vendredi 23 janvier 2026
jeudi 22 janvier 2026
mercredi 21 janvier 2026
Pour Trump, le réchauffement climatique est la plus grande arnaque du siècle
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L’automne et l’hiver les plus froids depuis des décennies
En septembre 2025, on notait déjà qu’il n’avait pas fait aussi froid depuis 40 ans. Les explications tirées par les cheveux abondaient chez les écolos réchauffards et selon Monsieur Jobard (c’est son vrai nom) expert du GIEC, c’était vraiment inhabituel. Quelle clairvoyance !
C’est tellement inhabituel que ça repart de plus belle. Les prévisionnistes annoncent une nouvelle vague de froid d’ici fin janvier. De fortes chutes de neige, des gelées et un air glacial sont attendus. La région la première servie devrait être la Bourgogne-Franche-Comté, avant que cet air polaire se répande sue toute la France. Provoquant une hécatombe, surtout chez les vieux et les enfants. Car le froid tue plus que la canicule, mais les médias menteurs ont ordre de n’en rien dire.
« Ils disaient que le réchauffement climatique allait tuer tout le monde… C’est alors qu’il a commencé à faire plus froid ». Une évidence relevée par Trump, niée par la nomenklatura progressiste qui bafouille ses inepties habituelles.
En juillet 2025 le ministère US de l’Énergie a rendu public un rapport d’environ 150 pages balayant les affabulations du prétendu consensus scientifique sur la hausse des températures aux USA et l’augmentation des phénomènes météo extrêmes. Dont la moyenne sur la durée n’a pas varié depuis plus d’un siècle.
La taxe carbone est une escroquerie qu’il faut arrêter
Donald n’a pas oublié que le bellâtre Al Gore, vice-président du queutard Clinton, avait récolté 5 milliards de dollars pour sauver la planète, avec son fonds d’investissement Generation Investment Management. Ruinée en 2008 lors de la crise des subprimes, cette structure menait des recherches dans le domaines des éoliennes et des panneaux solaires où il n’y a plus grand-chose à trouver, tout en investissant dans les nouvelles technologies et l’immobilier, deux valeurs plus sûres.
Al Gore utilisait son carnet d’adresses pour se lancer dans le négoce de certificats d’émissions de CO2. Le CO2 l’abomination absolue ! Sauf si tu raques un max pour avoir le droit de jouer à la fin du monde au bonneteau.
« Cupidité sans frontières » et l’Eurocrature se mirent à vendre des permis d’émission de CO2, preuve que ce gaz n’est qu’un prétexte pour racketter les entreprises, tout en terrorisant les benêts pour qu’ils votent bien. Générant un marché noir du droit à polluer.
– Allez, je t’échange 250 000 tonnes d’hydrocarbures perfluorés contre 500 000 tonnes de dioxyde de carbone.
– D’accord si tu ajoutes 80 000 tonnes de protoxyde d’azote. C’est un deal honnête, non ?
Après les prédicateurs de la bonne pensée, les prédateurs de la bonne soupe
Pour compenser la banqueroute de 2008, une aide de 10 milliards de dollars remboursables aux calendes grecques fut allouée par Barack Hussein Obama afin de remettre à flot ces philanthropes, membres éminents du parti Démocrate. Depuis, Trump a une dent contre ces gens qui dilapident l’argent public pour leurs combines. En plus de leurs magouilles électorales.
Une mesure efficace destinée à en finir avec l’enrichissement indu de la nomenklatura réchauffiste consiste à contrer le racket du commerce maritime. Les USA ont menacé de sanctions douanières fortes tout pays qui voterait en faveur d’une taxe carbone sur le transport maritime dans le cadre de l’Organisation maritime internationale (OMI).
« Nous nous battrons avec acharnement pour protéger nos intérêts économiques en imposant des coûts supérieurs aux pays qui soutiennent le NZF » ont indiqué le secrétaire d’État Marco Rubio et ses homologues à l’Énergie et aux Transports.
Protéger le commerce maritime international ne consiste pas seulement à éliminer les terroristes Houthis et traquer les pirates Somaliens, mais aussi à neutraliser les criminels en col blanc qui, depuis leurs bureaux, rançonnent les navires.
Il n’y aura donc pas d’accord mondial sur la décarbonation des bateaux. Sous la pression des États-Unis, l’Organisation maritime internationale (OMI) a différé mais pas renoncé à l’adoption de son plan mondial de réduction des émissions de CO2 des navires. C’est une victoire qu’il faudra consolider en faisant preuve de vigilance. Car les crapules du climat remettront ça au premier signe de faiblesse.
Repoussé en 2026, le texte visait à imposer dès 2028 une réduction des émissions du transport maritime, responsable selon les élucubrations des écolos de 3 % du CO2 mondial. Avec pour objectif la disparition complète de ce gaz en 2050. Une absurdité car la végétation a besoin de CO2 pour croître, filtrer des polluants et émettre de l’oxygène.
Pas de débat scientifique avec des fanatiques obscurantistes. Ces gauchistes poussent leurs axiomes comme des vérités éternelles et visent à la destruction de notre civilisation par la décroissance, tandis que leur alliés islamistes la sapent par l’abrutissement religieux et les attentats.
Macronescu le loser, étale une fois encore ses insuffisances
Après s’être pris une nouvelle mandale de Brichel qui lui a laissé un beau cocard qu’aucun maquillage n’a pu recouvrir, le paltoquet s’est défoulé en prenant Trump pour cible. Fripounette, qui n’a aucun bagage scientifique, pas plus que historique ou géographique d’ailleurs, martelait comme un bossu sourdingue « la science continue d’être au cœur de mes constats et de ma politique ». Quelle impudence !
Son unique argutie repose sur l’antienne des écolo-réchauffards, militants de l’enseignement et charlatans des médias : « Tous les scientifiques dûment accrédités (par qui ?) sont d’accord ». Ce qui est faux et archi-faux. Une brochette de Nobel et une myriade de PhD contestent les causes du prétendu réchauffement, un phénomène cyclique normal abusivement amplifié, doutent de ses effets négatifs sur les écosystèmes, et dénoncent son utilisation à des fins politiciennes.
Trump a cloué le bec du paltoquet que tous les chefs d’État méprisent, sauf son amoureux intéressé de Kiev, en lui répondant que « le réchauffement climatique est la plus grande arnaque jamais menée ». Puis s’adressant aux Européens, il les a invités à revoir leurs politiques environnementales. « Si vous continuez cette arnaque verte, vous allez conduire vos pays à la ruine ». Merci, pour la France c’est déjà fait.
Pas des théories, des faits
Parmi le fatras des mensonges, des données truquées, des erreurs grossières, des imprécations et des élucubrations répertoriées sur mon site, voici un résumé des supercheries les plus communes :
Plus de neige en France dès 2010
Submersion des deltas des grands fleuves dans le même laps de temps
Submersion des régions côtières basses d’ici 2025
Engloutissement des atolls du Pacifique au plus tard en 2020
Fonte de la calotte arctique et du permafrost sibérien avant 2020, libérant des virus préhistoriques,
Fonte des glaciers de l’Antarctique et tsunami mondial en 2030
Disparition des « neiges éternelles » de l’Himalaya avant 2030
Fort heureusement, rien de tout cela ne s’est produit :
La neige continue à tomber l’hiver en Europe
Les deltas du Gange ou du Mississippi se sont légèrement développés grâce aux apports des alluvions et des courants marins
La montée moyenne de l’eau a été 3 centimètres en un siècle et pas partout uniformément
Les atolls sont stables ou sujets à un exhaussement constant du fait de la sédimentation des rivages et des mouvements de la lithosphère.
Les glaciers himalayens gagnent et perdent régulièrement en épaisseur et superficie selon des mouvements cycliques connus depuis longtemps
La Sibérie est soumise à des phases cycliques de chaud et de froid depuis toujours
Les mesures au sol comme les vues satellite montrent un refroidissement continu de l’Antarctique et de l’océan Pacifique depuis 30 ans. Les réchauffards refusent de voir les otaries du pôle Sud qui viennent s’ébrouer dans les lagons polynésiens.
La réalité : des cycles climatiques depuis la nuit des temps. La prédiction : la fin du monde à cause des humains. Possible si Fripounette décidait de vitrifier Moscou.
Christian Navis
Un testament bouleversant

par Adègne Nova
Il y a deux cent trente-trois ans exactement, le 21 janvier 1793, Louis XVI montait sur l’échafaud. Jacques Bainville a dit en son temps qu’à première vue, peu d’événements historiques semblaient aussi inexplicables que cette chute de la monarchie.
Les bourreaux qui firent un simulacre de procès au roi, condamné qu’il était d’avance, l’accusèrent de tous les maux et, surtout, des pires mensonges. Plusieurs années plus tard, Honoré de Balzac dirait que, ce jour-là, ce sont tous les pères de famille qui ont été décapités, Renan indiquant, quant à lui, que cet assassinat avait consommé le suicide de la patrie.
Désormais, le peuple français était orphelin… et nous le sommes toujours !
Aujourd’hui, en cette triste date anniversaire, je vous propose de lire le testament du Roi, écrit moins d’un mois avant sa mort.
*****
« Au nom de la très-Sainte-Trinité, du père et du fils et du Saint-Esprit. Aujourd’hui, vingt-cinquième jour du mois de décembre 1792, moi, Louis seizième du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois renfermé avec ma famille dans la tour du Temple, à Paris, par ceux qui étoient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le 11 du courant, avec ma famille ; de plus, impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l’issue, à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucuns prétexte ni moyens dans aucune loi existante; n’ayant que Dieupour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici, en sa présence, mes dernières volontés et mes sentimens.
Je laisse mon ame à Dieu, mon Créateur ; je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites ; mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son père pour nous autres hommes, quelqu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte mère l’Église catholique, apostolique et romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint-Pierre, auquel Jésus-Christ les avoit confiés.
Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le symbole et les commandemens de Dieu et de l’Église, les sacremens et les mystères, tels que l’Église catholique les enseigne et les a toujours enseignés ; je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ ; mais je m’en suis rapporté et m’en rapporterai toujours, si Dieu m’accorde la vie, aux décisions que les Supérieurs ecclésiastiques, unis à la sainte Église catholiques, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie de Jésus-Christ.
Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur ; mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous enseigne. Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés ; j’ai cherché à les connoître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence. Ne pouvant me servir d’un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom ( quoique ce fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église catholique, à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur.
Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde la vie, de me servir, aussitôt que je pourrai, du ministère d’un prêtre catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le sacrement de pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrois avoir offensés parinadvertance (car je ce me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu donner de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal que je peux leur avoir fait ; je prie tous ceux qui ont de la charité, d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis, sans que je leur en aie donné aucun sujet ; et je prie Dieu de leur pardonner, de même qu’à ceux qui, par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu ma femme et mes enfans, ma sœur et mes tantes, mes frères et tous ceux qui me sont attachés par le lien du sang, ou par quelqu’autre manière que ce puisse être ; je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfans et ma sœur, qui souffrent depuis long-temps avec moi, de les soutenir par sa grâce, s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfans à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnêtes hommes ; de ne leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci, (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’éternité ; je prie ma sœur de vouloir continuer sa tendresse à mes enfans, et de leur tenir lieu demère, s’ils avoient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrois lui avoir donnés dans le cours, de notre union ; comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle, si elle croyoit avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfans, après ce qu’ils doivent à Dieu, qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissans à leur mère et reconnaissans de tous les soins qu’elle se donne pour eux et en mémoire de moi ; je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils, s’il avoit le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ; qu’il ne peut faire le bonheur des peuples qu’en régnant suivant les lois ; mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire ; et qu’autrement étant lié dans ses opérations, et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étoient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera, lui en donneront les facultés ; de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfans ou les parens de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi.
Je sais qu’il y a plusieurs personnes, parmi celles qui m’étoient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devoient, et qui ont même montré de l’ingratitude ; mais je leur pardonne (souvent dans des momens de trouble et d’effervescence, on n’est pas maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrois pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un attachement véritable et désintéressé : d’un côté, si j‘ai été sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avois jamais témoigné que des bontés, à eux, ou à leurs parens ou amis ; de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciemens ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrois de les compromettre si je parlois plus explicitement ; mais je recommande spécialement à mon fils de rechercher les occasions de pouvoir les reconnoître.
Je çroirois calomnier cependant les sentimens de la Nation, si je ne recommandois ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avoit portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé enêtre les malheureuses victimes ; je lui recommande aussi Cléry, des soins duquel j’ai tout lieu de me louer, depuis qu’il est avec moi ; comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie Messieurs de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse et mes autres effets qui ont été déposés au conseil de la Commune.
Je pardonne encore très-volontiers à ceux qui me gardoient, les mauvais traitemens et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques ames sensibles et compatissantes. Que celles-là jouissent, dans le cœur, de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser !
Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et Dezèze, de recevoir ici tous mes remerciemens et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis, en déclarant devant Dieu ; et prêt à paroître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double à la Tour du Temple, le 25 décembre 1792.
Signé LOUIS. »
https://www.actionfrancaise.net/2026/01/21/un-testament-bouleversant/
lundi 19 janvier 2026
Entre Hercule Poirot et Marcel Pagnol

Par Stéphane Blanchonnet
Les Éditions Paquet publient régulièrement des adaptations en bandes dessinées des enquêtes d’Hercule Poirot, le célèbre détective belge créé par la romancière britannique Agatha Christie.
Le dernier album en date, Christmas pudding, est le résultat de la collaboration d’Isabelle Bottier (scénario) et Alberto Taracido (dessin). C’est le style légèrement caricatural et délicieusement rétro des dessins de ce dernier qui m’a convaincu d’en faire l’acquisition. Parfaitement adapté à l’atmosphère British et suranné de la nouvelle éponyme, le dessin de Taracido excelle dans les expressions de visage des personnages. Une lecture rapide et divertissante qui devrait convenir à presque tous les publics.
Mon second coup de cœur aujourd’hui est pour l’adaptation en roman graphique du film d’animation de Sylvain Chomet, Marcel et Monsieur Pagnol, sorti récemment dans les salles de cinéma.
En fait le film surtout est époustouflant : qualité des extraordinaires dessins de Sylvain Chomet, au style inimitable, et poésie profonde de cette biographie de Marcel Pagnol qui prend pour principe le dialogue imaginaire entre Pagnol adulte, au moment de son entrée à l’Académie, et Pagnol enfant. On revit à leurs côtés toute une époque bénie de notre littérature et de notre cinéma. L’adaptation en bande dessinée que l’on doit à Christopher n’apporte en soi rien de plus mais est irréprochable dans le choix des plans et le montage. Voyons-la surtout comme une occasion de redécouvrir le film et de vérifier si nos souvenirs des images les plus marquantes coïncident avec les choix de l’adaptateur. Encore une fois, surtout, ne manquez pas de voir le film !
https://www.actionfrancaise.net/2026/01/19/entre-hercule-poirot-et-marcel-pagnol/
dimanche 18 janvier 2026
Quand Khomeini préparait sa révolution islamique depuis la France
Un exil stratégique dans un village français
Khomeini arriva en France le 6 octobre 1978 muni d’un simple visa de touriste après que le régime irakien, sous pression du chah et en raison de son activisme pro-chiite, l’eut expulsé. Il envisage d’abord de rester plus près de sa patrie, au Liban ou en Syrie. Néanmoins, il finit par choisir la France où il sait que sa liberté d’expression sera assurée, mais également parce que les Iraniens peuvent y entrer sans visa.
Le Président Valéry Giscard d’Estaing, interrogé sur la présence de cet homme sur le sol national et troublant les relations diplomatiques avec Téhéran, se veut alors rassurant : « L'ayatollah Khomeini est venu en France dans des conditions régulières, comme un étranger en résidence en France. Il lui a été indiqué à deux reprises que le sol de la France n'était pas un territoire d'où pouvaient être lancés des appels à des actions de violence. »
Khomeini s’installe alors à Neauphle-le-Château, où il va rester jusqu’à son départ pour l’Iran. Là, dans une maison modeste, située au 23, route de Chevreuse, gardée par des gendarmes armés de pistolets-mitrailleurs, il fait de sa nouvelle demeure son quartier général politique, entouré de ses proches conseillers et de nombreux militants venus d’Europe. Entre les différentes réunions visant à préparer son futur régime totalitaire, Khomeini traverse la rue pour aller dans un verger. Là, sous une tente ou à l’ombre d’un pommier, il effectue ses prières quotidiennes avec ses fidèles, parfois au nombre de 50 ou de 60. Par son apparence austère, ses allures de vieux sage (il est alors âgé de 76 ans), l’homme fascine et attire la curiosité mais aussi la complaisance d'une partie de la presse.
Selon les habitants du village, ce sont alors « des cars entiers de pèlerins qui venaient d’Europe pour le voir ». On aperçoit alors des tiers-mondistes, des marxistes et des islamistes répondre à l’appel du futur Guide de la Révolution, qui leur confie des cassettes audio destinées à répandre clandestinement sa parole en Iran et sa volonté de renverser le régime du chah. En appelant à la grève générale, aux manifestations et à la désobéissance civile, il contribue à faire monter la contestation au point de paralyser l’Iran.
L’après Neauphle-le-Château
Le 1er février 1979, Khomeini, jugeant que l’heure de son retour en Iran avait sonné, s’envole à bord d’un avion d’Air France. À son arrivée à Téhéran, il est accueilli par une foule en délire. Des millions d'Iraniens l'acclament. C'en était fini de la monarchie des Pahlavi et, quelques semaines plus tard, par référendum, la république islamique était instituée, fondée sur la tutelle des juristes théologiens.
Aujourd’hui, Neauphle-le-Château garde encore la mémoire contrastée de ce court séjour. En effet, une plaque commémorative fut installée en 2017 sur un terrain privé. Cette dernière fut dégradée en 2023, un acte illustrant l’avis d’une partie de la population locale ne voulant pas que leur ville soit associée au régime totalitaire iranien. Certains vont même jusqu’à comparer l’ayatollah au dictateur du IIIe Reich : « Imaginez que votre voisin vous colle une photo d’Hitler dans son jardin, je pense qu’il ne faudrait pas vingt-quatre heures pour qu’on vienne la retirer. » La maison où séjourna l’ayatollah Khomeini était devenue, au fil des années, un véritable lieu de pèlerinage pour les admirateurs du régime, au point que l’Iran envisagea même d’en faire un musée consacré à la gloire du fondateur de la république islamique.
Ce chapitre oublié de notre Histoire nous rappelle ainsi comment la France, trop bonne, trop généreuse, trop ouverte et peut-être aussi trop naïve, a accueilli sur son sol un personnage qu’elle imaginait peut-être comme un homme de bien et qui, en vérité, instaura un régime islamique d'un autre âge en Iran.
Les 39 modèles climatiques du GIEC se sont systématiquement trompés dans leurs prévisions passées, ils ont multiplié par 2 ou 3 la hausse de température observée

par Patrice Gibertie
Une nouvelle analyse des températures révèle que de 1979 à 2025, les 39 modèles climatiques du CMIP6 prévoient un réchauffement des tropiques supérieur à celui observé. Les satellites montrent un réchauffement d’environ 0,16 °C par décennie. Alors que les modèles se regroupent au-dessus de 0,30 °C par décennie. Ce n’est pas de l’incertitude. Il s’agit d’un échec systématique de la modélisation climatique.
Évolution des températures de l’air (1979-2025) et leur comparaison avec les modèles. Cela invalide les modèles qui postulent que l’effet des gaz à effet de serre se produit dans la haute troposphère tropicale engendrant le «point chaud tropical»
https://drroyspencer.com/2026/01/tropical-tropospheric-temperature-trends-1979-2025-the-epic-climate-model-failure-continues/
La sensibilité climatique des modèles varie d’un facteur trois, une disparité qui persiste depuis plus de 30 ans. Cette disparité s’explique principalement par les différences entre les modèles concernant les processus de convection humide (nuages et vapeur d’eau), qui induisent des rétroactions positives.
Si les modélisateurs parvenaient à comprendre pourquoi leur traitement de la convection humide est erroné, les modèles produiraient alors un réchauffement plus conforme aux observations et plus cohérent entre eux.
Une grande partie de l’alarmisme climatique provient de publications scientifiques biaisées en faveur (1) des modèles qui produisent le réchauffement le plus important et (2) des augmentations excessives des émissions de GES («scénarios SSP») qu’elles supposent pour les projections climatiques les plus pessimistes.
Le GIEC n’aura fait qu’exploiter depuis 37 ans l’impossibilité d’avoir des données réelles sur les hypothèses de leurs modèles. Mais plus la science progresse, plus la supercherie devient évidente.
Le graphique provient du blog de Roy Spencer (mis à jour en janvier 2026), qui s’appuie sur des tabulations de John Christy. Il compare les tendances linéaires de température dans la troposphère tropicale (couche moyenne à supérieure, souvent appelée TMT ou mid-troposphere) sur la période 1979-2025, entre :
• 39 modèles climatiques (principalement de l’ensemble CMIP6, barres rouges) ;
• Observations : radiosondes (moyenne de 3 datasets, barre verte ~0.20 °C/décennie), réanalyses (moyenne de 2 datasets, barre noire ~0.18 °C/décennie), et satellites (moyenne de 3 produits incluant UAH, RSS, NOAA, barre bleue ~0.14 °C/décennie).
Les modèles montrent des tendances allant de ~0.20 °C/décennie (les plus «froids») jusqu’à ~0.50 °C/décennie (les plus «chauds»), avec une grande majorité au-dessus de 0.30 °C/décennie. Les observations convergent autour de 0.14 à 0.20 °C/décennie, soit environ 2 à 3 fois moins que la moyenne des modèles ou que beaucoup d’entre eux. Oui, dans cette métrique spécifique (tropical tropospheric hotspot attendu), les modèles surestiment systématiquement le réchauffement observé depuis des décennies. Spencer et Christy soulignent cela depuis 2013 (avec des mises à jour régulières), et cette version 2026 confirme que la divergence persiste malgré l’ajout de données jusqu’en 2025. La cause invoquée : les modèles amplifient trop le réchauffement via un feedback positif excessif sur la vapeur d’eau et une convection tropicale mal représentée (thunderstorms qui «ventilent» la chaleur vers le haut moins efficacement que dans la réalité).
source : Patrice Gibertie
samedi 17 janvier 2026
Le réchauffement climatique à l’épreuve d’études scientifiques qui portent sur plus de 100 000 ans.
Et pan sur le bec du GIEC !
La variabilité du climat correspond à tous les changements du système climatique qui persistent plus longtemps qu’un évènement météorologique.
Et l’homme – le genre humain – n’y est pour quasiment rien!
C’est ce que nous démontre cette courte vidéo qui, à l’aide d’un simple graphique, renvoie à leurs chères, très chères, études tous les pseudos scientifiques du GIEC (1) que d’aucuns appellent les ayatollahs de la décroissance.
Paul DEROGIS
(1) GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
D’où vient la décadence ?

Un vingt-cinquième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, extrait de La réforme sociale en France de Frédéric Le Play.
C’est la corruption des mœurs et des idées qui, dans tous les temps, a provoqué la décadence, puis souvent la ruine des nations. Toutefois, le mal actuel présente un caractère particulier : il réside dans les idées plus que dans les mœurs, dans l’erreur plus que dans le vice.
L’erreur, alors même qu’elle est propagée avec de bonnes intentions, peut devenir plus funeste que le vide.
Plus je réfléchis, plus je suis consterné de la masse d’idées fausses dans lesquelles nous nous noyons ; plus je comprends cette décadence absolue de tant de peuples que nous retrace l’Histoire. C’est l’erreur, encore plus que le vice, qui les a perdus. Le grand mal vient des sophistes qui se font une renommée, en donnant une forme acceptable, persuasive, entraînante, à l’erreur.
La première erreur des lettrés qui nous ont poussés vers l’abîme des révolutions est d’avoir inventé la matière de leurs enseignements, au lieu de la chercher dans les constantes traditions d genre humain. Or, l’esprit de nouveauté, fécond dans l’ordre matériel, n’offre que des dangers dans l’ordre moral.
Les erreurs inextricables au milieu desquelles nous vivons dérivent, en général, d’une même cause. La plupart des écrivains auxquels le public demande à tort ses notions d’histoire sont loin d’être des historiens ; et l’on s’étonnera un jour qu’ils aient pu momentanément recevoir ce titre. Ils ne se proposent guère, en effet, d’exposer les vérités de la science ; ils ne tendent, à vrai dire, qu’à amuser ou à flatter leurs lecteurs. Pour atteindre ce but, ils ont habituellement recours à trois procédés : ils passent sous silence les faits, peu dramatiques, qui se rattachent à la pratique du bien et qui font naître la prospérité ; ils s’appesantissent, au contraire, sur les entreprises conseillées par l’esprit du mal ; ils s’appliquent à les rendre attrayantes, tant qu’elles ont pour elles l’éclat et le succès ; puis, quand le récit arrive aux catastrophes, ils attribuent la décadence, non aux hommes ou aux choses qui ont été l’objets de leurs prédilections, mais à une fatalité qui pèserait successivement sur toutes les nations et sur toutes les races.
Heureusement, les esprits éminents ont enfin aperçu ce triste état de l’Histoire. Imitant ceux qui cultivent les sciences exactes, et indifférents au suffrage d’un public frivole, ils se dévouent à fonder leur science sur les traces authentiques du passé. Ces vrais historiens figurent au nombre des gloires les plus solides de notre époque. Ils ne s’adressent guère jusqu’à présent qu’aux hommes studieux ; mais, à la longue, leurs travaux ne manqueront pas de renouveler à fond l’opinion égarée.
Les novateurs les plus dangereux de notre temps sont ceux qui prétendent améliorer nos institutions sans avoir égard au passé.
https://www.actionfrancaise.net/2026/01/17/dou-vient-la-decadence/
L’Orient d’avant l’islam : découverte d’une église du Ve siècle en Irak
Des vestiges de l'Antiquité tardive
Les fouilles entreprises sur le site de Gird-î Kazhaw ont mis en évidence les structures d’un édifice religieux construit vers l’an 500 après Jésus-Christ. Les restes de piliers en pierre, la disposition architecturale en trois nefs et surtout la présence de fragments de poterie ornés d’une croix de Malte attestent que ce bâtiment n’était rien moins qu’une église chrétienne organisée selon les canons architecturaux de l’Antiquité tardive.
Ce lieu de culte a été trouvé à une distance très rapprochée d’un autre ensemble architectural ayant vraisemblablement appartenu à un temple zoroastrien. Le zoroastrisme, religion née en Iran entre le deuxième et le premier millénaire avant Jésus-Christ et encore pratiqué aujourd’hui par quelques milliers de fidèles, est fondé sur l’enseignement du prophète Zoroastre, également appelé Zarathoustra. Centré sur le culte d’Ahura Mazda, divinité suprême associée à la vérité et à la lumière, il repose sur une vision dualiste du monde opposant le bien et le mal et accorde une place centrale au libre arbitre de l’homme. Devenu religion officielle du dernier grand Empire perse, l’empire sassanide, à partir du IIIe siècle, le zoroastrisme structurait profondément la vie politique, sociale et religieuse des territoires qu’il dominait, dont la Mésopotamie.
La proximité de ces deux édifices religieux étonne alors les historiens. Elle suggère qu’une coexistence pacifique entre chrétiens et zoroastriens était possible, au sein d’une même communauté. Pour approfondir cette hypothèse, les archéologues ont annoncé leur intention de poursuivre les recherches en se concentrant « sur l'infrastructure économique, cette fois en utilisant des méthodes archéométriques, notamment l'archéobotanique, la zoologie et l'anthropologie médico-légale. L’objectif est d’étudier à quoi ressemblait la vie à l’intérieur des murs fouillés. »
Une terre chrétienne avant une terre d'islam
La force de cette découverte réside également dans ce qu’elle révèle d’un Proche-Orient profondément pluriel sur le plan religieux avant l’islam. Aux Ve et VIe siècles, le christianisme était alors en plein essor. Implanté dès les premiers siècles après la naissance du Messie, il s’était structuré en plusieurs Églises orientales, notamment l’Église de l’Orient, très active en Mésopotamie et au-delà.
Cette présence chrétienne ancienne est également confirmée par de nombreux autres sites archéologiques. Le monastère de Saint-Élie fondé vers 582 près de Mossoul, les vestiges chrétiens de la plaine de Ninive, les églises découvertes dans le nord de la Syrie, mais aussi les monastères mis au jour récemment dans le golfe Persique, comme à Sir Bani Yas, témoignent de l’ampleur de l’implantation chrétienne en Orient avant le VIIe siècle.
Malheureusement, certains groupes, comme Daech, cherchent délibérément à faire disparaître ces vestiges. Leur destruction méthodique ne relève pas alors seulement du fanatisme religieux mais d’une volonté idéologique d’effacer toute trace d’un passé gênant leur projet. En effet, ces pierres sont porteuses d’une culture, d’une histoire et d’une mémoire qui rappellent que le Moyen-Orient n'a pas toujours été terre d'islam. En révélant l’existence ancienne et enracinée du christianisme, elles contredisent un récit exclusif et dérangeant pour ceux qui prétendent imposer une vision unique de l’histoire et de l’identité de la région.
Un héritage tangible mais en danger
L’importance de l’église découverte à Gird-î Kazhaw ne se limite donc pas seulement à son ancienneté. Elle rappelle que le christianisme fut longtemps une religion majeure du Moyen-Orient, solidement enracinée dans ses territoires, bien avant l’islam. Ces vestiges silencieux témoignent d’un passé où l’Orient n’était pas musulman mais chrétien ou autre.
Replacer cette découverte dans son contexte historique, c’est reconnaître que le christianisme oriental fut une force locale, avant de céder progressivement la place à l’islam conquérant. Un rappel essentiel à l’heure où les chrétiens d’Orient continuent de subir des persécutions mais aussi un effacement progressif de leur histoire et de leur culture sur ces terres qui ont vu naître et croître le christianisme.
jeudi 15 janvier 2026
mardi 13 janvier 2026
La Russie lance sa deuxième frappe Oreshnik contre l’Ukraine, et Martyanov publie une «carte du partage tripolaire»

par Alfredo Jalife-Rahme
La carte, publiée par Andrei Martyanov, proche de l’armée russe, laisse pantois. Les présidents Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping se seraient partagés le monde lors de la conférence de Yalta-2 à Anchorage (Alaska), le 15 août 2025. Si les États-Unis auraient pris l’ensemble du continent américain de l’Alaska à la Patagonie, plus le Groenland et l’Islande ; la Russie aurait pris tout le continent européen, Royaume-Uni compris ; et la Chine aurait reçu toute l’Asie, l’Océanie et le Levant, y compris Israël.
Dans le contexte des tensions entre les trois superpuissances – les États-Unis, la Russie et la Chine – la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, catholique, a déclaré que malgré le différend concernant le Venezuela, Trump maintiendrait de bonnes relations avec Poutine et Xi : «Je pense que le président entretient une relation très ouverte, honnête et «bonne» avec le président Poutine de Russie et le président Xi de Chine… Il s’est entretenu avec eux à de nombreuses reprises depuis son entrée en fonction il y a un an, et je crois que ces relations personnelles se poursuivront».1
Aujourd’hui, les limites de l’irrédentisme états-unien sont les intérêts inaliénables de la Russie et de la Chine, qui fonctionnent comme un G2.
Le Financial Times rapporte que «la Chine, la Russie et l’Iran (sic !) ont envoyé des navires en Afrique du Sud en prévision de leurs exercices navals» : des exercices «BRICS-Plus pré-planifiés» font suite aux tensions croissantes liées aux opérations militaires US au Venezuela et dans l’Atlantique.2
Le monde d’aujourd’hui évolue dans le cadre d’un chaos globalisé, où subsistent ce que j’ai appelé des «fractales de paix», comme dans le cas de la libération de deux marins russes capturés à bord d’un mystérieux navire pirate (le «navire russe», qui n’était en réalité pas russe, mais ukrainien3, ce qui a valu à Moscou la gratitude de ses homologues aux États-Unis.4
Pendant ce temps, Trump, dans sa désormais célèbre interview au New York Times, a déclaré qu’«il n’existe pas de lois internationales» et que la limite de ses actions, c’est sa «moralité».5
Le fait que Trump, submergé par ses graves problèmes intérieurs, se soit lancé dans une offensive risquée aux implications mondiales ne signifie pas que la Russie (lancement de son deuxième missile hypersonique Oreshnik) et la Chine (exercices militaires récents autour de Taïwan) restent sans défense dans leurs propres sphères d’influence.
Il pourrait sembler absurde, dans ce contexte délicat de fortes tensions mondiales, que le célèbre analyste militaire russe Andrei Martyanov ait publié une carte de la division tripolaire entre Trump, Poutine et Xi Jinping, sans en préciser l’auteur.6
De fait, la carte de division tripolaire ci-dessus n’aurait aucune validité sans sa divulgation par Andrei Martyanov, qui entretient une relation étroite avec l’armée russe.
1. La sphère d’influence de Trump s’étend du Groenland à la frontière antarctique, annexions comprises ou non, englobant l’Amérique latine et les Caraïbes (représentées par le CELAC). L’absorption de l’Islande et de certains pays d’Afrique de l’Ouest (Mauritanie, Sénégal, Sierra Leone, Libéria) est surprenante.
2. La sphère d’influence de Poutine engloberait toute l’Europe, y compris le Royaume-Uni, une grande partie de l’Afrique du Nord, ainsi que la Turquie, le Caucase, le Sahel africain et les îles norvégiennes septentrionales (Svalbard). Elle trace une ligne de démarcation avec la partie chinoise, dont l’Égypte et les pays de la Méditerranée orientale (Syrie, Liban, etc.) font partie.
Et 3. La sphère d’influence de Xi Jinping comprend la Mongolie, les deux Corées, le Japon, les Philippines, toute l’Asie du Sud-Est, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le sous-continent indien (avec l’Inde et le Pakistan), l’Iran, une grande partie du Kazakhstan, l’Asie centrale, la péninsule arabique et la majeure partie de l’Afrique.
Il est frappant de constater que la «carte tripolaire» publiée par Andreï Martyanov n’a pas eu l’impact escompté. Ce qui mérite d’être souligné ici, plus encore que ces lignes de démarcation abstraites, c’est la franchise avec laquelle Andreï Martyanov l’a présentée.
Je me souviens que Newsweek avait dressé une carte montrant «comment Trump, Poutine et Xi peuvent diviser le monde».7
Ces cartes se trouvent à la croisée des chemins : entre une troisième guerre mondiale nucléaire et une négociation clandestine entre les trois superpuissances.
En cas de Troisième Guerre mondiale, il ne resterait ni carte, ni trace des êtres vivants de la création, puisque Trump lui-même a déclaré que les États-Unis ont la capacité de détruire la planète 150 fois.
source : La Jornada via Réseau Voltaire
traduction Maria Poumier
- «White House thinks Trump will preserve good relations with Putin, Xi, despite Venezuela», TASS, January 7, 2026.
- «China, Russia and Iran send ships to South Africa ahead of naval drills», Financial Times, January 9, 2026.
- «El «barco ruso» FAKE que siempre no fue ruso sino Ucraniano», Alfredo Jalife-Rahme, YouTube, 9 de enero de 2026.
- «Russia grateful to US for decision to release two Russians from Marinera crew – diplomat», TASS, January 9, 2026.
- «Trump Lays Out a Vision of Power Restrained Only by «My Own Morality»», David E. SangerTyler PagerKatie Rogers & Zolan Kanno-Youngs, The New York Times, January 8, 2026.
- «Voir la 26° minute de «Orthodox Christmas»», Andrei Martyanov, YouTube, January 8, 2026.
- «Map Shows How Trump, Putin and Xi Could Carve Up the Globe», John Feng and Brendan Cole, Newsweek, April 13, 2025. «Reparto del mundo : el «mapa tripolar» de Newsweek», Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 16 de abril de 2025.
lundi 12 janvier 2026
Comprendre la guerre qui vient : 5ème partie

Pour comprendre comment s’articulera la stratégie de ces groupes armés, il nous faut revenir sur les guarimbas, du nom donné au Venezuela à ces épisodes insurrectionnels qu’a connus le pays au cours des dernières années. Dès le jour de l’élection de Nicolas Maduro, le 14 avril 2013, Henrique Capriles, mauvais perdant appela ses partisans à prendre les rues. Bilan : 11 morts, et 78 blessés1. L’opposition réitérera sa volonté d’engager un bras de fer avec le pouvoir en réactivant les guarimbas en 2014 (43 morts, 608 blessés), et en 2017 (142 morts, 1934 blessés). La plupart des morts sont imputables aux émeutiers, lorsqu’ils refusèrent que les citoyens puissent franchir les barricades pour accéder aux centres de soin, ou bien en assassinant des personnes suspectées de chavisme, en les égorgeant, en les brûlant vifs, en les lynchant, ou en les tuant par balle2. Les policiers et les militaires n’échappent pas à la folie meurtrière des participants aux guarimbas, 16 membres des forces de l’ordre ayant été assassinés en 2014 et 2017, et 102 ont été blessés par balle.
Si les guarimbas étaient une tentative de déstabilisation du gouvernement élu, il parait clair, aujourd’hui, qu’elles furent avant tout une répétition des stratégies militaires de morcellement du pays. Militants de l’opposition, délinquants, paramilitaires, tous les acteurs de cette armée de l’ombre, décrite précédemment, ont tous contribué aux guarimbas 3. Ils se sont ainsi forgé une expérience de combat en commun, et ont élaboré un récit politique de cette guérilla urbaine, mêlant héros et martyrs, en consolidant ainsi la cohésion symbolique de tous les participants4. Dans certains quartiers contrôlés, une chasse aux sorcières était lancée pour les «purifier» des chavistes qui y résidaient5. Au fil des années, les guarimbas se sont perfectionnées, et ont permis à leurs instigateurs de tenir compte des réactions et des mouvements de l’État dans la reconquête des territoires.
Au niveau international, cela a permis de d’ancrer l’image d’un gouvernement oppresseur qui n’hésite pas à assassiner sa propre population. Ce récit imaginaire visait à annihiler les soutiens de la Révolution bolivarienne au sein des Peuples européens et nord-américains.
Cependant, la localisation des barricades et des foyers subversifs semblait répondre à une opération d’une envergure toute autre que celle de la révolte étudiante présentée par les medias. Comme l’a maintes fois rappelé le gouvernement, ces foyers de subversion ont toujours été contenus. Sur les 335 municipios qui composent le Venezuela, seuls 18 ont connu la violence des guarimbas en 2014 (5%), et 51 en 2017 (15%)6. Comme on peut le voir, les participants à ces guérillas urbaines étaient loin de représenter une véritable menace pour l’État. Cependant, la particularité géographique et sociale des municipios bloqués par les guarimbas nous indique que les affrontements pourraient reprendre au sein d’un conflit militaire. L’augmentation des violences et le perfectionnement des modes opérationnels des guarimbas entre les épisodes de 2013, de 2014 et surtout ceux de 2017, nous incitent à penser que ce modèle de contrôle territorial sera une des tactiques qui s’imposeraient dans un conflit militaire.
Nous avons déjà mentionné l’importance du couloir qui relie les Andes à la côte caribéenne. C’est la voie d’approvisionnement par laquelle transitent un grand nombre de marchandises, produites au Venezuela ou importées depuis la Colombie ou via le port de Puerto Cabello7. Comme nous l’avons déjà mentionné c’est aussi un couloir stratégique pour la vente de la cocaïne, d’où la présence de paramilitaires et de nombreux groupes mafieux.
Or, c’est dans cette zone territoriale que les guarimbas ont été les plus violentes, notamment dans certains quartiers de San Cristobal et de Merida, et dans les villes de Cabudare, ou San Diego. Ces territoires ont en commun une certaine homogénéité sociale, de classe moyenne à moyenne supérieure, qui constitue le socle de base de l’opposition radicale. Il est important de constater qu’il ne s’agit pas des lieux de résidence de la bourgeoisie ou des élites vénézuéliennes. Ces zones, bien que très actives politiquement, sont peuplées par une classe moyenne que les stratèges de la guerre qui s’annonce n’hésiteront pas à sacrifier.
Les territoires mentionnés permettent de bloquer l’approvisionnement des grandes villes en contrôlant les voies de communications. Cabudare est l’entrée de Barquisimeto depuis les États agricoles situés au sud. De nombreux produits destinés aux métropoles de la côte transitent par cette importante ville vénézuélienne. San Diego est situé à la périphérie de Valencia, capitale industrielle du pays, sur la route qui mène à Caracas. Cette ville est aussi établie sur la route qui conduit à Puerto Cabello, le principal port du Venezuela. Ajoutons que Barquisimeto et Valencia sont des points de passage obligés sur les axes routiers qui relient Maracaibo, et la région pétrolière du Zulia, à Caracas et au reste du pays.
D’autres villes importantes furent plongées dans le chaos des guarimbas. Ce fut notamment le cas de Ciudad Guyana (Puerto Ordaz). Cette ville se trouve au confluent de la frange pétrolifère de l’Orénoque et du bassin minier, et à quelques encablures des trois barrages hydroliques qui approvisionnent le Venezuela en l’électricité. Ciudad Guyana (Puerto Ordaz) accueille le siège des entreprises qui administrent ces richesses. Comme sur l’axe andin-côtier, le contrôle de cette ville est éminemment stratégique.
Localisation des guarimbas les plus violentes le long de l’axe andin-côtier
A Caracas, les guarimbas ont eu lieu essentiellement dans l’arrondissement huppé de Chacao, situé à l’est de la ville. A cheval sur trois axes principaux qui relient l’est et l’ouest de la capitale, cet arrondissement coupe de fait la capitale en deux. Il est aussi le poumon économique et financier du pays.
A chaque fois, ces zones territoriales possèdent une capacité relative de fonctionner de manière autonome, en contrôlant les voies d’approvisionnement en marchandises, ou les centres de productions situés sur leurs territoires. Cette particularité leur offre la possibilité d’annexer durablement les zones conquises.
Si les guarimbas avaient réussi à élever des barricades et bloquer des voies de communications capitales le temps de quelques mois, on peut saisir désormais ce qu’il adviendrait si ces mêmes acteurs se constituent en bataillon, et en viennent à défendre ces territoires aux moyens d’armes fournis par des agents extérieurs. Le Venezuela serait morcelé. L’administration centrale située à Caracas aurait toutes les peines à réaffirmer son autorité sur la totalité du territoire.
Cette forme de lutte civilo-militaire reste néanmoins cantonnée dans les zones urbaines et périurbaines de classe moyenne. D’autres portions du territoire sont sous la menace de la pègre et des paramilitaires. Ces derniers sont très actifs dans les secteurs frontaliers avec la Colombie et dans certaines zones rurales du pays. Quant aux nombreuses bandes criminelles, elles s’affrontent déjà avec l’État vénézuélien pour le contrôle de régions périphériques fondamentales, ainsi que dans certains quartiers populaires des grandes villes. Les territoires en jeu ne sont, encore une fois, jamais anodins.
De véritables opérations d’envergure ont été montées pour en finir avec la délinquance armée. Ainsi, en mai 2016, une des pires bandes criminelles du Venezuela est désarticulée dans l’État régional du Guárico, et son leader –Jose Antonio Tovar, alias «El Picure»- est abattu. La position de cet État central est éminemment stratégique. 60% de la production agricole vénézuélienne et de l’élevage y transitent8. Soit pour être acheminés dans les complexes agroindustriels, soit pour être directement vendus aux habitants des grandes villes, situées sur la côte caribéenne. Le contrôle des voies d’approvisionnement des grandes villes est encore une fois le terrain d’une lutte sans merci entre l’État vénézuélien et le crime organisé. C’est une étape en cours dans la guerre irrégulière contre le Venezuela. Signalons aussi que l’État de Guarico abrite aussi la base militaire Capitan Manuel Rios, centre de contrôle du satellite Venesat I.
Dans les États d’Aragua et de Carabobo, une autre organisation criminelle fait régner la terreur : el Tren de Aragua, qui tire son nom d’un syndicat mafieux qui rackettait les constructeurs du système ferroviaire. Les affrontements avec les services de l’État et cette bande sont monnaie courante dans ces régions où se concentrent les industries vénézuéliennes. Un de ses leaders, arrêté au Pérou lors d’une tentative de braquage, a lui même confessé qu’il avait dû fuir le Venezuela à cause des «incessantes persécutions de la police»9.
La force de frappe de ces bataillons irréguliers n’est pas à négliger. Le 6 mai 2019, le général d’aviation Jackson Silva, directeur de l’Ecole de formation des troupes professionnelles, ainsi que quatre autres officiers trouvent la mort dans une embuscade tendue par le Tren de Aragua. Quatre autres militaires ont été blessés lors du combat qui les opposa aux membres de ce syndicat du crime10.
Dans le riche État du Bolivar, frontalier avec le Brésil, la police vénézuélienne a descendu le délinquant équatorien Jamilton Ulloa, alias El Topo. Il était le chef d’une bande armée qui terrorisait une partie de la zone minière. Elle fut surtout responsable du massacre de Tumeremo, où dix-sept mineurs furent assassiné. Dans la même logique des Guarimbas, les bandes criminelles visent à contrôler des secteurs clés de l’économie de l’État du Bolivar, où se trouve la frange pétrolifère de l’Orénoque, les deuxièmes réserves d’or au monde et un sous sol qui regorge en minerais. C’est aussi sur ces terres que sont installés trois barrages hydrauliques qui fournissent 70% de l’électricité du pays. Et comme pour les guarimbas, le crime organisé entend se substituer à l’État avec la complaisance des politiciens d’opposition.
Situation géographique de l’Etat du Guárico (en blanc), de la frange pétrolifère (en marron), de l’Arc minier (en jaune) et des 3 grands barrages hydrauliques (points rouges)
Lorsque les États-Unis tentèrent un bras de fer avec le président Maduro au sujet de «l’aide humanitaire», l’opposition vénézuélienne révéla une partie de son armée de réserve. Comme l’a mentionné Freddy Bernal, préfet de l’État frontalier du Táchira, de nombreux membres de l’organisation Tren de Aragua étaient venus sur la frontière colombienne pour faire dégénérer la situation11. Sur la frontière brésilienne, une autre bande criminelle, la Garde Territoriale Pémon, s’affrontait armes aux poings avec l’armée. Bilan : plusieurs morts dans les rangs des délinquants. S’ensuivit immédiatement une campagne médiatique –à destination de certains secteurs des populations d’Europe et d’Amérique du Nord- sur un prétendu massacre voire un «génocide» d’indiens de l’ethnie Pémon par le gouvernement de Nicolas Maduro12.
Pourtant, il est avéré qu’un groupe criminel, appelé Garde Territoriale Pemon, composée en partie par des indiens de cette ethnie, se livre à des activités illicites dans le sud de l’État du Bolivar 13. Lorsque Juan Guaido s’autoproclame président, le maire vénézuélien de la ville frontalière avec le Brésil le reconnaît immédiatement, et «met à sa disposition sa Garde Territoriale Pémon»14. Ce sont eux qui se sont affrontés avec l’armée le 23 février 2019. Les morts de ce jour-là sont le fait d’un affrontement entre les soldats vénézuéliens et un groupe armé, étrangement en symbiose avec les desseins politiques de l’opposition.
Pas de pagnes, de plumes, de carquois ou d’arcs pour ces indiens, membres de la Guarde Territoriale Pémon (source : ElCooperante.com, un site lié à l’opposition) 15
Dans certains quartiers populaires de grandes villes, la pègre ainsi que des cellules dormantes de paramilitaires n’hésitent jamais à prêter main forte aux desseins politiques de l’opposition. Le 23 janvier 2019, après que Juan Guaido se soit autoproclamé président, plusieurs bandes armées se sont affrontées aux Forces Spéciales de la Police Nationale Bolivarienne, notamment dans les quartiers Jose Felix Ribas, El Valle, Coche, Boquerón et El Guarataro. Ces groupes liés au crime organisé prétendaient mettre la ville à feu et à sang comme «contribution» au soulèvement organisé par Guaido16. Ces quartiers populaires occupent tous une position stratégique dans Caracas. Ils sont tous situés à proximité de voies d’entrée de la métropole. Boquerón surplombe l’autoroute qui mène du port de La Guaira (et de l’aéroport international) à Caracas. Jose Felix Ribas est, quand à lui, situé au pied de l’autoroute Gran Mariscal de Ayacucho, porte de sortie vers l’Est du pays. El Valle-Coche est un quartier posté face à Fuerte Tiuna, la caserne principale du pays, et collé à l’autoroute régionale du centre, qui relie Caracas à l’ouest du Venezuela. C’est aussi le quartier du marché de gros où se concentre la production alimentaire du Venezuela: l’équivalent vénézuélien du marché de Rungis. El Guarataro est niché entre l’autoroute norte-sur, passage obligé pour rejoindre La Guaira, et l’avenue San Martin, artère importante de la capitale. Encore une fois, des sites éminemment stratégiques, adjacents aux voies de communications de Caracas avec le reste du pays, qui ne manqueront pas d’être l’enjeu de lutte dès l’instant où s’officialiserait une opération militaire.
Localisation des affrontements du 23 janvier 2019 et des principaux axes routiers de la ville (+arrondissement de Chacao)
Depuis 2015, l’État vénézuélien s’est renforcé dans le combat contre le crime organisé pour ne pas laisser les bandes criminelles s’enkyster dans les territoires de la République. C’est l’acte de naissance des Forces d’Actions Spéciales de la police nationale bolivarienne : le FAES, l’équivalent du RAID français, du CGSU belge ou de l’unité Tigris suisse. Ils sont désormais en première ligne pour affronter le crime organisé et les paramilitaires.
Il n’est pas anodin que ce corps d’élite de la police soit désormais l’objet de multiples fake news. Le soir de l’autoproclamation de Guaido, le FAES a combattu ces bandes criminelles qui prétendaient semer le chaos dans Caracas. L’affrontement a donné lieu à de véritables scènes de guerre, qui expliquent la plupart des pertes humaines. Contrairement à ce qu’ont pu raconter les portes-paroles médiatiques de Guaido, ce jour-là, des bandes armées liées à l’opposition ont livré bataille avec les forces de l’ordre 17. À peine quelques jours plus tard, le FAES est accusé de «séquestrer» ou de «recruter de force» des enfants pour les utiliser comme bouclier humain 18 : autre fake news…
Depuis, il ne se passe pas un jour sans que ce corps de police soit l’objet d’attaques médiatiques. La plupart des sources contre les policiers proviennent soit de politiciens d’oppositions, soit d’ONGs des «droits de l’homme» liées à l’opposition. Ces ONGs –comme Foro Penal ou Provea- sont financées par des organismes tel que l’Open Society Foundation de George Soros, Freedom House et la Fondation Ford 19 (19). Ces deux dernières étant liés au monde du renseignement des États-Unis20. Le simple fait que ces sources ne soient pas partiales, car financièrement et politiquement liées à un camp belligérant, devrait suffire à relativiser leurs propos. Et pourtant, elles sont insatiablement reprises par tout le système médiatique, et par des ONG internationales comme Amnesty international ou Human Right Watch.
Dans le cas de l’ONG partisane Amnesty –qui, ne l’oublions pas, avait propagé la rumeur de la destruction de couveuses par l’armée irakienne en 199021 – ces accusations sans fondements ont servi de justification pour exiger que les autorités vénézuéliennes soient traduites devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour «crimes contre l’humanité»22. Une bien étrange requête qui coïncide en tout point avec les accusations formulées à la CPI par six pays ennemis du Venezuela (Canada, Colombie, Argentine, Chili, Paraguay, Pérou)23.
Le secrétariat de l’Organisation de États Américain ou le Groupe de Lima ont repris les infox contre le FAES à la lettre, ce qui est normal vu leur activisme pour renverser le président Maduro24. Mais ces accusations furent aussi mentionnées par le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH). Or la lecture de l’introduction des rapports du HCDH nous informe, dès les premières lignes, que leur analyse se base seulement sur des interviews de membres des ONGs vénézuéliennes25. C’est donc une «vérité» biaisée et en vase clos qui émerge pour l’opinion publique : des ONGs de l’opposition, financées par une puissance étrangère hostile, écrivent des rapports alarmants qui sont repris tels quels au niveau international, justifiant ainsi les dires des opposants vénézuéliens. Le FAES est donc catapulté dans le rôle du méchant, qui empêcherait le Peuple de «retrouver sa liberté», selon la novlangue en vigueur à la Maison Blanche.
Cette lecture tronquée et simpliste ne doit pas nous faire tomber dans l’excès inverse. Les Forces Spéciales de la Police ne sont ni méchantes, ni gentilles. C’est un groupe de combat qui empêche, de manière violente, certaines bandes criminelles de déferler sur le Venezuela. Interrogé à Caracas sur les attaques médiatiques subit par le FAES, un consultant en sécurité nous glissait «S’il y a une guerre psychologique contre le FAES, c’est parce que c’est eux qui, au final, protègent la paix civile».
Freddy Bernal, préfet de la région frontalière du Tachira, renforce ce propos : «la tâche du FAES est d’affronter les bandes criminelles et les paramilitaires. S’il y a tant d’attaques contre le FAES, c’est parce que le but recherché est l’élimination de cette unité d’élite de la police nationale»26.
Un membre des Forces Spéciales de la Police Nationale Bolivarienne (FAES)
Le Venezuela se trouve aujourd’hui entre des perspectives de dialogue et les menaces des États-Unis et de leurs alliés. Cependant, le peu de soutien populaire dont jouit Juan Guaido nous incite à penser qu’un dénouement militaire pourrait se préparer au fur et à mesure que s’éloigne la perspective d’un changement de régime par d’autres moyens. Comme nous venons de le voir, tous les futurs acteurs de ce conflit sont déjà sur le pied de guerre.
L’armée irrégulière, qui ne manquera pas de s’abattre sur le pays est déjà en branle. Ces derniers mois, le Venezuela a dû faire face, à plusieurs assassinats de représentants des forces de l’ordre. En plus de l’assassinat du Général Jakson Silva, les policiers sont systématiquement pris pour cible par des groupes criminels27. De même, plusieurs permanences du Parti Socialiste Uni du Venezuela (Psuv, parti au pouvoir) ont été détruites par des incendies criminels. Ce type d’attaques était un des modus operandi des guarimbas. Plus récemment, le 23 janvier 2019, le siège du parti dans l’État du Monagas a été réduit en cendres. Le 4 mai 2019, en plein centre de Caracas, c’est la permanence du quartier de San Agustin qui a été la proie des flammes28.
Par ailleurs de nombreux dirigeants syndicaux et paysans, partisans de la Révolution Bolivarienne, ont été victimes d’assassinats sélectifs. En 2014, deux importants dirigeants politiques du chavisme ont ainsi été sauvagement exterminés : Eleizer Otaiza, président du conseil municipal de Caracas, et le député Robert Serra (ainsi que son assistante Maria Herrera). Ces dirigeants se spécialisaient dans les thèmes de sécurité de l’État, et avaient dénoncé de nombreuses fois les liens des paramilitaires avec l’opposition vénézuélienne.
Le 10 janvier 2019, un entrepôt de 22.000 m2 appartenant à l’Institut Vénézuélien de Sécurité Sociale est ravagé par un incendie criminel. Les pertes dans le domaine de la santé sont incalculables et sont venus frapper de plein fouet un pays qui affronte un féroce blocus de la part des États-Unis, et pour qui les importations dans ce domaine restent difficiles29. Dans la même lignée, le 27 février 2019, c’est un entrepôt d’aliments destinés à être distribués à la population via les Clap qui part en fumée. Le 7 mars 2019, les centrales hydroélectriques sont hackées et le pays plongé dans le noir30. Le 14 mars 2019, un attentat détruit trois cuves de diluant naphta, indispensable pour mélanger le pétrole extra-lourd vénézuélien. Ce même jour, l’entreprise indienne Reliance Industries Ltd avait dû céder aux pressions des États-Unis, et refuser de vendre du naphta au Venezuela31. Le 4 avril 2019, c’est un oléoduc dans l’est du pays qui est pris pour cible, et qui explose, coupant l’approvisionnement de brut dans les régions orientales du Venezuela32.
Ces multiples attaques, signes de la guerre hybride en cours ne manqueront pas de s’intensifier. Si vous comptez sur les medias ou les ONG comme Amnesty pour dénoncer ces actes de guerres, vous perdez votre temps. Eux ont déjà choisi leurs camps33.
Parallèlement aux attaques diplomatiques et institutionnelles, face à un blocus criminel dont les conséquences sont ignobles pour la population, le gouvernement de Nicolas Maduro, et le Peuple vénézuélien, doit désormais se préparer à l’augmentation constante de la tension militaire non-conventionnelle, conçue pour créer un état de siège permanent et affaiblir durablement les structures de l’État vénézuélien.
source : Romain Migus
Partie 1 – Partie 2 – Partie 3 – Partie 4
- Romain Migus, “Nuit de cristal au Venezuela”, Venezuela en Vivo, 17/04/2013, https://www.romainmigus.info/2013/06/nuit-de-cristal-au-venezuela.html
- Luigino Bracci, “Liste des victimes des manifestations au Venezuela (avril à juillet 2017)”, Alba Ciudad, 24/07/2019, https://wp.me/p17qr1-MIU
- Romain Migus, “La fabrique de la terreur”, Venezuela en Vivo, 25/03/2014, https://www.romainmigus.info/2014/03/la-fabrique-de-la-terreur.html
- Le cas de Neomar Lander est un bon exemple des “martyrs” des guarimbas. Ce jeune s’est tué en manipulant mal un mortier artisanal, qu’il utilisait pour tenter d’assassiner des policiers. Malgré les évidences -la scène ayant été filmée sur les réseaux sociaux, et le type de plaie qui lui a enfoncé la cage thoracique, et emporté un poumon-, les leaders de l’opposition et les médias privés ont laissé croire qu’il s’agissait d’une bavure policière. Des T-shirt et des casquettes sont apparus en un temps record à l’effigie du jeune Neomar. La construction médiatique du martyr s’est imposée à la vérité.
- Voir Romain Migus, «La fabrique de la terreur», op.cit.
- Le Municipio est une entité administratrice vénézuélienne de la taille d’un département français. Elle est gérée par un maire.
- Jose Negron Valera, “La balcanización: el plan del nuevo orden mundial para Venezuela”, Sputnik News, 24/04/2018, https://mundo.sputniknews.com/firmas/201804241078149841-caracas-paises-occidentales-desintefracion/
- «El paramilitarismo y la disputa por las zonas estratégicas del país», Misión Verdad, 10/05/2016, http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/el-paramilitarismo-y-la-disputa-por-las-zonas-estrategicas-del-pais
- «El Catire, el sanguinario miembro del Tren de Aragua que sembró terror en Perú»,Caraota Digital, 07/08/2018, http://www.caraotadigital.net/sucesos/el-catire-el-sanguinario-miembro-del-tren-de-aragua-que-sembro-terror-en-peru/
- «Caso de militares emboscados en Magdaleno da un inesperado giro», EP Mundo, 06/05/2019, http://epmundo.com/2019/caso-de-militares-emboscados-en-magdaleno-da-un-inesperado-giro/
- «Bernal: La oposición contrató al Tren de Aragua en la frontera para generar violencia», Noticias24, 03/03/2019, https://www.noticias24.com/venezuela/noticia/352414/bernal-la-oposicion-contrato-al-tren-de-aragua-en-la-frontera-para-generar-violencia/
- Axel Gylden, «Venezuela: un discret massacre d’Indiens d’Amazonie, signé Maduro»,L’Express, 28/02/2019, https://www.lexpress.fr/actualite/venezuela-un-discret-massacre-d-indiens-d-amazonie-signe-maduro_2064470.html
- «Continúan los ataques de paramilitares pemones en la Gran Sabana», Caraota Digital, 29/11/2017, http://www.caraotadigital.net/sucesos/continuan-los-ataques-de-paramilitares-pemones-en-la-gran-sabana/. Cet article rédigé sur un des principaux sites d’information de l’opposition vénézuélienne est antérieur de plus d’un an aux affrontements du 23 février 2019.
- Elizabeth Reyes, «Alcalde indígena y guardia Pemon reconocen a Guaido como presidente de Venezuela», Eknuus, 01/02/2019, https://eknuus.com/2019/02/01/alcalde-indigena-y-guardia-pemon-reconocen-a-juan-guido-como-presidente-de-venezuela/
- Lysaura Fuentes, «1500 familias de La Gran Sabana están bajo el yugo de paramilitares indígenas (+Fotos)», El Cooperante, 29/11/2017, https://elcooperante.com/paramilitares-indigenas-mantienen-sometidas-a-1500-familias-en-bolivar-fotos/
- «Confirmado: bandas criminales protagonizaron violencia nocturna el 23 de enero»,Misión Verdad, 01/02/2019, http://misionverdad.com/tendencias/confirmado-bandas-criminales-protagonizaron-acciones-violentas-en-la-noche-del-23-de
- «Conozca el prontuario de los líderes pagados por la derecha para generar violencia», Con El Mazo Dando, 30/01/2019, https://www.conelmazodando.com.ve/aqui-conozca-el-prontuario-de-los-lideres-pagados-por-la-derecha-para-generar-violencia
- Faviola Acosta, «Denuncian reclutamiento de niños y jóvenes por parte del Sebin y FAES», Notivenezuela, 30/01/2019, https://www.notivenezuela.com/noticia/denuncian-reclutamiento-de-ninos-y-jovenes-por-parte-del-sebin-y-faes-20334
- «Ongs en venezuela y financistas que operan detrás de ellas», Misión Verdad, 02/05/2016, http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/ongs-en-venezuela-y-financistas-que-operan-detras-de-ellas-infografias
- Romain Migus, Eva Golinger, La Telaraña Imperial, ed. Monte Avila, Caracas: 2008, disponible sur https://www.romainmigus.info/2013/06/la-telarana-imperial.html
- «Irak / Koweït occupé: Violations des droits de l’homme depuis le 2 août 1990» document externe d’Amnesty International, 12/12/1990, https://www.amnesty.org/download/Documents/200000/mde140161990fr.pdf
- «Venezuela : Amnesty appelle la CPI à enquêter sur des «crimes contre l’humanité»», Le Figaro, 14/05/2019, http://www.lefigaro.fr/flash-actu/venezuela-amnesty-appelle-la-cpi-a-enqueter-sur-des-crimes-contre-l-humanite-20190514?redirect_premium
- Cours pénale Internationale, «Venezuela: examen préliminaire», https://www.icc-cpi.int/venezuela?ln=fr
- Maurice Lemoine, «Pourquoi le Venezuela a expédié un bras d’honneur á l’OEA?», Mémoires des Luttes, 13/05/2019, http://www.medelu.org/Pourquoi-le-Venezuela-a-expedie-un-bras-d-honneur-a-l-OEA
- Oficina del Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos, «Violaciones de los derechos humanos en la República Bolivariana de Venezuela: una espiral descendente que no parece tener fin», junio 2018, https://www.ohchr.org/Documents/Countries/VE/VenezuelaReport2018_SP.pdf. En 2019, le gouvernement a invité des membres de ce commissariat à venir au Venezuela. Malgré le fait qu’ils aient pu rencontrer des hauts fonctionnaires ainsi que des membres de la société civile, le rapport final ne se base que sur les dires des ONGs.
- Romain Migus, «Interview exclusive avec Freddy Bernal», Youtube, 25/02/2019, https://www.youtube.com/watch?v=Mq55NuS0ues
- La même bande qui s’était affronté au FAES le 23 janvier 2019 a assassiné et blessé des policiers le 20 mars. Voir «Banda del Wilexis atacó a policías», Ultimas Noticias, 20/03/2019, disponible sur https://theworldnews.net/ve-news/banda-del-wilexis-ataco-a-policias
- «Casa del Psuv en San Agustín del Norte fue atacada por grupos violentos», Venezolana de Televisión, 04/05/2019, http://vtv.gob.ve/atacada-casa-psuv-sanagustin/
- «Gobierno Nacional denuncia que incendio provocado en almacenes del IVSS causó pérdidas incalculables», Venezolana de Televisión, 11/01/2019, http://vtv.gob.ve/gobierno-nacional-denuncia-incendio-provocado-almacenes-del-ivss-causo-perdidas-incalculables/
- «Rusia afirma que el apagón en Venezuela fue causado por extranjeros que conocían el funcionamiento de equipos eléctricos canadienses», RT, 15/03/2019, https://actualidad.rt.com/actualidad/308693-rusia-apagon-venezuela-extranjeros-equipos-canadienses
- Nidhi Verma, «Reliance halts diluents export to Venezuela, not raised oil buying», Reuters, 13/03/2019, https://www.reuters.com/article/us-india-reliance/reliance-halts-diluents-export-to-venezuela-not-raised-oil-buying-idUSKBN1QU240
- Freddy Vasquez, «Explosión de oleoducto en Urica dejan incomunicados a los estados Monagas y Anzoátegui», El Periódico de Monagas, 04/04/2019, https://www.elperiodicodemonagas.com.ve/site/sucesos/explosion-de-oleoducto-en-urica-dejan-incomunicados-a-los-estados-monagas-y-anzoategui/
- Maurice Lemoine, «Amnesty International veut la guerre au Venezuela», Le Grand Soir, 07/05/2019, https://www.legrandsoir.info/amnesty-international-veut-la-guerre-au-venezuela.html
https://reseauinternational.net/comprendre-la-guerre-qui-vient-5e-partie-5-5/






