vendredi 20 mars 2026

Des éditions nouvelles pour toujours mieux connaître le néo-royalisme

 

Le 8 mars dernier, nous disions qu’il n’est pas forcément clair pour tout le monde que le royalisme est parfaitement d’actualité, vous conseillant alors pour le mieux connaître de vous intéresser aux parutions des éditions de Flore. Aujourd’hui, c’est vers d’autres éditions que nous vous renvoyons pour en apprendre toujours plus.

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Alors que les Editions de Flore rééditent les textes classiques de la doctrine « néo-royaliste » et se proposent d’en montrer la fécondité en poursuivant la réflexion à travers des d’essais et des études savantes, l’objectif de Midi blanc-éditions est autre.

Son fondateur, Morgan Cordier, précise qu’elles œuvrent à la diffusion de la pensée royaliste non par des livres mais par de petites brochures de propagande en collaboration, pour certaines, avec la Nouvelle revue universelle. Elles publient aussi les actes des colloques qu’elle organise en Provence. Par leur prix modique, de 2 à 5 euros, ces brochures sont particulièrement adaptées aux nouveaux militants. Elles sont disponibles sur le site de la Librairie de Flore ou directement à l’adresse midiblancprovence@gmail.com.

Après Regard de royalistes sur l’économie et La noblesse française, un héritage actuel, la brochure qui fut éditée ensuite, dans la collection « tiré-à-part », est Maurras : poétique d’abord ? d’Olivier de Lérins, collaborateur des mensuels Le Bien Commun et Politique Magazine.

Olivier de Lérins, doctorant en philosophie à l’Institut catholique de Paris, est une des principales signatures du Le Bien Commun, où il assure notamment les grands entretiens. Il est par ailleurs responsable et animateur des conférences du Cercle de Flore.

Dans cette brochure, Olivier de Lérins nous rappelle que l’éminente place de la poésie dans la vie de Maurras est une réalité bien connue. Quand, au petit matin, il quittait l’imprimerie de l’Action française, il retournait chez lui en traversant la Cour carrée du Louvre et le pont des Arts, puis longeait la Seine en se récitant les milliers de vers retenus par sa stupéfiante mémoire. Et c’était aussi le moment où il composait ses propres poèmes, les polissant sans cesse et les repolissant, en leur confiant ses pensées intimes, ses tendresses, ses angoisses nées de la perte des êtres chers, son inquiétude devant la précarité des choses et l’incertitude de nos destinées, et surtout les vulnérabilités de sa « déesse » la France. C’est par là que l’on peut très naturellement rejoindre la démarche d’Olivier de Lérins. Depuis la parution en 1925 de la Musique intérieure et sa célèbre préface, la question de la relation entre poétique et politique chez Maurras a agité les meilleurs esprits. C’est dans une tradition illustrée notamment par Pierre Boutang qu’Olivier de Lérins s’inscrit ici, une tradition qu’il contribue à garder vivante en la formulant à l’intention des jeunes générations. C’est à de jeunes Périgourdins – partagés entre baudelairiens et bainvilliens – que s’adressait Maurras quand il écrivit un petit texte particulièrement pénétrant intitulé « Entre Bainville et Baudelaire » (dans Critique et Poésie) : « Ô jeunes gens et jeunes filles, leur disait Maurras, il y a deux chemins, celui qui pend et mène aux lieux inférieurs (…) et celui qui monte, celui des hommes, des citoyens, des pères et des mères de la patrie, tous et toutes de fort bons lettrés, mais non décadents : renaissants ». Sa critique, toute en nuance mais sévère, du « mauvais enchanteur » Baudelaire ne l’empêchait pas de rappeler que le poète des Fleurs du mal avait fait sienne la critique de la démocratie du poète américain Edgar Poe, dont il fut le grand traducteur. Mais, tout en respectant le choix de ses jeunes interlocuteurs, Maurras les incite à prendre une autre voie, en suivant le haut exemple de recherche de la perfection de Bainville, qui mêlant, lui aussi, poétique et politique, acheva sur ces mots son discours de réception à l’Académie française, en 1935 : « Pour les renaissances, il est encore de la foi ».

Des mots que le regard d’Olivier de Lérins ne peut qu’inciter à méditer.

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/19/des-editions-nouvelles-pour-toujours-mieux-connaitre-le-neo-royalisme/

Letizia Bonaparte : la mère derrière Napoléon, avec Laëtitia de Witt

 


Les origines préhistoriques de la domination masculine, avec Anne Augereau

 


jeudi 19 mars 2026

Quand Napoléon rêvait d’envahir l’Angleterre

 

La plus grande charge de cavalerie de l

Ce sont des  milliers d’ouvrages qui retracent régulièrement l’épopée napoléonienne et nous font revivre le fabuleux roman d’aventures de la Grande Armée, qui fit trembler les rois d’Europe jusqu’à Moscou.

Chasseurs, grenadiers, dragons, hussards, cuirassiers ou simples grognards, commandés par de prestigieux maréchaux, ont formé l’invincible instrument qui a accompagné Napoléon jusqu’en 1815, du Camp de Boulogne  à Waterloo, en écrivant les plus fabuleuses pages de l’Histoire de France.

Les hauts faits d’armes s’écrivent en lettre d’or sur les drapeaux de tous ces régiments de l’Empire.

Évidemment, les grincheux ne retiennent de cette glorieuse épopée que le boucher sanguinaire qui a saigné la France, oubliant que Napoléon dut faire face à sept coalitions ourdies par nos ennemis de toujours, les Anglais. À Waterloo, c’est une coalition de dix nations qui affrontait la France.

Mais les grincheux ne comprennent rien et n’intéressent qu’eux-mêmes.

D’ailleurs, l’Histoire ne s’écrit pas avec ces pisse-froid. Ils relisent l’histoire avec leurs lunettes du XXIe siècle, incapables de remonter le temps.

Que peut comprendre un grincheux à la plus grande charge de cavalerie de l’histoire, menée par l’illustre Murat à la tête de 80 escadrons, plus de 8 000 cavaliers, contre les troupes russo-prussiennes, au cours de la bataille d’Eylau en 1807 ?

Imaginez la terre qui gronde sous 32 000 sabots ! Imaginez l’effet sur l’adversaire attendant le choc frontal !

Courage impétueux, honneur et panache, sont la marque de ces héros, toujours prêts à mourir pour l’Empereur et pour la gloire.

Et qui, mieux que Georges Blond, a su nous dépeindre au quotidien ces soldats de l’Empire, à la fois héros et martyrs, pillards ou déserteurs, mais infatigables conquérants pleins de courage, formant l’armée la plus efficace au monde ?

La Grande Armée est née au camp de Boulogne, avec la volonté de Napoléon d’envahir l’Angleterre.

Cette armée d’invasion, c’est l’Armée d’Angleterre, qui deviendra plus tard la Grande Armée, quand elle marchera sur l’Europe, pour se couvrir de gloire à Austerlitz.

Nous sommes en 1805. Voilà des mois que Napoléon a préparé son plan d’invasion de l’Angleterre. Cap sur Deal, à 13 km de Douvres.

140 000 hommes sont stationnés à Boulogne. 80 000 embarqueront le même jour, avec 16 000 chevaux.

Les maréchaux Lannes, Davout, Murat, Soult et Ney sont de la fête.

Et si Napoléon reste persuadé d’écraser l’armée anglaise, simple formalité, il semblerait qu’il ait sous-estimé le risque naval, avec un plan plus qu’audacieux.

Les escadres françaises de Toulon, de Rochefort et de Brest doivent accaparer suffisamment les forces navales anglaises au large, afin de permettre à la flottille de bateaux transportant l’Armée d’Angleterre, de traverser la Manche de nuit sans dommage. Huit heures de mer.

On ne saura jamais comment aurait tourné l’aventure, car avec un rusé renard comme l’amiral Horatio Nelson, la Manche aurait pu se transformer en cercueil pour toute l’Armée d’Angleterre, piégée sur des bateaux sans défense.

En revanche, un anéantissement de l’armée anglaise aurait changé le cours de l’Histoire.

En attendant, au soir du 20 août 1805, Napoléon lance l’ordre d’invasion de la perfide Albion.

Il est temps d’en finir avec cette nation, qui « depuis 10 siècles, opprime la France ».

C’est la joie au sein des régiments. 100 000 hommes trépignent pour embarquer. Avec les 16 000 chevaux ! Napoléon n’a peur de rien.

« Cette fois, ça y est. Pas trop tôt. On s’est assez emmerdé ici. Vivement qu’on voie les habits rouges ! »

« Et  ces putes d’Anglaises ! »

À Montreuil, le maréchal Ney donne un bal, quand un messager transmet l’ordre de l’Empereur.

Aussitôt, les jeunes officiers plaquent leurs cavalières et sautent sur leur cheval pour regagner Boulogne. Pas question de manquer la gloire !

Hélas, le contrordre arrive. L’amiral Villeneuve a fait faux bond. Et plus question d’attendre.

La guerre se déplace à l’Est. Le 26 août, maréchaux et généraux lisent à leurs troupes l’ordre du jour devenu fameux :

« Braves soldats du camp de Boulogne ! Vous n’irez point en Angleterre. L’or des Anglais a séduit l’empereur d’Autriche, qui vient de déclarer la guerre à la France. Son armée a rompu la ligne qu’elle devait garder, la Bavière est envahie. Soldats, de nouveaux lauriers vous attendent au-delà du Rhin. Courons vaincre ces ennemis que nous avons déjà vaincus ! »

Ce sont 200 000 hommes qui se mettent en marche, prenant le nom de Grande Armée, dont les exploits et les souffrances couvriront les pages de 80 000 ouvrages à travers le monde.

Et le 2 décembre 1805, cette Grande Armée entre à jamais dans la légende, avec l’éclatante victoire Austerlitz.

Une victoire que nos poules mouillées au pouvoir n’osent plus célébrer, pour ne pas froisser les minorités ! C’est dire le naufrage moral de ce pays !

Russes et Autrichiens sont laminés. De cette bataille mémorable, étudiée dans bien des académies militaires du monde, retenons deux discours de Napoléon.

L’un très célèbre, à la gloire des grognards. L’autre moins connu, réprimandant un régiment qui a perdu son aigle.

« Soldats ! Je suis content de vous »… »Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : « J’étais à la bataille d’Austerlitz », pour qu’on vous réponde : « Voilà un brave ».

 Mais face au régiment qui s’était laissé déposséder de son aigle par la Garde russe, Napoléon pouvait être intraitable.

« Où est votre aigle ? Vous êtes le seul régiment de l’armée française à qui je peux faire cette question ! J’aimerais mieux avoir perdu mon bras gauche que d’avoir perdu une aigle ! Elle va être portée en triomphe à Pétersbourg et, dans cent ans, les Russes la montreront avec orgueil. »

« Que ferez-vous pour réparer cette honte ? »

« Il faut qu’à la première occasion votre régiment m’apporte au moins quatre drapeaux ennemis, et alors je verrai si je dois lui rendre son aigle. »

Nul doute que ce régiment ait fait merveille sur les champs de bataille pour laver l’affront et récupérer son aigle.

De 1805 à 1815 la Grande Armée laissera 1 million de morts sur les champs de bataille.

Morts pour rien diront certains. Non, morts en écrivant de belles pages d’histoire, à une époque où la guerre était la norme en Europe.

Une époque où les mots patrie, courage et honneur avaient encore un sens.

Jacques Guillemain

https://ripostelaique.com/quand-napoleon-revait-denvahir-langleterre/

1962 : le massacre des harkis par le FLN

 

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Sylvain Roussillon cliquez ici

Article publié dans la Revue d'Histoire européenne

La signature des Accords d’Evian, le 18 mars 1962 (pour une entrée en vigueur le 19), signe la fin officielle de la Guerre d’Algérie. Mais elle ne signifie pas, loin de là, que les violences cessent. Malgré les engagements et les promesses solennelles, les mois qui suivent le cessez-le-feu vont être marqués par d’importants massacres, notamment contre les anciens supplétifs arabes des autorités françaises, désignés sous le terme générique de harkis et, plus largement, contre tous les Algériens soupçonnés de liens avec la France.

Durant les pourparlers, le FLN a adopté une attitude assez évasive concernant le devenir de ces populations, ses délégués déclarant que le « sort des harkis [serait] décidé par le peuple et devant Dieu » et que seuls les « auteurs d’exactions » seraient inquiétés. Les Accords d’Evian eux-mêmes, paraphés par les deux partis, établissent le principe de non-représailles : « Nul ne pourra faire l’objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d’une discrimination quelconque ». La réalité sera toute autre.

Les harkis : de qui parle t-on ?

En réalité, même si le terme va finalement amalgamer l’ensemble des supplétifs algériens liés à la France, il est loin de recouvrir l’ensemble des formations militaires et paramilitaires regroupant les « Français de souche nord-africaine » (FSNA).

Cinq catégories de formations combattantes ont ainsi été progressivement constituées pour contribuer au « maintien de l’ordre », durant ce que l’on a pudiquement nommé « les événements » : les goumiers (membres d’un goum, une unité militaire de 200 à 400 hommes), des Groupes mobiles de police rurale (GMPR) qui deviendront ensuite les Groupes mobiles de sécurité (GMS), les mokhaznis (du terme maghzen, groupe d’une trentaine de combattants) chargés de la protection dans les Sections Administratives Spécialisés (SAS) et des Sections Administratives Urbaines (SAU), les ‘assas (gardiens) des Unités territoriales (UT), les groupes d’autodéfense (GAD), et enfin, les plus connus, les harkis, composant les harkas (signifiant « mouvement »). Ces derniers sont embauchés localement, à proximité de leur douar (groupement d’habitations). Considérés et payés comme simples travailleurs journaliers, ils sont essentiellement utilisés, au départ, comme guides, éclaireurs ou agents de renseignement. Initialement peu armés, ils sont progressivement équipés d’armes de guerre, au fur et à mesure de leur engagement dans des missions de combat aux côtés de l’armée française.

A ces groupes et unités militaires ou paramilitaires, il faut ajouter les FSNA fonctionnaires, élus ou auxiliaires divers (bachaga, agha, caïd) qui constituent l’armature politique indigène du « parti français » (hezb franca).

Au sein de cette masse de 260 000 hommes environ, les harkis, au sens strict du terme, ne sont que 60 000, les autres (UT et GAD) environ 90 000 (dont 3 000 transfuges du FLN et de l’ALN), les militaires (les goumiers et mokhaznis) sont près de 60 000 auxquels il faut ajouter quelque 50 000 civils francophiles. En tenant compte des familles, c’est environ un million d’Algériens, sur 8 millions, qui sont alors concernés par de potentielles représailles. Il n’est pas inutile de rappeler que le nombre d’Algériens musulmans engagés au service de la France est supérieur, au moment du cessez-le-feu, à celui des combattants au service du FLN et de l’ALN.

Concernant les civils, il faut là encore rétablir une vérité trop souvent occultée. Les FSNA sont importants dans la vie politique et l’administration : un ministre, 46 députés sur un total de 67 pour l’Algérie, 350 conseillers généraux sur un total de 452, 11 550 conseillers municipaux sur un total de 14 000 et 20 000 fonctionnaires dont un préfet et plusieurs sous-préfets.

Un cessez-le-feu qui donne le coup d’envoi de la terreur

Les violences, d’abord circonscrites, commencent dès la fin du mois de mars 1962. Parmi les premières victimes, on compte les membres du Commando Georges, fort de 300 hommes et mis sur pied en 1959. L’originalité de cette unité d’élite, qui a porté des coups importants aux maquis algériens, est d’être uniquement composé d’anciens membres du FLN et de sa branche armée, l’ALN. Près d’une quarantaine de ses hommes sont enlevés dans les semaines qui suivent le cessez-le-feu. Nul ne sait ce qu’il est advenu d’eux, de même que des 500 autres FSNA disparus durant cette période. Au total, seule une quarantaine de membres du commando Georges survivront à la guerre. Tous les autres trouveront la mort dans des conditions atroces, comme ce sergent, ébouillanté vif dans un chaudron.

Quant à l’armée française, encore sur place, elle a reçu l’ordre de ne pas intervenir et même de refouler les harkis et leurs familles qui se pressent à l’entrée des casernes pour échapper aux tueurs du FLN.

Un monde de barbarie

C’est surtout à partir du 1er juillet 1962, date du référendum sur l’indépendance de l’Algérie (organisé en Algérie seulement, selon une des clauses des Accords d’Evian), que les massacres prennent un caractère systématique. Si, durant les trois mois précédents, la violence revêt un incontestable caractère spontané et incontrôlé, elle entre, durant l’été, dans une phase nouvelle. De mars à juillet 1962, le FLN n’est pas resté inactif concernant les représailles à venir. Ces quelques semaines ont en effet été mises à profit pour recenser les adversaires réels ou supposés, pour établir des listes de suspects, pour collecter les adresses. A la violence révolutionnaire du printemps, succède donc une violence d’état parfaitement encadrée, cette fois, par les instances du FLN, mais toute aussi barbare, sinon plus. En témoigne ce récit de M. Robert, sous-préfet de l’arrondissement d’Akbou, dans le département de Sétif, encore présent en Algérie pour assurer la passation du pouvoir.

« Soudain du 27 juillet au 15 septembre 1962 environ, la répression s’abattait sans aucune cause locale particulière. […] Une cinquantaine d’ex-supplétifs ou de civils furent tués par l’ALN (…) et 750 personnes environ furent arrêtées et groupées dans trois “centres interrogatoires”. […] Dans ces centres où l’on entendait, loin à la ronde, les hurlements des torturés, près de la moitié des détenus, furent exécutés, à raison de cinq à dix chaque jour. […] L’autre moitié fut relâchée entre la fin août et le 15 septembre, date à laquelle les centres furent supprimés. Ces centres contenaient environ deux tiers d’ex-supplétifs et un tiers de civils. »

Car, si le sort réservé aux anciens supplétifs militaires est terrible, celui subi par les civils l’est tout autant. Et le sous-préfet d’Akbou d’ajouter :

« […] un conseiller général, dont le président du comité FLN m’avait dit à plusieurs reprises qu’il avait toujours eu l’estime de la population, même s’il avait, par conviction, toujours pris position pour la France, a été arrêté le 1er août — après avoir assuré les fonctions de maire jusqu’à cette date à la demande de l’ALN — et enterré vivant le 7 août, la tête dépassant et recouverte de miel, en compagnie de plusieurs autres détenus, dans le camp d’Aïn-Soltan, près de Bordj-Bou-Arreridj, devant ses 350 codétenus. Son agonie, le visage mangé par les abeilles et les mouches, dura cinq heures […]. »

Les témoignages d’atrocités sont par ailleurs trop nombreux pour que l’on puisse parler d’évènements isolés. Et ils touchent l’ensemble des populations liées aux harkis au sens large. Ainsi, selon des témoignages rapportés par Camille Brière, « certains harkis furent crucifiés sur des portes, les yeux crevés, le nez et les oreilles coupés, la langue arrachée, systématiquement émasculés… D’autres furent dépecés vivants à la tenaille, leur chair palpitante jetée aux chiens… Quant aux familles, voici ce qui les attendait : des vieillards et des infirmes étaient égorgés, des femmes violées puis éventrées, des nourrissons, des jeunes enfants avaient la tête écrasée contre les murs sous les yeux de leur mère… ».

Ce récit est corroboré par de nombreux autres, comme celui de ce sous-officier français, resté anonyme, dans une lettre à sa famille, datée du 10 août 1962. Il est d’autant plus intéressant qu’il évoque le cas d’Européens, encore présents en Algérie à l’époque, et abandonnés à leur sort :

« Je commandais en second un commando de chasse dans l’Algérois. Mes quarante musulmans ont été pris par les rebelles, dans les premiers jours de juillet. Ils n’ont pas été tués tout de suite. Je crois savoir que certains sont encore vivants. Ils sont au camp de Taourtatsine, dans l’Atlas blidéen. A notre connaissance, c’est le camp le plus important de la région. Il y a peut-être plusieurs centaines de prisonniers. Parmi eux, des Européens, femmes et enfants. Les rebelles les torturent peu à peu : on coupe un bras, le nez, on fait des plaies qu’on sale, etc. On s’en sert aussi, comme ils disent, de ‘‘filles de joie‘‘, notamment les Européens. Quand leur état est trop lamentable et qu’ils ne peuvent plus servir à rien, on les tue. »

Ce témoignage met aussi en évidence, il n’est pas le seul dans son cas, l’instrumentalisation de la violence sexuelle dans la répression des harkis et des pieds-noirs.

Un épouvantable bilan

Les massacres, interrompus à la mi-septembre 1962, reprennent durant l’hiver, menés cette fois exclusivement par la nouvelle armée algérienne qui prend la suite de l’ALN. Ils continuent par vagues, en s’atténuant, jusqu’en 1965 au moins. A cette date, on trouve encore 13 500 harkis officiellement détenus dans les camps algériens. Certains seront employés à des taches dangereuses, telles que le déminage, à mains nues, avec une jambe mutilée préventivement pour éviter les évasions.

Le nombre des victimes fait, comme souvent en pareil cas, l’objet d’une comptabilité macabre contestée. Certains « historiens » proches de la gauche ou du pouvoir algérien allant même jusqu’à évoquer, contre toute vraisemblance, moins de 10 000 morts. Le sous-préfet Jean-Marie Robert, parlant de son arrondissement, évoque 1 000 à 2 000 morts de mars à septembre 1962, tout en soulignant que, « les supplices [dans son secteur] n’atteignirent pas la cruauté de ceux d’un arrondissement voisin […] ». L’Algérie comptant à l’époque 72 arrondissements, la fourchette du nombre des victimes s’établirait donc entre 72 000 et 144 000, sans tenir compte, bien entendu, des flots de violences ultérieurs à l’automne 1962…

Le chiffre assez communément retenu aujourd’hui, que ce soit par le colonel et historien Abd-El-Azziz Meliani, par le président d’AJIR pour les Harkis (Association Justice Information Réparation), Mohand Hamoumou ou le service historique des armées, dans une note officielle en 1974, est de 150 000 harkis disparus ou assassinés. Cette donnée sera reprise, et complétée, par André Santini, Secrétaire d’Etat aux Rapatriés en 1986-1988 qui, pour les harkis et les pieds-noirs massacrés ou disparus au moment de l’indépendance de l’Algérie, donne les chiffres respectifs de 150 000 et 10 000.

En 2017, lorsque le Président Macron qualifie l’œuvre française en Algérie de « crime contre l’humanité », il est fort probable qu’il n’a pas à l’esprit les mots du contrôleur général Christian de Saint-Salvy. Celui-ci, dans un rapport officiel de 1962, écrivait : « Les crimes de guerre commis en Algérie depuis le 19 mars 1962 sont sans précédent depuis la dernière guerre mondiale, dépassant tout ce qui avait pu être constaté en Asie ou en Afrique noire ».

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/03/19/1962-le-massacre-des-harkis-par-le-fln-6588403.html

mercredi 18 mars 2026

Soros, l’étendue d’un empire

 

Soros, l’étendue d’un empire

D’Antoine de Lacoste dans Fideliter :

George Soros naquit à Budapest le 12 août 1930 sous le nom de Gyorgy Schwartz. Son père, Tivadar Schwartz, était un mondialiste avant la lettre. Utopiste invétéré, il fut un adepte de l’esperanto, cette langue universelle inventée par le docteur Zamenhof à la fin du XIXe siècle. Sensé être un lien pacifiste entre les hommes, l’esperanto fut également le moyen pour les communautés juives d’Europe centrale, aux langues maternelles très différentes, de communiquer entre elles.

C’est en 1936 que Tivadar décida, face à la montée du nazisme, de changer de nom. Il choisit Soros, verbe tiré directement de l’esperanto et qui signifie « il s’élèvera ». Avec la guerre, la famille survécut comme elle put et, grâce à l’habileté de Tivadar, parvint à éviter le pire. Paul, l’aîné, fut déporté en camp de travail d’où il fut libéré en 1945 et partit après la guerre aux Etats-Unis où il mena une carrière d’ingénieur.

En 1944, Tivadar décida de placer George, qui avait alors 14 ans, chez un fonctionnaire qui travaillait pour les Allemands, ce dernier n’ayant sans doute pas le choix. C’était une façon de protéger l’adolescent. On peut donc supposer que cet homme était lié aux Soros et de toute confiance, mais les sources manquent à ce sujet.

Un épisode célèbre se passa alors, qui fit couler beaucoup d’encre. Le dit-fonctionnaire dut se rendre dans l’appartement d’une famille juive en fuite pour recenser ses biens en vue d’une future confiscation. George participa à cette visite malgré son âge et l’on ne sait pas pourquoi. Certains ont ensuite affirmé, à partir de cet unique fait, que Soros avait collaboré avec les Allemands et spolié des biens juifs. Il nous semble impossible de souscrire à cette thèse, compte tenu de son âge et de sa position d’enfant placé chez un adulte.

En 1947, George choisit de quitter la Hongrie pour l’Angleterre. Il n’avait pas de goût pour le régime communiste mis en place par les Soviétiques, système qu’il qualifia ensuite de société fermée, par opposition à la société ouverte. Ce concept lui fut inspiré par le philosophe Karl Popper dont Soros avait lu le livre phare : The Open Society and Its Enemies. Car ce n’est pas la finance, grâce à laquelle il fit ensuite fortune, qui fut son premier centre d’intérêt, mais la philosophie.

Karl Popper a tellement marqué Soros qu’il appela Open Society la fondation qu’il fonda et qui devint célèbre dans le monde entier. Certains spécialistes de Popper affirment que Soros a détourné le concept de société ouverte et falsifié le message du philosophe.

Des décennies plus tard, Soros confia qu’il aurait aimé poursuivre dans cette voie philosophique mais il se rendit vite compte qu’il n’en avait pas les capacités, selon ses propres dires, et se tourna vers la finance.

En arrivant à Londres, il s’inscrivit à la London School of Economics. C’est là qu’il écouta les cours de Karl Popper. Il exerça des petits métiers pour financer sa scolarité qui dura quatre ans. Sorti en 1951, il dut patienter avant d’entrer dans la finance. Il continua à gagner sa vie comme il put jusqu’en 1954 où il fut enfin recruté par la banque Singer & Friedlander où il apprit les rudiments du métier. En 1955, il entra dans une autre banque d’investissement, F.M.Mayer & Co, où il devint « trader », c’est-à-dire opérateur de marchés financiers. Cette fois, il était au cœur du système, en tant qu’acteur de ces fameux marchés où il excella. Mais c’était encore un poste modeste de simple opérateur anonyme avec, toutefois, une spécialité bien précise : les marchés de devises. C’est là qu’il apprit les techniques de ce marché hautement spéculatif grâce auquel il bâtit plus tard sa fortune.

Mais Londres, encore en pleine reconstruction, était une ville un peu étroite pour ses ambitions. Il rêvait de New York et parvint à s’y faire muter par Mayer, son employeur, en 1956. Il y resta trois ans, approfondit ses connaissance des marchés financiers, toujours dans les devises, puis rejoint Wertheim & CO.

Parallèlement, il poursuivit ses lectures philosophiques et réfléchit à la théorie de la réflexivité chère à Karl Popper, qu’il transposa vers son métier : ce sont les acteurs qui influencent et font les marchés et non l’inverse. Cela lui donna sa méthode pour spéculer, prendre les marchés, de devises ou autres, à revers, afin de pouvoir « dénouer » ses positions lorsque le marché change d’orientation et rejoint celle des spéculateurs. La méthode est presque infaillible mais elle nécessite de très gros moyens pour avoir le pouvoir de peser sur l’orientation des marchés.

Chez Wertheim, Soros changea de dimension. Il n’était plus simple et habile exécutant, mais proposait des stratégies et commença à envisager son avenir vers une indépendance totale.

En 1963, il rejoignit la banque Arnold & Bleichroeder puis créa son premier fonds d’investissement, Double Eagle, en 1969.Il n’avait pas encore fait fortune et s’appuya sur son réseau européen qui lui fournit les capitaux nécessaires. Aujourd’hui encore, les noms de ces investisseurs ne sont pas connus. Mais bien évidemment, ils étaient majoritairement Londoniens.

On peut souligner à ce stade que Double Eagle fut un fonds « offshore », c’est-à-dire situé en dehors des Etats-Unis. Soros se méfiait des contrôles des autorités de marché américaines, beaucoup plus strictes qu’en Europe. Il installa son fonds à Curaçao, dans les Antilles néerlandaises. Durant toute sa vie financière, Soros garda ses distances avec les Etats-Unis.

Double eagle dura quelques temps et, en 1973, il créa Quantum fund, le fonds qui fit basculer Soros dans le monde des grands. Parallèlement, le Soros fund vit le jour à la même époque : Soros avait maintenant un nom dans la finance américaine.

A partir de ces année soixante-dix, il concrétisa son vieux rêve idéologique. Il n’était pas encore richissime mais avait suffisamment d’argent pour en consacrer une partie à la création, en 1979, de l’Open Society Foundation. Le but est clair : promouvoir la société ouverte en valorisant les libertés individuelles dans tous les domaines. Pour cela , il faut lutter contre tout ce qui peut constituer une société fermée : la nation, la religion, la famille, c’est-à-dire toute société ou système qui peut donner un cadre contraignant à l’individu et freiner ainsi son épanouissement individuel.

Contrairement à ce que l’on croit parfois, le catholicisme n’est donc pas la seule religion ennemie, l’islam l’est tout autant. Les systèmes politiques autoritaires sont bien sûrs fermés et ennemis : le communisme, le fascisme et, plus largement, tout gouvernement qui met en avant les valeurs morales ou patriotiques. Ainsi, Viktor Orban, Vladimir Poutine sont des cibles permanentes et anciennes de l’Open Society. Donald Trump en est une nouvelle et plus tard tout mouvement « populiste » qui pourrait gagné les élections. La démocratie est d’ailleurs reléguée au second plan ; elle est une valeur si les résultats sont favorables mais devient une gêne si le peuple vote mal. D’où la célèbre phrase d’un document de l’Open society en 1979 : « La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. » C’est en se basant sur ce type de principe que Soros a financé de nombreuses révolutions de couleur en Serbie, en Ukraine, en Géorgie, en Asie centrale, parfois avec succès, parfois non.

L’Open society a bien grandi depuis sa création. Elle est aujourd’hui présente dans 120 pays, subventionne des milliers d’associations (15600 subventions citées dans un des derniers rapports), aide 20 000 boursiers par an et dispose de 32 milliards de dollars de réserves.

Bien évidemment, la montée en puissance prit du temps mais dès le début de son existence, l’Open society (OS) s’intéressa à l’Europe de l’Est. En 1984, elle eut l’autorisation de s’installer à Budapest. C’était le pays d’origine de Soros, bien sûr, mais c’était aussi le régime communiste le plus débonnaire d’Europe de l’Est. C’est d’ailleurs de Hongrie que partiront les premiers craquements qui entraîneront la chute du Mur de Berlin. Progressivement, l’OS s’installa en Pologne puis en URSS même. Les initiatives furent alors officiellement philanthropiques, pour reprendre l’expression consacrée que les médias complaisants attribuent aux réseaux Soros. Il s’agissait d’aider matériellement des étudiants, des associations, des opposants tolérés pour s’implanter petit à petit.

La chute de l’Union soviétique et de ses satellites en 1991 servit d’accélérateur. La même année, l’OS créa à Budapest l’Université d’Europe centrale. Elle fut la pionnière de l’infiltration des idées nouvelles qui devaient permettre l’ouverture des populations brimées d’Europe de l’Est vers les valeurs de l’occident. Les cours étaient en langue anglaise, les boursiers nombreux (Viktor Orban, ironie de l’histoire, fut l’un d’eux) et les programmes très progressistes.

Pour les mêmes raisons, Soros investit beaucoup en Russie. Boris Eltsine avait pris la suite de Gorbatchev, dernier dirigeant communiste, qu’il avait évincé, et s’était entiché d’économistes et de conseillers américains qui gravitaient autour de lui. L’OS put s’implanter, Soros avait les faveurs d’Eltsine ainsi qu’un célèbre économiste, Jeffrey Sachs. Le parcours de ce dernier, alors très lié à Soros, ne manque pas de sel puisqu’il est actuellement un pourfendeur acharné des néoconservateurs américains qu’il accuse d’avoir sciemment provoqué la guerre en Ukraine.

Soros et Sachs sont aujourd’hui dans deux camps différents après avoir œuvré ensemble à la destruction de la Russie dans les années 90. Car ce fut un désastre. Le libéralisme débridé prôné par ces économistes américains ruina le pays qui s’enfonça dans une crise sans fin. C’est cela qui provoqua l’élection de Vladimir Poutine : le peuple russe ne voulait plus entendre parler de libéralisme et attendait un homme qui lui redonnât la fierté d’être Russe. Poutine fit fermer les bureaux de l’Open Society en 2003, avant de l’interdire définitivement en 2015.

Ces années 90 furent prolifiques pour Soros. Il gagna beaucoup d’argent à ruiner la Russie, et réussit son coup de maître financier en attaquant la devise britannique, la livre sterling. Il vendit massivement à découvert la livre, aidé en cela par Bank of América et JP Morgan notamment. La banque d’Angleterre dépensa des milliards à tenter de soutenir sa monnaie, en vain. Lorsque le cours s’effondra, Soros et ses complices rachetèrent à bas prix leur découvert, empochant des bénéfices considérables. Soros lui-même, gagna 1,1 milliard de dollars dans l’opération. Il devint riche et célèbre : l’homme qui a fait sauter la banque d’Angleterre.

Il renouvela l’opération ailleurs, à plusieurs reprises : contre d’autres devises, des places boursières ou d’autres indices. Des milliers d’épargnants furent ainsi ruinés. Ce ne sont que des dégâts collatéraux, n’intéressant guère le « philanthrope » spéculateur.

L’Open Society put ainsi se développer. L’Europe occidentale, déjà très avancée sur la voie de la décomposition, n’était pas le premier objectif mais des bureaux furent tout de même créés un peu partout. Le responsable était un Espagnol, Jordi Vaquer, désigné par Soros. Il résuma un jour une partie de sa méthode : « Les thèmes identitaires sont sujets à la controverse. Quand on est une organisation globale, on fait des choix qui ne sont pas toujours dans la tradition culturelle et politique locales. » Intéressant éclairage, qui nous explique pourquoi tant de fêtes traditionnelles, même non catholiques, sont systématiquement attaquées. Il faut déraciner les populations afin de faire avancer la cause mondialiste, ultime étage de la société ouverte.

Jordi Vaquer exerça ensuite ses talents chez Metropolis, organisation qui regroupe des villes du monde entier. Il leur apprend notamment à « introduire l’intégration du genre dans le débat international ».

Metropolis est un exemple type, mais il y en a bien d’autres, d’organisation non créée par Soros mais activement infiltrée et soutenue par l’Open Society.

Parmi les sujets marquants auquel le »philanthrope » s’est intéressé, il faut citer le projet d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. De vieilles photos sont toujours visibles sur internet où l’on voit Soros et Erdogan discutant aimablement autour d’une table. Parmi les autres personnes présentes, la princesse hollandaise Mabel van Oranje, belle-fille de la reine Beatrix, qui fut un cadre important des réseaux Soros.

En rencontrant Erdogan à plusieurs reprises, sous couvert de réflexions sur des investissements potentiels en Turquie, Soros voulait surtout favoriser l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne. Il déploya une énergie considérable à ce projet au début des années 2000. Nul ne sait s’il joua un rôle dans la conversion de Jacques Chirac et de toute une partie de la classe politique française à cette adhésion, mais le fait est que le président français changea totalement d’opinion à ce sujet. Les négociations n’aboutirent pas mais du fait de la Turquie et non des Européens. Nul doute que le sujet reviendra sur la table quand Erdogan ne sera plus là.

Mabel van Orange, pour revenir à elle, travailla beaucoup pour Soros. Elle s’activa notamment en Afrique du Sud, auprès de Nelson Mandela, se lia avec Kofi Anan, futur secrétaire général de l’ONU, et joua un rôle important à l’International Crisis Group. Cette ONG est typique de la nébuleuses sorosienne : elle n’a pas été créé par lui, mais poursuit les mêmes buts. Officiellement, elle œuvre pour la paix, la démocratie, etc. Dans la pratique, elle participe à la diffusion de la subversion et envoie sur le terrain des militants pour faire avancer ses idées progressistes. Elle participa ainsi aux évènements de Maïdan à Kiev en 2014 qui aboutit au renversement du président « pro-russe » Ianoukovitch. Soros y joua également un rôle financier important et il fut ensuite décoré par le nouveau président pro-occidental Porochenko. La CIA, quant  à elle, était à la manœuvre pour la partie « coup d’Etat ». Il est intéressant d’observer que la CIA et le Pentagone d’un côté, Soros et de nombreuses autres ONG progressistes de l’autre, ont agi de concert en Ukraine pour l’arracher à la Russie. Les uns pour des raisons géopolitiques, les autres pour l’occidentaliser et y permettre la diffusion des idées progressistes.

A Maïdan, il y avait également John Mc Cain. Ce politicien américain fut un tenant fanatique de l’interventionnisme américain dans le monde entier. Après sa mort en 2018, ses amis créèrent le Mc Cain Institute. Il faut s’y arrêter car c’est un exemple emblématique du fonctionnement des réseaux Soros en symbiose avec de multiples autres réseaux progressistes. Cet Institut a pour but, entre autres, de former des éléments d’avenir venant du monde entier. C’est un des nombreux programmes « young leaders » que les Américains affectionnent. Parmi les anciens élèves, on trouve des Géorgiens, des Ukrainiens, des Africains, c’est, comme toujours, assez varié. C’est la liste des financeurs qui est intéressante. Tout le monde est là : Open society, Bill and Melinda Gates Foundation, Bloomberg Philantropies, Microsoft, Carnegie Corporation, Ford Foundation, Rotschild Foundation, JP Morgan Foundation, la liste est encore longue.

Cet exemple aide à bien comprendre que les réseaux Soros, s’ils sont parmi les plus puissants et les plus pernicieux (en matière de mœurs notamment) ne sont qu’une nébuleuse parmi tant d’autres. Tous ne vont pas s’occuper de théories du genre ou de militants LGBT, mais tous vont s’intéresser à au moins une cause progressiste. Ils se croisent souvent mais pas toujours, se complètent sans pour autant se concerter, même s’ils se rencontrent à Davos. Il n’y a pas une autorité unique au-dessus de la nébuleuse, chacun tient son rôle de façon indépendante, et tous vont dans le même sens sans même avoir besoin de l’expliciter. L’empire du mal est multiforme. Il faut ouvrir beaucoup de poupées russes pour les observer. De Human Rights Watch à Reporters sans frontières en passant par Transparency international, ils sont très nombreux ceux qui bénéficient de subventions ou sont infiltrés par l’Open society. La Cour Européenne des Droits de l’Homme est un exemple type fameux.

L’immigration vers l’Europe est naturellement encouragée par Soros. L’ennemi avançant toujours masqué, c’est sous couvert d’humanitarisme que le soutien financier, moral ou médiatique s’organise. Lorsque la chancelière allemande Angela Merkel lança son fameux « Wir schaffen das » (nous y arriverons), pour ouvrir les bras aux Syriens fuyant la guerre,ils vinrent à pied, par millions, et ne furent évidemment pas que Syriens. Leur point commun, l’islam. Soros, nous l’avons dit, considère cette religion comme fermée, mais le but, chacun l’a compris, n’est pas d’ouvrir ce qui est soi-disant fermé, mais de détruire les fondements de la société occidentale bâtie sur le christianisme. L’Open society versa 500 millions de dollars à de nombreuses associations d’aide aux immigrés.

Il ne faut cependant pas croire que les réalisations sorosiennes soient toujours couronnées de succès. Viktor Orban incarne une grande défaite du « philanthrope » spéculateur : la fermeture de l’université de Budapest en 2019. Ce fut un combat homérique. Orban, ancien boursier de l’Université d’Europe Centrale, avait beaucoup évolué intellectuellement et religieusement. Il avait pris conscience de la dangerosité de cet enseignement sur la jeunesse hongroise et fit fermer l’université malgré une pression médiatique mondiale.

Le piratage de la messagerie de l’Open society en 2011 fut également un accroc douloureux. Les milliers de messages rendus publics (ce fut la fameuse affaire Wikileaks) révélèrent une connivence troublante entre Soros et la famille Clinton. Un exemple parmi d’autres : « Chère Hillary, l’Albanie est en proie à une situation sérieuse qui requiert une attention urgente des niveaux les plus élevés du gouvernement américain. » Hillary Clinton était alors secrétaire d’Etat de Barack Obama, c’est-à-dire la numéro un du gouvernement. L’inquiétude de Soros pour l’Albanie ne doit pas surprendre. Les Balkans, comme l’Europe centrale, ont toujours été dans les priorités de l’Open society.

Ce ne fut pas toujours le cas des Etats-Unis sous l’ère des Clinton et d’Obama, car, au fond, c’est un peu la famille de Soros. Mais les meilleures choses ont une fin et l’élection de Donald Trump fut considérée comme une catastrophe par les réseaux progressistes. Personne ne l’avait vue venir et l’Amérique devint alors une priorité. Des associations furent créées, comme Amerique vote, afin d’inciter les minorités des quartiers pauvres à voter ou à bloquer toute réforme demandant par exemple des pièces d’identité pour voter, permettant ainsi des votes de substitution d’immigrés. Beaucoup d’argent fut ainsi dépensé. Ce ne fut pas en vain et le progressiste Joe Biden gagna de justesse, dans des conditions douteuses.

George Soros commença à s’affaiblir et mit en scène son fils Alexander afin de préparer sa succession. On le vit beaucoup, avec les Clinton, Joe Biden, Kamela Harris, Emmanuel Macron, et, finalement, l’ensemble du gotha mondialiste. Soros lança ses derniers feux, contre la Chine, l’Inde, et son ennemi mortel, Vladimir Poutine. Il rappela son attachement à l’Europe pour des raisons bien précises : « Le concept de l’Union européenne me passionne. Là, toutes les nations sont minoritaires, et c’est la raison pour laquelle ce projet me tient à cœur. »

Hélas pour l’Open Society, Donald Trump fut élu en 2024 malgré les investissements considérables engagés contre lui. La société fermée l’a emporté, et pas n’importe laquelle. Sous la houlette d’Elon Musk, l’USAID fut rapidement démantelée. Ce n’était pas l’OS mais son clone.

Aujourd’hui, Alexander Soros est très riche et idéologiquement dans la lignée de son père, mais il n’est pas certain qu’il ait son talent. Et puis la roue a tourné, les nationalistes, ennemis absolus, ont le vent en poupe en Europe et aux Etats-Unis. Plus personne ne croit au mensonge de la mondialisation heureuse.

George Soros a cependant provoqué des dégâts considérables. L’avenir nous dira si l’Open Society saura poursuivre l’œuvre funeste de son fondateur.

https://lesalonbeige.fr/soros-letendue-dun-empire/

Le Fascisme, mythes ou réalité

 

Le Fascisme, mythes ou réalité

De Daniel Cadet pour Le Salon beige :

Et si l’origine du Fascisme se trouvait dans les Lumières, s’interroge l’historien Frédéric Le Moal, qui propose une définition :

« une idéologie socialiste et nationaliste, antilibérale, révolutionnaire et totalitaire, aspirant à former un homme nouveau, qui à l’aide d’un Parti unique, embrasserait l’ensemble de la société, de la vie de l’individu, en le coupant de ses traditions, sans oublier l’apologie de la violence ».

En fin de compte, le Fascisme hérita des Lumières et de Rousseau, de la Révolution Française et du jacobinisme, le concept de souveraineté populaire, sous la forme de volonté collective, le fantasme du Peuple-Un, le rêve de créer un peuple et un homme nouveau, le rejet viscéral du catholicisme. Le Fascisme se rattache à la grande facture de 1789. La culture fasciste n’est pas de droite ou « d’extrême droite », c’est en réalité un concept de démocratie totalitaire.

Rappelons aussi que la plupart des chefs du régime fasciste italien venaient de la gauche et Mussolini avait été un des dirigeants du Parti Socialiste italien, d’obédience marxiste. Le fascisme italien fit de l’Etat un mythe en s’appuyant sur la planification de l’économie et la redistribution des richesses. La vérité aujourd’hui c’est que le fascisme n’existe plus que par l’Antifascisme, concocté dans les années 1950 par Staline, le plus gigantesque assassin et manipulateur de l’Histoire, afin de déconsidérer de la manière la plus odieuse tout opposant quel qu’il soit…et cela fonctionne grâce à la naïveté du public.

D.Cadet

Le Fascisme, mythes et réalité Frédéric Le Moal, éditions de l’Homme Nouveau, 2025, 70 pages

https://lesalonbeige.fr/le-fascisme-mythes-ou-realite/

dimanche 15 mars 2026

La Religion de l'Égypte antique - Du Mythe à la Réalité

 


Un être singulier : Gustave Thibon

 

Par Gérard Leclerc

Le « paysan-philosophe », l’irréductible aux idées toutes faites.

Bien sûr, Gustave Thibon, c’est un écrivain très tôt lu chez moi. Je m’étais beaucoup inspiré de son texte Nietzsche ou le déclin de l’esprit dans une dissertation, en l’équilibrant par le Père de Lubac du Drame de l’humanisme athée. Mais il m’a fallu attendre de le rencontrer pour le savoir chaleureux et apprécier sa personnalité. J’avais eu l’honneur de dialoguer avec lui lors d’une conférence tenue à Rouen, dans une église désaffectée transformée en auditorium. J’entends encore sa voix alors que nous cheminions dans les vieilles rues de la ville. Cette rencontre fut suivie de plusieurs autres. Jamais cependant chez lui, à Saint-Marcel-d’Ardèche.

L’« Antigone juive »

Un nom retentissait sans cesse dans sa conversation, celui de Simone Weil. Je ne me souviens pas d’une seule occasion où il ait omis de citer cette « Antigone juive », dont la rencontre, pendant la guerre, avait bouleversé son existence. A priori, une telle relation paraissait improbable. Lui n’était-il pas classé délibérément à droite ? Elle avait milité, de la façon la plus exclusive, à l’extrême gauche. Au point d’obliger ses parents à recevoir chez eux à Paris Léon Trotski, poursuivi par toutes les polices de Staline ! Mais il y avait chez elle un sens de l’absolu, supérieur à ses engagements politiques, avec une soif de comprendre qui l’entraînait sur les sommets de la pensée. Proscrite de l’enseignement par Vichy, elle avait demandé à venir chez Thibon pour « travailler comme fille de ferme ». Ce fut un moment inoubliable où deux personnalités aussi contrastées allaient se retrouver sur l’essentiel, notamment sur la nécessité temporelle de l’enracinement et l’aspiration au surnaturel. Thibon avançait cette explication : « Chrétienne d’âme, elle n’est pas entrée dans l’Église, empêchée sans doute par sa fièvre d’absolu… Fascinée par le but qu’est Dieu, elle répugnait à passer par le chemin qu’est l’Église »… À son départ pour les États-Unis, elle confia à son hôte une serviette de gros cahiers, ses manuscrits inédits. Ce qui permit à Thibon, après la guerre, de publier La Pesanteur et la Grâce (Gallimard).

Si l’on n’a pas en tête le lien indéfectible entre les deux penseurs, il est proprement impossible de comprendre qui fut l’homme de Saint-Marcel-d’Ardèche. Paysan-philosophe ? Incontestablement, mais l’enracinement n’empêchait pas l’auteur de L’échelle de Jacob de multiplier les conférences, jusqu’aux États-Unis. Chrétien, catholique attaché à l’institution indispensable, il était d’abord attiré par la mystique. Sa foi profonde, incontestable, n’en était pas moins traversée de cette nuit qu’ont connue les grandes figures du carmel, telle Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Le contraire d’un conformiste

Avec la distance, je perçois Thibon dans toute sa complexité, irréductible aux idées toutes faites qui sont encore répandues. À tous égards, il fut le contraire d’un conformiste. Un de ses mots favoris pour qualifier un personnage qu’il appréciait était celui d’« étagé ». Un « personnage étagé » était quelqu’un de particulièrement sensible aux ordres pascaliens, avec ce qu’il y avait de difficulté à les concilier. L’ordre de la nature n’était nullement évident, pas plus que celui de la raison. Oui, il y avait du sceptique chez lui, mais son scepticisme était finalement surmonté : « Voir et pâtir tout ce qu’il y a d’absurde dans la nature, tourner en rond dans les limites de la raison et malgré tout, reconnaître l’ordre de la nature comme l’ordre de la raison, pour l’unique motif que Dieu l’a voulu ainsi. Le mysticisme conduit d’abord au scepticisme, et plus tard il nous en délivre » (Gustave Thibon, Aux ailes de la lettre, Pensées inédites 1932-1982, Éditions du Rocher).

https://www.actionfrancaise.net/2026/03/15/un-etre-singulier-gustave-thibon/

samedi 14 mars 2026

De la médiocrité…

 

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Dans l’imaginaire européen, la figure du rebelle traverse les siècles. Elle apparaît dans les mythes, la littérature ou le cinéma : un individu qui refuse de se plier à l’ordre établi lorsqu’il estime que celui-ci viole des principes plus fondamentaux. Ce personnage agit souvent seul, en marge de la loi, mais son geste est perçu comme moralement légitime parce qu’il défend une forme supérieure de justice.Les récits antiques et médiévaux regorgent de ces figures. On pense à l’héroïne grecque Antigone, défiant l’autorité du pouvoir pour honorer les devoirs sacrés de la famille, ou encore aux légendes populaires européennes où des archers ou des insurgés s’opposent à l’injustice des puissants. Dans les représentations modernes, cette figure se retrouve aussi dans le cinéma ou la littérature contemporaine, incarnant la résistance de l’individu face à la machine sociale ou  politique.

Cette fascination persistante pour le rebelle révèle une question essentielle : comment préserver la liberté personnelle lorsque les structures de pouvoir deviennent omniprésentes ?

Ernst Jünger et la figure du « rebelle de la forêt »

L’écrivain allemand Ernst Jünger, ancien combattant de la Première Guerre mondiale et penseur majeur du XXᵉ siècle, a consacré une réflexion célèbre à cette question dans son essai philosophique Der Waldgang, souvent traduit par La traversée de la forêt.

Dans ce texte, Jünger décrit un type humain particulier : l’individu capable de résister intérieurement aux systèmes qui cherchent à contrôler ou uniformiser la société. Il ne s’agit pas nécessairement d’un révolutionnaire ou d’un combattant armé, mais d’un homme qui refuse de se soumettre à des mécanismes qu’il juge contraires à sa conscience.

Le symbole de la « forêt » occupe ici une place centrale. Elle représente à la fois un refuge et un espace de liberté intérieure. Dans l’histoire européenne, les forêts ont souvent servi de refuge aux résistants ou aux insurgés. Mais chez Jünger, cette image prend aussi une dimension symbolique : la forêt est le lieu où l’individu se retire pour préserver son autonomie morale face aux pressions du monde moderne.

Une réflexion née des bouleversements du XXᵉ siècle

L’essai de Jünger s’inscrit dans un contexte historique particulier. Le XXᵉ siècle a vu l’émergence de régimes totalitaires capables d’exercer un contrôle inédit sur la société grâce à la bureaucratie, à la propagande et à la technique.

Face à ces systèmes, la résistance ne peut pas toujours passer par des moyens classiques. Jünger insiste alors sur une idée : la liberté ne peut survivre que si certains individus conservent la capacité de dire non, même lorsque tout les pousse à se conformer.

Dans cette perspective, le geste du rebelle peut être discret, presque invisible. Il peut s’agir d’un refus silencieux de participer à un mensonge collectif, d’un acte de conscience ou d’une fidélité à des valeurs que l’époque cherche à effacer.

La critique de la modernité technicienne

Un autre thème important de la réflexion de Jünger concerne la transformation du monde par la technique. Le progrès technologique apporte des avantages indéniables, mais il peut également renforcer les mécanismes de contrôle social.

Au XXᵉ siècle déjà, Jünger s’interrogeait sur la manière dont les appareils administratifs, les médias ou les technologies modernes pouvaient contribuer à réduire l’autonomie de l’individu. Dans certaines situations, l’efficacité technique risque de prendre le pas sur la liberté humaine.

Cette inquiétude résonne aujourd’hui dans les débats contemporains sur les technologies numériques, la surveillance ou l’automatisation des décisions.

Une liberté enracinée dans la responsabilité

Pour Jünger, la liberté ne se résume pas à un catalogue de droits abstraits. Elle suppose avant tout un sens aigu de la responsabilité personnelle.

Le rebelle dont il parle n’est pas un destructeur ni un criminel. Au contraire, il se distingue par une discipline intérieure et par une fidélité à certaines valeurs morales et spirituelles. La liberté véritable exige une capacité à se gouverner soi-même.

Dans cette perspective, la résistance commence souvent par un travail intérieur : cultiver son indépendance d’esprit, préserver sa dignité et refuser de se laisser absorber par les automatismes de la société de masse.

Une réflexion toujours actuelle

Plusieurs décennies après sa publication, la réflexion de Jünger continue d’alimenter les débats sur la liberté et la modernité. Dans un monde marqué par les crises  politiques, les transformations technologiques rapides et les tensions culturelles, la question posée par l’écrivain reste pertinente : comment préserver l’autonomie humaine face à des systèmes toujours plus puissants ?

L’image du rebelle solitaire proposée par Jünger ne renvoie pas nécessairement à une insurrection spectaculaire. Elle évoque plutôt la persistance d’une minorité d’individus capables de défendre une conception exigeante de la liberté, fondée sur la conscience, la responsabilité et l’enracinement dans des valeurs qui dépassent les circonstances du moment.

Armand LG

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine

mercredi 11 mars 2026

Eoliennes, la corruption généralisée

 

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Source Réinformation TV

Les éoliennes continuent de se répandre partout sur le territoire français. Elles continuent de détruire, malgré le narratif. En janvier 2025, en France, on comptait 10 518 éoliennes (offshore compris). Certains territoires en sont infestées comme dans les Vosges par exemple.

Depuis 20 ans qu'il enquête sur l'éolien, Eddie Puyjalon a découvert l'envers du décor. Et l'enfer quotidien pour certains paysans. Eddie Puyjalon, ancien conseiller régional est interviewé par Armel Joubert des Ouches.


En 2014, RiTV avait réalisé une enquête. Elle a été vue plus de 1,2 million de fois et diffusée dans 5 pays, traduite en 5 langues. Quelques semaines plus tard, parce qu'elle dérangeait les lobbys, elle était censurée puis supprimée d'internet. Le 18 avril 2025, RiTV décidait de la remettre en ligne cliquez ici

Sur les éoliennes :

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Pour commander ce livre cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/03/11/eoliennes-la-corruption-generalisee-6587309.html

7 mars 1966 : la France quitte le commandement intégré de l’OTAN pour choisir l’indépendance

 

OTAN LOGO
Le 7 mars 1966 constitue une date majeure, dans l’histoire diplomatique et militaire française. En effet, ce jour-là - il y a soixante ans, exactement -, le général Charles de Gaulle annonce sa décision de voir la France quitter le commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Ce choix marque alors un tournant stratégique dans les relations entre Paris et Washington. La France demeure néanmoins membre de l’Alliance atlantique, mais démontre sa volonté de redevenir une puissance militaire indépendante sur la scène internationale.

OTAN contre URSS

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les tensions entre le bloc occidental et l’Union soviétique conduisent rapidement à la création de l’OTAN, le 4 avril 1949. Cette alliance militaire regroupe alors les États-Unis, le Canada et plusieurs pays d’Europe occidentale, dont la France, afin d’organiser une défense collective face à la menace des rouges. Durant les années 1950 et au début des années 1960, l’Alliance atlantique s’organise alors autour d’un commandement militaire dominé par les États-Unis. Ainsi, de nombreuses bases militaires américaines sont installées en Europe et sur le territoire français.

On retrouve ainsi plusieurs sites à Châteauroux, Metz, Marville, Chambley-Bussières, Toul-Rosières, Phalsbourg, Verdun, Sarrebourg, Étain, Bar-le-Duc ou encore Nancy. Cependant, lorsqu’il revient au pouvoir en 1958 et fonde la Ve République, Charles de Gaulle nourrit une autre ambition, pour la France : celle d’une nation pleinement souveraine dans ses choix stratégiques et diplomatiques, moins dépendante de la puissance américaine.

La lettre du 7 mars

Dès 1959, l’homme du 18 juin entreprend de retirer progressivement certaines forces françaises du commandement intégré de l’OTAN. Le processus aboutit officiellement le 7 mars 1966. Ce jour-là, le général de Gaulle adresse une lettre au président américain Lyndon B. Johnson pour lui annoncer que la France se retire du commandement militaire intégré de l’OTAN et demande le départ des forces étrangères stationnées sur son territoire.

Au total, 56 bases terrestres, 17 bases aériennes, 370 dépôts logistiques, environ 27.000 militaires et près de 37.000 personnels civils sont concernés par cette décision. Le quartier général des forces américaines en Europe, installé à Saint-Germain-en-Laye depuis 1954, ferme alors ses portes en 1967 et est transféré en Belgique. La France conserve, néanmoins, son appartenance politique à l’Alliance et demeure engagée dans la défense collective de l’Europe occidentale.

Une indépendance revendiquée

La décision du président de la République repose alors sur plusieurs motivations. D’abord, de Gaulle considère que la défense nationale doit rester entièrement sous contrôle français. Il refuse que la dissuasion nucléaire française, alors en plein développement avec la force de frappe, devenue opérationnelle en 1964, puisse être placée sous un commandement étranger.

Ensuite, le chef de l’État estime que l’intégration militaire dans l’OTAN limite la capacité de la France à mener une politique internationale indépendante. Dans un monde marqué par la guerre du Vietnam et par la confrontation entre les superpuissances, il veut éviter que la France ne soit entraînée dans des conflits décidés par d’autres puissances. De Gaulle rassure toutefois ses alliés en affirmant que sa décision ne fait que « modifier la forme de notre Alliance sans en altérer le fond ». Ainsi, la France continue de coopérer avec l’OTAN à travers divers accords militaires et stratégiques.

Le retour

Pendant près de quarante ans, tous les présidents de la République, de Georges Pompidou à Jacques Chirac, en passant par Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, maintiennent la décision du général de Gaulle et préservent cette ligne stratégique, même si certaines évolutions apparaissent. En effet, en 1995, sous la présidence de Jacques Chirac et le gouvernement d’Alain Juppé, une tentative de rapprochement avec le haut commandement est envisagée, mais elle n’aboutit pas, notamment après l’arrivée du gouvernement de Lionel Jospin en 1997.

La situation change avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2007. En effet, le nouveau chef de l’État souhaite rapprocher la France de l’Alliance atlantique, un désir qu’il annonce officiellement devant le Congrès américain, le 7 novembre 2007. Il estime alors qu’une participation pleine et entière aux structures de l’OTAN permettrait à Paris de peser davantage dans les décisions militaires qui affectent le monde.

Après moults débats et de fortes divisions politiques, la décision est confirmée par un vote de confiance à l’Assemblée nationale, le 17 mars 2009, adopté par 329 voix contre 228. La majorité présidentielle, composée de l’UMP et de ses alliés centristes, soutient alors le projet face à l’opposition de la gauche socialiste.

Cette situation pourrait toutefois être remise en question à l’avenir si le Rassemblement national venait à remporter les prochaines élections présidentielles. En effet, le Rassemblement national défend depuis plusieurs années l’idée de revenir à la position gaullienne, en quittant le commandement militaire intégré de l’OTAN tout en restant membre de l’Alliance. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, a régulièrement exprimé cette volonté, tandis que Jordan Bardella a indiqué que cette décision ne pourrait être envisagée qu’en dehors de toute période de guerre.