d’Evian » et du « cessez-le-feu » en Algérie. La « célébration » d’un abandon doublé d’une tragédie. Les accords d’Évian ont en effet été violés sur plusieurs points essentiels par les nouvelles autorités algériennes, notamment en ce qui concerne la sécurité des personnes (Harkis, Européens), les biens, et certaines clauses de coopération.
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Pour connaître le néo-royalisme

Parce qu’il n’est pas forcément clair pour tout le monde que le royalisme est parfaitement d’actualité, parce qu’il est évident pour tous que le régime politique qui nous dirige est incapable de le faire, parce qu’il est impensable d’oublier d’où l’on vient…
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À la fin du XIXe siècle, Charles Maurras et quelques jeunes intellectuels patriotes avaient pris l’habitude de se retrouver « Boulevard Saint-Germain ». C’est là – un demi-siècle avant que « le Flore », envahi par Sartre et les existentialistes, ne devienne le quartier général de la gauche bien-pensante –, que Maurras et ses amis vont élaborer les premiers éléments d’une réflexion nationale et royaliste que François Huguenin a nommé l’école d’Action française. C’est dans l’héritage de cette tradition qu’en 2018 François Bel-Ker a fondé les Éditions de Flore qui se proposent de rééditer les textes classiques de la doctrine « néo-royaliste » et d’en montrer la fécondité en poursuivant la réflexion à travers la publication d’essais, d’études savantes, mais aussi de pamphlets, de nouvelles, de romans.
Nous suggérons aux jeunes qui rejoignent les sections du mouvement d’Action française, la lecture de Dictateur et Roi – suivi de De l’autorité légitime et Comment je suis devenu royaliste.
L’ouvrage, de 182 pages, est préfacé par Stéphane Blanchonnet et introduit par Frédéric Rouvillois. Dictateur et roi est au néo-royalisme ce que le Manifeste du parti communiste de Karl Marx est au marxisme. C’est donc son meilleur point d’entrée. Il a été écrit en 1899, pour être publiéla première fois en août 1903 dans la Revue d’Action française– suivi là des textes de deux autres auteurs remarquables : « La réponse d’un protestant » de Léon de Montesquiou et « Histoire d’un gentilhomme de province » de Guy de Pasillé. Il a été remis à la mode au début des années 1990 par la « Génération Maurras » lorsque l’Action française lycéenne, dirigée par Sylvain Roussillon, alors confrontée à une problématique de formation des jeunes recrutés, l’avait fait publier en brochure dans les Documents d’Action française.Aujourd’hui, Dictateur et roi fait partie des incontournables de la littérature nationaliste.
Le but de Maurras, observait son plus récent biographe, l’historien Olivier Dard, était, par ce bref ouvrage, de « convaincre par la raison » : de sortir d’une approche exclusivement sentimentale, esthétique ou romantique de la monarchie, pour en démontrer de façon irréfutable la nécessité rationnelle. C’est ce qu’il énonce dans la phrase qui conclut Dictateur et roi : « Ce que nos ancêtres ont fait par coutume et par sentiment, le poursuivre nous-mêmes avec l’assurance et la netteté scientifique, par raison et par volonté ». Et c’est ce que saluait le philosophe Pierre Boutang, estimant ce livre « propre à séduire (…) en profondeur, à convaincre (…) au-delà de l’opinion et pour toujours »…
C’est pourquoi nous conseillons même aux groupes de jeunes de nos sections militantes de faire de ce texte l’objet d’un cercle d’étude à reprendre à chaque rentrée.
Voici comment vous le procurer pour seulement 10 euros : Dictateur et roi
https://www.actionfrancaise.net/2026/03/08/pour-connaitre-le-neo-royalisme/
samedi 7 mars 2026
L’inhumanité

La une de l’Huma le 6 mars 1953, il y a 73 ans.
Avant d’avoir idolâtré le dictateur communiste (responsable de la mort de 10 à 20 millions de personnes selon les historiens), on doit au journal l’Humanité le talent d’avoir été interdit à la diffusion en France après la signature du pacte germano-soviétique de 1939.
Dès le 17 juin 1940 (soit le jour même où Pétain appelle à l’armistice) les dirigeants du PCF se précipitent dans les bureaux parisiens des Nazis pour demander l’autorisation de faire republier L’Humanité.
Pour donner des gages aux Nazis, la Une de l’Huma du 17 juin 1940 est titrée : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Proletarier aller länder, vereinigt euch ! » En français et en allemand, la langue du nouveau maître.
La requête de publication légale de l’Huma sera néanmoins rejetée par Otto Abetz, l’ambassadeur d’Adolf Hitler à Paris depuis le 14 juin.
Le journal sera malgré tout imprimé clandestinement, tout en adoptant (avant le retournement de juin 1941) une attitude de servilité vis-à-vis des Nazis.
Les barbares de la démocratie

Un trentième-et-unième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait De la réforme et de l’organisation normale du suffrage universel d’Henri Lasserre.
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Qu’est-ce qui pourrait les arrêter ? Rien.
Seraient-ce les considérations intellectuelles du passé, les leçons de l’histoire ? – Nequaquam, comme disaient les Latins. Pas le moins du monde. Ces gouvernants seraient ou des ignorants ou des dévoyés des classes supérieures tombés assez bas pour accepter le mandat impératif des incapables et pour se faire les flatteurs de la populace et les laquais de la plèbe.
Serait-ce de la conscience ? – Nous admettons volontiers et sans hésiter, nous admettons qu’il y aura là très évidemment des hommes sincères, des gens de bien, parfaitement intentionnés ; mais sur toutes les questions politiques et sociales, la conscience populaire n’a-t-elle pas été faussée par les sophismes que les publicistes colportent dans toutes les intelligences, voilà déjà plus d’un siècle ?
On a dit : « La loi n’est autre chose que l’expression de la volonté du plus grand nombre » ; et il y a là quelque chose de vrai, mêlé à quelque chose de faux. On a dit : « La loi doit être faite dans l’intérêt du plus grand nombre » ; et il y a là encore quelque chose de vrai mêlé à quelque chose de faux.
Mais le vulgaire, devenu tout puissant, ne distinguera pas les nuances. Il dira : « Je suis le Grand Nombre. Donc, ma volonté, c’est la Loi. Tout ce que je veux est légitime, par cela seul que je le veux et que je suis le Grand Nombre. Je fais la loi dans mon intérêt, et j’ai raison de la faire ainsi, puisque je suis le Grand Nombre. Je réalise par là l’idéal des plus purs philosophes. Mon égoïsme, qui serait un crime si j’étais le petit nombre, devient la suprême sagesse puisque je suis le Grand Nombre. Sacrifier le Grand Nombre au plus petit, ce fut le forfait de mes prédécesseurs au gouvernement ; mais sacrifier le plus petit au plus grand, c’est la justice parfaite. Ils étaient la majorité factice : je suis la majorité réelle, incontestable comme l’Océan ; je suis l’innumérable multitude ».
À ces ondes humaines, qui résistera ?
***
L’ignorance et la déraison, excitée par la fièvre révolutionnaire – et aussi par la misère, toujours croissante en pareil temps – auront en main l’autorité régulière. Ce qui est légitime sera légal. Ce qui est antisocial sera à la tête de la société. Les ennemis de l’ordre public commanderont la force publique. Les brigands occuperont le ministère de la Justice et nommeront la Magistrature. Les voleurs auront à leurs ordres la Gendarmerie. Hier, une poignée d’hommes, agissant en petit et illégalement, s’appelait « la Commune », et donnait un échantillon de ce que l’on fera, en grand et légalement, en s’appelant « la Nation ».
Qu’ils forment une Convention ou qu’ils s’incarnent dans quelque dictateur, ainsi raisonneront, ainsi agiront les barbares qui sont maintenant à nos portes, et qui occuperont demain, si l’on n’avise aujourd’hui, tous les postes de la cité.
https://www.actionfrancaise.net/2026/03/07/les-barbares-de-la-democratie/
vendredi 6 mars 2026
jeudi 5 mars 2026
Tribune : La gauche n’a pas le monopole de la Résistance !

par Bernard Bonnaves, Olivier Dejouy, François Bel-Ker
Nous sommes des enfants et des petits-enfants de personnes qui ont résisté à l’occupation allemande et combattu le nazisme. La gauche n’a pas le monopole du patriotisme. Nous sommes des militants et des cadres royalistes dont les familles ont payé le tribut du sang. La gauche n’a pas le monopole de la Résistance. Nous commémorons chaque année la Résistance française, notamment le 11 novembre 1940. La gauche n’a pas le monopole de la mémoire.
Si l’histoire de l’Action française a connu des vicissitudes, nous pourrions également rappeler les propos publiés dans L’Humanité le 4 juillet 1940 : « Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheur de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants ! La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité vivante ».L’Action française, elle, ne fraternisa jamais avec l’Allemand. Notre définition de l’amitié des peuples — de France — s’arrêtait à la frontière du Rhin.
Oui, une partie de l’Action française a été antisémite, notamment Charles Maurras. Comme Voltaire, Marx, Proudhon, Blanqui, Clemenceau. Oui, d’anciens militants de l’AF ont déshonoré le patriotisme. Comme Déat, Marquet, Belin ou Doriot. Mais l’Action française, à la suite de Pierre Boutang, a engagé son examen de conscience et a définitivement condamné toute forme d’antisémitisme. Jamais nous n’accepterons de réduire un de nos compatriotes à ses origines ou à sa religion. Jacques Bainville écrivait : « Le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation ».
Nous sommes la France des terroirs, des provinces et du monde paysan.
Nous sommes la France d’Henri IV et de Richelieu.
Nous sommes la France des cathédrales et des bâtisseurs.
Nous sommes aussi la France des Vendéens et des Chouans qui se battirent — déjà —- contre l’extermination d’un peuple. Nous sommes la France de Verdun et la France de la Résistance. La Résistance, c’est aussi ce « paradoxe français » évoqué par l’historien Simon Epstein, montrant la diversité politique de ceux qui s’engagèrent contre l’occupant et le nombre très important de royalistes dans la résistance.
Notre panthéon c’est Henri d’Astier de la Vigerie, résistant et journaliste ayant appartenu à l’Action française, fondateur du réseau de résistance Orion, créateur des Commandos de France ; Jean-Baptiste Biaggi, militant à l’Action française, avocat, arrêté par la Gestapo, torturé qui s’évade en mars 1944 pour participer à la libération de Paris et à la campagne d’Allemagne ; Michel de Camaret, camelot du roi, diplomate, résistant dès 1940, intègre un commando parachutiste SAS des Forces françaises libres (FFL) ; Daniel Cordier, responsable du Cercle Charles Maurras de Bordeaux, un des premiers à rejoindre Londres, devient le secrétaire de Jean Moulin, se présente à lui en témoignant de son admiration pour Charles Maurras ; Jacques Debû-Bridel, écrivain, proche de Charles Maurras, militant antinazi dès 1935, il entre en résistance dès octobre 1940 à l’Organisation civile et militaire et au Super Nap (noyautage de l’administration publique) ; Paul Dungler, industriel du textile, responsable de l’Action française en Alsace, héros de la résistance, co-fondateur de la Septième Colonne d’Alsace alias Réseau Martial, initiateur de l’Organisation de la Résistance armée et à l’origine des Groupes mobiles d’Alsace ; Jean Ebstein-Langevin, militant de l’Alliance royaliste d’Alsace, vice-président de la Corpo de droit qui a appelé à manifester le 11 novembre 1940. Il passe en zone libre en 1941, officier de renseignement, incorporé dans la 1re armée ; Honoré d’Estiennes d’Orves, royaliste, martyr de la Résistance, exécuté le 29 août 1941 au MontValérien ; Raoul Girardet, camelot du roi, résistant, arrêté par la Gestapo ; Général Pierre Guillain de Bénouville, camelot du roi (17e équipe), résistant, fondateur de Radio-Patrie, membre du Comité Directeur du Mouvements unis de la Résistance (MUR) ; Yves de Kermoal, auteur du chant des Commandos de France ; Hubert de Lagarde, écrivain, journaliste, très proche de l’Action française, fondateur du réseau de résistance Éleuthère, membre du Comité d’action militaire, prend la tête du service de renseignement de Libération Nord, puis de l’étatmajor FFI, arrêté par la Gestapo, torturé, déporté à Buchenwald puis à Dora, meurt en déportation ; Général Philippe Leclerc de Hautecloque, maréchal de France, adhérent et abonné à l’Action française, royaliste de conviction, qui a redoré le drapeau français du Sahara aux flèches de la cathédrale de Strasbourg, et a libéré Paris à la tête de la 2e DB ; Maréchal Jean de Lattre de Tassigny, monarchiste, sympathisant de l’Action française ; Pierre Messmer, camelot du roi, il rejoint les FFL dès 1940 ; Edmond Michelet, militant de l’Action française, chef du mouvement de Résistance Combat en Limousin, arrêté, mis au secret et déporté à Dachau ; Jacques Perret, écrivain, prisonnier dès 1940 : il s’évade rapidement et rejoint les maquis de la Résistance ; André Pertuzio, ancien président de la Corpo de droit et co-organisateur de la manifestation du 11 novembre : il fut parmi les étudiants royalistes qui défièrent les autorités allemandes ; le Colonel Rémy, abonné à L’Actionfrançaise, résistant, compagnon de la libération ; Jacques Renouvin, étudiant en droit, avocat, ancien camelot du Roi, résistant, arrêté en 1943, torturé pendant des mois, mort d’épuisement à Mauthausen en janvier 1944, il avait inscrit dès 1940 sous la statue de Louis XIV à Montpellier : « Lui, n’aurait pas collaboré ! » ; Colonel Henri Romans-Petit, chef du maquis de l’Ain dont les troupes défilent dans Oyonnax, le 11 novembre 1943, pour déposer devant le monument aux morts une gerbe sur laquelle on peut lire : « Les vainqueurs de demain à ceux de 1914-1918 » ; Edwige de Saint-Wexel, lycéenne d’Action française : le 11 novembre 1940, elle se trouve place de l’Étoile, où elle est arrêtée avant d’être torturée et incarcérée ; et tant d’autres.
La gauche n’a pas le monopole du Bien. La gauche n’a pas le monopole du Beau.
Aujourd’hui, ne pas être capable de dénoncer clairement le pacte germano-soviétique, c’est faire injure à la Résistance. Aujourd’hui, ne pas dire qu’entre 2022 et 2024, l’agence Europol dénombre 7 attentats liés à l’extrême droite et 71 liés à l’extrême gauche c’est se laisser guider par ses œillères. Aujourd’hui, à l’heure ou l’antisémitisme s’exprime librement à gauche, prendre en otages les résistants, les déportés, les victimes de la Shoah à des fins partisanes, c’est trahir l’esprit même de la Résistance.
« Nous ne pouvons plus nous taire.
Ce serait insulter nos ancêtres et leurs sacrifices. »
Bernard Bonnaves, président de La Restauration nationale.
Fils d’un déporté de camp de concentration, détenteur de la médaille des évadés, combattant dans la Première Armée française dirigée par le général de Lattre de Tassigny, fils d’une « Malgré-nous », résistante dans les Postes et Téléphone à Colmar.
Olivier Dejouy, Secrétaire général de l’AF, de 2009 à 2013 et de 2022 à 2024.
Fils et petit-fils de maquisard, fils d’un ancien de la 2e DB qui a participé à la libération de Paris, grièvement blessé devant Strasbourg, chevalier de la légion d’honneur, décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 39-45 et de la Croix du combattant volontaire.
François Bel-Ker, Secrétaire général de l’AF, de 2013 à 2022.
Petit-fils d’un pupille de la nation, instructeur au sein del’École militaire FFI et officier des palmes académiques, commandant de la base militaire d’Aulnat, petit-fils d’une volontaire féminine FFI, et petit-neveu d’un combattant volontaire de la résistance, FFI.
https://www.actionfrancaise.net/2026/03/05/tribune-la-gauche-na-pas-le-monopole-de-la-resistance/
lundi 2 mars 2026
Quand des Africains colonisaient d’autres Africains

Bernard Lugan dirige la revue numérique L’Afrique réelle et est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages de référence consacrés à l’histoire et aux réalités africaines. Son dernier livre, Quand les Africains colonisaient l’Afrique (Éditions du Rocher, 236 pages, 19,90 euros), traite de façon magistrale un fait historique trop souvent méconnu qu’il convient de rappeler à tous ceux qui alimentent la culpabilisation de « l’homme blanc ».
Johan Hardoy
Une colonisation européenne récente
« À l’exception du comptoir du Cap (XVIIe siècle), et de l’Algérie (à partir de 1830), la colonisation du continent africain par sept nations européennes (France, Grande-Bretagne, Portugal, Belgique, Espagne, Italie et Allemagne), ne se fit qu’à partir de la dernière décennie du XIXe siècle. » Les divers établissements danois, hollandais, hanséatiques et autres du siècle précédent n’étaient que des comptoirs commerciaux.
« Au sud du Sahara, la réalité — totalement occultée aujourd’hui par la chape de plomb de “l’historiquement correct” — est que la colonisation européenne libéra les populations africaines alors colonisées par d’autres Africains. Pour les peuples dominés, l’arrivée des Européens ne fut donc pas ressentie comme une conquête, mais tout au contraire comme une libération. Une libération des raids esclavagistes, de la mise en servitude, des diverses formes d’oppression et de massacres. »
Le mouvement de décolonisation débuta quant à lui dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale avant de s’achever dans les années 1960.
Des colonisations interafricaines depuis le fond des âges
Les colonisations internes à l’Afrique eurent deux grandes caractéristiques fondamentalement différentes de la parenthèse coloniale européenne :
1/ Elles furent anciennes car elles débutèrent avec le Néolithique ;
2/ Elles aboutirent à de multiples « grands remplacements », les primo-occupants africains étant soit éliminés, assujettis, réduits en esclavage ou chassés par ceux des Africains qui s’emparaient de leurs terres.
« Partout, les peuples les plus forts colonisaient, soumettaient ou détruisaient les plus faibles. »
« De l’actuel État du Sénégal jusqu’au sud du golfe de Guinée, tout l’ouest africain a, et cela depuis plus d’un millénaire, connu de multiples épisodes de colonisation suivis de grands remplacements de populations. »
Le grand remplacement des Sahariens noirs
Pendant une période qui s’étend d’environ 5 000/4 500 av. J.-C. à environ 2 500 av. J.-C., les protos-Berbères colonisèrent progressivement le Sahara central qui était peuplé par les ancêtres des Peul [l’auteur n’ajoute pas de « s » au pluriel].
Cette confrontation tourna à l’avantage des premiers durant les cinq siècles suivants. En se repliant, les seconds entamèrent à leur tour « leur essaimage colonial vers le Sahel ».
La colonisation du Sahel par les Peul
« Siècle après siècle, les pasteurs peul, dont les ancêtres avaient vécu dans le Sahara, suivaient le recul des pâturages provoqué par les changements climatiques. »
Après avoir commencé par se soumettre pour se faire accepter par les sédentaires, ils finirent par s’imposer en maîtres à des populations qui les avaient initialement méprisés.
De nos jours, les Dogon considèrent les Peul comme les descendants de ceux qui leur ont pris leurs terres et qui ont vendu leurs ancêtres sur les marchés aux esclaves, tout en les accusant de soutenir les jihadistes.
Au Nigéria, l’expansion coloniale des Peul, interrompue par la colonisation européenne, a repris : « Nous sommes clairement en présence de la résurgence d’un phénomène colonial africain séculaire mis entre parenthèses par la brève colonisation britannique. La question religieuse est, quant à elle, une donnée récente et aggravante, mais en aucun cas le déclencheur de ce phénomène de longue durée. »
La colonisation des Berbères par les Arabes
« Les Berbères ou Imazighen (Amazigh au pluriel) constituent le fonds ancien de la population d’une vaste partie de l’Afrique, depuis le delta du Nil jusqu’à l’Atlantique — îles Canaries comprises —, et de la Méditerranée jusqu’au Sahel. »
Les héritiers doctrinaux des conquérants arabes du VIIe siècle considèrent que l’islamisation aurait marqué la fin de l’histoire des Berbères en les inscrivant dans l’aire culturelle de l’arabité.
Les bantuphones à la conquête de l’Afrique
En Afrique sud-saharienne, durant le premier millénaire avant notre ère, un vaste mouvement de colonisation est parti de la région des hauts plateaux des actuels Nigeria-Cameroun pour se répandre vers toute l’Afrique à l’ouest et à l’est de la cuvette du Congo, dans des régions qui n’étaient pas vides d’habitants.
« Le mode de colonisation ne prit pas la forme d’une déferlante car il fut lent, progressif, par vagues majeures ou mineures successives et probablement par petits groupes, à partir du foyer d’origine et à partir des divers centres d’expansion secondaires. »
Aujourd’hui, la quasi-totalité des populations de l’Afrique centrale parlent des langues bantoues.
En Afrique australe, les vastes espaces occupés par les KhoïSan (Khoï et San) ont été colonisés par les Nguni et les Sotho, avant l’arrivée des colons hollandais au cap de Bonne-Espérance. « Les Khoï ont disparu en tant que peuple. Quant aux San, en voie de disparition, ils ne vivent plus que dans quelques régions reculées de Namibie, du Botswana et d’Angola. »
D’anciens esclaves devenus colonisateurs
Des esclaves noirs américains affranchis colonisèrent également le Libéria et la Sierra Leone : « Jusque dans les années 1980, le Libéria fut une véritable société d’apartheid profondément inégalitaire dans laquelle une minorité composée de 2,5 % de la population, les descendants d’esclaves affranchis, les Américano-Libériens, détenaient tous les pouvoirs et pratiquaient le travail forcé sur les plantations de caoutchouc. »
***
La colonisation européenne a mis fin aux multiples colonisations interafricaines, en favorisant les « vaincus de la longue durée continentale » dont certains se sont engagés dans les armées des colonisateurs pour se venger de leurs anciens oppresseurs.
De fait, les équilibres séculaires africains s’en sont trouvés bouleversés, d’autant que les frontières tracées par les Européens ont perturbé l’équilibre interne des grandes zones d’élevage tout en séparant artificiellement des peuples.
Après les indépendances, l’Afrique a renoué avec sa « longue histoire » mise entre parenthèses durant la période coloniale européenne.
À l’intérieur de frontières qui interdisent toute expansion territoriale, les différents peuples réactualisent les vieux contentieux entre « prédateurs » et « victimes », ce qui devrait les amener tôt ou tard, selon Bernard Lugan, à remettre en question ces lignes de partage artificielles.
Johan Hardoy 27/02/2026
https://www.polemia.com/quand-des-africains-colonisaient-dautres-africains/