mardi 30 janvier 2024

Les autorités ukrainiennes ne savent pas où se cachent plus de 3 millions de soldats potentiels des forces armées ukrainiennes

 

Dmytro Natalukha, député ukrainien et président de la Commission du développement économique, a déclaré à la télévision que les autorités du pays n’avaient pas pu trouver 3,4 millions d’hommes en âge de porter les armes. Selon le parlementaire, ces personnes n’utilisent pas les services publics et commerciaux qui nécessitent une preuve d’identité.
Afin de ne pas se retrouver dans la vue du centre commercial, beaucoup d’hommes refusent d’utiliser les cartes bancaires, ils ne sont officiellement employés nulle part et ne voyagent pas entre les villes.

«Ils ne sont pas à l’étranger, ne font pas partie des forces armées ukrainiennes, ne sont pas handicapés, n’étudient pas et n’ont pas d’emploi. Nous ne savons pas où sont tous ces gens en âge de porter les armes. Afin de ne pas tomber dans le champ de vision du centre commercial, les gens cessent d’utiliser les banques publiques, de retirer de l’argent, d’utiliser des cartes de crédit et de voyager entre les villes», s’est plaint le député.
Dans l’espoir de résoudre le problème de la pénurie de personnel dans les rangs des forces armées ukrainiennes, le président Zelensky exige que les alliés occidentaux réduisent les paiements aux réfugiés afin de les forcer à retourner en Ukraine. En outre, la Banque nationale du pays exerce un contrôle particulier sur les dépenses des cartes ukrainiennes à l’étranger dans le cadre du programme de rapatriement des Ukrainiens.

source Reporter

https://reseauinternational.net/les-autorites-ukrainiennes-ne-savent-pas-ou-se-cachent-plus-de-3-millions-de-soldats-potentiels-des-forces-armees-ukrainiennes/

Octobre 1916 : Naissance des Allocations familiales

 

Avec d'autres patrons Chrétiens-sociaux, Emile Romanet créés les Allocations familiales
Emile Romanet - Inventeur des Allocations familiales

Dans la mémoire collective, notre histoire sociale se résume à quelques symboles: les congés payés en 1936, la sécurité sociale en 1945. C’est négliger ce qui les précède comme si la loi se faisait en un jour. L’histoire a retenu la généralisation, ignorant la genèse. De même que nombre d’ouvriers bénéficiaient de congés payés avant 1936, les assurances sociales n’ont pas été inventées en 1945, lorsqu’elles sont devenues universelles et obligatoires.

Avant le monopole de la Sécurité sociale, il y a eu des chrétiens qui ont oeuvré pour une politique familiale

Invention des allocations familiales

Il faut remonter une trentaine d’années plus tôt pour qu’Émile Romanet «invente» les allocations familiales. [...] Fervent catholique, il s’intéresse de près au sort des ouvriers. L’aide sociale est alors erratique et tient souvent davantage de la charité que des droits. Les syndicats se focalisent sur les salaires et la famille est plus une menace qu’un enjeu. Aussi, est-ce à la fois par le secteur public (ainsi du supplément journalier de 5 centimes par enfants accordé aux salariés du ministère de la Marine en 1860) et par le courant chrétien-social que surgit un «mouvement d’aide à la famille.»

Le courant chrétien-social porte des idées novatrices

Car, tout au long du XIXe siècle, le courant chrétien-social porte des idées novatrices: ainsi de Charles de Montalembert, qui demande l’interdiction du travail des enfants, de Frédéric Ozanam ou d’Armand de Melun, révoltés par l’étendue de la misère ouvrière, ou encore d’Albert de Mun, qui fonde des cercles ouvriers, sans oublier Frédéric Le Play qui publie La réforme sociale en France en 1864. Avec l’encyclique Rerum novarum (1891) qui pose la question de la justice dans le salaire, plusieurs industriels vont mettre ces idées en application.

Peu après, Léon Harmel, industriel champenois, entend créer une «usine chrétienne», où les ouvriers gèrent des caisses de secours ou de crédit, des cercles d’études ou des associations religieuses… Il crée un «supplément familial au salaire».

« Cette institution, bien qu’entièrement alimentée par la caisse patronale, est gérée complètement par une commission ouvrière, qui se réunit chaque semaine, prend connaissance des salaires insuffisants et les complète en nature, au gré des familles. »

Dans le département de l’Isère, où travaille Romanet, les premiers réseaux de protection sociale se sont constitués au XIXe siècle: on y trouve plusieurs sociétés de charité, bienfaisance ou de prévoyance, des caisses de retraites des ouvriers… Entre logement et famille, chez les patrons chrétiens, la fibre sociale est intimement liée à la foi. Ils n’hésitent pas à assumer ce qui nous apparaît aujourd’hui comme du paternalisme. [...]

Création du premier comité d'entreprise en 1906

Avec la confiance de Joya père, puis fils, Émile Romanet s’emploie régulièrement à améliorer le sort des ouvriers, faisant grincer quelques dents dans le patronat… En 1906, il crée un conseil d’usine, préfiguration des comités d’entreprise, et met en œuvres diverses mesures: retraite supplémentaire, salle de lecture, jardins ouvriers, bureau de placement…

6 octobre 1916 : Les bonifications familiales

Pour qu’il devienne le «père» des allocations familiales, il faut juste un déclic. Qui survient le 6 octobre 1916, en pleine bataille de Verdun, lorsque le gouvernement invite les Français à souscrire un emprunt de guerre. Romanet relaie l'information auprès des ouvriers. Ceux-ci lui disent qu’ils n’ont pas les moyens d’y participer, «avec leurs charges de famille.» Et l’invitent à faire une «petite enquête» pour voir «ce qui se passe dans les familles ouvrières». [...]

Peu après, Romanet convainc le Syndicat patronal. En novembre les «bonifications familiales» sont généralisées dans l’Isère, en Savoie et Haute-Savoie –avec quelques mesquineries ici ou là. [...]

Avril 1918 : Création des premières caisses d'allocations familiales

Au même moment, et sans se connaître, Émile Romanet et Émile Marcesche ont alors l’intuition des caisses de compensation, alimentées par des cotisations des employeurs en proportion des heures travaillées et des salaires versés. Cette mutualisation des charges donne l’élan nécessaire à la généralisation des allocations familiales. En avril 1918, le Syndicat patronal des constructeurs mécaniciens et fondeurs de l’Isère, Savoie et Haute-Savoie donne l’exemple. Après-guerre, plusieurs branches industrielles s’en emparent: Syndicat national des constructeurs mécaniciens et fondeurs, Union des industries métallurgiques et minières, Bâtiments et travaux publics… En parallèle, sous «l’influence des cercles catholiques et des syndicalistes chrétiens (la CTFC)», les caisses de compensation interprofessionnelles se développent: 81 en 1922 , 160 en 1925, 230 en 1930, pour 1,8 millions de salariés bénéficiaires. Seul le petit commerce y reste hostile.

1932 : Généralisation des allocations familiales

La suite est plus connue. En 1928 et 1930, sous Poincaré, la loi sur les assurances sociales couvre la maladie, la vieillesse et l'invalidité, puis, en 1932, le dispositif des allocations familiales est généralisé par la loi Landry.

Toutes ces mesures seront unifiées en octobre 1945 dans le cadre global et obligatoire de la Sécurité sociale. L'État a pris le relais des initiatives patronales."

L'Etat a surtout confisqué les caisses d'allocations familiales et monopolisé ce système qu'il contrôle désormais et qu'il peut mettre... sous condition de ressource.

http://histoirerevisitee.over-blog.com/2017/06/octobre-1916-naissance-des-allocations-familiales.html

lundi 29 janvier 2024

La bataille de Berlin, dernier combat avant la fin

 

La bataille de Berlin fut la dernière opération d’envergure de la Seconde Guerre Mondiale en Europe. Elle constitue un des plus importants combats de l’histoire de l’humanité, avec la bataille de Stalingrad.

La bataille de Berlin débuta le 16 avril 1945 en périphérie lointaine de la capitale du Reich, où l’armée soviétique entra le 25 avril. Des deux côtés de la ligne de front on recense près de 3,5 millions de soldats, plus de 50 000 canons et 10 000 tanks.

Pourquoi les alliés n’étaient-ils pas à Berlin ?

L’assaut de la ville a été lancé par les troupes soviétiques. Les forces alliées, elles, s’arrêtèrent à une centaine de kilomètres de la capitale allemande. Pourtant, en 1943 encore, le président américain Franklin Roosevelt affirmait que « Berlin devait revenir aux États-Unis ». Le premier ministre britannique Winston Churchill estimait également que la capitale du Reich ne devait pas être prise par l’URSS. Cependant, au printemps 1945, les alliés ne firent rien pour prendre la ville.

Ce choix était justifié. L’historien Andreï Soïoustov, interviewé par RBTH, y voit au moins deux raisons. Tout d’abord, les accords préliminaires adoptés à Yalta plaçaient Berlin dans la zone d’opération de l’armée soviétique. La ligne de démarcation entre l’URSS et les alliés avait été tracée le long de l’Elbe. « Se jeter sur Berlin pour des raisons d’ego aurait pu au minimum avoir pour conséquence […] le refus de l’URSS de prendre part aux combats sur le front japonais », indique l’historien. La deuxième raison est le refus des alliés de lancer un assaut contre une immense agglomération, ce qui risquait de causer d’immenses pertes vers la fin de la guerre.

D’autant plus que, comme le remarque Soïoustov, depuis le débarquement en Normandie jusqu’à avril 1945, les alliés « avaient en général réussi à éviter de prendre d’assaut de grandes villes ». Côté soviétique, le bilan des pertes lors de la prise de Berlin fut en effet très lourd : 80 000, dont au moins 20 000 morts, et des chiffres comparables côté allemand.

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Les troupes avançaient sur Berlin depuis trois fronts. Les soldats du Premier front biélorusse sous le commandement de Gueorgui Joukov eurent la tâche la plus difficile : celle de prendre les hauteurs bien protégées de Seelow. La bataille débuta la nuit du 16 avril et se déroula sous la lumière de puissants projecteurs, qu’on installa dès l’arrivée des troupes. Malgré cela, la bataille sur les hauteurs de Seelow se prolongea plusieurs jours.

Miser sur les chars

Deux lignes de défense passaient par Berlin. De nombreux bâtiments aux murs épais furent transformés en forteresses imprenables. Les Faustpatrones, petits lance-grenades, présentaient un danger particulier pour les troupes soviétiques avançant sur la ville, ces dernières se servant principalement de véhicules blindés. De nombreux chars furent détruits durant les combats urbains.

Après la guerre, les commandants des opérations furent souvent critiqués pour avoir misé sur les véhicules blindés. Cependant, comme le souligne M. Soïoustov, l’utilisation de chars était justifiée dans de telles conditions. « Grâce à l’utilisation massive de véhicules blindés, les troupes purent former un bloc extrêmement mobile en soutien aux groupes d’assaut, qui aida les troupes à traverser les barricades jusque dans le centre-ville », remarque l’historien.

Des soldats soviétiques lors de la prise de Berlin. Crédit : Arkady Chaikhet / RIA Novosti
Des soldats soviétiques lors de la prise de Berlin. Crédit : Arkady Chaikhet / RIA Novosti

La prise du Reichstag

L’apogée de la prise de Berlin fut la bataille du Reichstag, qui était à l’époque le plus haut bâtiment du centre-ville et dont la prise revêtait un symbolisme particulier. La tentative de prendre le Reichstag le 27 avril s’est soldée par un échec et les combats se poursuivirent pendant quatre jours. Le 29 avril eut lieu un revirement de situation, quand l’armée soviétique put s’emparer du bâtiment du ministère de l’Intérieur très bien gardé, qui occupait un quartier entier. Le Reichstag tomba aux mains des soldats soviétiques le soir du 30 avril.

Tôt dans la matinée du 1er mai, la division d’assaut 150 hissa sur le bâtiment le drapeau rouge, qui fut plus tard appelé le Drapeau de la Victoire. Adolf Hitler se suicida le 30 avril dans son bunker. Il avait compté jusqu’ici sur le soutien des troupes d’autres régions du pays qui seraient venues en renfort à la capitale, mais celles-ci n’arrivèrent jamais. La garnison berlinoise capitula le 2 mai.

Le drapeau rouge sur le Reichstag, Berlin, 1945. Crédit : Musée d'art multimédia de Moscou
Le drapeau rouge sur le Reichstag, Berlin, 1945. Crédit : Musée d’art multimédia de Moscou

L’assaut de Berlin était-il nécessaire ?

Attirant l’attention sur les pertes consécutives aux opérations pour la prise de Berlin à la fin d’une guerre sanglante, certains historiens mettent en doute la nécessité même de l’assaut lancé sur la ville par les troupes soviétiques. Selon l’historien et écrivain Iouri Joukov, l’assaut de la capitale du Reich aurait pu être évité après la rencontre des armées soviétiques et américaines aux abords de l’Elbe et l’encerclement de fait des Allemands à Berlin.

« [Gueorgui] Joukov […] aurait pu tout simplement resserrer le blocus heure par heure. […] [Et il] a sans pitié sacrifié des milliers de soldats durant une semaine. […] Il a obtenu la capitulation de la garnison berlinoise le 2 mai, mais si cette capitulation avait eu lieu un peu plus tard, par exemple le 6 ou le 7, des dizaines de milliers de nos soldats auraient pu être sauvés », présume l’historien.

Cependant, certains experts sont d’un tout autre avis. Ils indiquent en effet que le siège de la ville par les troupes soviétiques leur aurait anéanti l’effet de surprise, dont les Allemands auraient pu s’emparer. Leurs tentatives de briser le blocus de l’intérieur et de l’extérieur auraient pu être tout aussi dévastatrices pour l’armée soviétique que l’assaut, indique Andreï Soïoustov. On ne sait pas combien de temps cela aurait encore pu durer.

Berlin après la guerre. Crédit : Global Look Press
Berlin après la guerre. Crédit : Global Look Press

Le chercheur remarque également que l’étirement de l’opération berlinoise aurait pu mener à des problèmes politiques avec les alliés. Il n’est un secret pour personne qu’à la fin de la guerre, les représentants du Reich tentaient de négocier avec les États-Unis et la Grande-Bretagne en vue d’une paix séparée. « Dans ces conditions, avec un Berlin assiégé, personne n’aurait pu prévoir l’évolution de la situation », affirme l’historien.

Alexeï Timofeïtchev

Photo: L’Armée rouge à Berlin. Crédit : DPA / Global Look Press

sourcehttp://fr.rbth.com/art/histoire/2017/04/25/la-bataille-de-berlin-dernier-combat-avant-la-fin_749828

https://reseauinternational.net/la-bataille-de-berlin-dernier-combat-avant-la-fin/

Les nombreuses affaires politico-financières de la troisième République Radicale

  L'Histoire de la troisième République est particulièrement ponctuée de très nombreux scandales financiers durant lesquels les hommes politiques de la troisième République seront impliqués dans de vastes réseaux de corruption.

Des "Chèquards" de l'Affaire de Panama, qui conduira à la disgrâce de Georges Clemenceau pendant une décennie, à l'Affaire Stavisky, cette succession d'affaires finira par générer dans l'opinion une répulsion pour les parlementaires. Son paroxysme sera atteint le 6 février 1934 où on entendra dans les rue des Paris le cri de  "Abat les voleurs". Cette journée de contestation contre la corruption sera la plus importante qu’ait connue Paris depuis 1848.

Il est vrai de dire que dans la plus grande majorité des cas, les dindons de la farce ont été les nombreux petits porteurs qui ont vu leurs économies disparaitre... et leurs rêves de vieux jours heureux s'envoler (à l’heure où les retraites n’étaient pas généralisées).

Avec l'affaire des Emprunts russes, c'est un tiers de l'épargne des français qui disparait en 1918, de très nombreuses familles françaises ruinées, des milliers de suicides. Dix milliards de franc-or ont ainsi servi à moderniser la Russie avec l'épargne des français ! La France paya très cher l’Alliance de revers avec la Russie qui conduira à l’isolement de l’Allemagne hégémonique. On estime que 5% de cette somme a servi à payer députés et ministres en échange de l’autorisation d’émettre les emprunts successifs sur le territoire français.

Liste des affaires politico-financères de la troisième République

  • Affaire de l’Union générale 1882 : Collusion entre le ministre des Finances et les cercles bancaires
  • Affaire des décorations ou affaire Wilson 1886 - 1887 : Trafic d’influence à l’Elysée
  • Affaire Humbert (Succession Crawford) 19002 : Montage financier garanti par une fausse succession impliquant le fils d’un ancien ministre de la Justice 
  • Affaire de Panama 1889 – 1892 : Corruption de 120 députés et de la presse afin de recapitaliser une affaire en faillite
  • Affaire Henri Rochette 1914 : Corruption du ministre des Finances, escroquerie en vue d’acquérir un journal, assassinat d’un patron de presse
  • Affaire de la Banque industrielle de Chine 1921 : L’équivalent des Emprunts russes en Chine
  • Affaire Hannau ou de la Gazette du Franc 1928 : Faillite frauduleuse, un député au conseil d’administration, quelques députés ayant collaboré à la gazette économique
  • Affaire de la banque Oustric 1929 – 1930 : Entrave à la Justice du ministre de la Justice dans une affaire de faillite
  • Affaire Stavisky 1934 : Corruption

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Rencontres princières dans l'Europe moderne, avec Jean-Marie Le Gall

Islam. Dario Fernandez-Morero dénonce le mensonge d’al-Andalus

 

Le mensonge d’al-Andalus

Al-Andalus est généralement présenté comme un paradis perdu, une société multiculturelle idéale, empreinte de raffinement et de tolérance dont l’éclat contrastait avec les supposés « âges sombres européens », marqués par la barbarie et l’obscurantisme médiéval. Cette vision toute manichéenne, érigée en dogme par « l’Histoire officielle », est peu à peu remise en cause par des historiens courageux.

Après le livre de Sérafin Fanjul Al-Andalus, l’invention d’un mythe (Editions du Toucan), la récente publication du livre de Dario Fernandez-Morero, professeur au département d’espagnol et de portugais de l’Université Nortwestern (Illinois), Chrétiens, juifs et musulmans dans al-Andalus, mythes et réalités (éditions Jean-Cyrille Godefroy) remet lui aussi l’histoire à l’endroit en dénonçant la falsification d’al-Andalus. Clair et passionnant, largement accessible aux non-spécialistes, cet ouvrage a l’immense mérite de replacer l’occupation musulmane de l’Espagne dans le long conflit civilisationnel opposant l’islam à l’Europe.

Une terrible régression culturelle

L’Espagne à la veille de l’invasion musulmane de 711 était une terre de haute et ancienne culture. Province romaine depuis les Guerres puniques, elle a fourni nombre d’écrivains latins et d’empereurs romains. Les Wisigoths, latinisés, installés depuis trois siècles, se considéraient comme les héritiers de plein droit de Rome. Pour Dario Fernandez-Morero, « la culture hispano-wisigothique existait déjà en Espagne lorsque l’islam naquit en Arabie parmi les tentes, les moutons et les chameaux bédouins ». De fait, au VIIIe siècle, le niveau de civilisation était bien plus élevé que celui des envahisseurs musulmans. Les chroniques musulmanes décriront d’ailleurs l’Espagne comme « un pays rempli de trésors de toute sorte » qui stupéfia les bédouins arabo-berbères incultes.

L’Hispanie wisigothique bénéficiait également de l’influence culturelle directe de l’Empire chrétien gréco-romain, que l’expansion musulmane interrompit brutalement. Reprenant la thèse d’Henri Pirenne, Dario Fernandez-Morero considère en effet qu’en s’interposant à travers la Méditerranée, l’islam aurait ralenti la transmission culturelle entre les Grecs et l’Occident. Il fait d’ailleurs sienne la thèse de Sylvain Gouguenhein qui dénonçait la fable d’une prétendue transmission du savoir antique à l’Occident par les Arabes (Aristote au Mont Saint-Michel, Seuil, 2008). Selon l’auteur, les musulmans n’ont jamais assimilé les civilisations précédentes : ils ont su en tirer profit et procéder à leur remplacement. Ainsi l’éclat du califat de Cordoue, si souvent vanté, se nourrissait de la romanitas et de l’islamisation d’une partie des élites wisigothiques, réemployant les techniques romaines, comme l’arc outrepassé ou l’alternance de brique et pierre. La musique, qui représentait une science quasi-inconnue des Arabes avant leurs conquêtes, fut proscrite de « l’éclairée al-Andalus ». « S’il n’y avait pas eu de bataille de Poitiers, pas de Reconquista, et pas de bataille de las Navas de Tolosa, (…) il n’y aurait peut-être pas eu de chants grégoriens, pas de polyphonie, pas d’orgues, pas de messes chantées ou instrumentales, pas de Bach, Mozart ou Beethoven. Les symphonies, les opéras, les grands compositeurs et le jazz n’auraient jamais existé », estime ainsi Dario Fernandez-Morero.

L’horizon des femmes d’al-Andalus : voilées ou esclaves sexuelles

La place de la femme dans la société cristallise la différence entre l’islam et l’Europe. Le livre de Dario Fernandez-Morero consacre d’importants développements à ce sujet. Le sort des femmes d’al-Andalus ne fut pas différent des autres pays musulmans : l’excision était généralisée et la lapidation pour adultère de règle. L’horizon des femmes musulmanes se limitait à la sphère domestique et nulle place ne leur était accordée dans la vie publique. Situation peu enviable au regard du statut accordé aux femmes dès l’époque wisigothique dans l’Europe chrétienne, grecque ou romaine, avec les exemples d’Anna Comnène à Constantinople, Christine de Pisan ou Marie de France en Europe occidentale. Quant aux poétesses d’al-Andalus, présentées comme une preuve d’émancipation féminine, elles ne pouvaient pratiquer leur art que dans le confinement, éloignées du regard des hommes. De surcroît, l’abondante poésie amoureuse d’al-Andalus évoquait des concubines, c’est-à-dire des esclaves sexuelles, jamais des femmes musulmanes.

La question de l’esclavage représente un aspect central d’al-Andalus, important centre de commerce d’esclaves alimentant ses trafics tant en Afrique qu’en Europe. Dario Fernandez-Morero souligne que les musulmans ont été les pionniers de la mise en esclavage des Noirs africains, considérés comme des êtres inférieurs, mais aussi des Européens, dont on estime que plus d’un million furent réduits en esclavage au profit du monde musulman à l’époque moderne (alors qu’al-Andalus n’existait plus). Les princes musulmans disposaient d’immenses harems motivant un très important esclavage sexuel, de femmes et d’enfants de race blanche, les femmes blondes ou rousses étant les plus recherchées. Sur cet aspect, Dario Fernandez-Morero nous enseigne que de nombreuses mères de dirigeants omeyyades étaient des esclaves sexuelles de souche franque ou galicienne, donnant une ascendance et un type physique caucasien à de nombreux princes musulmans espagnols.

D’al-Andalus à l’Etat islamique, une même terreur…

Loin d’une installation pacifique, l’invasion du royaume wisigoth a été conduite au nom du jihad, qui s’inscrivait dans le cadre historique de la grande poussée musulmane contre l’Europe, stoppée à Poitiers quelques années plus tard. C’est par la guerre et la terreur que l’islam s’imposera en Espagne. Bibliothèques livrées aux flammes des autodafés, destructions de monuments et d’églises (Dario Fernandez-Morero souligne qu’il n’existe plus aucune église antérieure à la Reconquista en Espagne), villes passées au fil de l’épée, mise en esclavage, arabisation systématique des noms de lieux… La conquête de l’Espagne procédera ainsi à l’anéantissement complet de la prometteuse civilisation hispano-wisigothique.

Sitôt les conquérants installés, la sharia devient la loi commune dans l’Hispanie occupée et sera rigoureusement appliquée par les ulémas, juges religieux disposant des pouvoirs politiques, juridiques et administratifs, légiférant sur les aspects les plus insignifiants de la vie humaine.

Contrairement à la légende de la « conviviencia », symbole d’une cohabitation heureuse, Dario Fernandez-Morero considère plutôt que les non-musulmans subirent une « coexistence précaire ». Soumis à la dhimma, ils n’avaient d’autre choix que d’acheter leur protection par un impôt spécial (que l’auteur assimile à un véritable racket), toute présence visible leur étant interdite dans l’espace public, chacun étant confiné dans un strict apartheid ethnico-religieux établi par une société très hiérarchisée dominée par les élites arabes, puis les masses berbères. Les mulédas (convertis) se retrouvaient au bas de l’échelle sociale, juste au-dessus des dhimmis. La pseudo-tolérance d’al-Andalus fonctionne tellement bien qu’au XIIe siècle, il n’existe plus de communautés chrétiennes dans l’Espagne musulmane…

La dynastie des Omeyyades, souvent présentée par les historiens occidentaux comme un exemple de convivienca et de tolérance, fait l’objet d’un chapitre édifiant, qui rappelle que les persécutions politiques et religieuses se multiplièrent avec force empalements, crucifixions, décapitations.

D’après Dario Fernandez-Morero, le caractère multiculturel d’al-Andalus motivait cette politique de terreur, seule capable de maintenir une société menacée en permanence de désintégration.

***

Des destructions d’édifices pré-islamiques à l’esclavage sexuel, de l’établissement de la sharia aux décapitations, al-Andalus n’est pas sans rappeler les exactions de l’Etat islamique en Irak et au Levant.

Et pourtant le califat islamique espagnol continue à nous être présenté comme un modèle d’islam éclairé. Comme l’écrit Rémi Brague dans sa préface, « l’évocation d’al-Andalus doit démontrer la possibilité d’une renaissance dans le futur de ce qui est censé avoir eu lieu dans le passé ». Autrement dit, cette falsification historique est une arme idéologique que nous vendent des universitaires complices ou complaisants, afin d’inciter les Européens à accepter l’immigration et l’islamisation, mais aussi pour les culpabiliser d’avoir brisé un modèle de civilisation multiculturelle qui était censé leur être supérieur.

Dario Fernandez-Morero cite dans son épilogue l’historien médiéviste Enrique Ruiz-Doménec, qui écrivait que « selon certains spécialistes, la frontière entre l’Espagne et le Maroc est la frontière dans le monde où existe la différence la plus visible entre deux mondes. » Cette citation édifiante n’est pas sans rappeler la formule de René Marchand, reprise par Dominique Venner, qui considérait que « les grandes civilisations ne sont pas des régions différentes sur une même planète, ce sont des planètes différentes ». Au-delà de la dénonciation du mythe d’al-Andalus, ce livre nous permet de juger de l’importance des frontières civilisationnelles entre l’islam et l’Europe. Et, au-delà, entre Nous et les Autres.

BCT Via Iliade

Dario Fernandez-Morero, Chrétiens, juifs et musulmans dans al-Andalus, mythes et réalités (éditions Jean-Cyrille Godefroy)

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2018/10/20/104358/islam-dario-fernandez-morero-denonce-le-mensonge-dal-andalus/

dimanche 28 janvier 2024

24 mai 1749 : L'AFFAIRE DE L'HOPITAL GÉNÉRAL

Comment les USA volèrent Cuba et les Philippines

 

 On ne change pas une équipe qui gagne. Ni surtout ses méthodes.

En 1898 les Etats-Unis déclarèrent la guerre à l’Espagne. Ils balayèrent la flotte de ce pauvre pays, s’emparèrent de Cuba et des Philippines – jugées indispensables alors pour s’emparer de la Chine convoitée. A la même époque des révolutions orange éclatèrent à Hawaï et au Panama pour s’assurer ces territoires stratégiques. La guerre à l’Espagne fut comme toujours déclarée suite à un attentat « fausse bannière ».

Toute la plèbe goba le storytelling officiel. Il n’aurait plus manqué que cela !

J’aime citer le mantra de l’historien Joseph R. Stromberg : « il n’est pas une situation dans le monde que l’intervention du gouvernement américain ne puisse aggraver ». Stromberg a une deuxième loi : « tous les pays que les Américains veulent sauver les détestent. » Et de citer Cuba, l’Irak, le Nicaragua, terre de l’United Fruit, et quelques dizaines d’autres…

Quelle ingratitude tout de même !

Prenons l’exemple de Cuba et des Philippines que notre professeur d’université Stromberg a étudié dans un texte excellent.

En 1898 la pression impériale monte pour, une fois la frontière passée sous contrôle et les derniers peaux-rouges évacués dans de minuscules et sordides réserves, décrocher de nouveaux marchés.

Alors on médite.

On envahit l’île d’Hawaï et on détrône la pauvre reine Liliuokalani avec une poignée de marines (car la révolution orange n’a pas attendu Soros) ; Hawaï devient un « Etat américain » peu après. Le logement et le vêtement US déciment la moitié de la population (voyez les livres de Jared Diamond).

Tout le monde écrit, souvent des textes grotesques, grandiloquents ou obscènes. Les excités invoquent le racisme, le commerce, le messianisme, l’humanitarisme, car tout est bon pour abolir la constitution et la doctrine de Monroe. Tout est bon pour attaquer et se créer des marchés et libérer les « races inférieures » de leur méchante barbarie. Comme on voit rien n’a changé.

On envahit Hawaï, puis l’appétit vient en mangeant. On voit que les Espagnols, plus très malins il est vrai, n’arrivent plus à se dépatouiller de la rébellion cubaine qui a trouvé refuge… en Amérique ! Alors on menace l’Espagne, on l’accuse d’inhumanité (il ne s’agit pas pour nous de la défendre, ni aucun empire colonial d’ailleurs), alors qu’on laisse tranquille l’Angleterre qui parque femmes et enfants boers dans des camps de concentration. Prudente, l’Espagne négocie un peu, mais désire garder son contrôle sur Cuba. Les médias trouvent des télégrammes, des lettres incorrectes de fonctionnaires espagnols pour déclencher l’ire de la foule imbibée de médias. Ici aussi on n’a pas attendu la CIA. On a la presse jaune de Hearst.

Après arrive l’incident dont tout le monde rêvait, comme dans les films hollywoodiens. Souvenez-vous du bon navet titré Piège de cristal. « Tu me demandais un miracle, je te donne le FBI », dit le terroriste allemand joué par un Alan Rickman hilare.

Le miracle pour la diplomatie américaine c’est toujours un attentat ou un incident de guerre. Le navire de guerre USS Maine explose dans le port de La Havane le 15 février 1898 ; comme pour la Syrie, on n’attend pas d’enquête, on déclare la guerre. L’opinion est enthousiaste, un million d’hommes se présentent sous les drapeaux pour des motifs humanitaires. Mark Twain et Henry James protestent (qui sont ces deux traîtres ?) !

L’Espagne mal armée et bien naïve est balayée et on signe à Paris (merci la république !) un sale traité de paix. Cuba est indépendante mais l’amendement Platt autorise l’Etat US à intervenir quand il veut. La monoculture du sucre spolie les petits fermiers qui deviendront les cadres de la révolte de Castro. La Havane devient le casino-bordel bien connu.

Aux Philippines ce sera pire. On traite les Philippins de sous-hommes et de nègres (des soldats noirs US ont déserté dont un nommé Fagen qui rejoignit l’insurrection), et on regarde déjà vers la Chine. Les îles seront un porte-avions comme la pitoyable Angleterre aujourd’hui ou le Japon. On les prive d’indépendance, on se rebelle, car on a des hommes et pas des « occidentaux », donc on doit les mater. Cela durera quatre ans, la plaisanterie régénératrice. 200 000 morts, ce sera le bilan de l’opération, un autre crime de guerre américain. Dansez avec les loups.

Tout le monde exulte, frétille. Question d’habitude.

Citons enfin la prose du sénateur Beveridge de l’Indiana pour bien comprendre la mentalité américaine. Cet illuminé résume tout ici :

« Les Philippines sont nôtres pour toujours. Et juste au-delà des Philippines se trouve la Chine avec ses marchés illimités. Nous ne nous retirerons pas. Nous ne renoncerons pas à notre devoir en orient ; nous ne renoncerons pas à la mission de notre race qui est de civiliser le monde. »

Notre phénomène yankee ajoute que ces Philippins « ne sont pas capables de gouvernement autonome. Comment le pourraient-ils ? Ils ne font pas partie des races autonomes. Ce sont des Malais instruits par des Espagnols. »

Puis le débile président McKinley ose parler de la mission de christianiser ces îles comme s’il ne savait pas qu’elles sont catholiques.

Et la cerise sur le gâteau US :

« Mr le Président, cette question est élémentaire. Elle est raciale. Dieu n’a pas préparé les peuples anglophones et teutoniques durant des siècles pour rien. Dieu nous a donné l’esprit de progrès pour mettre fin à la réaction dans le monde tout entier. »

Et la pathologie américaine – qui s’exprime par la bouche d’un Trump ou d’un McCain – de se révéler naïvement, mécaniquement :

« Dieu a décrété que le peuple américain est sa nation élue pour mener la régénération de ce monde. »

Nous voilà rassurés. Et on n’était qu’en 1898 !

Nicolas Bonnal

Bibliographie (Mises.org)

The costs of war : America’s pyrrhic victories, edited by John V. Denson, Transaction Publishers, New Brunswick, New Jersey

Chapter 8: THE SPANISH-AMERICAN WAR AS TRIAL RUN, OR EMPIRE AS ITS OWN JUSTIFICATION, by Joseph R. Stromberg

https://reseauinternational.net/comment-les-usa-volerent-cuba-et-les-philippines/

Sous le radar: Révélations de la CIA sur les accords secrets États-Unis – Russie

 

En juillet dernier, l’un des articles les plus remarquables de toute la guerre d’Ukraine est passé inaperçu. Cela fait des semaines que je l’ai sur mon onglet, mais je n’arrivais pas à intégrer l’information. Il est si révélateur et réfute tant de récits occidentaux que j’ai pensé qu’il méritait son propre article, en particulier parce qu’il est passé sous le radar pour une raison ou une autre, ce qui fait que la plupart des gens n’ont pas eu accès à ses nombreuses révélations juteuses.

L’article est le suivant, tiré de Newsweek. Son ancienneté n’enlève rien à son importance, car les informations qu’il contient sont plus pertinentes que jamais, et c’est précisément la raison pour laquelle j’ai choisi d’en faire un exposé aujourd’hui.

En effet, alors que la guerre d’Ukraine entre actuellement dans une nouvelle phase décisive caractérisée par l’acceptation lente de la position de perdant de facto de l’Ukraine, un proverbial moulin à vent de récits est produit par le côté pro-FAU qui cherche à réconcilier les diverses dissonances cognitives créées par son incapacité à comprendre comment il est possible que le puissant bloc de l’OTAN soit en train de perdre face à la Russie.

Ils proposent donc des théories de plus en plus alambiquées pour expliquer pourquoi les États-Unis pourraient “délibérément saboter” la “victoire” de l’Ukraine, par ailleurs garantie. Par exemple, on entend souvent dire que les États-Unis “craignent” que l’Ukraine remporte une victoire totale et “décisive” sur la Russie parce que cela provoquerait la “fracture” de la Russie en de nombreux petits États féodaux, ce qui pourrait précipiter une crise existentielle, les seigneurs de la guerre des nouveaux États se disputant les armes nucléaires dont on n’a plus trace, etc. Bien qu’il soit évidemment absurde, c’est le type de récit que l’on trouve sur les sites de réflexion pro-FAU pour tenter d’expliquer la faiblesse et la “lâcheté” des États-Unis face à la domination croissante de la Russie.

Ils ne peuvent tout simplement pas comprendre comment il est possible que les États-Unis ne s’opposent pas à une Russie soi-disant “faible”. Dans leur esprit, abruti par deux années de propagande caractérisant la Russie comme un État défaillant totalement dysfonctionnel doté d’une armée d’une faiblesse inimaginable, il est tout simplement impossible de concilier ces deux quotients. La seule déduction logique est donc qu’il s’agit d’un acte intentionnel de la part des États-Unis, la seule question restante étant de savoir pourquoi les États-Unis conditionneraient intentionnellement la perte de l’Ukraine.

Mais l’article dissipe ces fantasmes et révèle certaines des véritables raisons qui sous-tendent l’attitude apparemment perplexe des États-Unis.

Tout d’abord, l’article s’articule – comme d’habitude – autour des déclarations d’un “haut responsable du renseignement” anonyme de l’administration Biden, qui est “directement impliqué dans la planification de la politique ukrainienne”, et note que les sujets abordés sont des “questions hautement confidentielles”.

Le premier élément significatif est le suivant :

La guerre en Ukraine est une guerre clandestine, avec son propre ensemble de règles clandestines …
et l’un des principaux rôles de la CIA est d’empêcher que la guerre ne devienne trop incontrôlable.

Ce point sera mis en évidence plus tard.

Le haut fonctionnaire poursuit en clarifiant cette dernière position :

“Ne sous-estimez pas la priorité de l’administration Biden, qui est de maintenir les Américains à l’abri du danger et de rassurer la Russie sur le fait qu’elle n’a pas besoin d’escalader”, déclare le haut responsable du renseignement. “La CIA est-elle présente sur le terrain en Ukraine ?” demande-t-il de manière rhétorique. “Oui, mais ce n’est pas non plus une activité malveillante”.

Ce qu’il révèle ici est tout aussi significatif : l’administration Biden a pour priorité absolue de rassurer la Russie afin d’éviter une trop grande escalade. Pourquoi cela ? La réponse est le thème général de mon article.

En fait, Newsweek affirme que l’article est le point culminant de trois longs mois d’intenses recherches sur les opérations secrètes de la CIA en Ukraine.

Une fois encore, l’article met en évidence les principaux piliers de l’opération :

Le second fonctionnaire déclare que si certains au sein de l’Agence souhaitent parler plus ouvertement de son importance renouvelée, il est peu probable que cela se produise. “La CIA craint qu’une trop grande bravade à propos de son rôle ne provoque Poutine”, explique le responsable du renseignement.

Vous pouvez voir le thème commun de la prudence constante qui consiste à contourner les lignes rouges de la Russie afin de ne pas provoquer excessivement Poutine.

L’article poursuit en indiquant que la CIA tient à se distancier des actions les plus provocatrices de l’Ukraine, comme l’attaque de Nordstream, ou des frappes sur le territoire russe.

Mais la partie clé de l’article, qui vient ensuite, est l’aveu que M. Biden a envoyé le directeur de la CIA, M. Burns, en Russie à la veille de l’invasion, à la fin de l’année 2021. La CIA avait observé le renforcement des troupes russes et a envoyé Burns pour donner un dernier avertissement sur les conséquences d’une invasion de la Russie. Bien que Poutine ait fini par “snober” le chef de la CIA en séjournant dans une station balnéaire de Sotchi et en refusant de le rencontrer en personne, il a pris son appel téléphonique sécurisé depuis Sotchi.

La suite est au cœur de l’article et constitue l’un des aveux les plus significatifs et les plus remarquables de toute la guerre. Il faut absolument le lire :

"D'une certaine manière ironique, la réunion a été très fructueuse", déclare le deuxième haut responsable des services de renseignement, qui a été informé de la rencontre. Malgré l'invasion russe, les deux pays ont pu accepter des règles de conduite éprouvées. L'administration Biden s'est engagée à ce que les États-Unis ne combattent pas directement et ne cherchent pas à changer de régime. La Russie limiterait son assaut à l'Ukraine et agirait conformément à des lignes directrices non énoncées mais bien comprises pour les opérations secrètes.<br> "Il existe des règles de conduite clandestines, explique le haut responsable du renseignement de défense, même si elles ne sont pas codifiées sur papier, en particulier lorsque l'on n'est pas engagé dans une guerre d'anéantissement. Il s'agit notamment de respecter les limites quotidiennes de l'espionnage, de ne pas franchir certaines frontières et de ne pas attaquer les dirigeants ou les diplomates de l'autre partie. "En règle générale, les Russes ont respecté ces lignes rouges mondiales, même si elles sont invisibles.

“D’une certaine manière ironique, la réunion a été très fructueuse”, déclare le deuxième haut responsable des services de renseignement, qui a été informé de la rencontre. Malgré l’invasion russe, les deux pays ont pu accepter des règles de conduite éprouvées. L’administration Biden s’est engagée à ce que les États-Unis ne combattent pas directement et ne cherchent pas à changer de régime. La Russie limiterait son assaut à l’Ukraine et agirait conformément à des lignes directrices non énoncées mais bien c“Il existe des règles de conduite clandestines”, explique le haut responsable du renseignement de défense, “même si elles ne sont pas codifiées sur papier, en particulier lorsque l’on n’est pas engagé dans une guerre d’anéantissement”. Il s’agit notamment de respecter les limites quotidiennes de l’espionnage, de ne pas franchir certaines frontières et de ne pas attaquer les dirigeants ou les diplomates de l’autre partie. “En règle générale, les Russes ont respecté ces lignes rouges mondiales”, même si elles sont invisibles.

Lisez-le plusieurs fois pour en saisir toute la gravité, car cette seule déclaration explique et résume à elle seule toute la dynamique de la guerre.

Une fois de plus, je suis contraint d’annoncer que tout n’est pas ce qu’il semble être en surface. La Russie n’est pas le géant de trois mètres de haut que certains ont imaginé, ni un nain. De même, les États-Unis ne sont pas une entité toute puissante et intransigeante qui fait ce qu’elle veut à tout moment sans aucun scrupule ni souci des répercussions.

Après tout, comment est-il possible, dans la pratique, que les États-Unis craignent les représailles de la Russie ? Après tout, les États-Unis ont leurs flottes vantées qui naviguent sans partage sur toutes les mers ; à elle seule, l’aile aéronavale des États-Unis constitue, croyez-le ou non, la deuxième force aérienne du monde. En effet, la marine américaine, qui n’a rien à envier à l’armée de l’air, possède à elle seule plus d’avions que l’ensemble de l’armée de l’air russe. Qu’est-ce qu’une puissance aussi imposante peut bien craindre de la part de la petite Russie ?

Il s’agit d’une incompréhension des nuances logistiques réelles des capacités de projection de force des États-Unis sur le théâtre européen. Les personnes déroutées par ces révélations sont celles qui se sont facilement laissées piéger par une image très généralisée et caricaturale des opérations de l’armée américaine dans cette région. Ils ont développé une image globale des forces américaines capables d’opérer dans toute l’Europe, mettant en œuvre instantanément une infinité d’engins furtifs, un nombre illimité de missiles imparables, des centaines de milliers de soldats, etc.

Mais c’est loin d’être la réalité. Les États-Unis sont terriblement débordés ; leurs bases les plus importantes en Europe – celles qui sont réellement capables de déployer les types de plates-formes qui pourraient réellement faire quelque chose contre la Russie – sont extrêmement vulnérables. Le conflit ukrainien a en outre appris aux États-Unis que leur défense aérienne la plus avancée est pratiquement impuissante face aux meilleurs missiles russes. Reuters nous a récemment appris que l’Ukraine possède à elle seule un tiers de la défense aérienne de l’ensemble du continent européen et que la Russie n’a pourtant aucun mal à la pénétrer.

Il ne s’agit pas de faire pencher le pendule trop loin de l’autre côté et de prétendre de manière irréaliste que la Russie est capable d’anéantir facilement et instantanément l’ensemble de l’OTAN – non, il s’agit simplement de tempérer les idées sur ce que les États-Unis et l’OTAN pourraient faire de manière réaliste à la Russie. En fin de compte, une guerre entre les deux pourrait très bien être une impasse, mais elle coûterait très cher aux États-Unis et à l’OTAN, et c’est précisément le point sur lequel les partisans des FAU se sont montrés aveugles.

Mais les acteurs internes – la CIA et les décideurs politiques – l’ont certainement compris. C’est pourquoi ils ont ouvertement indiqué dans l’article ci-dessus qu’un ensemble rigoureux de “règles du jeu” a été établi entre les contreparties. La Russie a manifestement fait savoir qu’elle était prête à frapper les moyens de l’OTAN qui aident l’Ukraine si les choses étaient poussées trop loin. De même, les États-Unis comprennent désormais que la Russie a incontestablement la capacité de le faire. Ils se sont donc serré la main et ont accepté de limiter le piétinement de leurs lignes rouges respectives. La Russie autorisera les États-Unis à mener certaines opérations clandestines dans le cadre du gentleman’s agreement, et les États-Unis, de leur côté, s’engageront à tenir leur chien enragé en laisse et dans les limites étroites du parc.

Nous savons et soupçonnons depuis longtemps que ces règles s’étendent au-delà de ce lieu et pourraient expliquer pourquoi, par exemple, la Russie a limité ses frappes sur les infrastructures ferroviaires ukrainiennes, les ponts, etc. Nous savons depuis longtemps que l’Occident continue de recevoir des livraisons critiques de la Russie et de la Chine – en particulier des métaux précieux, des terres rares, etc. Il s’agit simplement de realpolitik, et toutes les guerres de l’histoire ont fonctionné selon des conventions plus ou moins similaires.

Une dernière expérience de pensée pour enfoncer le clou à l’intention de ceux qui restent sceptiques ou non convaincus. Ce n’est pas tant que l’OTAN – dans son sens le plus “idéal” et le plus pur – ne puisse pas vaincre la Russie. Si nous étions absolument certains que l’OTAN pouvait fonctionner dans les circonstances les plus idéales, avec une solidarité totale et un front uni, alors bien sûr. Mais le problème, c’est que le monde réel ne fonctionne tout simplement pas en fonction des “idéaux” tout le temps, ou même la plupart du temps. L’OTAN souffre d’importants différends internes et de frictions sur des points critiques.

La crainte est la suivante : si la Russie devait effectivement frapper le territoire de l’OTAN, que se passerait-il si l’unité éclatait et si certains membres refusaient de risquer l’anéantissement total de leur État et de la vie de leurs citoyens pour protéger un autre membre simplement au nom d’une chose dont ils savent rationnellement qu’elle est la faute de ce membre ? Par exemple, si Rzeszow, en Pologne, était frappée, pourquoi la Hongrie et plusieurs autres États risqueraient-ils d’être anéantis alors qu’ils savent pertinemment que la Pologne agit comme un centre d’agression contre la Russie et que la Russie pourrait clairement être justifiée de se protéger ?

Les partisans de l’Union européenne comprennent-ils les conséquences de l’implication d’un petit État de l’OTAN ? Cela pourrait signifier l’anéantissement nucléaire littéral de cet État s’il devait recourir à l’article 5 et amener l’OTAN contre la Russie au bord du gouffre. Pourquoi nombre de ces petits États voudraient-ils risquer d’être totalement rayés de la carte au nom du scénario ci-dessus ? Un ou deux États lâchant prise pourraient créer une cascade qui se répercuterait sur l’ensemble de l’alliance. Et devinez ce que cela impliquerait ?

La dissolution totale de l’OTAN en tant qu’alliance.

En effet, une fois que l’article 5 est considéré comme un non-sujet, l’OTAN elle-même cesse d’exister, étant donné que cet article constitue le cœur et l’âme existentiels de l’OTAN.

.....

Sachant ce qui précède, pourquoi les États-Unis prendraient-ils le risque d’une telle confrontation, qui pourrait potentiellement faire s’effondrer l’ensemble de l’OTAN et réduire à néant des décennies d’hégémonie américaine sur l’ensemble de l’Europe ? Un tel désastre conduirait à la chute totale des États-Unis, à la perte de toute influence et de tout pouvoir mondial. Un tel risque vaut-il la peine de jouer à la guerre froide contre la Russie pour de simples raisons de vantardise et d’ego géopolitique ?

Non, bien sûr. Les élites américaines sont plus intelligentes que cela. Le risque calculé est certainement possible dans de nombreuses circonstances, mais lorsque les enjeux sont aussi élevés, les planificateurs américains savent quand se protéger et quand se coucher. La perte de l’Ukraine ne vaut pas la peine de risquer la perte de l’ensemble de leur ordre hégémonique mondial – c’est tout simplement trop d’Empire à perdre.

Cela signifie que les États-Unis sont obligés de jouer dans les limites de certaines règles fixées par la Russie. L’article poursuit en insistant sur ce point :

“Zelensky a certainement surpassé tous les autres en obtenant ce qu’il voulait, mais Kiev a dû accepter d’obéir à certaines lignes invisibles”, déclare le haut responsable du renseignement de défense. Dans le cadre d’une diplomatie secrète largement dirigée par la CIA, Kiev s’est engagé à ne pas utiliser les armes pour attaquer la Russie elle-même. Zelensky a déclaré ouvertement que l’Ukraine n’attaquerait pas la Russie.

Il est intéressant d’apprendre que tout le monde n’était pas d’accord :

En coulisses, des dizaines de pays ont dû être persuadés d’accepter les limites fixées par l’administration Biden. Certains de ces pays, dont la Grande-Bretagne et la Pologne, sont prêts à prendre plus de risques que la Maison Blanche ne le souhaite. D’autres, dont certains voisins de l’Ukraine, ne partagent pas entièrement le zèle américain et ukrainien pour le conflit, ne bénéficient pas d’un soutien public unanime dans leurs efforts antirusses et ne veulent pas contrarier Poutine.

Deux points importants ressortent de ce qui précède. Premièrement, il n’est pas surprenant que le Royaume-Uni et la Pologne soient prêts à “prendre plus de risques” que les États-Unis eux-mêmes. À première vue, cela semble impliquer que les États-Unis sont les plus frileux. Mais j’ai déjà abordé cet aspect : le fait est que les États-Unis ont le plus à perdre. Bien sûr, les faibles Polonais seraient pleins de bravade – ils savent que si les choses se gâtent, ils peuvent courir se cacher dans les jupes des États-Unis.

De même, le Royaume-Uni n’a pas grand-chose à craindre de la Russie, car il n’a pas beaucoup d’actifs en Europe, du moins par rapport aux États-Unis. Il est en outre suffisamment éloigné pour ne pas avoir à craindre les représailles de missiles balistiques à moyenne portée, contrairement à la Pologne. Il est difficile de frapper la Grande-Bretagne – et donc de lui porter atteinte de quelque manière que ce soit – sans provoquer une escalade vers un conflit général de bien plus grande ampleur. La Pologne, en revanche, peut être frappé à l’improviste sans même modifier le rythme de la guerre en cours.

Le fait est donc que ces pays sont pleins de bravade précisément parce qu’ils ont un “papa” derrière lequel se cacher, et qu’aucun d’entre eux n’a autant à perdre que les États-Unis. Mais comme “la responsabilité s’arrête” aux États-Unis, le chef de facto de l’OTAN n’a pas le luxe d’être aussi enthousiaste, car ce sont les États-Unis qui feraient les frais des représailles de la Russie si les choses tournaient drastiquement mal.

Le deuxième point confirme ce que j’ai dit précédemment au sujet de la désunion interne cachée de l’OTAN. L’OTAN déclare ouvertement que certains “voisins” de l’Ukraine – ce qui ne peut désigner que des pays comme la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie, etc. qui sont tous membres de l’OTAN – ne partagent pas le même “zèle” pour le conflit et ne le soutiennent pas publiquement. Cela signifie que si un scénario se développait comme je l’ai décrit précédemment, il se terminerait précisément comme je l’ai indiqué : La désunion de l’OTAN sur l’article 5 risquerait de déchirer l’ensemble de l’alliance et d’“exposer” son pilier central et fondateur comme étant frauduleux et inefficace dans la pratique. C’est un risque trop grave pour que les États-Unis l’assument au hasard.

L’article ajoute d’autres détails :

“La CIA opère en Ukraine, selon des règles strictes et en limitant le nombre de personnes pouvant se trouver dans le pays à un moment donné”, déclare un autre haut responsable du renseignement militaire. “Les opérateurs spéciaux noirs n’ont pas le droit de mener des missions clandestines, et lorsqu’ils le font, c’est dans un cadre très étroit. (Les opérations spéciales noires sont celles qui sont menées clandestinement).

En clair, le personnel de la CIA peut régulièrement aller – et faire – ce que le personnel militaire américain ne peut pas faire. Cela inclut l’intérieur de l’Ukraine. L’armée, en revanche, n’a pas le droit d’entrer en Ukraine, sauf dans le cadre de directives strictes qui doivent être approuvées par la Maison Blanche. Cela limite le Pentagone à un petit nombre de membres du personnel de l’ambassade à Kiev. Newsweek n’a pas pu déterminer le nombre exact de membres du personnel de la CIA en Ukraine, mais des sources suggèrent qu’ils sont moins de 100 à tout moment.

Il s’agit là d’une série d’aveux intéressants, car ils affirment que la CIA opère en Ukraine parce que la présence de forces militaires américaines nominales constituerait des “bottes sur le terrain” – une situation bien plus délicate. Toutefois, le véritable aspect de la question est que le fait d’autoriser la CIA à opérer donne aux États-Unis une sorte de déni plausible qui leur permet de caractériser les opérations par l’image d’hommes d’affaires en costume-cravate, lunettes de soleil noires, porte-documents, qui se contentent de recueillir des informations – ce qui est inoffensif par rapport à des commandos militaires à part entière armés jusqu’aux dents.

En réalité, nous savons que la CIA dispose de ses propres forces de combat clandestines. Il s’agit notamment du Special Activities Center (SAC), au sein duquel se trouve le Special Operations Group (SOG), considéré comme l’unité la plus secrète de toute la structure gouvernementale américaine. Le SOG possède ses propres unités de combat direct, d’après Wiki :

En tant que bras armé de la direction des opérations de la CIA, le SAC/SOG mène des missions d’action directe telles que des raids, des embuscades, des sabotages, des assassinats ciblés et des opérations de guerre non conventionnelles (par exemple, entraîner et diriger la guérilla et les unités militaires d’autres pays au combat) en tant que force militaire irrégulière. Le SAC/SOG effectue également des reconnaissances spéciales qui peuvent être militaires ou fondées sur le renseignement et qui sont menées par des officiers paramilitaires (également appelés opérateurs paramilitaires ou officiers des opérations paramilitaires) lorsqu’ils se trouvent dans des “environnements non permissifs”. Les officiers paramilitaires chargés des opérations sont également des officiers chargés des dossiers (c’est-à-dire des “manipulateurs d’espions”) parfaitement formés et, à ce titre, ils mènent des opérations clandestines de renseignement humain (HUMINT) dans le monde entier.

Tout cela pour dire que le fait de limiter bureaucratiquement le “personnel sur le terrain” à la seule “CIA” et non aux “bottes sur le terrain” ne veut rien dire : la CIA a ses propres “bottes” et les utilise très certainement. Ce n’est que de la sémantique administrative.

L’article poursuit en décrivant l’opération logistique qui approvisionne clandestinement l’Ukraine :

Aujourd’hui, plus d’un an après l’invasion, les États-Unis entretiennent deux réseaux massifs, l’un public et l’autre clandestin. Des navires livrent des marchandises aux ports de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne et de Pologne, et ces marchandises sont acheminées par camion, par train et par avion jusqu’en Ukraine. Dans la clandestinité, une flotte d’avions commerciaux (la “flotte grise”) sillonne l’Europe centrale et orientale, acheminant des armes et soutenant les opérations de la CIA. La CIA a demandé à Newsweek de ne pas identifier les bases spécifiques où ce réseau opère, ni de nommer le contractant qui exploite les avions. Le haut fonctionnaire de l’administration a déclaré qu’une grande partie du réseau avait été gardée secrète avec succès et qu’il était faux de supposer que les services de renseignement russes connaissaient les détails des efforts de la CIA. Washington pense que si l’itinéraire d’approvisionnement était connu, la Russie attaquerait les centres et les itinéraires, a déclaré le haut fonctionnaire.

Encore un petit aveu à la fin. Les guerriers de salon pro-FAU sur Twitter pensent que les États-Unis sont incapables d’être défiés et que la Russie est faible ; pendant ce temps, les personnes de la CIA qui travaillent sur le conflit comprennent les réalités tout à fait différemment.

Puis vient une autre révélation sur les capacités clandestines de la Russie :

Rien de tout cela ne peut être soutenu sans un effort majeur de contre-espionnage pour contrecarrer l’espionnage de la Russie, le travail de base de l’Agence. Les services de renseignement russes sont très actifs en Ukraine, selon les experts du renseignement, et presque tout ce que les États-Unis partagent avec l’Ukraine est supposé parvenir également aux services de renseignement russes. D’autres pays d’Europe de l’Est sont également truffés d’espions et de sympathisants russes, en particulier les pays de la ligne de front.

“Nous consacrons une bonne partie de notre temps à traquer les pénétrations russes dans les gouvernements et les services de renseignement étrangers”, déclare un responsable du contre-espionnage militaire travaillant sur la guerre en Ukraine. “Nous avons réussi à identifier des espions russes au sein du gouvernement et de l’armée ukrainiens, ainsi qu’à divers autres points de la chaîne d’approvisionnement. Mais la pénétration russe dans les pays d’Europe de l’Est, même ceux qui sont membres de l’OTAN, est profonde, et les opérations d’influence russes sont directement préoccupantes.”

Elle souligne ensuite le rôle clé joué par la Pologne, ce qui contribue manifestement à renforcer l’idée que la Pologne deviendra la “nouvelle Ukraine” à l’avenir, une fois que l’actuelle sera épuisée et mise au rebut :

Depuis la fin de la guerre froide, la Pologne et les États-Unis, par l’intermédiaire de la CIA, ont établi des relations particulièrement chaleureuses. La Pologne a accueilli un “site noir” de torture de la CIA dans le village de Stare Kiejkuty en 2002-2003. Et après la première invasion russe du Donbass et de la Crimée en 2014, l’activité de la CIA s’est développée pour faire de la Pologne sa troisième plus grande station en Europe.

En fait, je suis assez étonné qu’ils fassent aussi ouvertement des aveux aussi importants. La CIA ne parle généralement pas d’elle à moins qu’il n’y ait un avantage à le faire.

Et cet angle pourrait très bien être sa tentative de se distancer d’un “chien fou” ukrainien de plus en plus erratique et imprévisible, qui s’est de plus en plus éloigné de la laisse, refusant de jouer selon les règles précédemment établies. L’article poursuit en soulignant ce qui suit :

Une crise a été évitée. Mais une nouvelle crise se prépare. Les frappes à l’intérieur de la Russie se poursuivaient et s’intensifiaient même, contrairement à la condition fondamentale posée par les États-Unis pour soutenir l’Ukraine. Une mystérieuse vague d’assassinats et d’actes de sabotage a eu lieu à l’intérieur de la Russie, dont certains à Moscou et dans ses environs. La CIA a conclu que certaines de ces attaques étaient d’origine nationale, menées par une opposition russe naissante. Mais d’autres étaient l’œuvre de l’Ukraine, même si les analystes n’étaient pas certains de l’étendue de la direction ou de l’implication de Zelensky.

Compte tenu de ce qui précède, la CIA aurait-elle pu utiliser ces publications pour se disculper ? Cela renforcerait le thème principal selon lequel la CIA s’efforce avec beaucoup de diligence de signaler ses intentions “courtoises” à la Russie afin d’éviter tout malentendu ou toute escalade non planifiée.

L’article aborde les attaques contre Nordstream d’une manière telle que l’on pourrait presque penser qu’il a été rédigé dans le seul but d’absoudre la CIA de ces attaques et d’en rejeter l’entière responsabilité sur l’Ukraine.

Signe évident que la CIA craignait les représailles russes, elle se serait “démenée” pour découvrir les origines de l’attaque de Kertch et d’autres attaques après qu’un conseil de sécurité russe a commencé à changer de ton à la suite de ces attaques :

Lors d’une réunion avec son Conseil de sécurité, M. Poutine a déclaré : “Si des tentatives se poursuivent pour perpétrer des actes terroristes sur notre territoire, les réponses de la Russie seront sévères et leur ampleur correspondra au niveau des menaces créées pour la Fédération de Russie”. Et en effet, la Russie a répondu par de multiples attaques sur des cibles dans les villes ukrainiennes.

“Ces attaques ne font que renforcer notre engagement à soutenir le peuple ukrainien aussi longtemps qu’il le faudra”, a déclaré la Maison Blanche à propos de la riposte russe. En coulisses, la CIA se démenait pour en déterminer l’origine.

Une fois de plus, nous voyons le fil conducteur : contrairement au chauvinisme de façade des BroSintsles vrais acteurs sont suffisamment scrupuleux et intelligents pour craindre la colère de la Russie.

Même si ce n’est pas le point central, cette révélation a ouvert les yeux :

“Avec l’attaque du pont de Crimée, la CIA a appris que Zelensky ne contrôlait pas totalement sa propre armée ou qu’il ne voulait pas être informé de certaines actions”, explique le responsable du renseignement militaire.

Après l’attaque téméraire du Kremlin par un drone dans le centre de Moscou, l’article note que même la Pologne avait commencé à avertir la CIA que l’Ukraine était, par essence, un chien enragé réfractaire :

Un haut fonctionnaire polonais a déclaré à Newsweek qu’il pourrait être impossible de convaincre Kiev de respecter le non-accord qu’elle a conclu pour limiter la guerre. “À mon humble avis, la CIA ne comprend pas la nature de l’État ukrainien et les factions téméraires qui y existent”, a déclaré le fonctionnaire polonais, qui a requis l’anonymat pour pouvoir parler franchement.

Cette déclaration est très intéressante pour les raisons suivantes. Tout d’abord, cela pourrait expliquer la prise de distance ultérieure de la Pologne à l’égard de Kiev, dont nous voyons aujourd’hui les fruits. Même la Pologne la plus effrontée a peut-être commencé à se dégonfler après avoir réalisé que tout le mode opératoire de l’Ukraine consisterait probablement à essayer d’entraîner la Pologne dans la Troisième Guerre mondiale. Non seulement l’Ukraine a tenté de faire porter le chapeau à la Russie pour plusieurs attaques de missiles sur le territoire polonais, mais des sources de renseignement russes ont de plus en plus indiqué, ces dernières semaines, que l’Ukraine avait l’intention d’intensifier ce plan dans un avenir proche.

Il est clair que la Pologne a récemment semblé opérer un grand changement vis-à-vis de l’Ukraine. Le tournant s’est produit il y a plusieurs mois, après l’échec du sommet de l’OTAN et la rhétorique irrespectueuse de Zelensky qui s’en est suivie. C’est à ce moment-là que Duda a ouvertement qualifié l’Ukraine d’“homme qui se noie et qui entraîne tout le monde dans sa chute”. A partir de là, tout s’est dégradé.

Mais cela pourrait également expliquer la nouvelle attitude froide des États-Unis et l’apparente indifférence à l’égard de l’Ukraine. Par exemple, beaucoup se plaignent actuellement du fait que les États-Unis disposent encore de 4 milliards de dollars au titre de l’autorité de retrait, alors qu’ils ont annoncé qu’aucun financement supplémentaire ne serait alloué. Cette annonce intervient mystérieusement à la suite de frappes ukrainiennes répétées sur des cibles sensibles en Crimée, ainsi que d’attaques insensées sur Belgorod. La CIA aurait-elle enfin vu la lumière, prêchée plus tôt par la Pologne, et peut-être convaincu l’administration Biden que ce chien fou devient trop déséquilibré pour continuer à le soutenir en toute sécurité ? Elle pourrait au moins y être pour quelque chose, si ce n’est qu’elle est entièrement responsable de ce changement d’attitude.

C’est d’ailleurs ce que suggère le paragraphe suivant de l’article :

En réponse, le haut responsable du renseignement de la défense américaine a souligné l’équilibre délicat que l’Agence doit maintenir dans ses nombreux rôles, en déclarant : “J’hésite à dire que la CIA a échoué”. Mais le responsable a ajouté que les attaques de sabotage et les combats transfrontaliers ont créé une toute nouvelle complication et que la poursuite du sabotage ukrainien “pourrait avoir des conséquences désastreuses”.

Comme on peut le voir, le mépris récalcitrant des “règles tacites” par l’Ukraine pourrait avoir finalement contribué à faire comprendre aux États-Unis qu’il était suicidaire de continuer à soutenir un chien fou aussi effrontément fracturé, dont la seule intention est clairement d’entraîner le monde dans une troisième guerre mondiale pour échapper en dernier recours à son propre destin.

Par une ironie absolument démonstrative, la section des commentaires sous l’article de Newsweek est remplie du même type de personnes à la cervelle superficielle qui ont inspiré mon propre article. Bien qu’ils aient lu la réfutation exacte de leurs propres illusions, ils ont quand même trouvé le culot de faire des commentaires tels que : “Et que ferait Poutine si les États-Unis violaient ses “lignes rouges” ?” – sous-entendant une fois de plus que la Russie est en quelque sorte faible, et que les États-Unis sont cette superpuissance imparable caricaturée qui ne doit aucun compromis ni aucune concession à qui que ce soit. À ces personnes dont la compréhension des relations internationales et de la géopolitique est tout à fait superficielle et sans queue ni tête : Je vous en supplie, sortez de vos caves et lisez un livre. Apprenez comment fonctionne le monde réel. Ce n’est pas une bande dessinée unidimensionnelle comme vous l’imaginez. Croyez-moi, personne dans le monde entier qui travaille réellement dans les couloirs du pouvoir d’un grand pays ne croit que la Russie est une sorte de repoussoir mou dont il faut se moquer et dont les lignes rouges doivent être ignorées. Ce genre de caractérisation n’existe que dans l’esprit de jeunes de 12 ans, accros aux jeux vidéo, qui s’improvisent analystes militaires sur Twitter. C’est aussi parfois une simple bravade ou une démonstration de grandeur de la part de voyous à deux balles comme Lindsey Graham à la télévision – mais le ton “en coulisses” reste en contraste frappant avec le “personnage” qu’ils dépeignent dans leurs ridicules mises en scène pour la galerie de peanuts de CNN.

En fin de compte, cet article de Newsweek devrait servir de preuve supplémentaire aux partisans de l’UA qui ont subi un lavage de cerveau qu’il s’agit réellement d’une guerre par procuration entre deux géants, l’Ukraine n’étant qu’un pion coincé au milieu, dont les petits grains sont ignorés au profit des revendications bien plus lourdes de la Russie. Cela devrait servir de signal d’alarme pour les Ukrainiens : vous êtes simplement utilisés comme des marionnettes jetables dans un grand jeu géopolitique. Et lorsque ce jeu sera terminé, les joueurs actuels se serreront la main et passeront à la compétition suivante, tandis que vous serez laissés à l’état de détritus à “balayer”, comme les ordures et les emballages de fast-food qui jonchent le terrain d’un stade après un grand match.

Quels que soient vos efforts, quels que soient les centaines de milliers de vies de votre propre peuple que vous gaspillerez, vous ne deviendrez jamais ce grand joueur sur la scène que l’on vous a incité à devenir en vous faisant croire que vous pouviez le devenir. La seule chance de survie qui vous reste est de rejoindre le seul des deux Grands Acteurs qui se soucie réellement de vous et vous considère comme un proche parent, plutôt que comme un chiffon détrempé dans lequel on souffle de la morve avant de s’en débarrasser.

Pour terminer, je dirai que j’ai prédit de ces événements il y a longtemps, au début de cette année. Dans l’un de mes premiers rapports, j’ai écrit que lorsque les choses commenceraient à se dégrader pour l’Ukraine, Zelensky opterait pour des actions de plus en plus spectaculaires qui menaceraient davantage ses propres manipulateurs et sponsors, plutôt que la Russie. C’est parce qu’il sait que l’Ukraine est en équilibre sur un point d’appui et qu’elle a le pouvoir de déclencher une guerre mondiale plus large entre les deux blocs. J’avais donc proposé que, lorsqu’il serait dos au mur, Zelensky escaladera de manière à rapprocher de plus en plus une guerre plus large sous forme de menace : “Si vous ne me donnez pas ce dont j’ai besoin – des armes et de l’argent – je vous entraînerai dans la guerre avec moi”.

Cela pourrait bien être l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont décidé de mettre fin à l’intervention en Ukraine. Ne voyant plus d’autres options, ils ont peut-être été dérangés par certains discours récents, sachant où une telle insouciance incontrôlée pourrait mener. Par exemple, il y a quelques semaines, après avoir tué Ilya Kiva près de Moscou, le chef du SBU ukrainien a promis de grandes “surprises” pour 2024, dont le couronnement serait une sorte d’attaque qui, selon lui, serait une “aiguille dans le cœur” de la Russie :

Il pourrait très bien s’agir d’une menace d’assassinat majeur comme dernier précipice logique de l’escalade, qu’il s’agisse de Poutine ou d’une autre personnalité de premier plan en Russie. La CIA a peut-être lu les signaux internes dans cette direction et décidé que le point de non-retour avait finalement été atteint en soutenant ce “chien enragé”, et que si les États-Unis ne freinaient pas maintenant, ils seraient entraînés dans le piège existentiel de Zelensky.

L’autre éléphant dans la pièce est que des conclusions telles que celles de cet article conduisent naturellement à se demander si l’ensemble du conflit n’est pas simplement une danse orchestrée et bien chorégraphiée entre les “deux faces d’une même pièce”. Cela renvoie aux vieilles théories du complot selon lesquelles la Russie et les États-Unis sont tous deux sous une sorte de “contrôle globaliste” et sont simplement joués l’un contre l’autre comme des pions pour nous tromper dans un grand spectacle théâtral.

Une fois de plus, il s’agirait d’une lecture peu informée de la situation. En règle générale, ces opinions émanent de personnes qui ne sont capables que d’effleurer la surface, de juger les conflits et les développements à travers des lentilles très simplistes. Ce sont les personnes qui subsistent grâce au “soit/soit” et à d’autres réductions binaires de tout. Leur esprit n’est généralement pas capable de saisir les nuances, ou parfois ils se contentent d’effleurer la surface parce que leur vie est trop prenante pour qu’ils puissent vraiment se plonger dans des situations très complexes afin de les comprendre vraiment.

Dans ce cas, les “poignées de main secrètes” informelles entre la Russie et les États-Unis ne signifient certainement pas qu’ils font partie d’une grande mascarade visant à escroquer le monde entier, ou que Poutine est une taupe secrète de [insérer le nom du clan globaliste ici]. En arriver à cette conclusion, c’est admettre son ignorance de l’histoire et de la manière dont ces choses fonctionnent réellement. Il s’agit d’une procédure opérationnelle standard pour toute sorte d’enchevêtrement géopolitique sensible et elle est simplement caractéristique de la véritable machination d’État en coulisses qui se cache sous le vernis de surface que la majorité des gens ingèrent par l’intermédiaire de CNN et d’autres organismes de ce genre. Ces “poignées de main” sont de simples gestes diplomatiques de base, de la courtoisie et des précautions sous la forme d’une couverture scrupuleuse des risques et d’une diligence raisonnable, rien de plus.

Cela dit, cela n’exclut pas l’existence de conspirations plus vastes de collusion secrète entre de grandes nations ostensiblement adversaires – j’affirme simplement que ce cas précis ne peut être considéré comme exemplaire. Il existe de nombreux autres exemples réels, mais cela dépasse le cadre de cet article.

Comme toujours, il ne faut pas oublier qu’il existe des couloirs à l’intérieur de chaque organisation et que certains groupes au sein de la CIA opèrent de manière indépendante, voire antithétique, par rapport à l’organisation mère, tout comme la CIA peut elle-même agir à l’encontre des intérêts généraux des États-Unis. En fin de compte, nous n’entendons toujours qu’une seule version de l’histoire, qui se trouve être celle que l’on veut nous faire entendre.

Par Simplicius Le Penseur − Le 6 Janvier 2024 − Source Dark Futura

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