samedi 22 avril 2023

Guerre d’Espagne. Michel del Castillo, le grand témoin qui valide le “franquiste” Pio Moa

 

A 89 ans, l’écrivain franco-espagnol Michel del Castillo est un grand témoin du dernier siècle, à cheval sur les deux versants des Pyrénées. Né à Madrid en 1933, il a passé sa prime enfance dans la guerre civile puis le plus clair de sa jeunesse dans les années les plus dures du franquisme.

Malgré cette expérience, ou peut-être à cause d’elle, plusieurs de ses livres portent une vision équilibrée sur toute la période. Au point de rejoindre sur certains points l’historien amateur Pio Moa, dont le livre hérétique, “Les Mythes de la Guerre d’Espagne“, a été traduit l’année dernière en français. Les points communs concernent :

-la responsabilité écrasante de la gauche espagnole dans le déclenchement de la guerre civile

– la nature de plus en plus totalitaire du régime de Front Populaire issu des élections de février 1936, régime qui ne méritait plus le nom de République

– la réévaluation du personnage de Franco, Del Castillo restant cependant plus critique

Dès 1957, “Tanguy” parle des dérives du camp dit républicain

Chez Del Castillo, cette façon de voir est perceptible dès son premier livre, un roman à base autobiographique qu’il publie à son arrivée à Paris dans les années 50 : 

” Tout avait commencé par un coup de canon. C’était la guerre en Espagne. Mais Tanguy [le double littéraire de Del Castillo] ne gardait de ces années que quelques souvenirs confus. Il se rappelait avoir vu de longues queues immobiles devant des boutiques (…) des miliciennes fusil à l’épaule qui arrêtaient les passants pour leur demander leurs papiers (…) avoir pleuré de peur en entendant les “miliciens” frapper à la porte aux premières heures du matin (…)  Le soir, il écoutait sa mère [proche du président républicain jacobin Manuel Azaña] parler à la radio (…) Les communistes l’arrêtèrent un jour (…) il aperçut sa mère derrière des grilles, avec d’autres femmes (…) Il entendit qu’elle expliquait à sa nurse comment chaque nuit des groupes de prisonnières étaient emmenées pour le “paseo” [= la “promenade”, mot désignant les exécutions politiques].” 

(“Tanguy”, Michel Del Castillo, 1957, page 1)

Mal lu et mal compris, “Tanguy” a été pris en son temps pour un livre antifranquiste (1),  ce qui a valu à son jeune auteur d’être adoubé par l’intelligentsia parisienne. Aussi  cette dernière s’est-elle  sentie trahie, quand Del Castillo récidiva à 75 ans, en publiant ” le Temps de Franco”, un livre remarquable par son impartialité  : 

” Dans les rues des grandes villes, Barcelone, Valence, Madrid, Jeunesses socialistes et phalangistes [phalangisme = version espagnole du fascisme, fondé par José Antonio  Primo de Rivera] règlent leurs comptes. Chaque jour, les assassinats politiques font des dizaines de morts [chiffre exagéré]. Feu mon ami Vasquez Montalbàn a écrit que les señoritos de la Phalange abattaient froidement des syndicalistes et des ouvriers dans l’intention de destabiliser la République. J’ai écrit la même chose avec la certitude que c’était la vérité, ce qui prouve que la propagande est un bon aliment pour la paresse de l’esprit. Ayant creusé le sujet, Payne [historien anglais marqué à droite, un des rares soutiens de Pio Moa] démontre que José Antonio, personnage contradictoire, refusa longtemps la violence.”  

(“Le Temps de Franco, récit”, Michel del Castillo, 2008, page 173)

Les pros, moins calés sur la chronologie que les amateurs…

Mais peut-on faire confiance à des amateurs comme Pio Moa et Del Castillo ? Voici en comparaison ce qu’écrit sur le sujet une “pro” de l’histoire, salariée de l’université Paris VIII comme ” spécialiste du genre dans l’Espagne contemporaine” : 

” La radicalisation de la droite est perceptible aussi dans l’apparition des premiers groupes fascistes ou fascisants. En octobre 1933, la Phalange espagnole fit son apparition (…) Contrairement aux JAP [les jeunes du principal parti de droite], les phalangistes et jonsistes ne reculaient pas devant l’usage de la violence, tout comme ne le faisaient pas les milices formées et entrainées par les carlistes [droite paysanne royaliste] dans leurs fiefs basques et navarrais. A leur tour, les organisations ouvrières constituaient des milices armées, comme les MAOC, les Milices antifascistes ouvrières et paysannes, formées par le Parti communiste espagnol au printemps 1933 pour contrecarrer l’activité des groupuscules fascistes. Ainsi les premières victimes des combats de rue tombèrent dès l’automne 1933.”

(“Histoire de l’Espagne contemporaine”, ouvrage collectif, 2017, page 182, chapitre écrit par Mercedes Yusta)

Selon Mercedes Yusta, c’est la droite qui a enclenché la spirale de la violence et la gauche n’aurait agi qu’après coup, pour la “contrecarrer”. Or elle a mal relu sa copie puisque son texte lui-même établit que les milices staliniennes ont été organisées 6 mois avant l’apparition de la Phalange… (2) 

E.P.

1) “Tanguy” est dès sa parution un grand succès international et est resté depuis un classique de la littérature jeunesse. Il raconte le parcours d’un enfant franco-espagnol à travers la guerre civile de 1936-1939, le camp d’internement de Rieucos sous Vichy, un camp de concentration en Allemagne, une maison de correction-orphelinat et une usine dans la Catalogne d’après-guerre.
“Tanguy” n’est pas antifranquiste : le livre est traduit et publié en Espagne en 1959 ; il est salué par Mercedes Fórmica, avocate et femme de lettres phalangiste, dans ABC, le journal conservateur de référence  ; il a été lu et apprécié par Carmen Polo, l’épouse du général Franco ; Del Castillo est reçu en audience par le dictateur, pour parler de la question des maisons de redressement en Espagne.
“Tanguy” n’est pas non plus profranquiste : il se place au point de vue d’un enfant, qui subit les crimes des adultes, quelle que soit leur idéologie. Apolitique, il est dans une logique de pardon et de réconciliation. Y compris avec sa mère, une grande dame de gauche, irresponsable et égoïste, qui est la cause immédiate de ses malheurs.
Jusqu’à quel point “Tanguy” est-il autobiographique ? L’épisode le plus marquant – le camp de concentration nazi- n’est plus guère développé dans les romans et récits ultérieurs de Del Castillo.

 2) A l’automne 1933, selon les données de Pio Moa, toutes les victimes des violences politiques sans exception sont des “fascistes” :  cela commence en novembre 33 par un mort et une blessée grave parmi ceux qui assistaient à un meeting électoral de Primo de Rivera. C’est seulement en juin 34, après une dizaine de morts dans ses rangs, que la Phalange entamera des représailles, en général de façon proportionnée et ciblée sur les milices adverses.
La chronologie et l’étude factuelle des violences politiques (assassinats mais aussi destruction d’églises, d’oeuvres d’art, d’écoles, de bibliothèques, de médias, de sièges de partis politiques de droite) montrent que ce sont les groupes armés de gauche, opérant dans une totale impunité,  qui ont joué la surenchère – jusqu’à l’assassinat en juillet 1936 de José Calvo Sotelo, un des chefs parlementaires de la droite, qui n’avait pourtant rien à voir avec ces affrontements. C’est cet assassinat volontairement provocateur qui a été l’élément déclencheur de la guerre d’Espagne.
Ces violences s’inscrivaient dans la stratégie insurrectionnelle de type “antifa” adoptée à l’été 1933 par Largo Caballero, principale figure du parti socialiste et du syndicat UGT. Deux cycles de violence ont été orchestrées crescendo : en 1933-1934, puis en février 1936, à chaque fois à l’initiative des groupes armés de gauche. Caballero était alors sous l’influence d’Alvarez Del Vayo, un agent de l’Union soviétique.
Les anarchistes avaient précédé les socialistes dans la violence : entre 1931 et 1933, en pleine République et bien avant l’apparition du moindre groupuscule fasciste, les émeutes libertaires avaient déjà causé  280 morts

Verbatim Michel Del Castillo sur le franquisme

Sur la répression franquiste en 1951

[La mère du narrateur est retournée en Espagne et a été arrêtée comme ancienne républicaine] 

“Le matin, le chef, un commissaire, est venu me trouver : ” Son fils a fait unebêtise, Monsieur Bouguet, en s’avançant et en l’assurant qu’elle était graciée. Mais soyez tranquille : nous savons qu’elle n’a tué ni fait tuer personne. Rentrez à votre hôtel. L’affaire risque de durer un bon moment, le temps que nous procédions à certaines vérifications. Je vous donne ma parole d’homme qu’il ne lui sera fait aucun mal. Je vous demande de nous aider en attendant son retour sans faire d’esclandre“.

[Elle sera finalement libérée.]

(“Rue des Archives”, roman, 1994, p 118)

Sur Sartre et ses brillantes analyses

“Je me suis également rappelé mes rendez-vous avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (…) dans les années 60. Nous allions manger  la Palette ou à la Coupole (…) Les serveurs  déroulaient un paravent qui nous cachaient de la salle et à peine installés dans notre coin, Sartre allumait sa cigarette avant de me raconter l’Espagne, qu’il connaissait mal, d’analyser le franquisme, qu’il n’avait pas vécu.”

(“L’Adieu au Siècle, journal de l’année 1999”, p 170)

Le destin étonnant d’un anarchiste devenu chef de prison 

“Les massacres se seraient poursuivis jusqu’à l’extermination totale si un grain de sable n’était venu gripper la machine. Il s’appelait Melchior Rodriguez, un anarchiste (…) Le nouveau ministre de la justice, lui-même anarchiste, le nomma directeur des prisons (…) Sitôt en place, (…) il donna l’ordre de ne livrer aucun prisonnier sans un mandat signé de sa main (…) Par sa seule présence, il réussit à sauver des milliers de vies.
Comparaissant après la guerre devant un tribunal militaire, de nombreuses personnalités franquistes vinrent témoigner en sa faveur. Quand l’un de ces témoins parla de ses vertus chrétiennes, Melchior se dressa et protesta avec force, disant (… ) qu’il avait agi par humanité, et non par charité. Il fut condamné à une peine légère (…)
Lorsqu’il tomba gravement malade, il fut soigné à l’hôpital Francisco Franco de Madrid où Martin Artajo, ancien ministre des affaires étrangères du Généralissime, lui rendit visite, arborant pour l’occasion une cravate aux couleurs de l’anarchisme, rouge et noire
.”

(“Le Temps de Franco”, récit, 2008, p 256)

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine 

https://www.breizh-info.com/2023/04/22/218745/guerre-despagne-michel-del-castillo-le-grand-temoin-qui-valide-le-franquiste-pio-moa/

vendredi 21 avril 2023

GILLES DE RAIS : brigandages et procès d'un seigneur breton (PART 2)

Le mystère Clovis en format poche

 

Les éditions du Rocher ont eu l’excellente idée de publier une version en format de poche et à un prix très abordable du livre Le mystère Clovis écrit par Philippe de Villiers.

Ce livre confirme le talent de conteur de Philippe de Villiers. Ce qu’il avait déjà réussi en scénographie à travers les spectacles exceptionnels du Puy du Fou, il le réussit également à merveille sous la forme de biographies romanesques de grands personnages de l’Histoire de France. Après Le roman de Charette et Le roman de Saint Louis, voici Le mystère Clovis. Dans les trois cas, il s’agit de véritables héros dont l’épopée est un témoignage de Foi mais aussi d’amour de la France.

Si l’ouvrage se veut fidèle à la vérité historique, il n’en est pas moins vrai qu’il s’agit d’un roman que l’auteur écrit à la première personne du singulier. Philippe de Villiers entraîne le lecteur dans les aspects les plus intimes de la conversion du roi franc. L’objectif avoué de l’auteur étant de fournir un Clovis de chair, à figure humaine.

S’il ne s’agit donc pas à proprement parler d’une biographie historique, ce livre offrira néanmoins de beaux moments de détente auprès d’un roi dont le baptême fut un acte fondateur.

Le mystère Clovis, Philippe de Villiers, éditions du Rocher, collection Le Rocher Poche, 356 pages, 8,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/le-mystere-clovis-en-format-poche/137371/

136 - Yann Raison du Cleuziou & Florian Michel pour leur livre co-dirigé...

jeudi 20 avril 2023

Parution : Joseph de Maistre. La nation contre les droits de l’homme

 

Parution : Joseph de Maistre. La nation contre les droits de l’homme
Ce livre sera présenté en exclusivité lors de notre Xe colloque annuel le 15 avril 2023. Vous pourrez le retrouver sur le stand de l’Institut Iliade.

Nul n’est prophète en son pays, et Joseph de Maistre ne fait pas exception à cet adage populaire. Pour la collection Longue Mémoire de l’Institut Iliade, Marc Froidefont revient sur ce savoyard, catholique (malgré un passage dans une loge maçonnique) qui est reconnu pour être l’un des pères de la philosophie contre-révolutionnaire. C’est par une approche philosophique et historique que l’auteur nous propose de redécouvrir ce penseur essentiel pour qui veut se construire une pensée politique cohérente.

Dans un premier temps, Marc Froidefont s’emploie à montrer comment, en effectuant un glissement du sens du mot nation, les philosophes des Lumières et les Révolutionnaires ont modifié profondément les rapports qui unissaient les hommes entre eux. C’est bien ce changement de paradigme philosophique qui fut le point de départ de la réflexion de Joseph de Maistre, comme le montre bien l’auteur de cette nouvelle publication. Face à l’universalisme constitutif de la Déclaration des Droits de l’Homme, d’une constitution qui place la loi de la république naissante au-dessus des coutumes et des traditions qui unissaient les hommes d’une même région, Joseph de Maistre rappelle qu’une nation est avant tout naturelle, historique, culturelle et religieuse. L’inversion des valeurs et la mise en place d’un contrat social, fruit d’une philosophie matérialiste, héritage de la pensée lockienne cherchent à détruire toute expression d’une diversité liée à une région et son histoire.

S’appuyant sur la philosophie aristotélicienne, Marc Froidefont rappelle que pour Joseph de Maistre l’homme est « un animal intelligent, religieux et sociable », qui a besoin d’un ordre structuré et cohérent pour pouvoir vivre en communauté. L’auteur poursuit sa réflexion en rappelant la nécessité d’avoir, à la tête d’une nation, un souverain ayant pour but premier le bien de son peuple, c’est-à-dire de sa nation. C’est cette mission divine qui doit guider la volonté d’un souverain tourné vers le Bien Commun des communautés qui constituent sa nation. S’appuyant sur le rôle des mères qui développent chez leurs enfants « le respect de la morale et de la religion », le souverain pourra lutter contre le Mal pour que sa nation ne devienne pas décadente. L’auteur poursuit en rappelant que les nations sont des entités vivantes, et qu’en cela elles naissent et meurent, et peuvent même se combattre les unes les autres. Loin d’un pacifisme déconnecté de la réalité, Joseph de Maistre ne nie pas la guerre qu’il considère comme un châtiment divin. Enfin Marc Froidefont propose un dernier chapitre où il développe la vision que Maistre a pu se forger de l’Islam et le danger qu’il pouvait déjà représenter au XIXe siècle pour une Europe au moins unie par un christianisme commun.

À chaque période de crise, il s’agit de revenir aux fondamentaux et à l’essence des choses. Lire un ouvrage sur Joseph de Maistre, le philosophe qui s’opposa à l’esprit dit « des Lumières » et à la Révolution Française, est presque devenu un acte de résistance intellectuelle, à l’heure où les journalistes usent et abusent des termes de nation, peuple, république ou constitution, sans avoir conscience du sens et de la portée de ces mots…

Informations techniques

Joseph de Maistre. La nation contre les droits de l’homme, par Marc Froidefont, La Nouvelle Librairie éditions, 2023, 84 pages. Prix : 9 €. ISBN : 978-2-493898-63-0

https://institut-iliade.com/parution-joseph-de-maistre-la-nation-contre-les-droits-de-lhomme/

Reportage. Stop à la propagande et l’anxiété climatique. « Quand le climat écrit l’histoire ».

 

par  | 20 Avr 2023 | 

C’est un documentaire diffusé sur France 5 et daté de 2014. En moins de 10 ans il semble que ce monde ne pense plus du tout.

« Inondations, sécheresses, températures extrêmes sont aujourd’hui omniprésentes dans notre actualité, mises en relief par le réchauffement climatique. 

Pourtant les fluctuations climatiques et leur impact sur le quotidien de l’homme ont existé de tout temps. Le climat a toujours façonné notre environnement, notre mode de vie et même nos civilisations. Ce même climat aurait causé la disparition de Néandertal. Stable et clément, il aurait permis à l’Empire romain de prospérer. Dans la Chine impériale, les bonnes conditions climatiques permettaient des récoltes riches et du bétail en quantité. En France, à la fin du XVIIIe siècle, une petite période glaciaire aurait causé la famine et conduit à la Révolution. »

Le climat a toujours, toujours changé.

Il faut connaître un tout petit peu l’histoire.

Les fluctuations du soleil ? +/- 2°.

Les fluctuations du Gulf-Stream ? +/- 6 à 8°.

Les montées des eaux ? Avec les traces du « déluge » c’est + ou – 120 mètres et des zones entière habitées englouties, et des plaines submergées… faisant naître des iles partout dans le monde car les hommes se sont déplacés à pieds, pas en voilier, ni en voiture pour atteindre toutes les îles du monde… A l’époque il n’y avait pas d’eau.

Bref, entre les déserts qui étaient verts, et les glaces qui ont déjà fondu, il est tout de même temps de reprendre un peu les bases et de se souvenir de ce que l’on apprenait.

Encore une fois, il ne s’agit pas de dire que l’on n’en a rien à faire du climat, mais ce qui est certain, c’est que la planète, le soleil, et la terre, n’en ont strictement rien à faire de nous !!

Prenez le temps de regarder cette vidéo en famille, et faites-là suivre au plus grand nombre pour rappeler l’essentiel.

 

Charles SANNAT

https://by-jipp.blogspot.com/2023/04/reportage-stop-la-propagande-et.html#more

Charles Martel (Georges Minois)

 

Georges Minois est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés au Moyen-Âge. Il signe chez Perrin une biographie de Charles Martel.

732 : Charles Martel arrête les Arabes à Poitiers. Charles Martel fait partie de ces personnages dont la vie semble concentrée en un seul événement. Certes, pareil événement eût suffi à le rendre célèbre : arrêter l’invasion arabe en plein essor et jusque-là irrésistible, un siècle exactement après la mort de Mahomet, est un exploit suffisant pour faire entrer son auteur dans les livres d’histoire. Mais ce livre veut resituer le rôle exact de Charles Martel dans l’histoire de France.

L’ouvrage commence par décrire le cadre politique, socio-économique et culturel du royaume mérovingien dans lequel évolue ce guerrier franc, originaire des Ardennes, fils de Pépin d’Herstal, tout-puissant maire du palais de Neustrie et d’Austrasie, et d’Alpaïde, son épouse secondaire, à une époque où la pratique du concubinage est encore fréquente chez les grands du royaume. Charles Martel révèle pour la première fois ses talents de chef militaire en emportant la victoire contre les Neustriens à Amblève en 716. Les années qui suivent lui permettent encore de s’imposer sur les champs de batailles. Après la déroute de ses ennemis, il se retrouve en 724 tel un maître incontesté du royaume franc et un faiseur de rois.

L’auteur de cet ouvrage nous explique comment Charles Martel est un chrétien de son temps. Il est persuadé d’avoir été guéri par l’intervention miraculeuse de saint Maximin, vers 721, qu’il prend pour protecteur. Il possède une importante collection de reliques, dont le fameux manteau de saint Martin, dont il ne reste que la moitié. Charles Martel implore la protection de ce saint, et son expédition de 732 vers Tours et Poitiers s’explique en partie par sa volonté de défendre le célèbre sanctuaire contre les musulmans. La liste de ses donations à l’Eglise est impressionnante.

La dernière partie de ce livre illustre comment Charles Martel a incarné le rôle de rempart de l’Occident et a conquis une renommée dans toute l’Europe.

Charles Martel, Georges Minois, éditions Perrin, 384 pages, 23 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/charles-martel-georges-minois/137649/

mercredi 19 avril 2023

Religion romaine : la mort romaine [3/3]

Comprendre l'identité

Esclavage. La traite arabo-musulmane : la plus taboue de l’Histoire !

 

C’est la traite la plus longue, la plus massive, la plus meurtrière et la plus violente de l’histoire ; et pourtant, personne n’en parle. La traite arabo-musulmane, aussi appelée traite orientale, s’est étendue sur 13 siècles et a concerné plus de 17 millions d’esclaves noirs.

À l’heure où l’on nous culpabilise, nous occidentaux, et que l’on nous accuse d’avoir été les seuls grands méchants de l’histoire, il est temps de procéder à un rééquilibrage historique plus que nécessaire sur un sujet complètement passé sous silence.

Crédit photo : wikipedia (cc)

[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2023/04/18/218738/esclavage-la-traite-arabo-musulmane-la-plus-taboue-de-lhistoire/

La sècheresse est-elle presque terminée ?

 

Il est très important de prendre du recul sur les informations cataclysmiques et climatiques que je vais désormais appeler les prévisions cataclimatiques destinées à vous faire peur et à vous faire avaler presque n’importe quelle mesure aussi liberticide que fiscale, car rassurez-vous.

Il n’y a aucun problème climatique que l’on ne pourra résoudre avec une bonne taxe.

L’idée ? Toujours la même. Vous faire payer !

Encore et toujours plus !

Il faut donc nous faire trembler avec la sècheresse.

Bon, comme il pleut, et bien les sols sont au moins humides, les nappes se remplissent quoi que l’on nous raconte.

Finalement, quand on regarde cette carte, le sol est sec dans les régions sèches, et humide dans les autres.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas être mesuré dans nos usages, bien évidemment, nous pourrions commencer par cesser de laver… les voitures toutes les semaines pour faire beau, ou d’arroser les pelouses. Mais tout ceci ne sert pas à grand chose puisque nous ne stockons pas l’eau, nous la laissons couler, alors… Les choses encore une fois sont beaucoup plus nuancées que la propagande de bas étage à laquelle nous sommes soumis.

Allez rassurez-vous personne ne va mourir de soif cet été.

 

Charles SANNAT

https://by-jipp.blogspot.com/2023/04/la-secheresse-est-elle-presque-terminee.html

La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, une épopée incroyable au cœur de l’histoire de France

 

Patrick Sbalchiero, historien et journaliste, est déjà l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont une Histoire du Mont Saint Michel et Des hommes pour l’éternité, l’épopée des bâtisseurs de cathédrale. Cent ans après la consécration de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, il nous raconte l’histoire de cet édifice.

C’est dans le contexte de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 qu’une poignée d’hommes entreprennent le projet de faire construire une grande église parisienne en l’honneur du Sacré-Cœur. Tout est alors à faire : réunir une équipe de professionnels tant dans le domaine de l’architecture que dans celui de la gestion d’un tel chantier, mener campagne pour convaincre les Français de soutenir le projet et lever des fonds, et cela dans un pays meurtri par la guerre et politiquement déstabilisé. Pourtant, en 1875 est posée la première pierre de la basilique de Montmartre ! C’est cette aventure hors du commun, partagée et menée à bien par une poignée de femmes et d’hommes, malgré de grands obstacles, que raconte ce livre.

L’auteur nous rappelle comment la construction de la basilique est menée avec en toile de fond l’opposition entre la France de Saint Louis et de sainte Jeanne d’Arc et la république de Voltaire et de Valmy. En 1861, Mgr de Ségur (1820-1881), fils de la célèbre Comtesse de Ségur, fait paraître un ouvrage intitulé La Révolution dans lequel il attribue la Révolution française à Satan. En 1904, le livre d’Anatole France L’Eglise et la République prétend que 80.000 communards ont été exécutés par “l’ordre moral” et la “France vouée au Sacré-Cœur”. Pour les catholiques, la construction de cette basilique est vue comme un outil d’expiation des péchés de la France, notamment coupable du meurtre de son Roi, et un symbole de la repentance nationale. Pour le camp adverse, elle est présentée comme l’étendard du cléricalisme, de la contre-révolution et de l’obscurantisme.

Cet affrontement n’est pas sans nous rappeler certains débats actuels sur la laïcité. Cependant, on mesure le changement radical dans le rapport de force entre les deux camps lorsqu’on prend connaissance de la participation de 200 députés à l’hommage au Sacré-Cœur organisé en juin 1873 et que l’on apprend qu’une cinquantaine d’entre eux ont même effectué un pèlerinage à Paray-le-Monial, haut lieu de la dévotion au Sacré-Cœur. Plus surprenant encore, vu d’aujourd’hui, les députés de l’Assemblée nationale votent le 24 juillet 1873 une loi déclarant d’utilité publique la construction de la basilique du Sacré-Cœur. Et précisons d’emblée que, malgré cette loi, pas un centime d’argent public n’est venu financer la construction de cette basilique. L’entièreté des fonds nécessaires a été récoltée parmi les fidèles catholiques de toute la France, des plus riches aux plus humbles.

Une histoire extraordinaire, marquée par la Foi, qui se lit comme un roman.

La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, Patrick Sbalchiero, éditions Artège, 268 pages, 18,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/la-basilique-du-sacre-coeur-de-montmartre-une-epopee-incroyable-au-coeur-de-lhistoire-de-france/138002/

mardi 18 avril 2023

Parution : Aux temps de la justice. En quête des sources pures du droit

 

Parution : Aux temps de la justice. En quête des sources pures du droit
Ce livre sera présenté en exclusivité lors de notre Xe colloque annuel le 15 avril 2023. Vous pourrez le retrouver sur le stand de l’Institut Iliade.

Mariage pour tous, allongement du délai légal pour avoir recours à un avortement, obligation vaccinale, mais aussi amendes de police ou recapitalisation d’entreprises publiques, la modernité que nous subissons nous assujettit à un « État de droit » où les textes législatifs semblent nous faire perdre de vue l’utilité même du droit. Docteur en droit et essayiste, Aristide Leucate publie dans la collection Longue Mémoire de l’Institut Iliade un nouvel essai où il part en quête des origines du droit et de la justice.

Loin d’être un simple essai, c’est une excursion à travers temps que nous propose l’auteur dans son dernier ouvrage. Partant du constat que le terme « droit » a perdu son sens avec la modernité libérale qui impose une rhétorique-procédurale marquée par un désordre certain, subjectif, relativiste, matérialiste et positiviste, il entend faire revenir ses lecteurs au sens premier du mot « droit », remontant à ses origines indo-européennes, grecques et romaines. Rappelant le lien intrinsèque qui unit originellement la justice avec le sacré, l’auteur montre comment elle s’est peu à peu émancipée du divin pour devenir une affaire humaine. Le droit devient, pour les hommes, un rempart à l’hubris qui a provoqué leur chute avec Prométhée. S’il a pour intérêt premier le bien commun, Leucate rappelle bien que le droit, notamment pour Aristote, n’est plus affaire de morale, mais expression d’une réalité, d’un bon sens que l’on voudrait tant voir mieux partagé ces derniers temps…

Si Aristote, fondateur de la doctrine du droit naturel, avait déjà posé les bases du droit comme juste milieu, Leucate n’oublie pas le tribut que nous devons aux romains qui proposent un droit et une justice se basant sur la pensée aristotélicienne et qui entérine définitivement la séparation du fas et du jus (du religieux et du juridique). Ce droit romain est tout tourné vers l’utilité, le bien-être et la bonne entente des hommes. N’étant pas un ensemble de règles a priori que personne ne doit ignorer, le droit s’ancre dans le réel, et c’est bien à partir du juste qui existe qu’il s’agit, pour les romains, de construire des règles afin d’établir un réel ordre. Poursuivant ses réflexions historiques et philosophiques, l’auteur s’arrête un instant sur saint Thomas d’Aquin qui voit dans le droit naturel un lent tâtonnement fait d’expérimentations nécessaires à son élaboration. Le droit naturel – qu’on oppose à l’envi au droit positif – est bel et bien ancré dans l’être des choses, comme le rappelle l’auteur invoquant pour finir Carl Schmitt. Ni automatique et aveugle, ni subjectif et dépendant d’un seul juge, il convient de revenir au droit naturel pour ne plus laisser à une morale libérale la possibilité de s’exprimer plus longtemps.

Il est peu de redire la nécessité d’un tel ouvrage à notre époque où la libéralisation a voulu rompre avec notre passé. Revenir aux sources pures du droit, et prendre conscience de l’existence du droit naturel permettra aux futurs lecteurs de ce nouvel ouvrage d’Aristide Leucate de réaliser le caractère inestimable du patrimoine multiséculaire qui entoure la question du droit, et de le pérenniser pour le transmettre aux générations à venir, afin que le droit naturel puisse enfin revenir à la place qui lui est due, tournant définitivement le dos à la morale libérale, travestie en loi naturelle.

Informations techniques 

Aux temps de la justice. En quête des sources pures du droit, par Aristide Leucate, La Nouvelle Librairie éditions, 2023, 76 pages. Prix : 9 €. ISBN : 978-2-493898-64-7

Contact, demandes d’interviews et renseignements complémentaires : presse@institut-iliade.com

https://institut-iliade.com/parution-aux-temps-de-la-justice-en-quete-des-sources-pures-du-droit/

Saint Alphonse de Liguori (Augustin Berthe)

 

Le Père Augustin Berthe (1830-1907), prêtre missionnaire de la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur, a été professeur de rhétorique à Rome. Il fut un temps le secrétaire du président d’Equateur Garcia Moreno dont il publia une biographie recommandée rééditée par les éditions Clovis. Ce sont ces mêmes éditions Clovis qui viennent de rééditer la biographie de Saint Alphonse de Liguori signée par le Père Berthe.

Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) fut un intrépide lutteur au service du Christ. Quand le jeune chevalier napolitain fut en âge de comprendre ce qui se passait dans le monde, trois espèces de sectaires, les jansénistes, les régalistes (partisans de l’empiètement des pouvoirs du roi sur ceux de l’Eglise) et les philosophes, travaillaient de concert à ruiner le catholicisme. Voltaire et Rousseau semaient partout les principes de la Révolution. N’ayant au cœur qu’une passion – propager le règne de Jésus-Christ en sauvant les âmes rachetées par son sang – Alphonse abandonna son palais, son droit d’aînesse, ses espérances d’avenir, suspendit son épée à l’autel de Notre-Dame-de-la-Merci, et entra dans la milice sacrée afin de porter secours au peuple de Dieu.

Alphonse va droit au peuple, aux pauvres, aux abandonnés, considérant que les riches ne manqueront jamais de prédicateurs. Il fonde la congrégation du Très-Saint-Rédempteur dont les membres s’en iront comme lui, chapelet à la main, la croix sur la poitrine, à la poursuite des âmes dans le monde entier. Extraordinaire prédicateur, il est fait évêque de Sainte-Agathe-des-Goths, en Campanie, en 1762.

Cette âme d’apôtre va cependant devoir porter bien des croix, souffrances physiques, calomnies, jusqu’à l’expulsion de la congrégation qu’il a fondée ! Sur sa tombe se multiplient les prodiges. Le même pape qui l’a condamné entreprend son procès de canonisation. Le Saint-Siège l’élève au rang des docteurs de l’Eglise.

Sa vie est merveilleusement adaptée aux besoins de notre temps. En admirant les actes héroïques de ce chevalier chrétien, les indifférents se réveilleront du sommeil léthargique dans lequel ils sont plongés, les désespérés reprendront courage, les présomptueux comprendront que nul n’a droit à l’assistance divine s’il ne paie de sa personne. Et les catholiques plus ou moins séduits par l’illusion libérale apprendront à mourir plutôt que de transiger avec la Révolution ou de céder à Satan un seul des droits qui appartiennent au Christ et à son Eglise.

Saint Alphonse de Liguori, Augustin Berthe, éditions Clovis, 783 pages, 24 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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lundi 17 avril 2023

Abraham Lincoln, icône de l’égalité raciale ?

 

Abraham Lincoln, 16ème Président des États-Unis (1861-1865), est mort assassiné il y a 158 ans aujourd’hui. Artisan de l’abolition de l’esclavage, il passe pour être le dirigeant  progressiste, apôtre de l’égalité des races. Mais la réalité est encore une fois bien loin des simplifications des Khmers rouges antiracistes. Anatomie d’une manipulation historique.

La guerre dite de sécession, ou guerre civile américaine, est certainement une des périodes de l’histoire états-unienne les plus mythifiées. Elle est présentée de façon réductive comme une guerre de libération des afro-Américains. Or, cette dernière ne devient un argument politique que deux ans après le début du conflit, quand les Unionistes sont proches de la défaite. (1)

C’est à ce moment-là que s’exprime le génie politique d’Abraham Lincoln, transformant une guerre économique en guerre humanitaire pour l’abolition de l’esclavage. Les élites urbaines en sont séduites. Et sur le plan militaire, c’est un coup de génie, le droit américain prévoyant qu’en temps de guerre il était possible de saisir les biens de l’ennemi, puisque les confédérés considèrent leurs esclaves comme des propriétés, ils pourront donc être saisis comme butin et venir se battre dans les armées de l’Union.

Libres, mais pas égaux : il faudra encore deux ans pour qu’une délégation de Noirs s’insurge contre la sous-représentation de leur communauté dans les rangs nordistes, où ils étaient employés en priorité pour des taches subalternes, alors que bien des Noirs luttaient côte à côte avec les Sudistes. (2)

On a donc vite fait de ranger dans le camps du bien celui qui déclarait encore en 1862 : “Mon objectif suprême dans ce conflit est de sauver l’Union et il ne vise ni à sauver, ni à détruire l’esclavage. Si je pouvais sauver l’Union sans libérer un seul esclave, je le ferais ”. La figure d’Abraham Lincoln a ainsi été utile pour incarner l’opposition aux diaboliques Sudistes, qui, eux, ne se sauveront pas au regard de l’historiographie étant qu’ils ont perdu la guerre, écrite, comme on le sait, par les vainqueurs.

En 1848, lors de son allocution de campagne électorale, Lincoln avait eu soin de définir sa conception de la question noire : “je ne suis pas, et n’ai jamais été, en faveur de la promotion de l’égalité sociale et politique entre la race blanche et la race noire; je n’ai jamais été favorable à ce que les nègres votent ou à ce qu’ils soient jurés, ni qu’ils occupent des fonctions publiques, ni qu’ils se marient avec des Blancs ; réaffirmant qu’il existe une trop grande différence entre la race blanche et la race noire, et que cette diversité empêchera à jamais les deux races de vivre ensemble en termes d’égalité sociale et politique… tant que la cohabitation sera nécessaire, elle devra maintenir une relation de supérieur à inférieur, et moi, comme toute autre personne raisonnable, je suis évidemment en faveur du rôle dominant de la race blanche.”

Un discours que l’on peut mettre en parallèle avec celui du héros des confédérés, le célèbre Général Lee. Ce dernier, qui avait libéré de nombreux esclaves sur ses terres, déclarait en 1847: “Je pense cependant que c’est un plus grand mal pour l’homme blanc que pour la race noire, et alors que mes sentiments sont fortement mobilisés au nom de la seconde, mes sympathies sont plus fortes pour la première. Les Noirs sont infiniment mieux ici qu’en Afrique, moralement, socialement et physiquement. La douloureuse discipline qu’ils subissent, est nécessaire pour leur instruction en tant que race, et j’espère qu’elle les préparera et les mènera à de meilleures choses. Seule la Sage et Miséricordieuse Providence sait combien de temps leur soumission sera encore nécessaire. Leur émancipation résultera plus de la douce influence du christianisme, que les tempêtes de la controverse.”

Pourtant, le premier passe pour le héraut de la question noire, le deuxième, pour un bigot white trash dont il est légitime d’abattre les statues et d’effacer le nom des bâtiments publics.

Les deux hommes étaient des hommes de leur temps. Un temps où tous, à part quelques exceptions, pensaient dur comme fer que l’homme blanc, ordonnateur de civilisations prospères, facteur de progrès scientifique, technologique et culturel, avait une mission civilisatrice. Celle d’apporter cette supériorité aux autres peuples de la Terre. Un temps où, s’il y eut, certes, un grand nombre d’actes répréhensibles et d’exploiteurs cruels, les esclaves étaient considérés comme partie intégrante de la maisonnée et vivaient dignement, comme jadis les serfs sur les terres de leur seigneur. Il est d’ailleurs un fait établi que les Noirs vivaient mieux dans les plantations que les industries du Nord : ils y mangeaient mieux et avaient une espérance de vie plus longue, la liberté en moins. Un temps où les maîtres Blancs confiaient leurs enfants aux mammies, signe d’une certaine confiance. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si dans plusieurs batailles comme celle d’Appomattox, les derniers à défendre la société traditionnelle sudistes étaient des combattants noirs, esclaves ou libérés.

Un temps que certains Afro-Américains d’aujourd’hui, libres mais subissant la violence et les dégradations des leurs, regrettent. Ce qui fera dire à un Kanye West que “400 ans d’esclavage relèvent plus d’un choix volontaire que la contrainte“.

Mais la liberté est une valeur suprême. La liberté est un besoin de l’âme humaine.

Tout ça pour dire, que ce fameux camp du bien n’existe pas plus que l’oppressif patriarcat blanc cisgenre. Que ce sont là des catégories inventées à des fins propagandistes. Et que le contexte n’est pas un détail dont on peut se passer à loisir pour regarder l’histoire. La vraie, pas celle qui n’est que prétexte pour des masses ignorantes, délirantes, et manipulatrices.

Audrey D’Aguanno

Notes :

(1) Les causes majeures de cette guerre civile américaine sont d’ordre commerciale, fiscale et politique. Les prix des denrées produites dans le Sud (indispensables aux industries du Nord et de l’Europe) étaient fixés sur les places commerciales du Nord, ce dernier imposant, de plus, de fortes taxes que les États du Sud n’entendent plus payer. Leur volonté de faire sécession met en péril l’unité des États-Unis. S’affrontent aussi deux mondes : celui d’une société agricole traditionnelle et celui d’états industriels en plein développement, cherchant à étendre leur modèle économique et politique.

(2) Alan Sanders, La désinformation autour de la guerre de Sécession, Atelier Fol’Fer éditions, 2012.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Histoire de l’Egypte, des origines à nos jours (Bernard Lugan)

 

Bernard Lugan, africaniste de renom, auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages consacrés à l’Afrique, revient dans les librairies avec son Histoire de l’Egypte éditée aux éditions du Rocher.

Géographiquement, historiquement, humainement et culturellement, l’Egypte est triple car elle associe le Nil, le delta et le désert. Rythmant la vie des hommes à travers sa crue, sur laquelle était fondé le calendrier de l’ancienne Egypte, le Nil constitue la colonne vertébrale du pays autour de laquelle la population s’est concentrée. Au nord, vers la Méditerranée, le delta – aujourd’hui la grande zone agricole du pays – était, à l’époque dynastique, un monde hostile, marécageux et infesté de crocodiles. Quant aux déserts, ils étaient le domaine de Seth, le dieu mauvais. De celui de l’est surgissaient les nuages de sauterelles et de celui de l’ouest, les invasions des nomades sahariens.

Vers 6000 av. J.-C., dans la basse vallée du Nil, débuta un processus qui, trois millénaires plus tard, aboutit à l’Egypte dynastique (pharaonique), laquelle développa une civilisation aussi brillante qu’originale. Centrée sur l’étroit cordon du Nil, elle tenta, en vain, de se fermer à l’ouest, face à la pression des Berbères, chassés du Sahara par la péjoration climatique, et qui ne cessèrent à aucun moment de battre une fragile ligne de défense ancrée sur les oasis situées à l’ouest du fleuve.

Au VIIème siècle, la conquête arabe puis l’islamisation tournèrent résolument le pays vers l’Orient, alors que, jusque-là, ses influences étaient multiples, entre le monde hellénique au nord et les foyers culturels du Moyen-Orient.

A la fin du XIXème siècle, après avoir, durant des millénaires, constitué le cul-de-sac oriental de la Méditerranée, le percement du Canal de Suez fit de l’Egypte un verrou stratégique de la plus haute importance disputé par toutes les puissances. Durant la période coloniale, les Britanniques s’y installèrent afin de pouvoir contrôler le canal, passage majeur vers les Indes et l’Asie. Durant la Seconde Guerre mondiale, les marches occidentales de l’Egypte furent le théâtre de farouches combats entre les armées de l’Axe qui cherchaient à atteindre le canal de Suez et les Britanniques qui en défendaient l’accès.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Egypte se trouva prise dans les bouleversements dûs à la naissance de l’Etat d’Israël. Dans un premier temps, ses dirigeants suivirent une politique intransigeante vis-à-vis de l’Etat hébreu; puis, après plusieurs cruelles défaites militaires, elle développa une politique régionale fondée sur l’équilibre des forces.

Durant les années 2010, l’Egypte – phare du nationalisme arabe à partir des années cinquante – fut dévasté par le printemps arabe et ruiné par les Frères musulmans arrivés au pouvoir. En 2013, l’armée referma la parenthèse d’anarchie.

C’est cette histoire pluri-millénaire que vous découvrirez en lisant cette remarquable synthèse des connaissances rédigée par Bernard Lugan, talentueux conteur d’Histoire.

Histoire de l’Egypte, Bernard Lugan, éditions du Rocher, 214 pages, 22,50 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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dimanche 16 avril 2023

Parution : Konrad Lorenz. Un biologiste au chevet de la civilisation

 

Parution : Konrad Lorenz. Un biologiste au chevet de la civilisation
Ce livre sera présenté en exclusivité lors de notre Xe colloque annuel le 15 avril 2023. Vous pourrez le retrouver sur le stand de l’Institut Iliade.

Le 2 juillet 2020, Jean-Yves Le Gallou proposait, lors d’un jeudi de l’Iliade à La Nouvelle Librairie, une causerie où il évoquait la figure de Konrad Lorenz et son œuvre majeure : Les Huit Péchés capitaux de notre civilisation. À l’occasion de son 10e colloque qui portera sur le déclin anthropologique, l’Institut Iliade laisse la parole à Yves Christen, biologiste et spécialiste de la maladie d’Alzheimer, pour évoquer Konrad Lorenz, cet immense savant et grand vulgarisateur, qui fonda en son temps l’éthologie.

Dans un premier temps, l’auteur nous rappelle quelle fut la formation de celui que l’on peut considérer, avec Nikolaas Tinbergen, comme le père de l’éthologie. Fils de médecin, philosophe, ornithologue, le jeune Konrad Lorenz, né à Vienne à l’aube du XXe siècle, est passionné par la nature. Il consacre ses travaux à l’anatomie comparée et la psychologie animale. Reconnu pour ses travaux, il obtient le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1973, après une aventure scientifique extraordinaire que l’auteur s’emploie à développer au fil des pages. Aux côtés de Nikolaas Tinbergen, il poursuivit ses travaux de fin observateur de la nature, en dépit des attaques répétées de certains détracteurs ne lui pardonnant pas son passage dans la Wehrmacht au moment de la Deuxième Guerre Mondiale.

Dans un deuxième temps, Yves Christen rappelle les fondamentaux de l’éthologie, cette science fondée sur l’étude comparée du comportement, qui permet à Lorenz de proposer une réflexion sur ce qui, dans le comportement animal, relève de l’inné ou de l’acquis. La notion d’instinct, comme le rappelle justement l’auteur, est à la genèse de l’éthologie qui s’oppose en cela aux thèses proposées par les vitalistes qui « réduisaient l’instinct à une force supranaturelle » qu’un animal dirigerait vers un but inconnu. L’auteur montre comment la notion-même d’instinct put provoquer une sorte de panique chez certains intellectuels à l’horizon des années 80. Ces derniers voyaient dans le nouveau-né une tabula rasa qui ne pouvait souffrir d’aucun conditionnement génétique…

L’étude du comportement animal poussa tout naturellement Lorenz à s’intéresser à l’homme, ses instincts et son agressivité naturelle auxquels il consacra un certains nombres d’ouvrages. Ce philosophe kantien a porté sur son temps un regard inquiet. Si, comme le rappelle l’auteur, les poissons, les oies ou les corneilles furent son champ d’étude, la pensée de l’humain ne le quitta jamais. Les questionnements de cet immense scientifique disparu en 1989 conservent encore toute leur actualité. C’est dans ce sens qu’Yves Christen clôt son ouvrage en rappelant les bien connus huit péchés capitaux de notre civilisation : surpeuplement, dévastation de l’environnement, course contre soi-même, tiédeur mortelle, dégradation génétique, rupture de la tradition, contagion de l’endoctrinement et enfin élaboration des armes nucléaires.

Comme le conclut l’auteur lui-même : « N’est-il pas riche d’enseignement que ce regard si pertinent sur l’humaine nature et ses dérives ne soit pas celui d’un sociologue, d’un politicien, d’un économiste ou d’un quelconque professionnel officiel chargé de l’étude de notre espèce, mais d’un naturaliste ayant passé sa vie dans l’amicale proximité des animaux ? »

Informations techniques

Konrad Lorenz. Un biologiste au chevet de la civilisation, par Yves Christen, La Nouvelle Librairie éditions, 2023, 78 pages. Prix : 9 €. ISBN : 978-2-493898-65-4

Contact, demandes d’interviews et renseignements complémentaires : presse@institut-iliade.com

https://institut-iliade.com/parution-konrad-lorenz-un-biologiste-au-chevet-de-la-civilisation/

La CEINTURE de CHASTETÉ a-t-elle existé au MOYEN ÂGE ?

Les métamorphoses de l’octroi

 

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol

Les spécialistes d’histoire fiscale n’ignorent pas qu’il a existé en France une contribution indirecte prélevée au profit des municipalités sur des produits importés, voire sur les personnes entrantes, appelée l’octroi. Cette taxe est l’un des facteurs déterminants dans le déclenchement de la révolution en 1789. Abolie presque aussitôt, elle est assez vite rétablie malgré maintes critiques exaspérées par ces « douanes intérieures » et leurs agents de service parmi lesquels, à la fin du XIXe siècle, le célèbre peintre Douanier Rousseau (alias Henri Rousseau, 1844–1910). Ses détracteurs l’accusent régulièrement de favoriser la noblesse, puis la bourgeoisie, soit les nantis en général. C’est en 1943 que le gouvernement de Pierre Laval supprime définitivement l’octroi. La IVe République met plus longtemps à entériner cette décision (1948 !).

Sous prétexte climatique de lutter contre la pollution, un octroi 3.0 resurgit actuellement sous deux aspects pas forcément incompatibles entre eux. Présentes dans toute l’Europe atlantisée, les zones à faibles émissions (ou ZFE) se font progressivement connaître des Français. Remplaçant la circulation automobile alternée selon la plaque minéralogique (un chiffre paire circule un jour paire, un chiffre impaire un jour impaire) en période de très forte pollution atmosphérique, ce sigle désigne des zones à circulation restreinte qui réservent l’accès dans un périmètre urbain défini aux seuls véhicules les moins polluants.

Les premières ZFE apparaissent - est-ce vraiment étonnant ? - dès 1995 dans cette antichambre infernale du cosmopolitisme qu’est la Suède. La Grande-Bretagne s’en inspire rapidement. Instaurées par des lois adoptées en 2015 et en 2021, les ZFE s’appliquent aux quarante-cinq agglomérations les plus peuplées de l’Hexagone. Pour accéder en centre-ville, le véhicule motorisé doit afficher sur son pare-brise sous la forme d’une vignette un certificat de la qualité de l’air nommé « Crit’Air ». Selon le degré de pollution produite supposée, il existe six niveaux, du zéro (engins électriques ou à hydrogène) à cinq (engins vétustes et/ou très polluants).

En 2000, le gouvernement de gauche de Lionel Jospin supprime la célèbre vignette annuelle pour les véhicules des particuliers. En 1956, le socialiste Guy Mollet la voulait afin de financer une caisse destinée aux personnes âgées. Avec la décentralisation, les recettes revenaient aux collectivités départementales. Vint ensuite s’ajouter une autre vignette attestant que le véhicule est correctement assuré. Cette deuxième vignette devrait disparaître bientôt. Seule subsistera donc la vignette « Crit’Air » qui concerne aussi bien les voitures particulières que les utilitaires, les bus et les cars, les poids lourds et les motos, les tricycles motorisés et autres quads.

L’obtention de cette vignette fait déjà l’objet d’actes d’escroquerie et de filouterie sur Internet. Il faut en effet la demander par voie numérique contre un paiement de quelques euros. Ce bel exemple de bureaucratisation informatique de la vie quotidienne s’apparente dans les faits à une attestation de sortie automobile. Les ZFE imposent sur le terrain un confinement implicite aux populations les plus fragiles financièrement incapables de s’acheter une bagnole électrique inabordable ainsi que les populations rurales et péri-urbaines. Ces dernières n’arrivent plus à se déplacer parce que les offres en transports publics pour aller travailler en ville le matin et rentrer chez soi le soir sont notoirement déficientes. Ainsi les ZFE relèguent-elles la « France périphérique » qui vote de plus en plus mal hors des aires métropolitaines tout en leur imposant l’installation croissante de familles étrangères clandestines sans-papiers. Les ZFE entravent gravement la liberté d’aller et de venir sans que les ONG droits-de-l’hommistes ne s’en préoccupent. Par ailleurs, dans l’Union dite européenne, aucune harmonisation des règles n’existe si bien que le conducteur en voyage qui veut entrer dans une grande ville du continent se heurte à un casse-tête.

Certains opposants des ZFE envisagent plutôt d’installer des péages urbains à l’exemple de Londres où des caméras automatiques lisent toutes les plaques minéralogiques et, reliées à une intelligence artificielle, les comparent à partir des bases de données des abonnés qui ont payé avec leurs téléphones portatifs ! Or, l’opposition entre la ZFE et le péage urbain est infondée. La Suède pratique les deux. Outre le péage urbain, certains élus réclament des péages sur les routes départementales… L’environnement justifie leur demande. Le péage urbain serait une éco-taxe payée par chaque véhicule entrant. Sa première mouture fut retoquée en 2013 grâce à la saine révolte des « Bonnets rouges » bretons. D’autres motivent leur soutien à ce système d’extorsion légale pour trouver de nouvelles sources de financement et améliorer les infrastructures de transport. Un troisième groupe soutient que le péage urbain serait une « taxe de décongestion urbaine ». Les usagers de la route paient la perte de temps qu’ils font subir aux autres utilisateurs de la route.

En dépit des dénégations officielles fréquentes, l’augmentation des caméras de vidéo-surveillance ne combat pas l’insécurité grandissante. Un plus grand nombre de caméras améliore le rendement des verbalisations des conducteurs.  En région lyonnaise, un artisan a reçu plusieurs contraventions parce qu’il avait enfreint la zone interdite avec sa vieille camionnette polluante… Plombiers, menuisiers, etc., devront peut-être recourir à la traction... hippomobile ! Pas certain alors que l’heure des rendez-vous soit respectée. Consciente des conséquences sociales, politiques et économiques dévastatrices à venir, la Métropole de Lyon aux mains des Verts a décidé, au contraire de Paris et de Montpellier où les transports en commun deviendront gratuits, de reporter de deux ans la mise en œuvre d’une ZFE fortement restrictive.

À l’encontre des allégations climato-gauchistes, la supposée « fin du monde » se confronte sur le terrain aux défis bien tangibles d’une « fin du mois » qui tombe dès le 10 ou le 15... Ce n’est pas en ostracisant la majorité de la population qu’on préservera nos milieux naturels. Les contradictions des sociétés occidentales ultra-libérales et post-modernistes se révèlent de plus en plus crûment. Créateurs de zones à forte exclusion sociale, péages urbains et ZFE constituent dès à présent une véritable bombe à retardement politico-sociale. Quand explosera-t-elle enfin ?

Salutations flibustières !

Vigie d’un monde en ébullition », n°69, mis en ligne le 11 avril 2023 sur Radio Méridien Zéro.

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2023/04/15/les-metamorphoses-de-l-octroi-6438394.html

La première croisade : l’appel de l’Orient (Peter Frankopan)

 

Peter Frankopan est historien et professeur à l’université d’Oxford, où il dirige le centre de recherches byzantines. Egalement enseignant aux universités de Yale, Harvard, Princeton et Cambridge, il est l’auteur du best-seller Les routes de la soie. Mais c’est son ouvrage La première croisade, paru d’abord chez Les Belles Lettres, que les éditions Perrin publient ces jours-ci en format poche.

Cet ouvrage est écrit avec la passion d’un auteur captivé par l’Empire byzantin. Ecrit avec un sens de la mise en scène qui vous plonge au cœur des événements, ce livre devrait sans difficulté parvenir à transmettre à bien des lecteurs l’intérêt de son auteur pour ces lieux et cette époque.

Le 27 novembre 1095, dans la ville de Clermont, le pape Urbain II se leva pour prononcer l’un des discours les plus électrisants de toute l’histoire. Un discours qui était un appel aux armes radical, allant jusqu’à engager les hommes ayant une expérience militaire à parcourir des milliers de kilomètres vers la Vile sainte de Jérusalem. Moins de quatre ans plus tard, des chevaliers occidentaux campaient devant les murs de la ville où Jésus-Christ avait été crucifié, prêts à s’emparer de Jérusalem au nom du Seigneur. Le lieu le plus sacré de la chrétienté allait être attaqué et repris aux musulmans. Des prières solennelles avaient été offertes. Les chevaliers étaient sur le point d’accomplir l’un des exploits les plus étonnants de l’histoire.

Beaucoup a été écrit sur cette première croisade. L’originalité de cet ouvrage tient dans son approche : remonter aux origines et nous décrire comment l’appel aux armes du pape Urbain II a été la conséquence de l’appel à l’aide lancé directement par l’empereur de Constantinople, Alexis Ier Comnène, en Orient.

La première croisade, Peter Frankopan, éditions Perrin, collection Tempus, 419 pages, 9 euros

A commander en ligne sur le site de

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