dimanche 27 octobre 2024
Russie: Un casque corinthien découvert dans la péninsule de Taman, au nord de la mer Noire

Une vaste nécropole située dans la péninsule de Taman, au nord de la mer Noire, a livré les vestiges d’un casque grec antique.
L’homme était étendu, avec près de lui déposé, souvenir de batailles, son beau casque de bronze… C’est en effet un casque dit corinthien qui a été exhumé d’une sépulture du Ve siècle avant notre ère, au sud-ouest de la Russie, a rapporté l’agence RIA Novosti . Mis au jour dans la péninsule de Taman ; il est le seul exemplaire d’un tel casque trouvé au nord de la mer Noire.
Corrodé par 2500 ans de séjour dans le sol, et donc fortement fragmenté, sa découverte n’en demeure pas moins spectaculaire. Fabriqué à partir d’une tôle de bronze, la calotte des casques corinthiens se prolongeait d’une seule pièce par un nasal, des couvre-joues (paragnathides) très saillants et un couvre-nuque. A l’intérieur, un rembourrage en tissu ou en cuir protégeait le crâne du guerrier. Souvent leur sommet était surmonté d’un cimier (lophos) à panache de crin. Hautement protecteurs car totalement enveloppant, ces casques représentaient une pièce essentielle de l’équipement des hoplites grecs, les célèbres fantassins des phalanges.
A la mort des combattants, il pouvait être enterré auprès d’eux. Selon Roman Mimohod, directeur de l’expédition de l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences de Russie (IA RAS), « le casque de la péninsule de Taman appartiendrait au groupe corinthien de type Hermione et remonterait au premier quart du Ve siècle avant notre ère». Apparu en Grèce aux environs du VIe siècle avant notre ère, ces éléments d’armure constituent un des symboles de la Grèce antique. La déesse Athena ou encore Péricles, en sont fréquemment coiffés.
Les archéologues de l’académie des sciences de Russie travaillent depuis deux ans dans une nécropole de 600 tumuli où seraient inhumés de nombreux guerriers grecs du royaume du Bosphore (lire encadré). Plusieurs colonies grecques étaient en effet présentes dans cette région. Leur établissement s’étend de la fin du VIIe siècle av. J-C jusqu’au deuxième quart du IVe siècle av. J-C. « Ces implantations étaient en contact très étroit avec les habitants Scythes de la steppe », déclare l’historien Iraoslav Lebedynsky, spécialiste de ces anciennes cultures eurasiatiques. Même si Strabon rappelle qu’à l’origine les Grecs avaient repoussé les Scythes pour installer leurs colonies. A partir du VIe siècle av.J.C, les Grecs ont fondé de grandes villes sur la côte septentrionale de la mer Noire, du côté du Pont-Euxin. Les principales étaient Olbia, à l’embouchure du Dniepr ; Panticapée (« Le chemin du poisson »), l’actuelle Kertch, à l’extrême ouest de la Crimée, et Chersonèse (Sébastopol) ; sur la rive russe, on trouvait Phanagorie (Taman), également le nom donné à la presqu’île sur laquelle a été découvert le casque corinthien.
Le royaume du Bosphore
Créé en 480 av. J.-C. autour du détroit de Kertch et de la péninsule de Taman, à l’ouest du Bosphore, ce royaume qui avait Panticapée pour capitale a duré près de… mille ans, les dernières traces écrites remontant au Ve siècle de notre ère. Un lieu de synthèse entre la culture grecque et les cultures nomades successives de la steppe, qu’il s’agisse des Scythes ou des Sarmates. Entre le VIe siècle et le IIIe siècle avant notre ère, Grecs et Scythes ont entretenu des rapports culturels autant que commerciaux extrêmement étroits.
Philosophie de l’économie (Marcel De Corte)

Marcel De Corte est un philosophe aristotélicien belge (1905-1994) qui fut professeur titulaire de la chaire de philosophie morale et d’histoire de la philosophie de l’Antiquité à l’Université de Liège où il a enseigné pendant quarante ans, de 1935 à 1975. Sa thèse d’agrégation sur la doctrine de l’intelligence chez Aristote – qui fait encore autorité – fut son premier grand ouvrage préfacé par Etienne Gilson en 1934. L’intelligence en péril de mort est l’un de ses ouvrages les plus connus.
Philosophie de l’économie constitue la publication inédite du dernier cours de philosophie de l’économie donné par le professeur Marcel De Corte. La philosophie de l’économie est ici vue dans ses rapports avec la morale, matière originale qui mobilisa longtemps sa réflexion. C’est donc dans le cadre du cours général de philosophie morale qu’il enseigna une approche renouvelée de l’économie, d’abord sous l’intitulé Eléments d’une morale économique, puis Economie et Morale et enfin Philosophie de l’économie.
L’homme est fait pour s’insérer dans le réel
Marcel De Corte n’a cessé de rappeler que l’homme est fait pour s’insérer dans le réel et, s’il s’évade dans l’imaginaire, il est aussitôt rappelé à l’ordre par la nature elle-même. Et ce principe vaut aussi pour l’économie. Les biens économiques ne peuvent répondre à leur nature que s’ils sont mis au service de l’être humain tout entier, en qui l’âme et le corps sont indissociablement unis l’un à l’autre. Ce n’est pas par hasard qu’une économie pseudo-libérale ou collectiviste se désintéresse du consommateur en tant qu’élément des communautés familiales, villageoises, régionales, etc, et qu’elle en dissout même les structures. Il lui faut un consommateur aussi neutre, aussi incolore, aussi semblable à une chose que possible, parce qu’elle a perdu sa finalité.
Cet ouvrage prône donc de restituer à l’économie sa première finalité et de renouer le lien qui rattache l’activité économique de l’homme à son activité morale, ce qui a été rompu depuis plusieurs siècles.
Ex Libris
Philosophie de l’économie, Marcel De Corte, éditions Hora Decima, 294 pages, 25 euros
https://www.medias-presse.info/philosophie-de-leconomie-marcel-de-corte/196304/
samedi 26 octobre 2024
Le sacre de l’authenticité, de Gilles Lipovetsky

Être soi-même, sans fard. Renouer avec son moi profond. Revenir aux choses essentielles. Des formules qui ont depuis longtemps valeur de lieu commun. Elles suscitent l’adhésion a priori, font consensus, et si elles n’attirent plus nécessairement l’attention, elles fournissent à tout le moins un matériau immédiatement employable dans n’importe quel slogan. Sans même être pensées, elles s’imposent à l’horizon de toute vie épanouie. Elles forment la musique de fond de l’époque. C’est du moins la thèse défendue par le philosophe et essayiste Gilles Lipovetsky. Dans son étude Le Sacre de l’authenticité, parue chez Gallimard en 2021, il a entrepris une vaste réflexion sur l’idée d’authenticité, son évolution historique et la place qu’elle occupe dans les représentations contemporaines.
Défini comme la « reconfiguration anthropologique d’homo authenticus », l’objet de ce travail, qui à bien des égards a davantage la forme d’un essai de grande ampleur que d’une analyse systématique, vise à cerner la manière dont l’idéal d’autodétermination individuelle s’est progressivement affirmé comme un motif triomphant de ce début du XXIe siècle.
À la croisée de l’histoire de la philosophie et de l’anthropologie culturelle, les prémisses de la réflexion visent en effet d’abord à cerner le désir d’authenticité comme objet de pensée, avant même de situer son imbrication dans le substrat sociologique qui, en définitive, a vu son avènement. Une démarche qui, sans être satisfaisante à tous égards, a néanmoins l’avantage de souligner efficacement une évolution dont les fortes implications idéatives ne laissent aucun doute : la nécessité d’être soi-même ne devient un sujet clairement saisissable que lorsqu’elle commence à se manifester dans la perception que les sujets ont d’eux-mêmes — quel que soit le moteur de cette prise de conscience. L’auteur entend ainsi, via la généalogie, rendre compréhensible la manière dont l’injonction à « être soi-même » a fourni le discours légitimant de nouveaux comportements, orientés par l’impératif éthique de la subjectivité. « Le principe d’autodétermination individuelle n’est pas resté, en effet, confiné dans le ciel des idées philosophiques : il s’est imposé au fil du temps comme un opérateur de transformation radicale de l’identité personnelle, du rapport de soi aux autres et au tout collectif. »
G. Lipovetsky situe la naissance de l’aspiration à l’authenticité individuelle au XVIIIesiècle, dans le sillage de la philosophie des Lumières. Il y perçoit une rupture décisive avec des sociétés holistes préexistantes, placées sous le signe de la conformité rigoureuse — une mise en parallèle univoque qui, en soi, ne va d’ailleurs pas sans poser quelques problèmes. À travers l’idée d’émancipation et d’autodétermination, l’émergence des velléités libératrices se comprend donc comme la révolte individuelle contre les attentes de la société — authenticité que l’auteur perçoit comme un héroïsme de la vie éthique dont Jean-Jacques Rousseau aurait été la figure prophétique, les Rêveries d’un promeneur solitaire le manifeste. Incarnée tour à tour par le Romantisme, les philosophies existentialistes ou la psychanalyse, c’est avec la pensée de l’École critique, au XXe siècle, qu’elle aurait trouvé sa quintessence dans la condamnation de l’aliénation sociale, c’est-à-dire des modes de destruction ou de soumission des singularités individuelles au profit d’une uniformité mutilante (idéologie bourgeoise, réification sous le règne de la marchandise, etc.).
Au cours des années soixante, l’authenticité devait se faire libertaire, en troquant la quête du gouvernement de soi contre l’aspiration à l’utopie de vie, la lutte politique, anti-institutionnelle et révolutionnaire — c’est son deuxième stade de développement — pour finalement aboutir, au sortir des années soixante-dix, au « droit à être soi », qui constitue le paradigme actuel de l’authenticité normalisée. Et c’est donc à cette phase ultime — la nôtre — qu’est consacré l’essentiel de l’ouvrage. Pas d’illusions ici, quant au rôle d’idées prétendument subversives :
« La consécration sociale de l’éthique de l’authenticité résulte moins de l’onde de choc provoquée par l’idéologie de la contre-culture que du bouleversement “matérialiste” engendré par le développement de la société de consommation et de communication de masse. »
Les pages réservées à l’évolution de la famille mettent en évidence l’émergence et l’affirmation du couple, nourries par l’idée d’auto-détermination, face à la structure familiale, avec pour symptôme notable l’extraordinaire inflation du rôle qu’occupe la sexualité dans l’accomplissement de soi. Une conception familiale ainsi réorientée — « redessinée par la dynamique de la liberté et de la réalisation subjective » — forme ainsi, à bien des égards, le programme informel de la « famille désinstitutionnalisée » (Louis Roussel). De même l’auteur intègre-t-il à la codification progressive de l’idéal d’authenticité les évolutions qui se sont fait jour dans les conceptions éducatives, ménageant une place de plus en plus importante à l’éclosion de la personnalité vraie de l’enfant, favorisant ainsi la permissivité et l’émulation aux dépens de la normativité coercitive. Du reste, il ne fait pas l’impasse sur le paradoxe des nouveaux phénomènes communautaires, cristallisés autour des identifications de genre, des appartenances ethniques ou de l’orientation sexuelle, et leur propension à se révéler comme des manifestations identitaires prescriptives tout en empruntant les voies de l’affirmation subjective de la personne. En témoigne par exemple la codification du comportement, de la tenue vestimentaire ou du langage dans un nombre considérable de sous-cultures porteuses de revendications. Au titre d’un droit à être soi, on prône ainsi la conformité à des codes qui s’immiscent jusque dans les plus petits détails du quotidien. L’acte souverain de la libre définition de soi s’accommode donc très bien de l’hétéronomie. Et la démultiplication à l’infini des motifs de genre, des manifestations de solidarité au sein de micro-communautés fondées sur le droit à être soi face aux assignations collectives forment à bien des égards une manifestation emblématique de recherche identitaire de l’authenticité.
En mettant en évidence la richesse de ses facettes et la variété de ses déclinaisons dans la réalité contemporaine, l’auteur parvient sans difficulté à convaincre du caractère paradigmatique du souci d’authenticité. Et c’est pourtant ce foisonnement qui induit inévitablement la limite même de l’ouvrage, ou, pour être plus précis, de la définition de son sujet. Car les variations foisonnantes sur le thème de l’authenticité, que le lecteur enrichit au fil des pages de ses propres observations, accusent immanquablement la forte polysémie du mot, dont les limites ne sont jamais clairement tracées. La démarche est résolument expansive, et plus les phénomènes analysés se multiplient, plus les contours du sujet se diluent. À couvert, des motifs sensiblement différents révèlent, quant à eux, d’étonnantes permanences : le souci de la singularité, le primat de la vérité subjective, la recherche de conformité identitaire, mais aussi le désir de restaurer une normativité objective (retour à la tradition, à la communauté réelle ou virtuelle, à des règles partagées). L’interconnexion complexe de ces phénomènes très divers, indubitable du point de vue de l’anthropologie culturelle, tend fatalement à s’effacer dans l’entreprise. Et pour cause. Comment faire cohabiter dans le même concept d’authenticité le mariage de personnes de même sexe, la consommation de drogues dites « récréatives » et le port du voile islamique ? Tantôt identifiée dans la structure du phénomène lui-même, tantôt déduite du discours conçu pour le légitimer, la notion théorique semble montrer ici de très claires limites en tant que catégorie d’analyse. C’est ici que la lecture plus resserrée et à bien des égards moins ambitieuse du sociologue allemand Andreas Reckwitz (La société des singularités : Une transformation structurelle de la modernité, 2021) semble saisir les enjeux à une échelle plus effective.
Il est à noter que la propension à forcer l’hétérogénéité des phénomènes traités semble également liée au regard intrinsèquement critique que G. Lipovetsky porte sur la « fétichisation » de l’authenticité, point de croisement d’une série de dynamiques historiques malgré tout assez diverses. Exploitation économique de la recherche de la vie authentique, heurs et malheurs de l’éducation permissive, conformismes de la distinction, illusions collectives dans les politiques populistes… Une démarche sceptique, rafraîchissante notamment lorsqu’elle confronte l’éthique de l’authenticité à l’éthique de la responsabilité :
« Plus on cherche à rendre le jeune autonome et plus nombreux sont les jeunes qui ont des difficultés à devenir matures, quitter le nid familial, assumer des responsabilités, s’engager professionnellement. Telle est l’ironie de l’éthique de l’authenticité hypermoderne qui, s’attachant à donner corps dans l’éducation au principe de possession de soi, génère au final peur de l’indépendance, insécurité et dépossession subjective. »
La critique s’avère néanmoins bien plus questionnable lorsqu’elle reproche aux individus de vouloir renouer, dans la recherche d’une authenticité nostalgique, avec les repères rassurants d’un monde en ordre (tourisme folklorique, culte du patrimoine, marketing de l’authenticité, etc.).
En définitive, ce que l’auteur semble déplorer, c’est une forme de facticité des motifs — le caractère inauthentique des nouvelles voies qu’emprunte la recherche d’authenticité normalisée. On n’échappe pas à son sujet. Mais maintenir droit l’idéal de rupture individuelle avec la normativité dans un temps où les identités collectives sont progressivement devenues incertaines — fragmentaires —, n’est-ce pas une contradiction dans les termes ? L’idée même d’une recherche héroïque d’authenticité continue obstinément à revendiquer le primat de sa propre normativité, comme un motif d’histoire des idées, dont la perpétuation, démunie de son substrat anthropologique, échoue fatalement dans la nostalgie d’un temps où il y avait encore un chemin droit qu’il était risqué de ne pas suivre.
Walter Aubrig 24/10/2024
Gilles Lipovetsky, Le sacre de l’authenticité, Paris, Gallimard, 2021, p.423.
https://institut-iliade.com/le-sacre-de-lauthenticite-de-gilles-lipovetsky/
La chute de Constantinople (1453), avec Sylvain Gouguenheim

Le 29 mai 1453 marque une date fatidique dans l’histoire de l’humanité : Constantinople tombe aux mains des troupes du sultan Mehmet II, connu dès lors sous le nom de « Mehmet le Conquérant ». Cet événement signe la fin de l’Empire byzantin, ultime vestige de l’Empire romain, qui pendant des siècles avait préservé l’Occident chrétien.
La chute de cette ville légendaire, fondée par l’empereur Constantin et portant son nom, symbolise l’effondrement de ce qui fut l’une des plus grandes civilisations du monde. Capitale stratégique et spirituelle, Constantinople représentait un pont entre l’Orient et l’Occident, entre le monde chrétien et le monde musulman.
Une bataille historique, un siège colossal
La conquête de Constantinople par les Turcs ottomans résulte d’une préparation militaire d’envergure. Le sultan Mehmet II mobilise une force impressionnante d’artillerie et de soldats, soutenus par une flotte navale puissante. Pour les Byzantins, ce siège sans précédent révèle non seulement leur faiblesse militaire, mais aussi un long abandon diplomatique et stratégique de la part de l’Occident chrétien. Face à cette armée, Constantin XI Paléologue, dernier empereur byzantin, mène une ultime résistance héroïque, trouvant la mort dans l’anonymat, combattant aux côtés de ses soldats.
L’artillerie turque, notamment avec ses canons gigantesques, joue un rôle crucial dans la destruction des remparts de la ville, symboles autrefois réputés imprenables. Une fois la ville prise, la basilique Sainte-Sophie, centre de la chrétienté orthodoxe, est transformée en mosquée, annonçant un changement de paradigme dans l’histoire de la région.
Un événement aux conséquences majeures pour l’Occident chrétien
La chute de Constantinople constitue un véritable choc pour l’Occident chrétien. Elle marque non seulement la fin de l’Empire byzantin, mais aussi le début de la domination de l’Empire ottoman en Méditerranée orientale et dans les Balkans. L’événement vient conclure des siècles de luttes entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien. Constantinople, renommée Istanbul, devient le joyau de l’Empire ottoman, consolidant la puissance de cette nouvelle superpuissance.
Malgré l’appel à l’aide des Byzantins, l’Occident, englué dans ses propres conflits internes et dans une certaine indifférence, n’a pas su préserver ce bastion chrétien. La chute de la ville marque également le début d’une nouvelle ère géopolitique et culturelle, celle des échanges complexes entre les mondes chrétien et musulman.
L’héritage de Constantinople
Le 29 mai 1453 reste gravé dans l’histoire comme le jour où un empire millénaire a disparu, mais aussi comme le jour où une nouvelle puissance a pris racine. La chute de Constantinople est un tournant fondamental qui continue d’inspirer historiens et chercheurs.
Pour approfondir ce moment clé de l’histoire, l’ouvrage de l’historien Sylvain Gouguenheim, Constantinople 1453. La ville est tombée, offre une analyse détaillée et documentée de cette tragédie historique.
vendredi 25 octobre 2024
Les causes climatiques et les causes réglementaires de la crise céréalière. (2)
Les changements climatiques sont indéniables, n’en déplaisent à certains qui nient toute influence de ce facteur dans les transformations en cours, ou qui les relativisent en disant que « cela a toujours été ainsi », ce qui est réfléchir à courte vue et sans la profondeur nécessaire à l’appréhension des bouleversements en cours. Précisons les choses : 1. : Oui, il y a un « mouvement climatique » à long terme qui se déploie aujourd’hui, dans le sens d’un réchauffement global de la planète ; 2. : Ce mouvement n’est pas inédit, mais ce qui est nouveau, c’est sa rapidité, voire sa brutalité à l’échelle planétaire, voire humaine ;
3. : L’influence humaine sur ce mouvement n’est pas anodine, à cause des activités extractives et industrielles, mais aussi consommatrices de nos sociétés contemporaines, particulièrement depuis ces deux derniers siècles ; 4. : Néanmoins, il ne faut pas négliger les phénomènes liés à la vie même de la Terre et à l’influence de l’activité solaire (entre autres) ; 5. : Quoi qu’il en soit, les conditions climatiques actuelles doivent être prises en compte et, dans la mesure du possible, anticipées pour pouvoir prévenir et résoudre les nouvelles problématiques que cela engendre, qu’elles soient agricoles, touristiques et plus généralement économiques : c’est aussi là que l’empirisme organisateur trouve l’un de ses plus importants champs d’application pour les États et les entreprises, entre autres…
Pour autant, peut-on accuser le dérèglement climatique contemporain de tous les maux de l’agriculture française ? S’il est indéniable que la météorologie (1) joue un rôle dans la bonne ou mauvaise tenue des récoltes, en quantité comme en qualité, ce serait néanmoins une erreur d’appréciation de tout ramener à celle-ci et à son inscription dans le temps long de l’évolution climatique. Dans L’Opinion (2), d’autres explications et éléments de contextualisation sont avancés, qui méritent attention et réflexion, même si l’on peut ne pas partager l’optique clairement libérale de ce quotidien : « Conséquence de la baisse des rendements, des coups du climat et de la hausse des coûts de production qui s’ensuit, les surfaces cultivées en céréales baissent. Rien qu’en 2023-2024, la surface de blé tendre (4,36 millions d’hectares) a baissé de 7,7% par rapport à 2023 et 7,5% par rapport à la moyenne 2019-2023. Pour le blé dur, la baisse des surfaces est de 8,3% sur un an. A long terme, le déclin est net. (…) « La France du blé a perdu un million d’hectares entre 2016 et 2024 ! Les surfaces sont à leur plus bas depuis trente ans » (…). La baisse se constate aussi sur un an pour l’orge (-6,6%), le triticale, cet hybride de blé et de seigle (-7,6%). » Une situation fort inquiétante si ce mouvement de « désertification céréalière » se poursuit dans la décennie qui vient, ce qui, malheureusement, semble se confirmer à entendre les producteurs eux-mêmes…
Parmi les raisons invoquées pour expliquer ce processus dangereux pour l’agriculture, il y a, selon les céréaliers, la réduction drastique du nombre de molécules herbicides liée aux nombreuses réglementations sanitaires et environnementales récentes : « Depuis 2013, nous avons perdu la plupart des molécules herbicides qui nous permettaient de lutter contre les adventices (NDLR : les mauvaises herbes) qui nuisent à la qualité des récoltes, comme le vulpin et le ray-grass, avance Eric Thirouin (3). Même chose pour d’autres molécules, luttant contre les moisissures. La France, quand elle ne devance pas les interdictions, inflige des restrictions d’usage bien supérieures à celles des voisins. (…) Les stocks de graines de plantes concurrentes s’accumulent dans les sols, elles sont hors de contrôle. Sur certaines parcelles, les agriculteurs renoncent à récolter, tellement le blé a pâti de la concurrence de ces plantes. » S’il me semble nécessaire de trouver les moyens de se passer, le plus possible et tant que c’est possible, des molécules « cides » de tout genre, il est indéniable que, là encore, « la charrue est mise avant les bœufs » ! Dans l’idéal, c’est une agriculture biologique qu’il importe de privilégier, et j’en suis un fervent partisan. Cela étant dit, il apparaît qu’une transition raisonnable et raisonnée doit être de mise plutôt que cette brutalité réglementaire qui a tendance à « jeter le bébé avec l’eau du bain » et qui aggrave les situations au lieu d’améliorer les choses. En ce domaine comme en d’autres, le dogmatisme est néfaste et, surtout, contre-productif ! D’ailleurs, la production céréalière en agriculture biologique a, elle aussi, énormément souffert des mauvaises conditions météorologiques de cette année : selon Eric Thirouin, « Les rendements en bio baissent aussi. Les agriculteurs sont complétement démunis face au changement climatique et subissent les mêmes contraintes face aux mauvaises herbes, en pire. Cette année, la perte de rendement en bio est de 40 à 50%. »
Après ce constat, l’éternelle question se pose : « Que faire ? » J’ai avancé quelques solutions d’urgence dans une précédente note (dont celui des « prix protégés » pour les productions céréalières, mesure provisoire mais vitale à court terme), et il me semble tout à fait nécessaire de soutenir aussi les producteurs agricoles dans leur ensemble (mais en tenant compte des situations particulières de chaque exploitation et production, voire mode de production (4)), que cela soit par un allégement ou un report de charges dans un premier temps, et sans doute par quelques moyens supplémentaires dédiés aux producteurs nourriciers français pour préparer la prochaine année. Mais cela ne suffira pas : il faut penser sur le long terme, et rechercher les meilleurs moyens de concilier qualité et quantité, et de les inscrire dans une stratégie plus large de souveraineté alimentaire française et d’affirmation internationale sur le marché des produits agricoles et de leurs dérivés multiples et variés. Pour refaire de notre pays une grande puissance agricole et revitaliser les territoires ruraux sans lesquels la France n’est plus exactement la France…
Notes : (1) : La météorologie est un terme que je ne confonds pas avec la climatologie, plus large et qui s’envisage sur le long terme, même s’il y a des rapports évidents entre eux, mais pas exclusifs. Ici, j’utilise le terme de météorologie pour signifier les caractères naturels (de température, de luminosité et de pluviosité) qui affectent la production céréalière (entre autres) sur le temps court d’une année.
(2) : L’Opinion, 9 septembre 2024, sous la plume d’Emmanuelle Ducros.
(3) : Eric Thirouin est le président de l’Association générale des producteurs de blé.
(4) : Ainsi, il me semble important, dans le cadre du redéploiement rural à pratiquer et à soutenir dans les prochaines années et décennies, de privilégier les exploitations proprement « biologiques », ce qui ne signifie pas abandonner les autres, mais valoriser celles dont les effets secondaires sur les paysages, la biodiversité avoisinante, la qualité des terres et des productions, mais aussi leur diversité, sont les plus appropriées aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques contemporains et à venir.
Lourdes : histoire d’un sanctuaire où se pressent les foules
« Que l'on bâtisse ici une chapelle »
Lorsque la jeune Bernadette eut les visions de « la dame » en 1858, cette dernière lui aurait dit, lors de sa treizième apparition : « Allez dire aux prêtres que l'on bâtisse ici une chapelle et que l'on y vienne en procession. » La petite, âgée de 14 ans et obéissant à la demande « d’Aqueró », comme elle l’appelle, court rencontrer le curé de Lourdes, l'abbé Peyramale, afin de lui porter ce message. Celui-ci, sceptique, lui rétorque, le 3 mars : « Si elle veut la chapelle, qu'elle dise son nom ! » Cette réponse, il l’obtient le 25 mars, jour de l’Annonciation, lorsque Bernadette revient vers lui avec les paroles de « la dame » : « Je suis l’Immaculée Conception. » Finalement convaincu, l’abbé consent à la requête de celle qui est alors reconnue comme étant la Sainte Vierge.
Un sanctuaire toujours plus grand
Néanmoins, pour édifier cette chapelle, il faut de l’argent et du temps. En effet, ce n’est qu’en 1864 que commence enfin la construction de la future basilique de l'Immaculée-Conception, première pierre d’un sanctuaire en perpétuel agrandissement. Cependant, Bernadette Soubirous n’aura pas la joie de voir l’accomplissement du vœu demandé par la Vierge. En effet, rentrant chez les Sœurs de la Charité de Nevers en 1866 et disparaissant en 1879, elle ne revint jamais dans ses Pyrénées natales. Ainsi, elle ne put jamais contempler l'édifice religieux trônant au-dessus de la grotte et terminé en 1871. Cependant, la sainte apparition et les miracles, faisant la notoriété et la gloire de Lourdes, entraînent l'arrivée de milliers de pèlerins sur le site qui devient alors trop petit dès 1880. Ainsi, un nouveau chantier pour une nouvelle et plus grande église, Notre-Dame du Rosaire, est lancé en 1883 et achevé en 1889.
Plus de 60 ans plus tard, encore une fois, le besoin de s’agrandir se fait sentir au sein du sanctuaire. Pour résoudre ce problème et pour longtemps, il est décidé de voir grand, très grand. Ainsi, entre 1956 et 1958, un siècle après les apparitions, est aménagée l’immense basilique Saint-Pie-X longue de 191 mètres, dans un style moderne et en souterrain afin de ne pas gâcher la beauté des ensembles architecturaux extérieurs. Enfin, en 1988 et à ce jour, est édifiée la dernière église du sanctuaire consacré à sainte Bernadette. Cette dernière accueille, depuis, la Conférence des évêques de France.
Un site très fréquenté
Mais Lourdes n’a pas vocation à recevoir la visite des seuls évêques, bien sûr. En effet, de nombreux malades venant du monde entier se pressent aussi près de la petite grotte où coule toujours l’eau miraculeuse, dans l’espoir d’obtenir un réconfort à leur malheur. À l’heure actuelle, l’Église n’a reconnu officiellement que 70 miracles, même si plus de 7.000 dossiers de guérisons extraordinaires ont été déposés depuis les apparitions.
En dehors des personnes malades, le sanctuaire accueille en continu d’autres pèlerins tout le long de l’année. Néanmoins, le site connaît son pic de fréquentation lorsqu’il est assiégé au moment des grandes célébrations comme celles de l’Assomption, de la fête du Rosaire, du Pèlerinage militaire international ou de l’Ordre de Malte. Ainsi, selon Les Échos, 3,1 millions de visiteurs seraient ainsi venus pendant l’année 2023, par curiosité ou par piété, voir la grotte de Massabielle où une simple jeune fille s’était autrefois rendue seule, il y a plus d’un siècle.
Guido d’Arezzo, le moine qui révolutionna la Musique

Cinq lignes, des notes qui se suivent et des clefs pour les reconnaître. C’est aujourd’hui un langage universel et évident pour tous les pratiquants musicaux et l’observateur moyen pourrait presque en venir à se dire que son existence est naturelle, que les musiciens ont toujours eu cet outil pour créer et jouer de leur musique.
Or, l’histoire est tout autre. Le cheminement vers l’écriture musicale moderne n’eût rien d’évident, fût long, semé de petites et grandes innovations de visionnaires oubliés — génies de l’abstraction — et dont un, plus encore que les autres, fut celui sans qui ce langage sublime n’aurait pu exister. Cet outil c’est la partition et ce génie c’est Guido d’Arezzo.
Commençons notre histoire par un détour dans la Grèce antique. Pour se souvenir des mélodies qu’ils inventaient, nos ancêtres utilisaient un système d’écriture assez peu pratique, composé de certaines lettres de leur alphabet. Cette écriture musicale archaïque et peu intuitive ne permettait ni de créer des œuvres complexes ni d’associer efficacement une mélodie à ses paroles sur un même manuscrit. Cette technique primitive prouve toutefois que l’Européen a depuis longtemps trouvé un moyen d’extraire ses mélodies de leur éphémérité.
Entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge, non seulement la technique, mais la notion même d’écriture musicale semble avoir été perdue. On ne retrouve les premières traces post-antiquité de celle-ci qu’à partir de la Renaissance carolingienne, au début du IXe siècle. Près de quatre siècles de néant, sans aucune trace de cette précieuse notation musicale. Est-ce dû à un simple manque de découvertes archéologiques de notre part ou à une véritable perte d’un savoir qui aura mis quelques siècles à réémerger ? Difficile d’y répondre.
Un exemple de musique européenne médiévale avant Guido d’Arezzo.
Toujours est-il que cette nouvelle écriture musicale, que l’on voit apparaître à l’aube du IXe siècle dans des manuscrits localisés dans la région du Fossé rhénan (entre Strasbourg et Francfort), repose sur un système tout à fait différent.
Si autrefois les Grecs utilisaient certaines lettres de leur propre alphabet en leur donnant un sens musical, les moines de la Renaissance carolingienne eurent une idée radicalement différente, qui fut la base de la révolution technique à venir. Les « neumes ». C’est le terme désignant la nouvelle notation musicale qu’ils mirent au point. Il s’agissait d’un ensemble de signes inscrits au-dessus des textes liturgiques, aidant les chantres à se souvenir de leurs mélodies, qu’ils devaient avoir mémorisées auparavant. Impossible de découvrir la mélodie sur le vif. Par leur conception même, ces signes n’étaient que des aide-mémoire.
Alors, en quoi ces neumes furent-ils révolutionnaires s’ils étaient incapables de faire ce que même l’écriture des Grecs avant eux permettait ? C’est que, pour la première fois dans l’histoire de l’écriture musicale, cette technique était une notation abstraite, détachée des alphabets. C’est l’emprunt de ce chemin de l’abstraction qui permit ensuite une évolution toujours plus pratique, détaillée, précise, et, pour ainsi dire, complète de l’écriture musicale.
Un exemple de musique européenne médiévale après son intervention.
Depuis cette révolution conceptuelle de la Renaissance Carolingienne et jusqu’au début du XIe siècle se dérouleront deux cents ans d’utilisation et de diffusion des neumes. Il y aura au cours de ces deux siècles certes quelques apports mineurs à cette notation, mais le problème majeur subsistera. Cette absence d’indications précises des intervalles entre les notes durera, empêchant de lire correctement une mélodie sans l’avoir apprise primitivement.
C’est une trentaine d’années après le passage au second millénaire qu’un moine bénédictin originaire de Toscane — en constatant la difficulté croissante qu’avaient les chantres à garder en mémoire des vocalises toujours plus longues — eut l’idée la plus importante de notre histoire. Dans son ouvrage « Micrologus de disciplina artis musicæ » ce moine et théoricien de la musique, Guido d’Arezzo, développe le système révolutionnaire de la portée. Il s’agit d’ordonner la notation neumatique, de la spatialiser en hauteur et en longueur. Il dessine pour ce faire quatre droites sur et entre lesquelles il place nos fameux neumes. Il définit ainsi des intervalles constants entre ces nouvelles notes qu’il décide par ailleurs de nommer selon un hymne à Saint Jean-Baptiste très populaire à l’époque.
Il reprend assez simplement les lettres du début de chaque vers de cette chanson, donnant ainsi : Ut – Ré – Mi – Fa – Sol – La.
C’était une idée extrêmement ingénieuse permettant aux chantres — et surtout aux apprentis — de garder en mémoire le nom de ces notes qui allaient être un engrenage important du rouage complexe qu’est la portée.
Guido d’Arezzo souhaitait faire de l’écriture musicale un système autonome, indépendant des alphabets, des textes ou de la mémoire. Mais il réussit à accomplir bien davantage. Sa technique de la portée fut une véritable révolution à l’origine de tous les importants développements postérieurs dans l’histoire de la composition. Ne serait-ce qu’au cours de son propre siècle, les musiciens purent grâce à lui composer des polyphonies alors que la monodie était pour eux, jusqu’alors et depuis la plus ancienne antiquité, la seule et unique possibilité.
Guido d’Arezzo est de ces génies qui changèrent à jamais notre rapport à l’art et au monde. Tous les grands noms de notre histoire musicale, de Pérotin à Debussy en passant par Bach, Beethoven, Wagner, Josquin des Prez ou Vivaldi lui sont tributaires et nous — fils de cette Musique — lui rendons hommage.
Gary Ajzner – Promotion Richard Wagner
https://institut-iliade.com/guido-darezzo-le-moine-qui-revolutionna-la-musique/
Ukraine : Zelensky supplie la Russie de renouveler les accords qu’il a fait échouer

L’acteur qui joue le rôle du président de l’Ukraine depuis un certain temps se dégonfle. L’hiver approche et les réseaux énergétiques de l’Ukraine sont sur le point de s’effondrer.
Des accords auraient pu être mis en place pour éviter cela. Mais la partie ukrainienne a bâclé ces accords. Aujourd’hui, Zelensky supplie pour qu’ils soient renouvelés.
Fin 2022, l’armée russe a lancé une campagne de bombardement contre les stations de commutation électrique en Ukraine. De nombreux transformateurs ont explosé. L’armée ukrainienne a réagi en concentrant ses défenses aériennes près des stations électriques. C’était exactement l’effet recherché par les Russes. Les installations de défense aérienne, et non les centrales électriques, étaient leur véritable cible.
Après s’être séparée de l’Union soviétique, l’Ukraine avait disposé des meilleures défenses aériennes que l’argent pouvait acheter. Au cours de l’automne et de l’hiver 2022, la plupart de ces installations ont été détruites. La campagne russe contre les centrales électriques s’est arrêtée.
En 2023/24, l’armée ukrainienne a lancé sa propre campagne contre les infrastructures en Russie. Plusieurs raffineries ont été touchées par des drones et ont pris feu. La production d’essence en Russie diminuait considérablement et les exportations d’essence ont dû être interrompues pendant un certain temps.
Les Russes ont riposté en renouvelant leur campagne contre le réseau électrique ukrainien. Mais cette fois-ci, les cibles n’étaient pas seulement les postes de commutation, mais les installations de production elles-mêmes. La production d’électricité non nucléaire en Ukraine a été décimée.
Dans ses communiqués quotidiens, le ministère russe de la Défense a qualifié les attaques contre les centrales électriques ukrainiennes de représailles directes aux attaques ukrainiennes contre le territoire russe. Par exemple :
«Ce matin, en réponse aux tentatives du régime de Kiev d’endommager des objets de l’infrastructure électrique et de l’économie russes, les forces armées de la Fédération de Russie ont effectué une frappe groupée avec des armes de précision à longue portée sur des objets de l’infrastructure militaro-industrielle ukrainienne et des bases d’aviation des FAU».
Sa capacité de production étant en danger et sous la menace de coupures d’électricité, le gouvernement ukrainien s’est ressaisi – du moins pour un temps. Des négociations secrètes ont été organisées à Doha, au Qatar, pour mettre fin aux attaques contre les infrastructures des deux parties.
En août 2024, peu après que l’armée ukrainienne a lancé une incursion dans l’oblast de Koursk en Russie, le Washington Post a rapporté :
«L’Ukraine et la Russie devaient envoyer des délégations à Doha ce mois-ci pour négocier un accord historique mettant fin aux attaques contre les infrastructures énergétiques et électriques des deux côtés, selon des diplomates et des fonctionnaires au fait des discussions, ce qui équivaudrait à un cessez-le-feu partiel et offrirait un répit aux deux pays.
Mais les pourparlers indirects, où les Qataris servaient de médiateurs et rencontraient séparément les délégations ukrainienne et russe, ont été interrompus par l’incursion surprise de l’Ukraine dans la région de Koursk, à l’ouest de la Russie, la semaine dernière, d’après les responsables. (…)
Depuis plus d’un an, la Russie bombarde le réseau électrique ukrainien de missiles de croisière et de frappes de drones, causant des dommages irréparables aux centrales électriques et provoquant des coupures d’électricité dans tout le pays. Dans le même temps, l’Ukraine a frappé les installations pétrolières russes par des attaques de drones à longue portée qui ont mis le feu à des raffineries, des dépôts et des réservoirs, réduisant le raffinage du pétrole de Moscou d’environ 15% et augmentant les prix du gaz dans le monde entier. (…)
Un diplomate informé des discussions a déclaré que les responsables russes avaient reporté leur réunion avec les responsables qataris après l’incursion de l’Ukraine dans l’ouest de la Russie. La délégation de Moscou a qualifié cette incursion d’«escalade», a déclaré le diplomate, ajoutant que Kiev n’avait pas prévenu Doha de son offensive transfrontalière».
L’Ukraine a dû payer un lourd tribut à l’incursion de Koursk. Les troupes d’élite qu’elle avait envoyées n’ont pas atteint leur objectif, une centrale nucléaire près de Koursk, et ont été rapidement décimées. Les attaques contre les infrastructures ukrainiennes se sont poursuivies avec force.
Trois mois plus tard, alors que l’incursion de Koursk et le réseau électrique ukrainien sont au bord de la rupture, le gouvernement ukrainien change à nouveau de cap. Il supplie de renouveler les accords qu’il a bâclés.
Comme le rapporte le Financial Times (archivé) :
«Le président ukrainien a déclaré que le fait que la Russie mette fin aux attaques aériennes contre les cibles énergétiques et les cargos ukrainiens pourrait ouvrir la voie à des négociations visant à mettre fin à la guerre.
Volodymyr Zelensky a déclaré aux journalistes à Kiev lundi que «lorsqu’il s’agit de l’énergie et de la liberté de navigation, obtenir un résultat sur ces points serait un signal que la Russie pourrait être prête à mettre fin à la guerre». (…)
Si Moscou et Kiev acceptaient de mettre fin aux frappes sur leurs infrastructures énergétiques respectives, ce serait un pas important vers la désescalade du conflit, a déclaré Zelensky en référence aux attaques de drones ukrainiens sur les raffineries de pétrole russes».
Il aurait pu conclure cet accord il y a trois mois. Aujourd’hui, il sera plus difficile d’y parvenir. Le retrait total des forces ukrainiennes de la région de Koursk sera la condition minimale que la Russie demandera pour reprendre les pourparlers.
Zelensky souhaite également renouveler l’accord sur la mer Noire.
Le rapport du Washington Post du mois d’août l’a rappelé :
«Les responsables ukrainiens et russes ne se sont pas rencontrés face à face depuis les premiers mois de la guerre, lorsque des délégations des deux parties se sont réunies pour des discussions secrètes à Istanbul. Ces négociations ont finalement échoué. Plus tard, les deux parties ont convenu d’un accord sur les céréales qui a conduit la Russie à lever temporairement un blocus naval, permettant à l’Ukraine de transférer des céréales par la mer Noire. Cet accord a lui aussi échoué quelques mois plus tard, lorsque la Russie s’est retirée de l’accord».
L’accord sur la mer Noire comprenait notamment une promesse occidentale de ne pas entraver les exportations russes par la mer Noire. Cette entrave s’est toutefois poursuivie, l’assurance des cargos continuant d’être refusée. Les attaques ukrainiennes contre la flotte russe de la mer Noire se sont également poursuivies. La Russie s’est retirée de l’accord et a rétabli son blocus des ports ukrainiens.
Au cours du dernier semestre, l’Ukraine a commencé à reconstruire sa ligne d’approvisionnement par la mer Noire. Des dizaines de navires transportant des cargaisons sèches sont arrivés à Odessa et dans d’autres ports ukrainiens de la mer Noire. Les Russes ont rapidement supposé, à juste titre, que ces navires transportaient des armes et des munitions pour l’armée ukrainienne. Des missiles Iskander ont été envoyés pour détruire les chargements dès l’arrivée des navires. Au cours des derniers mois, plus de 20 cargos de marchandises sèches ont été touchés, endommagés ou coulés. Les explosions secondaires qui ont suivi les frappes ont confirmé qu’il s’agissait de cargaisons explosives.
Le blocus naval russe a été renouvelé, non pas en interceptant les navires en route vers l’Ukraine, mais en les frappant pendant qu’ils déchargent.
Pendant la guerre, la Russie avait proposé à Zelensky au moins deux petits accords qui étaient largement en faveur de l’Ukraine. L’accord sur les céréales de la mer Noire a échoué parce que l’Ukraine et ses «partenaires» n’ont pas respecté leur part de l’accord. L’accord de paix sur les infrastructures a échoué parce que l’Ukraine a décidé d’attaquer en direction de Koursk.
Aujourd’hui, Zelensky supplie de renouveler les deux accords.
Cela pourrait bien être possible. Mais la Russie demandera certainement un prix très élevé.
source : Moon of Alabama
jeudi 24 octobre 2024
Y a-t-il eu une tentation fasciste en Corse ?

L’anachronisme et l’amalgame condamnent à ne rien comprendre au passé. Jean-Pierre Poli, dans un livre sans complaisance paru en 2007, explique le positionnement des autonomistes corses, certains d’entre eux en tout cas, dans la période 1926-1946. Le titre de son ouvrage fouillé est éclairant : Autonomistes corses et irrédentisme fasciste.
De l’autonomisme au fascisme ?
Le mouvement autonomiste dont il est question est celui d’un « corsisme » qui s’est développé autour d’un mouvement culturel, A Muvra, et de son leader, Petru Rocca. « Paradoxalement, A Muvra, “bulletin régionaliste de l’île de Corse”, naquit en mai 1920 à Paris, où son fondateur Petru Rocca était arrivé vers 1910 et où, ancien soldat exemplaire, il s’était réinstallé après la fin de la Grande Guerre. »
Le site L’histoire par l’image poursuit : « Du groupe rassemblé autour du journal, dont le siège fut rapidement transféré à Ajaccio, devait naître en 1923 un parti politique, le Partitu Corsu d’Azione, lequel devint, en 1927, le Partitu Corsu Autonomista. Bien que prétendant se démarquer ainsi clairement du séparatisme, A Muvra et les “muvristes” non seulement n’échapperont pas à ce premier soupçon, mais ils vont encore susciter une autre accusation, celle d’irrédentisme. L’assimilation à une lecture fasciste de l histoire discrédite aujourd’hui encore ce mouvement devenu historiquement et donc politiquement maudit. Né après 1870, ce mouvement politique italien [repris par autres pays depuis, dont la Hongrie] avait d’abord réclamé l’annexion au royaume d’Italie des terres encore soumises à la domination autrichienne, puis, plus largement, de toutes les terres jadis ou naguère “italiennes”. Insatisfait des résultats obtenus à l’issue de la Première Guerre mondiale, le mouvement connut un nouvel essor et favorisa l’avènement du fascisme. Vainqueur, ce dernier en reprit les revendications, désormais dirigées essentiellement contre la France (Nice, Savoie, Corse et Tunisie). »
Une histoire complexe
Le but de Petru Rocca est cependant clair et s’inscrit dans le seul combat culturel identitaire corse. Petru Rocca fonde le mouvement corsiste pour le réveil de la conscience insulaire et la protection du particularisme culturel. À travers une maison d’édition et un bulletin régionaliste appelé A Muvra, il cherche à promouvoir la langue et défend la nécessité d’un statut autonome pour la Corse. Ce programme affiche des positions incompatibles avec l’irrédentisme. Pourtant, le corsisme et l’irrédentisme sont rapidement confondus. En 1946, les corsistes sont condamnés pour « atteinte à la sûreté de l’État » dans le cadre des procès de l’épuration. Le corsisme sombre alors dans l’opprobre. Il est victime de ses adversaires mais aussi de quelques liaisons dangereuses de certains de ses membres dans une époque particulière. Lorsque la Seconde Guerre mondiale s’annonce, par peur des visées irrédentistes de l’Italie de Mussolini, l’État français ferme l’imprimerie de A Muvra. Certains autonomistes sont dénoncés comme amalgamés aux irrédentistes, dans les relations avec l’Italie fasciste. Ruiné, Petru Rocca est condamné à 15 ans de travaux forcés et traité comme un collaborateur.
L’histoire n’est jamais simple et c’est le grand mérite de ce livre qui se donne une seule obligation, « tout dire ». En Corse, l’irrédentisme n’a jamais été le nom des autonomistes. Mussolini, bien sûr, a tenté de soutenir des Corses attirés par la fascination fasciste de l’époque pour échapper au centralisme jacobin français par l’irrédentisme fasciste. La revendication du fascisme sur l’île est bien à l’origine du discrédit du mouvement de Petru Rocca. Il y a une confusion qui perdure entre ces deux mouvements pourtant si différents, comme le prouve sans rien occulter des liaisons dangereuses dans le climat de l’époque le livre de Jean-Pierre Poli.
Pierre Boisguilbert 24/10/2024
Poli (Jean-Pierre), Autonomistes corses et irrédentisme fasciste – A Muvra prise au piège 1920-1946, éditions Alain Piazzola.
https://www.polemia.com/y-a-t-il-eu-une-tentation-fasciste-en-corse/
Jacques Lacroix : « L’eau des Gaulois coule dans nos noms de lieux »

Et oui, les Gaulois sont toujours là, mais de façon très inattendue : davantage que dans les vestiges archéologiques – très précieux – dans les noms de lieux familiers qu’ils nous ont transmis. On en compte plus de 10 000, non seulement dans l’Hexagone mais aussi en Belgique, en Allemagne du sud, en Suisse, en Italie du nord. Se dévoile ainsi un riche patrimoine, un grand héritage dont nous n’avions pas conscience alors que nous le côtoyons chaque jour.
L’ouvrage Le grand héritage des Gaulois par Jacques Lacroix (Yoran Embanner) ne se contente pas d’inventorier ces témoins du passé, il éclaire leur sens. Les noms restituent les principaux aspects d’une civilisation où notre pays trouve indubitablement certaines de ses racines. Le passé des Celtes est toujours présent
Jacques Lacroix est professeur agrégé, docteur ès Lettres et Civilisations de l’Université de Bourgogne. Il a publié un ensemble d’ouvrages et d’articles sur l’héritage linguistique des Gaulois, liant toponymie, histoire et archéologie, dont Les Noms d’origine gauloise, Enquête aux confins des pays celtes, Les irréductibles Mots gaulois dans la langue française et Les Frontières des peuples gaulois. Dans la France du XXIe siècle, les Gaulois sont encore là !
Ci-dessous la dernière vidéo de l’auteur, consacrée à l’eau des gaulois dans nos noms de lieux.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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La politique naturelle – De la volonté politique pure

Après avoir déjà présenté trois chapitres de La politique naturelle, nous vous proposons aujourd’hui le quatrième de ce texte incontournable pour les royalistes d’Action française.
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Par Charles Maurras
On est donc menacé de n’avoir bientôt plus rien dans les tristes pays où les fondements naturels de la politique sont durablement remplacés par ces absurdes inventions d’étatisme égalitaire et de prétendu volontarisme populaire qui, pour être un peu moins folles qu’en Russie, ne peuvent résister longtemps à l’aggravation naturelle du poids de leur insanité.
Nos aïeux, même les moins sages, ne s’étaient rien figuré de tel. Nos neveux, s’ils en réchappent, n’y voudront pas croire. C’était déjà l’avis d’Edgar Poe, il y a cent ans, lorsqu’il écrivait l’admirable « Parabole des chiens de prairie ». Eh ! Quoi, fait-il dire à la postérité ahurie, les vieux Américains se gouvernaient eux-mêmes ? Pas possible ! Ils avaient donc en tête cette idée, la plus drôle du monde, que tous les hommes pouvaient naître libres et égaux.
Mais cela ne dura que « jusqu’au jour où un individu nommé Mob (ou Popu) établit un despotisme auprès duquel celui d’Élagabal était un paradis. Ce Popu (un étranger soit dit en passant) était, dit-on, le plus odieux de tous les hommes qui aient jamais encombré la terre. Il était insolent, rapace, corrompu. Il avait la stature d’un géant, il avait le cou d’un chameau avec le cœur d’une hyène et la cervelle d’un paon. Il finit par mourir d’un excès de sa propre fureur, qui l’épuisa ».
Rendus contemporains de ces incroyables sottises, gouvernés par ces insolences, ces rapacités, cette corruption, nous sommes même un peu happés par l’animal géant, ce Mob ou ce Popu, sans cœur ni cervelle, appelé à crever de ses colères de dindon… Mais nous sommes aussi dédommagés de cette honte par le spectacle merveilleux de son absurdité, élevée à la perfection.
Des gens qui ont souscrit et fait souscrire un programme dont ils ne peuvent dénier les difficultés profondes, ni les complications inouïes, ont la chance de s’accorder sur la façon de le réaliser.
— Des milliers, et des milliers de voix, auront à dire : je veux. Et ce qu’elles auront ainsi voulu sera. Il suffira que ces majorités désignent des exécuteurs : cela sera exécuté.
— Même l’impossible ?
— Surtout l’impossible.
La lune ! On n’a qu’à demander la lune. Des mains dociles iront la cueillir dans le ciel. On en fera descendre, tout semblablement, la justice et l’égalité en calligraphiant leurs noms à l’encre rouge sur un papier à tranches d’or.
À peine désignés, les pauvres exécuteurs de ces volontés mirifiques sentent pleuvoir tout le contraire des promesses qu’ils ont jurées. Leurs mandants s’en doutent à peine. Mais, peu à peu, les évidences se font jour. Ce qui ne peut pas être refuse d’être. Ce qui doit être, ce que produit l’antécédent qu’on a posé, suit le cours de sa conséquence. On voulait la paix, mais en désarmant ; de tous côtés éclatent les fatalités de la guerre, on doit se mettre à réarmer. On annonçait l’abondance ; il faut rogner la monnaie. Les salaires ont monté, mais les prix aussi ; il faut que les salaires montent encore. Comment monteront-ils si l’on n’a plus d’argent pour les payer ?
Là, il est vrai, la pensée de Popu et de Mob est celle d’un humble sauvage. Elle attribue les résistances et les oppositions qu’elle rencontre de la part de choses, non à l’absurdité de ses « volontés majoritaires », mais aux forces secrètes de mystérieuses petites âmes cachées sous les choses, et que des volontés hostiles animent. Ainsi, voyez ! L’or de la France devait affluer dans les caisses aux premières incantations de M. Auriol. Croyez-vous que ce méchant or ne l’ait point fait et qu’il ait eu la sotte peur d’y fondre ? Est-ce naturel ? Et la Lune ! Cette planète aurait dû se laisser tomber, toute nue, dans le lit de M. Paul Faure. Et cela n’est pas arrivé ! La malveillance ! La méchanceté ! Le fascisme dont le mauvais esprit rôde dans la nuit… Malheureusement pour ces idiots que leur disgrâce peut rendre mauvais, on ne peut accuser ici qu’une volonté. C’est la leur. On aurait pu arrêter la hausse des prix en empêchant le coût de la production de monter, ils ne l’ont pas voulu, ils ont voulu tout le contraire. On aurait pu avoir de l’argent, ils ont fait tout ce qu’il fallait pour ne pas en avoir et même pour détruire tout moyen d’en avoir, en ralentissant la production, en augmentant le nombre des bras croisés et en suscitant toutes les querelles possibles entre ceux qui ont besoin d’être en paix pour bien travailler.
Leur échec régulier est donc prévisible. Ce n’est pas leur optimisme de Canaques qui peut rendre douteux le résultat de la prévision. Mais, bêtise ou duplicité, souvent les deux, la prévision est repoussée. D’office ! De dogme ! Et de passion ! Et d’intérêt ! Un régime qui vit des « volontés du peuple » est le paradis de crétins, mais aussi de ces coquins-là.
Le droit légal de la Démocratie, presque son devoir, est de se passer de bonnes têtes et de bons cœurs ; si elle ne s’en passait point, est-ce qu’elle serait vraiment le Souverain-roi, le Souverain-dieu ? Il y aurait alors quelque chose au-dessus de ces royales, impériales et pontificales Majorités qui, vraiment, ne sauraient partager leur couronne avec la Vertu, ni avec le Savoir, ni avec la Raison. Nos mémorables élections du 3 mai 1936 ont juché au Ministère de la Justice quelqu’un qui n’a même pas de licence en droit, il est simple capacitaire, faute de bachot ; or son portefeuille, étant technique, confère à ce soufflé d’ignorance et de prétention de hautes fonctions juridiques. Le voilà Grand Juge de France, Président-né du Conseil d’État, Président-né du Tribunal des Conflits, promu l’arbitre des plus savants, des plus difficiles litiges ! Naturellement, à peine nanti, ce nommé Rucart a élevé la voix pour se décerner la science infuse, telle qu’elle appartient à chaque produit de la volonté nationale, expression directe et pure du Droit du nombre ; ce Droit élit ses officiers, il les sacre et il les renvoie comme cela lui chante, sans un regard donné à leur valeur ou non-valeur. Ce Droit se rit du bien ou du mal qu’ils pourront tirer de leur charge. Seul de tous les Droits connus, il peut mettre hors de sa loi la Compétence, la Qualité, la Réussite même ! Et ainsi, ô bonheur ! ce Droitdémocratique s’exclut de la durée comme du succès.
La Démocratie accourt donc, les yeux bandés, au cimetière.
Mais elle y mène, et c’est moins gai.
Comment s’en est-on si peu douté ! On laisse trop dire et écrire qu’elle est trahie par l’expérience de ses erreurs. Elle est trahie par elle-même. N’eût-elle jamais été mise à l’essai, tout esprit net dut lui refuser tout avenir, comme toute raison, du moment qu’elle s’offrit et se définit. Jeune et distrait, un André Chénier put avoir besoin de voir à l’œuvre les hideux scélérats, les bourreaux barbouilleurs de lois ; les Rivarol ont vu tout de suite ce que ce serait. Il était idiot de croire qu’un grand peuple pût marcher la tête en bas. Idiot, qu’il fût gouverné par ce qu’il y avait de vain et de vil en lui. Idiot, que les moins directement intéressés à son bien y eussent légalement le plus d’influence par leur nombre, leurs factions, leurs passions.
Toute bonne cervelle de 1789 pouvait voir briller aux purs flambeaux des Droits de l’Homme l’embrasement qu’ils annonçaient et déduire de là, effet proche ou lointain, quelque chose qui devait ressembler au Régicide, aux longues guerres, à Trafalgar, à Leipzig, à Waterloo, à Sedan, à la dépopulation, à la décadence, à tous nos reculs généraux, non sans y distinguer, claire et nette, leur qualité essentielle de produits naturels de la démocratie politique.
De même, les bonnes cervelles de 1848 et 1871 n’avaient pas besoin de vieillir d’un demi-siècle ni d’un siècle ; de la démocratie sociale, elles virent sortir, comme le fruit de la fleur, la commune destruction des capitaux et du travail qui les engendre ou les reproduit.
La démocratie dans l’État ne pouvait que ruiner l’État.
La démocratie dans l’atelier et dans l’usine devait ruiner l’usine et l’atelier.
Cela était d’autant plus sûr que la démocratie se donnait carrière en une heure de la vie du monde qui lui apportait un moyen facile d’exploiter une tragique confusion
Prochainement La politique naturelle et la question ouvrière et la démocratie sociale…
https://www.actionfrancaise.net/2024/10/24/la-politique-naturelle-de-la-volonte-politique-pure/
Ablis (78) : des centaines d’armes de guerriers gaulois découvertes à Ablis

Les archéologues vont de surprise en surprise à Ablis (Yvelines), sur un site excentré dit du jeu de Paume.
Au troisième siècle avant J.C., les celtes occupaient toute l’Europe. Et chez vous, nous avons trouvé des traces exceptionnelles du deuxième âge de fer. C’est comparable au site de référence de La Tène en Suisse », a confié aux élus d’Ablis, Bertrand Triboulot, ingénieur du service régional de l’archéologie de la DRAC.
C’est après une prescription de ce service, « bras armé de l’Etat », dixit Bertrand Triboulot, que la découverte de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) de Fabrice Brutus, donne lieu à des fouilles minutieuses et de grande ampleur aujourd’hui à Ablis.
De l’impuissance hypersonique
Le journaliste indépendant Drago Bosnic nous met au courant des dernières péripéties de la prodigieuse impuissance US à fabriquer des engins hypersoniques alors que la Russie (et d’autres, dont l’Iran) utilise de telles machines en combat. Depuis l’alerte de mars 2018 (l’annonce de Poutine de la possession d’armes hypersoniques par la Russie), le Pentagone galère en vain, en rechignant et sans succès. Les USA sont-ils devenus impuissants dans cette matière du technologisme ? Préfèrent-ils les ‘blockbusters’ de Hollywood ?
Le texte ci-dessous ne nous apprend rien de nouveau mais il nous fournit des précisions fort utiles sur le développement d’une situation de complet blocage. Cela fait plusieurs années que nous en parlons, d’ailleurs depuis l’annonce par Poutine de l’existence des programmes russes de missiles hypersoniques. Nous en parlions encore récemment dans le sens de l’amplitude et de la gravité de la catastrophe pour les USA, en mars 2023 et en janvier 2024.
Dans son texte ci-dessous, le journaliste indépendant Drago Bosnic, critique politique antiSystème et aussi expert militaire qui aborde parfois des sujets plus techniques dans des domaines où il est très compétents, met en évidence la catastrophe qui frappe le Pentagone avec ce blocage sur l’hypersonique. On ne parle plus seulement de retard sur les Russes mais quasiment de blocage.
Dans le texte de mars 2023, nous commentions le dernier échec et l’abandon du programme AGW-183A (le projet de missile hypersonique le plus avancé), également connu sous l’acronyme ARRW que les habitués surnomment évidemment ‘Arrow’ (flèche). C’est ce même programme déjà deux fois abandonné, dont Bosnic annonce la relance simplement parce qu’il n’y a rien d’autre à se mettre sois la dent.
Nous commencions notre texte par ce paragraphe que nous jugions sans doute moqueur ; tentative, dans tous les cas, d’un exercice d’un peu d’ironie entre Hollywood et le Pentagone (sur fond de liquidation des ‘Native Américains’) :
« L’USAF a annoncé qu’elle abandonnait l’un des deux programmes (connus) de missiles hypersoniques US, le AGM-183A, connu aussi sous sa désignation de ‘Air-launched Rapid Response Weapon’ (ARRW). L’acronyme étant fort proche de ‘Arrow’ (flèche) comme on le prononce, on en arrive au stade du film fameux “La flèche brisée” (1950), qui contait l’histoire malheureuse du fameux chef indien Cochise. Aux USA, on est donc toujours proche de l’hollywoodisme, mais cette fois tout le contraire de l’allure triomphante, – et le destin de l’ARRW étant peut-être une sorte de revanche posthume de Cochise. L’abandon du programme marque en effet un très sérieux revers dans le développement des armes hypersoniques aux USA, ceux-là qui accusent déjà un terrible retard sur la Russie et la Chine. »
La relance de l’ARRW après ses ignominieux échecs et ses abandons catégoriques constituent un cas extrêmement rares, rarissimes pour la bureaucratie du Pentagone, en même temps qu’une timidité prononcés des géants de l’armement pour se lancer dans de nouveaux programmes hypersoniques (le ARRW est fabriqué par Lockheed Martin).
Un peu plus loin, alors que nous nous interrogions sur le sort du technologisme, surtout aux USA où il constitue une force considérable dans la pensée et le développement de cette puissance, surtout dans les forces armées toujours en pointe dans ce domaine et désormais confrontées à des problèmes qui s’avèrent quasiment insurmontables. Ainsi remarquions-nous à propos du technologisme, du Pentagone, et subrepticement de Hollywood :
« Le problème est qu’il faut en effet situer cet échec [du technologisme de l’hypersonique] dans une continuité où l’on trouve l’aventure catastrophique du JSF, celle de la frégate démente DDG-1000 classe ‘Admiral Zumwalt’, de la nouvelle classe des super-porte-avions (‘George Bush’, ‘Gerald Ford’, ‘George Washington’, etc.) affectés d’ennuis de très-haute technologie divers et variés, etc. Le problème est donc de savoir si la superpuissance US a encore la capacité de développer des systèmes de haute technologie compatibles avec la réalité d’une vérité-de-situation de guerre, ou si l’on en reste au stade du triomphe de la communication, pour directement passer à la suite... »
La question que nous nous posons à partir de ces remarques où il est fait allusion à Hollywood et à l’hollywoodisme, c’est-à-dire à tout ce qui développe la communication la plus envahissante et la plus spectaculaire dans la transmission au public des “merveilles” nés du technologisme, si cet appel à la communication n’a pas envahi les esprits et les conceptions des gens du Pentagone et aussi des autres secteurs de la sécurité nationale (le complexe de l’armement, les agences de renseignement). Cela reviendrait à concevoir les technologies, non plus comme un moyen direct de fabriquer des armements, mais comme un moyen de mettre le technologisme au service de la communication, notamment hollywoodienne. Par exemple, on sait que le F-35 (JSF) a déjà été largement utilisé dans des ‘blockbusters’ d’Hollywood, notamment sur les ‘super-héros’, qui fournissent aujourd’hui l’essentiel de la production hollywoodienne ; cela suffit au Pentagone pour la promotion de l’avion, bien plus qu’une aventure israélienne en Iran, où Israël pourrait perdre quelques F-35 (c’est une des craintes secrètes du Pentagone et de l’USAF).
Mais le cas de l’hypersonique est complètement différent parce que les Russes ont 15 à 20 ans d’avance, des missiles de deux générations d’hypersoniques déjà en service, qu’on a vus être utilisés en combat en Ukraine, et peut-être même de la part des Iraniens. Pour ce cas, le Pentagone n’évolue plus dans le seul cadre d’Hollywood où les scénaristes assurent au technologisme bien entendu américaniste une part glorieuse d’efficacité et de succès. C’est ce que nous voulions suggérer avec ce membre de phrase :
« ... Savoir si la superpuissance US a encore la capacité de développer des systèmes de haute technologie compatibles avec la réalité d’une vérité-de-situation de guerre... »
Il semble bien qu’avec l’Ukraine, et la façon dont on a présenté et “suivi” (!) cette guerre, le Pentagone et ses divers complices comme par exemples les industries de l’armement bien-heureuses de produire toujours la même chose pour la satisfaction de Zelenski et la stabilité de leurs bénéfices, ont montré combien la réalité, – c’est-à-dire la vérité-de-situation, – ne les intéressait plus. L ‘hypersonique est donc pour eux tous un affreux problème, un calvaire qu’il faut tout de même tenter de porter puisque les Russes l’ont et que pourtant les USA ne peuvent être que les plus forts et rien d’autre...
Ce genre de dilemme d’une hyper-puissance transformée en surpuissance-Fantasy, est un signe incontestable de l’accélération formidable de la décadence, d’effondrement en effondrement, avec au terme l’attrait irrésistible du plus grand de tous les ‘blockbusters’ : son autodestruction. Rien ni personne ne parviendra à les en relever.
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Hypersonique : on recycle les ratages
Il y a un peu plus de dix ans, la plupart des experts militaires étaient convaincus que les États-Unis étaient le meilleur acteur dans le domaine des armes hypersoniques. Le complexe militaro-industriel américain (MIC) sous-estimait obstinément les avancées russes, en particulier en ce qui concerne le système ‘Iskander’, dont les missiles 9M723 ont été les premières armes hypersoniques basées au sol, mais étaient encore généralement répertoriés comme des missiles quasi-balistiques.
Le conflit ukrainien orchestré par l’OTAN a démontré la grande manœuvrabilité et la vitesse des armes utilisées par le système de missiles ‘Iskander-M’, prouvant sans l’ombre d’un doute que Moscou a environ 15 à 20 ans d’avance dans le développement et le déploiement des hypersoniques. En revanche, les tentatives de Washington de ridiculiser les avancées russes semblent avoir eu un effet “karmique” sur ses propres performances, car le Pentagone a connu un échec embarrassant après l’autre au cours de la dernière décennie.
Cependant, essayer de dénigrer votre adversaire par le biais de la machine de propagande traditionnelle ne ralentira pas ses avancées technologiques dans le monde réel. Cela pourrait certainement les faire passer pour des méchants (même si ce n’est pas au-delà de l’Occident politique), mais rien de plus. Pourtant, les États-Unis ont continué à le faire. Les affirmations plutôt pathétiques de la machine de propagande dominante selon lesquelles la Russie aurait “volé” des technologies hypersoniques américaines inexistantes sont devenues d’autant plus ridicules que les échecs du Pentagone à développer une seule arme fonctionnelle ont commencé à s’accumuler. Malgré une douzaine de programmes d’armes hypersoniques, les États-Unis n’ont rien à montrer de leurs efforts. En mars de l’année dernière, les choses ont pris une tournure pire après l’annulation du programme AGM-183A, un missile lancé par avion transportant un véhicule de glissement hypersonique (HGV). Surnommé ARRW (Air-Launched Rapid Response Weapon), le missile était censé être le point d’entrée des États-Unis dans le très exclusif “club hypersonique”.
Les échecs du MIC américain ne se sont cependant pas arrêtés là. Son incapacité à fabriquer des armes même relativement basiques (par rapport à son statut de superpuissance) est devenue évidente, ce qui a donné lieu à des épisodes encore plus embarrassants, comme les retards constants et les problèmes technologiques dans le développement des ICBM (missiles balistiques intercontinentaux).
Et pourtant, étant donné le prestige géopolitique de la mise en place d’armes hypersoniques, il était important pour Washington DC de commencer à dissimuler les informations sur les échecs de ses programmes, c’est pourquoi nous n’avons toujours pas de confirmation officielle des résultats du dernier test. J’ai déjà avancé qu’il était très probable qu’il ait échoué, et bien que les preuves définitives ne soient toujours pas là, les événements ultérieurs ont renforcé cette idée. En fait, les dernières révélations sur les intentions des États-Unis concernant la relance de programmes écartés en sont un exemple. Ainsi, le programme avorté AGM-183A avec une ogive HGV pourrait en fait être relancé.
Surnommé le «“Super-Duper” par l’ancien président et actuel candidat Donald Trump, l’ARRW (habituellement lu comme “arrow” [“flèche”]) aurait été le plus loin dans le développement et les tests, du moins selon ‘War Zone’. Cependant, l’arme était tout simplement insuffisante pour égaler les conceptions nord-coréennes et iraniennes, sans parler des avancées chinoises (et, bien entendu, ; sans parler surtout des avancées russes, qui sont dans une ligue à part). Des sources militaires rapportent que l’incertitude entourant l’avenir de l’AGM-183A s’est considérablement exacerbée fin septembre, lorsque l’US Air Force a accordé à Lockheed Martin 13,4 millions de dollars de fonds supplémentaires pour les travaux de R&D sur le programme officiellement annulé. En effet, outre l’abandon susmentionné en mars 2023 (officiellement en raison de « problèmes techniques non spécifiés »), il y a eu une brève période de relance (bien que non officielle), principalement en raison des échecs répétés d’autres programmes. Cependant, le financement de l’AGM-183A a été réduit en mars 2024.
Il s’agit de la deuxième annulation du projet, l’armée américaine promettant qu’elle se tournerait vers d’autres programmes. Le missile a quand même été présenté en Asie-Pacifique dans une “démonstration de force” face à la Corée du Nord et à la Chine, mais cela n’a pratiquement servi à rien, car les véritables résultats d’un lancement d’essai n’ont jamais été publiés (ce qui suggère un nouvel échec), alors que la Corée du Nord et l’Iran ont démontré qu’ils pouvaient construire et déployer ces missiles (avec des rapports solides selon lesquels l’Iran a effectivement utilisé les siens au combat).
Et bien qu’il s’agisse certainement d’une arme efficace sur le papier, le programme AGM-183A est soit très mal exécuté (au mieux), soit les États-Unis n’ont tout simplement pas la technologie nécessaire pour déployer de telles armes. L’arme est équipée d’une ogive HGV, ce qui signifie que le propulseur devrait être le moindre des problèmes du Pentagone, mais il semble que même cette technologie relativement simple constitue un obstacle insurmontable, entraînant des échecs répétés et des dépassements de coûts perpétuels.
Le HGV lui-même constitue le défi technologique le plus complexe, car il nécessite des connaissances de classe mondiale en matière de fusées et de vol plané hypersonique (vol non motorisé). Maintenir une vitesse aussi importante dans les circonstances données est un obstacle majeur, d'autant plus que les missiles balistiques traditionnels perdent de l'élan à mesure qu'ils volent plus loin. Cependant, les HGV sont capables d'utiliser leurs surfaces de portance très avancées pour non seulement maintenir une vitesse hypersonique, mais aussi pour manœuvrer tout en le faisant.
La Russie a maîtrisé cette technologie avec son programme ‘Avangard’ (anciennement également connu sous le nom de Yu-71 et Yu-74), atteignant des vitesses maximales stupéfiantes allant jusqu'à Mach 28 (près de 10 km/s ou plus de 33.000 km/h), ainsi qu'une portée intercontinentale (de 6 000 à 18 000 km), ce qui en fait la seule arme hypersonique stratégique au monde. D’un autre côté, l’ARRW, qui a échoué, est censé être un équivalent opérationnel des systèmes 9-A-7660 ‘Kinzhal’ armés de missiles hypersoniques 9-S-7760 lancés par avion.
Le Pentagone a présenté l’AGM-183A comme une arme soi-disant « plus avancée » que le ‘Kinzhal’. Ce dernier n’est pas seulement une arme existante, il a également prouvé ses capacités au combat, ce que le missile de fabrication américaine ne peut même pas égaler dans des environnements de test hautement contrôlés. Ce qui devait « changer la donne » était censé donner à l’armée américaine « des options de frappe sans précédent » et devait être transporté à la fois par des avions stratégiques tels que les bombardiers B-52, ainsi que par des jets tactiques tels que le F-15. Cependant, les échecs répétés du Pentagone ont entraîné une baisse de financement toujours plus importante. Longtemps attendue comme la première arme hypersonique de tout arsenal occidental, son bilan de tests « problématique » a forcé l’USAF à chercher des alternatives. Il y a même des spéculations selon lesquelles ce programme en difficulté se transformera en un autre appelé Tactical Boost Glide (TBG), ce qui indique que l’arme aura très probablement une portée beaucoup plus courte que celle prévue pour l’AGM-183A.
Ce dernier était censé être transporté par des bombardiers B-52, tandis que l’intégration était également prévue pour les nouveaux avions de chasse F-15EX, le seul avion tactique occidental capable de déployer des missiles de cette taille. Cependant, si le TBG finit par avoir des caractéristiques plus modestes (ce que le nom lui-même suggère certainement), ce missile pourrait également être transporté par d’autres avions tactiques, à condition qu’il soit un jour déployé.
Cependant, le fait même que les États-Unis envisagent sérieusement de recycler le programme ARRW qui a déjà été annulé deux fois en raison de coûts excessifs, de manque de fiabilité, d’échecs répétés aux tests, de l’absence de progrès dans l’amélioration de la conception, etc., tout cela est très révélateur. Comme tous les autres programmes ont échoué, les États-Unis sont désormais désespérés d’au moins égaler les puissances régionales précédemment mentionnées comme la Corée du Nord et l’Iran. De plus, ce dernier a très probablement également donné ses missiles hypersoniques à des alliés au Moyen-Orient (plus précisément au Yémen), rendant l’embarras de l’Amérique encore plus grand.
Drago Bosnic
mardi 22 octobre 2024
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« La Russie n’est qu’une grande station-service »
Alors que plusieurs pays occidentaux continuent d’infliger de lourdes sanctions à la Russie, l’ancien conseiller du président Barack Obama et économiste à Harvard Jason Furman estime que l’économie russe est « incroyablement insignifiante dans l’économie mondiale », à l’exception de ses ressources en pétrole et en gaz. « C’est essentiellement une grande station-service », a-t-il poursuivi.
Hannibal Genséric
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