vendredi 5 juin 2026

Sait-on encore d’où vient et ce qu’est le fascisme ?

 

Sait-on encore d’où vient et ce qu’est le fascisme ?

Après ses analyses concernant l’Amérique latine, Charles Granfeu nous propose une réflexion critique sur le fascisme, qu’il rattache à une conception marxiste de l’Histoire en identifiant des points communs entre les deux idéologies.
Polémia

La rhétorique « vertueuse » des marxistes

L’assassinat politique de Quentin Deranque a définitivement confirmé deux choses, la première : LFI et ses suppôts antifascistes sont les dignes héritiers de l’âme criminelle du triumvirat Trotski-Lénine-Staline ; la seconde : l’utilisation du concept de fascisme est un pur élément rhétorique qui, dans le contexte du marxisme révolutionnaire de LFI, n’a qu’un objet, à savoir la transformation de tout adversaire politique en ennemi criminel qu’il devient alors légitime d’éliminer, d’abord politiquement, puis physiquement.

Quentin est mort parce que la rhétorique de ses meurtriers l’a transformé en une figure du « Mal » personnifié : un « fasciste ». C’est terrible et cela peut arriver à n’importe qui !

Il est saisissant de voir combien il est impossible, dans le débat politique contemporain, de définir le « Mal » en politique sans invoquer le fascisme et tout l’appareil conceptuel qui lui est rattaché. Cet état de fait est le résultat d’une construction élaborée par l’intelligentsia marxiste dès la fin des années 1930. Le « Mal » fasciste remplaçait alors le mal « bourgeois » du début des années 1920 qui, après l’échec international de la révolution d’Octobre, commençait à être passablement usé.

La conception fasciste d’une nation prolétaire

Puisque c’est du « Mal » en politique dont il est question, il n’est pas inutile de rappeler quelques notions basiques à propos du « Mal » fasciste, que l’on appliquera par extension au « Mal » nazi et au « Mal » communiste.

Selon l’historien Zeev Sternhell, en tant que discours idéologique, le proto-fascisme apparaît comme un discours contre les Lumières et proche des mouvements romantiques valorisant les identités, les traditions, les langues nationales, etc.

En réalité, qu’est-ce que ce proto-discours idéologique a à voir avec la réalité du régime fasciste ? Presque rien, hormis un détour par la psychologie de l’Histoire ! Car, de fait, le fascisme est une des nombreuses progénitures du mouvement révolutionnaire marxiste…

En effet, on ne le rappelle pas assez, le fascisme est né, en Italie, d’une césure au sein du syndicalisme socialiste. Certains syndicalistes (tout d’abord Alfredo Rocco et Enrico Corradini), constatant l’échec de la révolution internationale qui reposait sur l’hypothèse d’un prolétariat mondial, en vinrent à considérer que le prolétariat ne devait plus s’envisager que sur le plan national. Contre l’internationalisme, ils légitimèrent alors la nécessité de nationaliser la révolution. Selon eux, le véritable agent révolutionnaire n’était pas la classe, mais la nation, et le grand affrontement final qui sonnerait l’avènement de la révolution planétaire aurait lieu entre nations bourgeoises et nations prolétaires.

Contre toute attente, c’est cette nouvelle conception de la révolution planétaire qui, après la Seconde Guerre mondiale, sera à l’origine de ce qui deviendra plus tard le « tiers-mondisme ». De la même façon, c’est cette transposition nationaliste du concept de la lutte des classes qui permettra, via le décolonialisme, de développer la rhétorique justificative du déferlement de l’immigration de masse sur les terres européennes !

On passera ici sur l’ambiguïté existante, tant dans le communisme que dans le fascisme, entre peuple et classe, ambiguïté garantissant à volonté une bien commode plasticité des concepts qui nous garantira d’innombrables ironies du sort…

L’origine socialiste du fascisme

Au chapitre des ironies du sort, il faut également rappeler que le fascisme naissant de Mussolini impressionna positivement les camarades Lénine et Staline, qui le considérèrent initialement comme une nouvelle phase du socialisme !

Après la mort de Lénine en 1924, les staliniens italiens, avec l’aval machiavélique de Moscou, favoriseront systématiquement le fascisme dans son projet d’unification du prolétariat et de la bourgeoisie. Il s’agissait, bien sûr, de vues stratégiques contre le trotskisme et l’impérialisme franco-anglais (voir les écrits des trotskistes Pietro Tresso et d’Angelo Tasca alias Amilcare Rossi). Ce double discours, alors même que Staline scandait que le fascisme constituait un aboutissement du capitalisme, aboutira au traité de non-agression germano-soviétique qu’on aurait mieux nommé « communisto-nazi »…

On le voit, la matrice marxiste n’est pas à une contradiction près et la polymorphie inépuisable de ses recyclages n’a qu’une constante : son immoralité et son inhumanité congénitale.

Contre les invectives mélenchonistes et la racaille antifa, il faut d’abord remarquer que le fascisme naît de la matrice marxiste et que les projets communiste et fasciste comportent énormément de points communs, le premier d’entre eux étant qu’ils sont tous deux de nature révolutionnaire.

Le projet totalitaire d’union des classes

Le fascisme se construit d’abord comme le projet révolutionnaire d’une nation de travailleurs, où prolétariat et bourgeoisie s’unifieront pour créer un État efficace dont le premier acte fondateur sera une grande opération de nationalisations de la propriété privée, de l’industrie, de l’agriculture et de tout ce qu’une nation implique d’activités et de productions.

Au cœur de ce projet, l’éducation « fasciste » assurera le contrôle de la pensée, allant de pair avec un discours soutenant que la nation serait ainsi conduite à la libération ultime de l’oppression bourgeoise, de l’aliénation de la propriété privée et… du joug marxiste ! La belle série de contradictions que voilà !

Ainsi, au lieu d’être le sujet d’un système, l’individu sera (soi-disant) le membre actif d’une organisation politique de travailleurs au service de la nation, contre le paradigme économique internationaliste bourgeois et communiste (autre contradiction). Dans son activité productive et politique, cet individu n’existera plus en tant qu’être autonome et singulier, mais seulement en tant qu’élément de l’organisation étatique dont il fait partie. Il lui devra tout, il ne sera plus un homme, mais l’élément fonctionnel d’une machinerie, un citoyen-travailleur impliqué dans une relation avec l’État qui le transcendera et le gouvernera à la fois.

Des points communs avec le communisme

S’il fallait désigner la véritable différence entre les deux mouvements, on la trouverait dans le fait que, pour le communisme, l’instrument ultime qui permet d’atteindre le « Graal » révolutionnaire est la dictature du prolétariat, quand, pour le fascisme, c’est la nation. Hormis cela, les modalités et ce qu’elles entraînent sont fort semblables.

Ainsi, bien qu’il se positionne comme antagoniste au communisme et aux Lumières, le fascisme a, en pratique, suivi la même stratégie de concentration du pouvoir dans l’administration étatique que son ennemi juré.

À l’instar des Lumières qui consacraient la victoire de la raison et de la science contre l’irrationalité, le fascisme a mis en place une rationalisation de la société humaine par la construction d’un système administratif consacrant la victoire complète de l’État sur l’individu, où ce dernier est sommé de construire sa propre aliénation en se transcendant dans la structure étatique.

Cette relation, où se conjuguent aliénation et transcendance, servitude et mystique matérialiste dans un éternel paradoxe sado-masochiste, est le propre de toutes les relations entre l’individu fonctionnarisé et l’État marxisant.

Voilà donc ce qu’était le déterminisme fasciste qui, paradoxalement, fut aussi celui du communisme ! La politique étatisante et rationalisante est la même dans les deux mouvements, ce qui devrait porter à réflexion sur la frontière qui les sépare (soi-disant) hermétiquement. Le grand socialiste « fabien » Bernard Shaw ne tarissait-il pas d’éloges envers Mussolini ?

En 1925, Henri Béraud, journaliste au Canard enchaîné, écrivait dans son livre, Ce que j’ai vu à Moscou : « Rien, extérieurement, ne ressemble plus à la vie moscovite que la vie romaine : cortèges, emblèmes, crainte, silence… La réaction et la révolution n’ont, après elles, laissé aux hommes déconcertés qu’un être sombre et masqué, le Dictateur inconnu… ».

Au Brésil, le président Lula, et ce n’est pas une coïncidence, a avoué que son modèle de toujours était Getúlio Vargas, le dictateur fascisant des années 1940… CQFD !

Cette curieuse interchangeabilité et la plasticité conceptuelle qui en découle nous rappellent que Lénine, en bon rhétoricien, conseillait à ses troupes de pratiquer constamment l’inversion accusatoire, en accusant ses ennemis d’être ce qu’ils étaient eux-mêmes…

Fascisme et communisme ont également en commun cette même technique constante d’instrumentalisation du langage et des concepts, où toutes les identités et les idéologies deviennent des espèces d’euphémismes chargés de créer un rideau de fumée dans des disputes de sectes, dont l’objet est le renforcement politique par la criminalisation idéologique de l’autre en vue d’aboutir à son élimination physique.

Les idéologies ne sont plus, alors, que des armes de propagande chargées de garantir une pérennité politique grâce à l’existence entretenue d’un ennemi à abattre. Les « bourgeois » de Staline ont la même fonction que les Juifs d’Hitler…

La conception « purificatrice » marxiste

C’est justement à cet endroit que se vérifie la dangerosité de la matrice marxiste. Ce qui la définit, ce sont moins ses idées, qui somme toute sont assez banales, que sa méthode, son processus, sa culture et, puisque le marxisme se prétend scientifique, son épistémologie.

Comme on le sait depuis qu’on l’étudie, le « Mal » en politique est moins dans les idées que dans les modes et processus contenus en filigrane dans les discours idéologiques qui sont chargés de les activer.

Dans la matrice marxiste (et de tout ce qui en découlera : communisme, fascisme, maoïsme, wokisme, etc.), toute la mystique idéologique transcende et active un seul et unique principe : la purification de la société humaine.

Ce principe valide le vieil adage sartrien — « L’enfer, c’est les autres » —, qu’il s’applique au bourgeois, au Juif, au fasciste, au communiste, au réactionnaire, au social-démocrate, au social-traître, au contre-révolutionnaire, au patron, au contremaître, au « jaune », à l’homosexuel, au religieux… la liste est interminable et s’étend à mesure que la matrice marxiste se régénère sur le dos de l’Histoire en la réécrivant.

Le but de la révolution est d’engendrer un peuple de purs, qu’il soit pur de sang, idéologiquement, ou de je ne sais de quel autre référent aux vertus magiques. Les purs, ces saints surgis des ténèbres, dont l’ascèse exige la purification par le sang versé, n’ont ni pardon ni compassion. Leur religion profane, que les moujiks accusaient d’être antéchristique, devra orchestrer la grande inversion universelle sacrificielle. De là découlera toute la perverse mécanique de son mode politique que l’on résumera ainsi : la fin (l’idéologie) justifie les moyens (le meurtre), jusqu’à ce que ladite fin, une fois atteinte, révèle qu’elle n’était elle-même qu’un moyen pour atteindre un autre avatar de cette fin, le pouvoir, et ceci sans fin.

Selon leurs partisans, le fascisme a échoué pour n’avoir pas été suffisamment fasciste et le communisme pour n’avoir pas été assez communiste, mais en réalité, ces systèmes ont failli… Et tout le mal qu’ils ont engendré n’était qu’un effet incontournable du matérialisme historique, cet avatar rationalisant de la volonté de puissance qui justifie tout, puisque lui seul pouvait les conduire vers la totalité révolutionnaire. La fameuse omelette et les œufs qu’on casse. Ah ! La vilaine excuse !

Si tous les régimes issus de la matrice marxiste ont provoqué de telles déflagrations, c’est qu’au centre de leur processus se trouve le meurtre révolutionnaire, qui justifie le meurtre d’État, le crime contre l’humanité revêtu du statut d’une justice déterminée par le sens de l’Histoire.

La volonté de puissance s’avançait sous le masque du matérialisme historique. Combien de théories (intéressantes, certes) pour expliquer la culture de mort du nazisme et du fascisme, quand il suffisait de se souvenir de leur matrice. Les tergiversations pour savoir si le fascisme est de gauche ou de droite sont hors sujet, et fausses, puisqu’on oublie comment il a été engendré.

Au centre de cette mystique de mort, qui en vérité naquit de la Révolution française et fut définitivement conceptualisée par Marx, il y a toujours eu la figure d’un personnage sombre et démiurgique, pour ne pas dire satanique : le psychopathe révolutionnaire. De Robespierre à Mélenchon, en passant par Lénine, Trotski, Staline, Pol Pot, etc., il sème sa pestilence en subjuguant l’humanité par les vertus de la haine de l’homme, qui reste humain, trop humain…

Le philosophe du régime fasciste, Giovanni Gentile et le marxiste Antonio Gramsci ont consacré leurs vies à une rationalisation absolue de la pensée politique, afin d’établir l’impossibilité complète de toute métaphysique. Une fois cette dernière éradiquée, que restait-il ? La rationalisation de l’État socialiste ? Celle de l’État fasciste ? Quelle est la différence entre les deux conceptions ? Libéré de sa condition métaphysique, l’individu n’est plus que le sujet-objet de l’arbitraire paradoxal d’une grande machine rationalisante et délirante à la fois. Confinée à l’horizon de sa matérialité, sa liberté n’est plus vouée qu’à se transcender dans l’État qui le dévore, et sa condition d’être humain n’a de valeur que tant qu’il porte la bonne étiquette. Quand des idéologies, qui ont moins de différences que de caractères communs, servent à déterminer si tel ou tel sujet est bon ou mauvais, c’est qu’en fait d’idéologies, c’est à de la pensée magique qu’on est confronté, et qu’en fait de docteurs du dogme, c’est à des escrocs lanceurs de sorts que l’on a affaire !

Quentin a été assassiné par la vieille machinerie révolutionnaire, et le drame, qui ne cesse de se répéter depuis le surgissement de la modernité, est que la rationalité pointilleuse de cette satanée machine se confond étrangement avec le délire paranoïaque de ses pourvoyeurs… Une belle fabrique de psychopathes !

Charles Granfeu

https://www.polemia.com/sait-on-encore-dou-vient-et-ce-quest-le-fascisme/

De Maurras à Schmitt

 

Par Stéphane Blanchonnet

Nous savons ici à quel point la critique du romantisme est centrale chez Maurras. Cette dernière se déploie dans l’ensemble de son œuvre mais elle est condensée d’une manière presque parfaite dans le petit texte intitulé Trois idées politiques, en particulier dans le chapitre consacré à Chateaubriand. Maurras critique le traditionalisme de l’auteur de René dans son principe.

En effet, Chateaubriand paraît défendre le trône et l’autel, non pour les bienfaits positifs que ces institutions procurent au Bien commun, mais parce qu’elles lui plaisent et, mieux encore, parce qu’il en a la nostalgie.

C’est la formule du romantisme de droite, dont Maurras trouve l’équivalent à gauche chez Jules Michelet. Ce dernier s’enthousiasme pour le peuple, l’avenir, la démocratie, pour des motifs tout aussi romantiques que ceux qui poussaient Chateaubriand à défendre la Tradition.

Mais pourquoi me direz-vous aborder ici ce sujet doctrinal que l’on traite dans les cercles d’études d’Action française de manière habituelle et régulière ? Eh bien, parce que l’excellent Antoine Dresse vient de faire paraître, de préfacer et de traduire chez Krisis, un ouvrage fondamental qui apporte à Maurras un très inattendu soutien germanique.

Il s’agit de l’essai Romantisme politique de Carl Schmitt. Paru pour la première fois en 1919, il est à noter que ce livre sera rapidement traduit, bien que seulement de manière partielle, sous l’égide de Georges Valois, peu de temps après sa rupture avec Maurras. Il est d’ailleurs probable que ce projet d’édition soit né avant la rupture. Les milieux maurrassiens s’intéressaient donc vraisemblablement à cet écho que trouvait leur critique du romantisme chez cet auteur allemand.

De manière symétrique, on découvre à la lecture de ce Romantisme politique que Schmitt lui-même avait lu Maurras. Il reprend même à son compte la fameuse doctrine des trois R : Réforme, Révolution, Romantisme. Plus fondamentalement, Schmitt radicalise et en quelque sorte universalise les reproches faits par Maurras à Chateaubriand en définissant le romantisme comme un « occasionalisme subjectif ».

Les deux auteurs considèrent que le romantique prend prétexte de la défense d’une cause pour exprimer son individualité, pour épancher son Moi, au détriment des réalités politiques. Nous ne suivrons donc pas Alain de Benoist, malgré toute notre admiration pour son érudition, quand il cherche (dans une intervention à un colloque sur Maurras ou dans un récent article d’Éléments) à nuancer la proximité intellectuelle entre Schmitt et Maurras sur cette question. Celle-ci nous paraît au contraire évidente, et d’autant plus intéressante qu’elle révèle une influence directe de Maurras sur Schmitt, ce qui n’est pas rien, quand on considère la place qu’occupe ce dernier dans l’histoire des idées, que ce soit en philosophie politique, en philosophie du droit, ou en géopolitique.

(Illustration : Der Wanderer über dem Nebelmeer, huile sur toile de Caspar David Friedrich, 1818, Kunsthalle de Hambourg).

https://www.actionfrancaise.net/2026/06/05/de-maurras-a-schmitt/

mercredi 3 juin 2026

Visite guidée à deux voix – Château de Vitré et son centre médiéval

 


Dans la tradition bainvillienne

 

Parce qu’il n’est pas forcément clair pour tout le monde que le royalisme est parfaitement d’actualité, nous vous conseillions en mars dernier, pour le mieux connaître, de vous intéresser aux parutions des éditions de Flore et à celles de Midi blanc-éditions. Aujourd’hui, c’est de la Nouvelle Revue Universelle dont nous vous parlons…

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Le prochain numéro de la Nouvelle Revue Universelle, la revue laboratoire du maurrassisme du XXIe siècle, va partir sous presse. Heureusement, grâce à la Librairie de Flore, il vous est possible de vous procurer un exemplaire du n°82-83 que son rédacteur en chef Axel Tisserand présente :

« Extinction des Lumières ». Tel est le titre de l’important dossier que nous consacrons à la crise que l’Occident traverse aujourd’hui, crise venue apparemment des États-Unis – mais le wokisme en est également originaire, agrémentant à la sauce puritano-libertarienne d’une french theory pour laquelle la seule question qui vaille est : pourquoi a-t-elle pris son essor, jusqu’à son nom, de l’autre côté de l’Atlantique, avant de nous retourner en boomerang ?

Un cycle serait-il en train de se clôturer sans toutefois que rien d’autre n’émerge de manière à peu près certaine, un cycle né après la Renaissance et qui, en un aller-retour entre l’Europe et les États-Unis, a également influencé notre vieux continent – par exemple la philosophie de la Déclaration d’indépendance de 1776 et notre propre Déclaration des droits de l’Homme.

Voici le sommaire complet de ce numéro à ne pas manquer :

Éditorial d’Axel Tisserand – Vers un couvre-feu de la raison ? (p. 5).

Extinction des Lumières

  • Alain Vignal – La catholicité et la France à l’épreuve des Lumières (p. 17) : Une claire synthèse montrant comment les Lumières se sont en grande partie instaurées contre le catholicisme, minant le socle traditionnel de la société française.

  • Philippe Ariès – Révolution et Contre-Révolution face à face (p. 31) : Dans deux textes publiés en 1938 dans L’Étudiant français, Philippe Ariès se penche sur l’opposition de fond entre Révolution et Contre-Révolution et analyse en profondeur la « secte jacobine« .

  • Philippe Lallement – Accélération du déclin des Lumières (p. 39) : Une enquête aiguë sur une évolution – qui semble irréversible – vers la fin de la mondialisation, la fin de la modernité, la fin d’un Occident coupé de ses origines.

  • Henri Letigre – Impasses de la pensée économique des Lumières (p. 59) : Le libéralisme économique, issu des Lumières semble avoir fini son cycle historique, faute d’avoir su dépasser ses contradictions.

  • Gérard Leclerc – Un défi ouvertement civilisationnel (p. 69) : Une analyse, bienveillante mais sans concession, de notre crise de civilisation telle que la voit Éric Zemmour dans son dernier livre.

  • Pierre Debray – L’agonie du monde moderne (p. 83) : Une lettre pleine de foi, de courage et de vigueur intellectuelle adressée aux évêques de France. Son actualité est saisissante.

  • Nadège Cordier – Colonisation et « régénération » : l’éternel échec républicain (p. 93) : Où l’histoire prouve que, depuis Jules Ferry, les Lumières ont leur part de responsabilité dans le chaos africain actuel.

  • Maurice Jallut – Pour des institutions postmodernes (p. 103) : Par un des maîtres de l’école d’Action française, une critique radicale de l’anglomanie politique exportée par les Lumières en France.

Fiévreuse planète

  • Gilles Varange – Énigme Poutine ou énigme russe ? (p. 117) : Plus qu’un personnage mystérieux et inquiétant, Poutine n’est-il pas surtout une nouvelle incarnation des constantes de l’histoire russe ?

  • Alexandre Lalanne-Berdouticq – La France prête pour une guerre en Europe ? (p. 127) : Le discours belliciste du gouvernement paraît déconnecté des capacités matérielles et morales du peuple français.

  • Gwendal Keraliès – Quand Donald Trump fait du Maurras (p. 141) : Au-delà de ce titre provocateur, la stratégie internationale de Trump se révèle d’une cohérence et d’une perspicacité inattendues.

  • Dominique Decherf – Réflexions sur le droit international (p. 149) : Depuis 25 ans, le droit international marche sur la tête, mais reste toujours dominé par les États-Unis. De la tornade Trump pourra-t-il sortir un bouleversement positif ?

Déminage du territoire

  • Pierre-André Taguieff – Un débat au sein du nationalisme dans les années 1890 (p. 165) : Dès 1989, dans un entretien, le philosophe discernait ce qui a fait, dès l’origine, la spécificité du nationalisme français, totalement étranger à la notion de race.

  • Christian Tarente – Maurras antiraciste intégral (p. 174) : Dans son livre Maurras, la nation contre le racisme, Axel Tisserand montre, citations à l’appui, que Maurras a toujours été viscéralement hostile au racisme.

Rétrospectives et perspectives

  • Michel Bouvier – « Je peins le passage » ou… retour sur les bancs de l’école (p. 183) : Ou quand on découvre un Montaigne enfin rendu aux siens : les catholiques, qui se voient entraînés ici dans une méditation d’une insondable profondeur.

  • Pascal Cauchy – De l’aveuglement militant à la lucidité obstinée (p. 191) : Un centenaire incontournable, tant l’historienne a su dire la vérité du communisme en analysant ses propres comportements lorsqu’elle était encore une militante fanatique.

  • Arnaud Guyot-Jeannin – Un royaliste traditionaliste s’est éteint (p. 200) : Un hommage à notre ami disparu Michel Michel.

Chroniques et lectures

  • Michel Mourlet – Journal critique (p. 203) : Où nous apprenons que le Journal critique a 72 ans. Et pas une ride ? Ami lecteur, juge par toi-même.

https://www.actionfrancaise.net/2026/06/03/dans-la-tradition-bainvillienne/

L'abolition de l'esclavage : utopie ou réalité ?, avec Vincent Hugeux