mardi 24 janvier 2023

Opération Jedburgh : les précurseurs des forces spéciales

 Guillaume Fiquet reçoit Jean-Louis Tremblais, grand reporter au Figaro Magazine, auteur de "Un Prince dans la tourmente - Des services spéciaux aux camps Vietminh", écrit avec Michel de Bourbon Parme et de "Opérations spéciales : 20 ans de guerres secrètes (Résistance, Indochine, Algérie)" écrit avec Jean Sassi. Ils évoqueront l'opération Jedburgh. En 1943, le Commandement suprême interallié recrute des volontaires parachutistes, britanniques, américains et français, pour l'épisode le moins connu de la Seconde Guerre mondiale : l'opération Jedburgh. Triés sur le volet, formés à toutes les techniques de la guerre non conventionnelle, ces 300 commandos Jedburghs, précurseurs des forces spéciales contemporaines, sont parachutés par équipes de trois sur l'Europe occupée en été 1944.


https://tvl.fr/le-nouveau-passe-present-operation-jedburgh-les-precurseurs-des-forces-speciales

Le Général Gouraud, un destin hors du commun, de l’Afrique au Levant

 

Agrégée et docteur en histoire, Julie d’Andurain est professeur en histoire contemporaine à l’université de Lorraine et membre de l’Académie des sciences d’Outre-Mer. Spécialiste des questions coloniales et des phénomènes guerriers, elle signe une biographie du Général Gouraud publiée chez Perrin.

En son temps, le général Henri Gouraud (1867-1946) a été extrêmement connu et célébré comme une figure de proue de l’armée française. Durant l’entre-deux-guerres, son immense silhouette claudicante et sa barbe de broussard apparaissaient fréquemment sur les écrans des cinémas lors des projections des « Actualités Gaumont ». Aujourd’hui, pourtant, il est pour ainsi dire totalement oublié, y compris de l’institution militaire. La raison en est assez simple : si la figure de l’officier colonial renvoyait autrefois à l’héroïsme, à l’accomplissement de soi à travers les voyages, l’exploration et les découvertes, et à la construction de l’Empire colonial en Afrique et en Asie, elle est désormais mal considérée et peu compatible avec les « valeurs républicaines » contemporaines. Or, à l’époque, la République était du côté du « parti colonial ». Et cette biographie du général Gouraud est aussi l’occasion d’une réflexion sur l’idée coloniale en France sous la IIIème République.

La majorité des saint-cyriens des années 1890 provient globalement d’un monde privilégié et très cultivé sur fond d’une éducation civique républicaine qui ne boude pas un registre épique puisant autant dans la tradition du chevalier Bayard que dans celle de Napoléon. Henri Gouraud ne fait pas exception. Comme de nombreux jeunes officiers de sa génération, il rêve d’aventure et de grands espaces. Choisissant de partir pour l’Afrique contre la volonté paternelle, il s’y révèle pleinement, se découvrant animé d’une flamme coloniale dont il ne se départira pas. Au cours d’une existence difficile et dangereuse, il expérimente la vie de broussard et de blédard, apprend à faire campagne avec une économie de moyens caractérisant la plupart de ses opérations. Henri Gouraud a vite compris où se situaient les lieux de pouvoir présidant aux destinées de l’outre-mer. Entre la rivalité des ministères de la Guerre et de la Marine, la propension du ministère des Affaires étrangères à faire des protectorats et mandats un pré-carré et enfin un ministère des Colonies croupion, Henri Gouraud tire son épingle du jeu et obtient les postes de l’avant qui permettent de faire une belle carrière. Il devient ainsi le plus jeune général de sa génération.

Son grand succès consiste à avoir prouvé que les coloniaux disposaient d’une expérience opérationnelle rare et précieuse. En permettant aux officiers coloniaux d’accéder aux plus hauts commandements en France, la Grande Guerre a en effet achevé de donner ses lettres de noblesse à la Coloniale. Avec la Montagne de Reims, avec le 15 juillet 1918, avec la libération de Strasbourg en novembre 1918, la Grande Guerre a permis aux coloniaux, à Gouraud en particulier, chef d’une armée de plus de 500.000 hommes, de prouver que leur tactique n’était pas simplement valable dans une guerre d’outre-mer face à des indigènes. Ces mêmes coloniaux ont également fait le pari d’amener avec eux en Europe des troupes de couleur que beaucoup regardaient à l’époque avec suspicion, craignant leur fragilité au combat.

Cette consécration opérationnelle au temps de la Grande Guerre vaut à Henri Gouraud d’être choisi par Clémenceau pour assumer la tâche de commandant en chef de l’armée du Levant et de haut-commissaire en Syrie. Considéré comme le meilleur élève de Liautey, il va vite constater en Syrie l’irrésolution voire la lâcheté des décideurs parisiens.. Cette expérience de la politique ne le laisse pas sans amertume mais n’entame pas sa détermination à mettre en place une Grande Syrie, une Syrie fédérale, dans laquelle les grandes communautés auraient toutes leur place et une certaine autonomie. Mais il se heurte à différentes trahisons. En 1921, il est victime d’un attentat. Il rentre en France en 1923 avec le désir de ne « faire que le militaire ». Devenu gouverneur militaire de Paris, il est rapidement réduit au rôle d’icône – celle des anciens combattants – à la « silhouette légendaire ».

Le Général Gouraud, Julie d’Andurain, éditions Perrin, 512 pages, 27 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/le-general-gouraud-un-destin-hors-du-commun-de-lafrique-au-levant/168394/

lundi 23 janvier 2023

Patrick Buisson - La Fin d'un monde

Le Petit Monde de Léon Daudet

 

Philippe Champion, ancien directeur de L’Action Française 2000 et membre du Comité Directeur de l’Action Française, signe un florilège des « Souvenirs » de Léon Daudet pour le quatre-vingtième anniversaire de sa mort. Cet ouvrage n’est donc pas une biographie de Léon Daudet (1867-1942) ni un essai politique mais un survol érudit et empathique d’une petite partie des écrits de Léon Daudet que sont ses Souvenirs.

Songez en effet que Léon Daudet a écrit quatre-vingt-sept romans et essais ainsi que des milliers d’articles pour l’Action française, bien sûr, mais aussi pour la Nouvelle RevueLe FigaroGerminalGauloisSoleil ou encore La Libre Parole, pour ne citer que ceux-là. Les six volumes des Souvenirs de Léon Daudet sont ses chefs-d’œuvre et traitent de sujets littéraires, politiques, artistiques et médicaux ! C’est que Léon Daudet s’est pour ainsi dire intéressé à tout. Fils d’Alphonse Daudet, il a de tout temps côtoyé les grands noms de la littérature et des arts, mais aussi de la politique. Il a même épousé Jeanne Hugo, petite-fille de Victor Hugo, et, ce faisant, est entré dans la famille d’Edouard Lockroy qui fut ministre de l’Instruction publique puis de la Marine. En outre, ancien étudiant en médecine, Léon Daudet en a conservé jusqu’à la fin de ses jours un intérêt particulier pour tout ce qui touche à ce sujet, y compris la psychologie. Ce polémiste de renom a donc raconté avec force détails ses rencontres, débats, dîners avec une multitude de personnages illustres. Il narre, rapporte, expose, présente, commente, fustige, sur base de ce qu’il a personnellement vu, entendu. Il faut encore préciser qu’en littérature ou en arts, Léon Daudet fait abstraction de ses propres considérations politiques et peut tenir des propos louangeurs concernant des écrivains ou des artistes éloignés de ses idées.

Ce petit florilège proposé par Philippe Champion nous rappelle donc les relations d’amitiés que Léon Daudet entretenait avec des personnalités aussi diverses que Proust, Drumont ou Goncourt. Le lecteur pourra parfois être surpris, aussi, des propos cinglants, à la limite de l’insulte, qu’il eut à l’égard de Claudel, de Clémenceau ou de bien d’autres. Enfin, on s’amuse des narrations gourmandes que Daudet fait de ses souvenirs de bonnes tables.

Le petit monde de Léon Daudet, Philippe Champion, éditions d’Action Française, 116 pages, 10 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

dimanche 22 janvier 2023

Courte HISTOIRE des DÉCHETS en France du MOYEN ÂGE À AUJOURD'HUI

Descartes, philosophe de la modernité : l’analyse visionnaire de Marcel De Corte

 

Le philosophe belge Marcel De Corte (1905-1994) fut professeur titulaire de la chaire de philosophie morale et d’histoire de la philosophie de l’Antiquité de l’Université de Liège où il a enseigné pendant quarante ans. Il fut surtout une figure centrale de l’école aristotélicienne au XXe siècle. Sa thèse d’agrégation sur la doctrine de l’intelligence chez Aristote – qui fait encore autorité – fut son premier grand ouvrage préfacé par Etienne Gilson en 1934. La bibliographie de Marcel De Corte compte plus de vingt livres, dont l’indispensable L’intelligence en péril de mort, mais il est aussi l’auteur de centaines d’articles.

Les éditions Hora Decima remettent à disposition l’étude de Marcel De Corte consacrée à Descartes dont il démontre qu’il est le philosophe de la modernité, ce qui n’est pas un compliment dans l’esprit de l’auteur.

« Sil est un spectacle tragique et qui s’impose sans conteste à l’observation, c’est bien celui de l’homme d’aujourd’hui, brisé, disloqué, en proie à une paralysie agitante dont l’affolement et l’inertie sont les signes indubitables de son usure profonde, c’est celui d’un d’un « monde cassé », agité d’un désordre indescriptible, où se heurtent individus, classes, races, nations, dans un commun chaos, c’est celui d’une humanité qui tente vainement et désespérément de reconstituer son unité par une série d’expériences idéologiques dont le résultat le plus clair est l’intensification de la haine et la dispersion. », écrit Marcel De Corte. Or, montre De Corte, c’est la pensée cartésienne qui a plongé le monde dans la dissociété. L’homo rationalis ajustera, selon le mot fameux de Descartes, le monde au niveau de la raison. Avec pour conséquence la transformation radicale de l’image du monde qu’entraîne le dualisme entre l’esprit et la vie. Parce que l’homme n’a plus le sens du concret et de l’incarnation des idées dans la matière, traces indélébiles du Créateur, le monde est amputé de toute présence concrète et personnelle d’une transcendance quelconque : la religion devient déisme, c’est-à-dire, comme disait Bayle, athéisme, la famille entité administrative, la patrie système idéologique.

Parce que la raison séparée de la vie est une raison formelle et logicienne, farcie d’abstraction, de calculs et de statistiques, le monde du rationalisme moderne prend l’aspect d’un immense chantier où règne dans tous les domaines le spécialiste, le technicien, l’expert, qui traite les hommes et les choses d’en-haut, du fond de son laboratoire ou de son bureau, comme une matière indéfiniment transformable.

Marcel De Corte, visionnaire, met en évidence comment la propagation de la pensée cartésienne conduit à une « monstrueuse alliance de l’individualisme libéral qui refuse de soumettre l’homme aux valeurs qu’il doit incarner, et de l’oppression totalitaire qui les groupe en troupeau par la force brutale des armes ou par des stupéfiants idéologiques« .

La conclusion de De Corte est l’urgente nécessité d’en revenir au réel qui passe par la reconstruction de la famille, de la patrie et du métier, notions toutes mise à mal par le rationalisme et ses conséquences dévastatrices.

Descartes, philosophe de la modernité, Marcel De Corte, éditions Hora Decima, 224 pages, 20 euros

A commander en ligne ici

https://www.medias-presse.info/descartes-philosophe-de-la-modernite-lanalyse-visionnaire-de-marcel-de-corte/168833/

L'absolutisme fut-il un pragmatisme ? avec Pauline Valade

samedi 21 janvier 2023

La plus ancienne pierre runique découverte en Norvège

 

La plus ancienne pierre runique découverte en Norvège

C’est la plus ancienne inscription runique jamais découverte. Vieille d’environ 2 000 ans, elle vient d’être trouvée en Norvège.

Des archéologues ont découvert la plus vieille pierre runique en Norvège, datée de près de 2 000 ans. Cette découverte pour le moins sensationnelle a été faite lors de travaux de construction d’une ligne ferroviaire à Ringerike au nord-ouest d’Oslo, près du lac Tyrifjord. Cette commune contient un des plus grands cimetières du premier âge du Fer avec de nombreux tumulus, mais aussi de l’âge du Bronze et du second âge du Fer.

Appelée pierre de Svingerud, cette pierre trouvée à l’automne 2021 fait reculer de plusieurs siècles l’âge de la plus ancienne pierre runique. Elle a été trouvée près d’une tombe, dont les restes ont été datés au carbone 14 entre l’an 1 et 250, d’après Steinar Solheim, chef de projet sur le site et professeur d’archéologie au musée d’histoire culturelle d’Oslo, où la pierre sera visible pour le public à partir du 21 janvier.

Une des premières runes

Les pierres runiques sont des pierres dressées gravées d’inscriptions runiques, le plus ancien alphabet de Scandinavie, appelé aussi fuþark, d’après le nom de ses six premières lettres. Elles sont souvent érigées à la mémoire d’un défunt.

Plusieurs inscriptions sont visibles sur cette pierre d’une trentaine de centimètres. La principale d’entre elles a été transcrite par « Idiberug ». D’après Krister Vasshus, chercheur en onomastique à l’Université de Bergen, plusieurs sens sont possibles. Si c’est sans nul doute le nom du défunt, cela peut aussi bien être le nom féminin Idibergū que le nom de famille Idiberung (descendant d’Idiberū/Idiberō). Une autre inscription sur la pierre est fuþ, début de l’alphabet runique fuþark.

D’autres gravures sur la pierre indiquent qu’un homme se serait entraîné à écrire, certaines runes ayant même des formes inhabituelles. Une autre pierre, reconstituée à partir de quatre morceaux, porte une inscription encore difficilement déchiffrable. Celle-ci commence de manière certaine par « ek », signifiant « je » en vieux norrois, et termine par « runo » (la rune). Il s’agirait de l’une des premières tentatives d’utilisation des runes, d’après Kristel Zilmer, runologue au musée d’histoire culturelle d’Oslo.

Une découverte de premier plan.

© Photo : STIG JAARVIK / NRK

https://www.revue-elements.com/la-plus-ancienne-pierre-runique-decouverte-en-norvege/

Le rêve brisé de Charles Quint (Guillaume Frantzwa)

 

Guillaume Frantzwa, archiviste paléographe et docteur en histoire de l’art, est conservateur du patrimoine au Centre des Archives diplomatiques. Il signe chez Perrin Le rêve brisé de Charles Quint. Il ne s’agit pas au sens propre d’une nouvelle biographie de Charles Quint mais plutôt d’une étude de l’idéal impérial de celui-ci.

L’enjeu, pour Charles Quint, est d’être reconnu comme la tête de la Chrétienté, et d’en diriger la politique globale face aux dangers extérieurs et dans l’établissement d’une société meilleure, chrétienne, pure dans ses mœurs et ses croyances, et unie dans l’attente du Christ. L’ouvrage s’attache à montrer comment, en matière de politique et de mécénat, Charles Quint fut le véritable centre du monde chrétien de l’époque, un fait que l’historiographie française a souvent tendance à gommer pour gonfler l’importance du règne de François Ier.

La mission dont Charles Quint était investi était simple à énoncer, mais difficile à remplir. Il s’agissait de rétablir la concorde religieuse, de pacifier la Chrétienté et de la conduire à la victoire contre ses ennemis. En somme, de revenir à un idéal d’harmonie politique et spirituelle pour préparer le triomphe du Christ et de son peuple sur l’univers. Cependant, ce programme ne pouvait reposer que sur les épaules d’un seul monarque, et supposait la collaboration désintéressée de tous les potentats européens. Du moment que ce prérequis n’était pas acquis, les ambitions de l’empereur ne pouvaient qu’être chimériques ou, dans le meilleur des cas, aboutir à des résultats très incomplets.

Dans les années 1540, malgré les succès indéniables remportés par l’empereur dans la première moitié de son règne, beaucoup s’inquiètent de la réussite de ses projets. L’Italie est désormais une annexe de l’Empire, la France est contenue dans ses frontières en dépit de toutes les tentatives d’expansion depuis 1520, la puissance espagnole s’est répandue en Amérique et en tire ses précieuses richesses, et l’Autriche constitue un barrage protecteur face aux Ottomans. Néanmoins, le contrôle de la Méditerranée échappe à l’empereur par l’action des pirates à la solde du sultan, de même que celui du Saint Empire irrémédiablement infecté par les agitateurs de la Réforme, tandis que les bourgeois des Pays-Bas, malgré leur attachement à la lignée des ducs de Bourgogne, rongent leur frein face aux contributions financières répétées pour les guerres contre la France, qui de son côté coalise mécontents et opposants des quatre coins de l’Europe dans le seul but de subtiliser la couronne de Charlemagne.

La tempérance et le souci de concorde qui caractérisent Charles Quint dans la conduite des affaires s’accordent mal avec l’entreprise herculéenne qui est la sienne et qui réclamerait plus de mesures de coercition. Charles Quint ne peut pas supprimer tous ses adversaires à la fois et ceux-ci s’épaulent ou se reconstruisent lorsque l’attention du monarque est ailleurs. L’usure du labeur au long cours et la déception conduiront l’empereur à se retirer dans un petit palais aménagé à l’ermitage de Yuste, en Estrémadure, où il passera les dernières années de sa vie.

Le rêve brisé de Charles Quint, Guillaume Frantzwa, éditions Perrin, 344 pages, 23 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/le-reve-brise-de-charles-quint-guillaume-frantzwa/169012/

Réflexion autour d’une dépossession. La défense de la langue française, un combat inutile ? (1/3)

 

Réflexion autour d’une dépossession. La défense de la langue française, un combat inutile ? (1/3)

À l’heure où l’Europe est plongée dans une confusion certaine où l’évocation du lendemain peut faire frémir le cœur des plus courageux, quel intérêt aurions-nous à entamer un combat pour défendre notre langue ? Le lien essentiel entre une nation et une langue pourrait sembler évident, mais dans le monde occidental au sein duquel nous évoluons aujourd’hui, étouffés par le progressisme qui veut faire de chacun d’entre nous un citoyen du monde, déraciné, indifférenciable et liquide, défendre notre identité passe aussi par la défense de notre langue. Féminisation ou anglicisation de la langue, écriture inclusive, novlangue : tant de dangers qui menacent notre identité française, et partant, européenne et dont il nous faut prendre conscience pour pouvoir les combattre. Auditrice de la promotion Dante de l’Institut Iliade, Marion du Faouët enseigne le français dans le secondaire. Premier épisode d’une série en trois volets.

Mai 2021, quelque part en Bretagne. À l’Ouest rien de nouveau, si ce n’est le crissement régulier des chaussures qui heurtent les graviers de la cour entre deux ballons : c’est la reprise après les vacances de printemps. La sonnerie retentit, les mères de famille partent dans leurs pénates finir leur café froid tandis que les élèves, armés de leurs sacs déjà trop lourds, retrouvent leurs places dans les classes. On sent encore l’odeur de la poussière de craie qui se mêle rapidement à celle de la cour. Le surveillant général va encore souffler en constatant les efforts toujours vains de la femme de ménage à garder l’école propre. Les trousses s’ouvrent, les cahiers se déplient, les poignets s’étirent, déjà fatigués de n’avoir pas assez écrit pendant les longs jours bénis de ces vacances insouciantes.

En quatrième, c’est une interrogation de lecture qui attend ces chères têtes blondes. Leur professeur leur a demandé de lire une pièce de théâtre pendant les vacances. S’il a du cœur, Rodrigue a aussi donné du fil à retordre à ces adolescents, et bien plus que ce à quoi ils s’attendaient. Une dizaine de questions sur l’ensemble de l’œuvre, une trentaine de minutes où le professeur regarde avec affection ces visages familiers qu’elle connaît depuis maintenant quelques années. Elle devine, au nombre de têtes relevées et de regards inquiets que le résultat ne sera pas bon pour tous. L’un d’entre eux lui a même annoncé penaud ne pas avoir eu le temps de finir sa lecture… Elle avait pourtant pris soin de leur expliquer l’intrigue avant de les laisser partir en vacances, Le Cid sous le bras…. L’horloge poursuit sa course malgré tout, et les feuilles commencent à arriver sur le bureau du professeur à qui il ne restera finalement qu’une dizaine de minutes pour faire le point sur l’interrogation. La sonnerie sonne la fin de ces retrouvailles et chacun repart à ses occupations, qui au ping-pong, qui à son ballon de football, qui à ses bavardages incessants, qui à son café fumant…

Pourquoi Corneille ?

C’est après avoir éteint les lumières dans la chambre de ses propres enfants, repris un café et vérifié que la porte était bien verrouillée que le professeur peut enfin jeter un œil sur les copies fraîches du matin. Elle se réjouit de tenir ainsi les bonnes résolutions de correction que tout bon professeur se doit de s’imposer à chaque reprise scolaire. Les copies se suivent, les notes aussi. Toutes plus basses les unes que les autres. Deuxième café : Rodrigue n’aime pas Chimène mais l’Infante. Aucun dilemme à avoir : du moment qu’ils sont sincères, pourquoi Rodrigue et Chimène ne peuvent-ils pas se marier ? Troisième café de la soirée : la moyenne s’annonce épouvantable pour cette classe dont elle connaît pourtant l’amour des belles lettres. Charles Perrault, Jean de La Fontaine, Chrétien de Troyes, mais aussi Maupassant ou La Varende ont bercé leurs années de collégiens, alors pourquoi Corneille leur échappe-t-il ?

Semaine suivante, même classe, même poussière, même tableau noir. Les élèves sont moins fatigués que le lundi précédent, le professeur un peu plus. Elle doit rendre leurs copies aux élèves. Elle sait déjà qu’il y aura des grimaces et des déceptions… Les collégiens ont préparé leur défense, le texte était trop long, trop compliqué, personne n’a compris, de toute façon à quoi bon lire du Corneille ? Ce vieux bonhomme poussiéreux se torture avec des questions qui ne sont pas si graves que cela en plus… Haro sur le baroque, on s’insurge, on réfute, on souffle un vent de révolte. Le professeur se tait et attend que la classe l’imite. Le silence revient, et dans un geste lent, qui se veut un peu solennel, elle tire de son cartable son exemplaire du Cid. Il n’est plus très jeune, c’est celui qu’elle a eu dans ses mains quand elle était à la place des enfants à qui elle tente de faire aimer la langue française… Elle commence :

Le reste de l’heure se passe, ponctuée des passages du texte et des commentaires du professeur. Peu à peu les regards s’éclairent, les coudes s’ancrent sur les bureaux, les cous s’allongent vers elle. La classe sourit des échanges entre Don Diègue et Don Gomès pour sursauter au soufflet, elle vibre aux stances de Rodrigue, et tremble lors du duel. La sonnerie retentit, cette fois-ci trop tôt pour tous les occupants de la salle de classe. Regardant ses élèves sortir, le professeur ne peut s’empêcher de se demander si certains avaient même lu l’œuvre avant le cours, mais son quotidien la rattrape rapidement…

Abreuvés d’anglicismes et de néologismes, les élèves de ce petit collège de province sans prétention sont les acteurs malheureux du drame qui est en train de se dérouler sous nos yeux à l’échelle nationale. L’intrigue tient en une phrase : celui que l’on prive de sa langue est peu à peu dépossédé du patrimoine littéraire qui constitue son paysage culturel.

En 2023, comme chaque année, le Larousse s’enrichira de nouveaux mots. Sans surprise, le contexte sanitaire des dernières années impose son tempo à la langue française avec son champ lexical des passes, vaccinodrome et autre distanciel, mais d’autres entrées sont plus symptomatiques du mal qui ronge notre époque… Ainsi les termes de « wokisme » et de « grossophobie » intègrent le dictionnaire qui a mis au rebut voilà quelques années le mot « lourderie »…

Ce « wokisme », ou nouvel esprit des Lumières, veut peu à peu tordre la réalité à sa convenance, niant toute hiérarchie, féminisant à outrance, forgeant une nouvelle langue : passeport pour devenir le citoyen du monde que rien ne saurait dire s’il est né en France ou en Amérique… La propagande wokiste fait rentrer dans le débat la question de l’écriture inclusive qui apparaît désormais sur des sites d’administrations françaises (site de la région Bretagne, universités publiques…), et l’on peut entendre des féministes vilipender vertement l’affreuse règle du masculin l’emportant sur le féminin, remettant en cause la structure même de la grammaire française.

Sabir, globish, espéranto et infra-langages

L’anglicisation du français est aussi révélatrice de cette évolution des mentalités. Dans son Rapport sur la communication institutionnelle en langue française publié en janvier 2020, l’Académie Française s’inquiète de cela :

« Il n’est peut-être pas inutile de rappeler ce qui fait la spécificité de notre langue. Le français est constitutivement une langue écrite, une langue de l’écrit. C’est à partir de la langue écrite qu’il s’est unifié, diffusé et développé, d’abord par la décision de rédiger les textes juridiques en “langage maternel français et non autrement”, puis, dès le XVIIe siècle, par l’action des grammairiens et des écrivains, placée sous l’égide de l’Académie.

Jusqu’au XXe siècle, l’implantation de vocables étrangers se faisait à travers un processus d’assimilation, de francisation progressive. Actuellement au contraire, l’entrée quasi immédiate dans la vie publique de mots anglais ou supposés tels, via les moyens de diffusion de masse, sans adaptation aux caractéristiques morphologiques et syntaxiques du français, conduit à une saturation, d’autant que nombre d’anglicismes sont employés en lieu et place de mots ou d’expressions français existants avec pour conséquence immanquable l’effacement progressif des équivalents français, pourtant immédiatement compris des locuteurs francophones (un “follower” [pour abonné, mais aussi adepte, ami, contact, fan, suiveur…], pp. 16, 17 ; un “prototype 100 % éco-friendly” [pour écologique, respectueux de l’environnement], p. 13, etc.) »

L’Académie à la rescousse

Les sages poursuivent plus loin leur réflexion en ces termes :

« À une époque où la langue est profondément modifiée par des usages écrits généralisés au plan mondial, qui sont induits par les techniques numériques (nombre limité de caractères, symboles graphiques ou typographiques se substituant aux mots…), le risque est fort d’une réduction à un dénominateur commun artificiel, robotisé, uniforme, entraînant imprécision et ambiguïté, laissant peu de place aux nuances de la pensée et de l’expression, et plus adapté à des messages simplistes et éphémères qu’à une véritable communication précise et explicite.

Si l’apport de mots étrangers pour combler les lacunes patentes du lexique français est bienvenu et parfois même nécessaire, on voit bien désormais que leur afflux massif, instable, incontrôlé, porte atteinte à l’identité et éventuellement à l’avenir de notre langue, comme de la plupart des autres langues. Ainsi la propagation massive et continue d’un vocabulaire anglo-américain souvent dénaturé, considéré à tort comme bien connu du public général et d’emploi quasi universel, a pour conséquence contradictoire le risque d’un appauvrissement en proportion du lexique français. »

Le feu sacré du verbe

Disons-le, il est essentiel de suivre l’évolution du dictionnaire qui est une photographie de la société elle-même. Que dire d’un pays où le mot « selfie » a tellement été utilisé qu’il a intégré son répertoire ? Et que penser d’une société où « flow » et « upcycling » font désormais partie du vocabulaire de base ? Comment ne pas faire le lien avec ces élèves que nous venons d’évoquer ?

L’évolution du dictionnaire va de pair avec l’évolution de la langue orale : de l’absence des négations et l’utilisation du pronom « on » honnies de nos aïeux, nous sommes passés au « verlan » pour finalement voir notre langue contaminée par de l’argot des cités qui se répand, par capillarité, à toutes les strates de la société. L’on se plaît à dire qu’une langue vivante évolue en permanence et qu’elle tend vers la simplification, mais nous pourrions nous demander dans quelle mesure ne sommes-nous pas en partie responsables de ce délitement évident de notre langue à travers notre façon de parler…

Transmettre ou disparaître : telle est l’issue de notre combat actuel, et celui-ci doit se porter tout particulièrement sur la langue. À l’image de Ronsard et du Bellay, de Malherbe et Vaugelas, des sages de l’Académie et de Corneille, nous nous devons de préserver et entretenir la langue de nos aïeux. Elle ne doit pas être mise sous cloche, dans un musée que l’on visiterait à l’occasion du passage de quelque étranger sur nos terres, elle doit être au cœur de nos préoccupations, comme le feu que l’on se doit d’entretenir pour faire vivre son foyer et autour duquel l’on aime à se rassembler pour y conter des histoires et y fredonner des airs de nos pays. Des braises encore fumantes, il en existe sous bien des toits, il nous incombe maintenant de souffler dessus pour raviver la flamme du sentiment national et partant européen.

Langues vivantes, langues vibrantes

Si les générations qui viennent ont été dépossédées d’une partie de leur patrimoine par le vol de leur langue, il ne tient qu’à nous de leur insuffler l’absolue nécessité de combattre la novlangue de l’ennemi. Reprenant la triade homérique si chère à Dominique Venner, nous pourrions articuler notre lutte sous trois aspects.

« La Nature comme socle » : la défense et la transmission de notre langue ne pourra se faire que grâce à la maîtrise de notre grammaire française : orthographe, conjugaison, analyse doivent être des piliers de notre langage. Soyons exigeants avec nous-même lorsque nous écrivons et lorsque nous parlons : c’est par notre exemple de tenue que nous pourrons faire entrer en résistance les autres !

« L’excellence comme but » : l’imitation des Anciens fut un principe fondateur de notre littérature. De Racine à Anouilh, de saint Thomas d’Aquin à Gérard de Nerval, tout homme de lettres connaissait les auteurs antiques et s’en nourrissait, conscient que l’Antiquité contenait l’essentiel des questionnements humains. Lisons ! Il faut faire sienne la littérature européenne, qu’elle infuse notre esprit pour pouvoir ensuite la transmettre !

« La Beauté comme horizon » : la langue française, héritière des Romains et des Gaulois, est à l’image du peuple qui l’a forgée : « elle se caractérise, sinon toujours dans les faits, du moins par l’idéal de clarté et de précision dont elle se prévaut traditionnellement et qui lui est généralement reconnu. Cette rigueur formaliste, au lieu d’un obstacle, peut être une force » (Rapport sur la communication institutionnelle en langue française). Cet idéal nous oblige et nous nous devons de toujours maintenir cette clarté classique qui a fait la beauté de notre langue.

Pour qui a conscience de l’importance de la Tradition, la défense de la langue doit être un combat de tout instant. Les Européens que nous sommes sont appelés à défendre notre civilisation et cela devra se faire par la défense de la langue et de la littérature qu’elle a nourrie et dont elle s’est abreuvée !

Marion du Faouët – Promotion Dante

Illustration : Le Duel. Acte 2, scène 3. Dessiné pour l’Opéra de Massenet d’après Le Cid. Gravure d’Auguste Tilly (détail), 1898. Source : Wikimédia Commons

https://institut-iliade.com/reflexion-autour-dune-depossession-la-defense-de-la-langue-francaise-un-combat-inutile-1-3/

vendredi 20 janvier 2023

Les œuvres de Charles Maurras entrent dans le domaine public

 

Chaque premier janvier est célébrée la « Journée du domaine public ». Cette date marque l’arrivée dans le domaine public d’un certain nombre d’œuvres littéraires ou artistiques. Cela signifie que ces œuvres sont désormais libres de droit et qu’elles peuvent être publiées sans devoir demander d’autorisation aux auteurs ou à leurs descendants.

Le droit d’auteur protège un créateur de toute utilisation abusive de ses créations et lui permet de percevoir une rémunération en cas d’exploitation par un tiers. Ce droit est garanti à un auteur pendant toute sa vie. Après son décès, ce sont ses ayants droit (sa famille) ou la personne qu’il aura désignée à cet effet qui en profitent. Mais seulement pendant une durée limitée : 70 ans à partir du 1er janvier qui suit le décès de l’auteur.

Ce 1er janvier 2023, les œuvres de Charles Maurras, tout comme celles d’Arthur Conan Doyle sont entrées dans le domaine public. Ces textes peuvent être réédités, traduits voire adaptés librement, sans devoir rémunérer les ayants droit de l’auteur.

Si une œuvre est une collaboration entre plusieurs auteurs, la durée de 70 ans est calculée à partir du décès du dernier coauteur survivant. Les films sont des œuvres de collaboration, et ils tombent dans le domaine public 70 ans après le décès du dernier survivant parmi les personnes suivantes : réalisateur principal, scénariste, auteur des textes ou auteur des compositions musicales (avec ou sans paroles spécialement réalisées pour l’œuvre).

Cas particulier des œuvres anonymes ou pseudonymes : les droits sur ces créations expirent 70 ans après le moment où l’œuvre est rendue accessible au public. Si le pseudonyme ne laisse aucun doute sur l’identité de l’auteur, ou si l’auteur se fait connaître, l’œuvre reste protégée pendant 70 ans après son décès.

La règle des 70 ans n’est pas applicable à tous les pays : au Canada il ne faut attendre que 50 ans alors qu’aux Etats-Unis ce ne sera que 95 ans après le décès de l’auteur que ses œuvres tombent dans le domaine public.

#129 - Blandine Kriegel pour son livre "la République imaginaire"

jeudi 19 janvier 2023

Le péril cathare (Jean-Noël Toubon)

 

Jean-Noël Toubon, ancien directeur de la télé web castelbriantaise Pulcéo, est un passionné d’histoire. A tel point qu’il a d’abord lancé la chaîne YouTube Gallia consacrée à l’histoire de France de Clovis à Louis XVI, à la suite de quoi il a fondé la maison d’éditions Voxgallia et s’est mis à écrire lui-même. Après une biographie de Saint Louis, il a rédigé un ouvrage consacré au péril cathare.

A l’avènement de l’an mille, vers 970, un prêtre bulgare nommé Cosmas, écrivit un traité complet pour dénoncer un mouvement religieux hérétique appelé le bogomilisme et qui sévissait dans les Balkans. Le nom fut tiré de son fondateur, un prêtre bulgare lui-aussi, nommé Bogomil. Il propagea des thèses éminemment subversives et considérées comme manichéennes, notamment celle qui attribuait au diable la création du monde visible. Le propagateur de cette hérésie, ainsi que ses adeptes, tournaient en dérision la vénération de la Croix et des reliques, niaient la présence réelle, rejetaient l’Eucharistie, récusaient l’autorité de l’Eglise catholique, pour ne citer que quelques-unes de leurs thèses. Après avoir été chassés de l’empire byzantin, leurs adeptes s’exilèrent vers l’Occident où ils furent connus sous différents noms : les Bougres au Nord de la France, les Patarins en Italie, les Vaudois dans les Alpes ou encore les Albigeois dans le Midi. Tous furent désignés sous le terme générique de Cathares.

Cette doctrine dualiste s’étant répandue progressivement dans toute l’Europe, l’Eglise se devait de la combattre. Ce livre raconte ce qui fut d’abord une croisade spirituelle avant que ne devienne indispensable une croisade militaire. Jean-Noël Toubon expose comment l’Eglise fit preuve d’une grande patience à l’égard des hérétiques, contrairement à ce que tente de faire croire la propagande anticatholique aujourd’hui renforcée par les procédés cinématographiques.

L’une des plus belles figures de ce combat catholique contre l’hérésie cathare se nomme Simon de Montfort qui consacra l’essentiel de son existence, jusqu’à sa mort au combat, à remplir l’épuisante mission que lui avait confiée le Souverain Pontife : la lutte interminable contre Raymond VI, comte de Toulouse, et les autres complices de l’hérésie. L’ouvrage souligne aussi le rôle du futur Saint Dominique, infatigable prêcheur célèbre pour l’efficacité redoutable de ses démonstrations théologiques grâce auxquelles il ramena bien des hérétiques sur le droit chemin. Mais il faudra finalement toute l’énergie et la détermination de Blanche de Castille, mère du futur Saint Louis, pour extirper du sol français l’hérésie cathare qui repoussait régulièrement comme une mauvaise herbe et envoyer une croisade militaire assiéger Montségur, forteresse légendaire du catharisme occitan.

Le péril cathare est un récit passionnant, remarquablement bien écrit, dont il faut conseiller la lecture.

Le péril cathare, Jean-Noël Toubon, éditions Voxgallia, 229 pages, 18 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

https://www.medias-presse.info/le-peril-cathare-jean-noel-toubon/169460/

mercredi 18 janvier 2023

De Gaulle avait raison sur l’AMGOT (gouvernement militaire d’occupation)

 

Le grand obstacle à la mondialisation monopolaire a toujours été la souveraineté des nations. Au-delà de l’évidence antinomique, qui ne devait jamais apparaître, faute de disqualifier le processus avant même que sa mise en oeuvre ne débute, le contournement de cette souveraineté ne pouvait se faire qu’en remplaçant les nations par une autre entité. Pour réussir une telle mystification, cette entité devait apparaître comme un substitut amélioré de la nation, présentant les mêmes avantages tout en étant mieux adaptée aux changements que l’inéluctable évolution des choses allait entraîner.

C’était, en quelque sorte, une modification fondamentale qui devait rester souterraine, du moins tant que les choses ne devenaient pas irréversibles.

Le mythe de la paix d’une Europe intégrée

Au lendemain de la guerre, tous les peuples aspiraient à la paix. Il y a fort à parier qu’ils y ont toujours aspiré et je n’ai pas trouvé d’exemple de guerre déclarée à un peuple par un autre peuple.

Depuis 150 ans,  la France n’a jamais déclaré directement la guerre à un autre pays. Nous nous sommes toujours trouvés en état de guerre par le jeu des « alliances ».  

Mais lorsque les malheurs de la guerre sont encore présents dans les esprits, l’opinion publique est plus réceptive aux discours pacificateurs. Faire de la nation la cause universelle des guerres en la désignant comme résultat du nationalisme s’imposait à ceux qui voulait détruire les nations, et ce fût efficace. Evidemment, s’il n’y avait plus de guerre en vue et que les causes de celle-ci avaient disparu, pourquoi entretenir une armée nationale?

C’est ainsi que le piège tendu par l’AMGOT s’est refermé sur l’Europe de l’Ouest. 

L’OTAN, fille de l’AMGOT

Démilitarisation d’un côté, guerre froide de l’autre, qui pouvait défendre l’Europe de l’Ouest face au menaçant « Ours soviétique »? D’autant plus que depuis 1949 l’URSS était devenue une puissance nucléaire. La réponse parut naturelle et, dans leur grande sollicitude, les Etats-Unis proposèrent de créer l’OTAN. Cette dernière paracheva en quelque sorte un des objectifs de l’AMGOT qui n’avait pu être atteint à la fin de la guerre, à savoir une occupation militaire du territoire français avec un certain nombre de bases américaines. 

Mais l’OTAN avait vocation à s’étendre dans tous les pays signataires, qui se trouvaient, dans un premier temps, essentiellement en Europe de l’Ouest. A ce titre, on peut la considérer comme étant un des socles de la future Europe, et ceci est très important, car cela signifiait depuis le départ que la défense européenne dépendrait essentiellement du bon vouloir des Etats-Unis. La CED (Communauté Européenne de Défense) ne pouvait dès lors, que prétendre à « faire de la figuration »

Cet abandon manifeste de souveraineté n’avait guère suscité d’interrogation de la part des dirigeants des pays européens, dont une partie d’entre-eux envisageait probablement avec sérénité le futur fédéralisme européen.

De Gaulle, opposant résolu à la vassalisation de l’Europe

A peine libéré du fardeau algérien, alors qu’il avait d’une façon prioritaire la future « force de dissuasion » dès son arrivée aux affaires en 1958, de Gaulle se hâte de proposer au Chancelier Adenauer le fameux « Traité de l’Elysée ». La France est devenue une puissance nucléaire en février 1960 et cela lui permet de proposer à l’Allemagne ce « bouclier nucléaire » qui serait devenu ainsi une pièce-maîtresse de la future défense européenne, rendant ainsi caduque l’existence de l’OTAN.

Kennedy avait fait en sorte que les députés allemands du Bundestag réduisent à une coquille vide le traité de l’Elysée, pourtant signé par Adenauer, montrant clairement leur soumission aux Etats-Unis.

Poursuivant seul sa démarche, de Gaulle retire la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966, affirmant haut et fort son indéfectible attachement à la souveraineté nationale.

Soixante après, où en sommes nous?

La guerre fait rage en Europe, sous l’apparence d’un conflit opposant l’Ukraine et la Russie, mais qui, dans sa réalité, est un affrontement direct entre la Russie et l’OTAN et peut-être même entre les tenants d’un monde monopolaire et ceux partisans d’un monde multipolaire. Feignant de ne rien voir, la plupart des pays de l’Union Européenne ont servilement décidé de ne pas provoquer la colère des Etats-Unis et de ceux qui les dirigent et, sous couvert de leur appartenance à l’OTAN, ont accepté de soutenir l’Ukraine, alors que la logique aurait voulu que l’UE joue un rôle d’arbitre. C’était du reste dans cet esprit que l’Allemagne et la France étaient cosignataires des « Accords de Minsk » de 2015. 

Ayant accepté de prendre parti pour l’Ukraine, ils devaient appliquer les sanctions économiques infligées à la Russie alors même qu’ils allaient en être les principales victimes. Pourquoi?

On comprend ainsi toute l’indignation manifestée par Oskar Lafontaine dans une interview récente:

Cette phrase est attribuée au poète Eschyle : « La vérité est la première victime de la guerre ». « Cela conduit à la conclusion que pour trouver la paix, il faut revenir à la vérité. Et cela signifie que chaque guerre a sa propre histoire. Et la préhistoire de la guerre d’Ukraine commence avec l’image que les États-Unis se font d’une nation élue, prétendant être et rester la seule puissance mondiale ». 

Et il poursuit :

« La politique étrangère allemande nuit aux intérêts de notre pays et ne contribue pas à la paix en Europe. Elle a besoin d’une restructuration complète. Si la géopolitique américaine menace d’une guerre entre puissances nucléaires, il appartient aux politiciens allemands et européens de faire tout ce qui est possible pour maintenir notre région en dehors de ce conflit.

L’Europe doit se séparer des États-Unis et jouer un rôle de médiation entre les puissances mondiales rivales. Ensemble, l’Allemagne et la France ont le potentiel pour développer une politique étrangère et de sécurité européenne indépendante ».

Force est de constater que ces propos, pourtant de pur bon sens, sont jusqu’alors restés lettre morte.

D’autres voix, telle celle de Henri Guaino, ont pourtant tenté de se faire entendre, mais rien ne semble pouvoir arrêter aujourd’hui ce qui ressemble de plus en plus à une sorte de suicide collectif européen.

Non contents de nous avoir occupés, puis neutralisé militairement et maintenant vassalisé, les descendants de l’AMGOT, nous considèrent ils aujourd’hui comme des pays potentiellement dangereux pour eux au point de nous interdire tout développement futur ?

Quels sont nos intérêts ? Est-ce de suivre aveuglément les Etats-Unis qui, visiblement, veulent continuer à dominer le monde, ou bien ne devrions-nous pas plutôt réfléchir à cette nouvelle donne qui peut donner à l’Europe, dans un monde multipolaire, un rôle d’équilibre, voire d’arbitre, entre les continents appelés à devenir les futurs pôles de ce nouveau monde ?

Les peuples de l’Union Européenne doivent être conscients de la réalité de ce qui se joue sous nos yeux mais dont, visiblement, on veut les tenir éloigné.

Jean Goychman

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Pour Dieu et le Roi avec La Rochejaquelein, de Brigitte Lundi

 

1772-2022, un anniversaire, les 250 ans de la naissance d’Henri de La Rochejaquelein. Brigitte Lundi nous fait ici un beau cadeau : le tome 5 de sa collection Pour Dieu et pour le Roi , dédié à Monsieur Henri.

Après avoir écouté avec tant d’attention le récit de Grand-Mère Zénaïde (dans Pour Dieu et le Roi, en Vendée), celui de l’Oncle Mathurin (dans Pour Dieu et le Roi, avec Cathelineau), celui de l’Oncle Joseph (dans Pour Dieu et le Roi, avec Stofflet), celui de l’oncle Ernest (dans Pour Dieu et le Roi, avec Bonchamps) nos petits amis vendéens sont bien curieux de connaître la vie de Monsieur Henri, généralissime de l’armée catholique et royale, tué à à 22 ans, par un grenadier qu’il venait de gracier. Monsieur Henri, c‘était un ami de l’Oncle René…

C’est donc lui qui va raconter Monsieur Henri, sa pipe calée au coin des lèvres. D e l’enfance au château de La Durbelière, en passant par Sorrèze, le Royal-Pologne-Cavalerie, la garde constitutionnelle du Roi Louis XVI, les Tuileries…. un mot se détache de cette période :  Servir le roi !

Mais l’oncle René a des journées bien occupées, les épisodes reprennent donc entre la « Bue » des mamans, la cueillette des cerises, la réparation du toit, la journée des « métives » avec des détails pittoresques et amusants sur l’époque.

1793, le Roi est assassiné, la conscription gagne le pays, la Vendée entre révolte, les paysans prennent les armes. C’est un combat de Géants qui s’amorce. Une épopée aux noms épiques Cathelineau, Lescure, Bonchamps, Stofflet… et tant d’autres. Monsieur Henri bataille, commande, galvanise ses hommes, pleure et console, sermonne et pardonne. Si les armes tonnent, sabrent, le chapelet est aussi à la ceinture…

Un récit vivant, très documenté et riche en anecdotes véridiques, sur fond de batailles célèbres, de victoires et de déroutes. Les interventions des enfants si attentifs, avec leurs questions, leurs remarques animent ces pages, et laissent comme une trêve entre deux batailles. Les phrases de M. Henri résonnent encore à leurs oreilles  «Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi. » Citation la plus célèbre, mais Brigitte Lundi nous en donne d’autres, soulignant l’a-propos de notre héros dans toutes les situations.

Les illustrations de Roselyne Lesueur soutiennent le texte et plongent tout de suite le lecteur au cœur de l’aventure.

Une histoire passionnante, une histoire vraie, une histoire bien écrite, une histoire de France, une histoire qui fait vibrer l’âme, une histoire à transmettre ! Pour les 9-12 ans

Retrouvez toute la collection Pour Dieu et pour le Roi avec…  sur LIVRES EN FAMILLE.

Pour Dieu et le Roi avec Henri de La Rochejaquelein, Brigitte Lundi, 98 pages, illustrations de Roselyne Lesueur, Petits Chouans, 12€

mardi 17 janvier 2023

1870 : l'année décisive qui provoque la chute du Napoléon III, avec Thie...

Quand la fiscalité provoquait la révolte …

 Quand la fiscalité provoquait la révolte …

Fureurs antifiscales au 17e siècle …

Poitiers, novembre 1624. Dans la nuit et dans le froid, le peuple de la ville s’assemble, des petits groupes ne cessent de se joindre aux premiers arrivants, la foule grossit, gronde, hurle. Soudain, des coups de feu éclatent, venant de nulle part, en direction de la maison du notaire royal. Puis la foule, enragée, se dirige vers l’auberge où sont descendus les commis chargés de percevoir de nouveaux impôts sur les vins vendus au détail, de gros cailloux sont lancés contre les fenêtres de leur chambre.

Ce banal scénario se reproduira bien souvent tout au long de ce siècle !

En 1629, le roi avait déjà tenté d’augmenter les droits sur le vin. Aussitôt les nobles avaient tenu des assemblées et incité les paysans à se soulever contre les collecteurs d’impôt. Le roi avait alors cédé et supprimé ces nouvelles taxes. Mais quelques années plus tard, en 1636, les envoyés du roi voulurent doubler les impôts directs et augmenter les aides (taxes sur les denrées) sur les vins. La réaction contre « ces messieurs de Paris, partisans et autres,qui les accablent d’impôts » est immédiate et violente, peut-on lire dans les mémoires adressés au chancelier Séguier. En Saintonge, « cela a rendu le nom de Parisien tellement en haine et en horreur que seulement se dire tel est assez pour se faire assommer. Depuis cette révolte, ils en ont fait mourir dix à douze, entre autres à Saint-Savinien, où ils exercèrent une si horrible rage contre un de ces pauvres commis natif de Paris qu’il fut taillé tout vivant en petits morceaux ».

Quelques jours plus tard, on assiste à une révolte générale de la région. Huit mille hommes armés de piques et arquebuses  envahissent la foire de Blanzac. Ils sont conduits par leur curé et marchent en bon ordre au son des fifres et violons. Ils clament leur volonté de tuer tous les « gabeleurs », c’est-à-dire, les collecteurs d’impôts royaux. La rébellion s’étend, et ce sont bientôt quarante mille hommes qui bloquent les villes d’Angoulême et de Cognac et envoient des députés à Richelieu. Leurs doléances incriminent les impôts excessifs, ils accusent la rudesse des collecteurs qui n’hésitent pas à enlever le bétail, les outils et les habits des paysans incapables de s’acquitter.

L’envoyé du roi, La Force, écrit à la cour, se disant  » touché d’une grande compassion en voyant les pauvretés extraordinaires des peuples ». Le roi n’enverra ses troupes que dans un souci d’apaisement et non de vengeance ou de répression aveugle. Seuls les actes de violences extrêmes sont punis.

A peine cette révolte était-elle apaisée que les croquants du Périgord se soulèvent à leur tour. Enfin,  lorsque le bruit  se répandit que l’on allait établir la gabelle (impôt sur le sel) en Normandie, ce fut l’explosion. Cette réforme aurait ruiné des milliers de paysans et appauvri les propriétaires nobles et ecclésiastiques. Ce que demandaient ces révoltés, c’était uniquement un retour « aux bonnes coutumes », des réductions d’impôts, un Etat plus proche et moins absolu.

Cependant, si nos aïeux avaient pu bénéficier de nos moyens de communication moderne, leur amertume et leur rébellion auraient été sans doute bien atténuées en voyant quel usage le gouvernement faisait alors de ces ponctions: un pays puissant de plus en plus rayonnant à travers le monde, craint, respecté, admiré.

Consolation dont les générations futures devront se passer…

https://www.medias-presse.info/quand-la-fiscalite-provoquait-la-revolte/891/

lundi 16 janvier 2023

LITTÉRATURE NATIONALISTE : Le Forum du PdF - 12/01/2023 (Jonathan Sturel...

VOTEZ pour votre LIVRE préféré ! [Éditions Voxgallia]

Des échos de la première guerre lancée en Europe par les néoconservateurs

  

Tout d’abord, j’ai découvert que BitChute bloque également les vidéos, faites par des Russes, montrant des opérations de combat. Rumble ne le fait pas, du moins jusqu’à présent, donc à l’avenir, je m’en tiendrai à Rumble pour publier des vidéos « politiquement incorrectes » ou autrement « offensantes ». Pourtant, la seule solution viable ici est d’avoir un service d’hébergement vidéo dans un pays souverain.

Ensuite, je ne peux pas entrer dans les détails ici et maintenant, mais c’est quelque chose de très intéressant : les articles de GreyZone sur « Les fichiers de renseignement déclassifiés exposent des vérités gênantes sur la guerre de Bosnie ». Pour la source originale de cette information, veuillez voir ici.

Au moment de la guerre de l’OTAN contre la nation serbe, je travaillais pour l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement, une sorte de groupe de réflexion des Nations unies pour la Conférence du désarmement. Bien que cet institut ne fasse pas partie de la FORPRONU, nous avions accès aux documents internes de la FORPRONU. De plus, à cette époque, j’avais également accès à des documents classifiés du Service suisse de renseignement stratégique. Enfin, et à l’insu de mes différents patrons, j’avais aussi des amis personnels serbes et russes qui avaient accès à toutes sortes d’informations intéressantes. En d’autres termes, à l’époque, je *savais* pertinemment que les médias mentaient à propos de cette guerre et je peux maintenant personnellement confirmer ce qui suit (bien que je ne puisse offrir aucune preuve) :

• Les bombardements du marché de Markale à Sarajevo furent des opérations sous fausse bannière et les spécialistes de la FORPRONU sur le terrain ont vu clair dans la propagande et l’ont signalée à la chaîne de commandement qui, bien sûr, a classifié et ignoré ces informations.

• Le « génocide de Srebrenica » n’a jamais eu lieu, mais des dizaines de musulmans ont été tués, la plupart alors qu’ils se retiraient à travers les collines boisées vers Gorazde et dans certains cas, il y a eu des exécutions de prisonniers de guerre, ces dernières ayant été ordonnées par des intermédiaires de la CIA dans l’administration Milosevic. C’était une PSYOP soigneusement préparé pour donner à l’Occident une raison d’attaquer pour des « raisons humanitaires », le même rôle que le MH17 a rempli des années plus tard.

• Le (très) célèbre massacre de Racak n’a jamais eu lieu. Les observateurs de l’UE s’en sont vite rendu compte et ils l’ont signalé à leur propre chaîne de commandement qui, bien sûr, a classé et ignoré ces rapports. Sauf que certains de ces gens étaient des amis à moi et m’ont dit la vérité. Ce qui s’est réellement passé était une fusillade entre des terroristes de l’UCK et des unités serbes.

• Tout comme en Ukraine aujourd’hui, l’Occident a injecté beaucoup d’argent, d’armes et de « volontaires » en Bosnie, en violation directe de nombreuses résolutions du CSNU. Toute l’ONU a été détournée, ce qui a été rendu particulièrement facile avec des clowns comme Eltsine ou Kozyrev assis au Kremlin.

• Lorsque l’OTAN et les Croates ont attaqué les UNPA en Croatie, les forces de la FORPRONU ont reçu l’ordre de leurs commandements nationaux respectifs de se retirer et de ne pas interférer. Les Serbes avaient accepté de rendre leurs armes lourdes et d’être placés sous la « protection » de l’ONU. Nous savons tous ce qui s’est passé ensuite.

• L’OTAN a fourni des avions pour amener, par centaines de vols, des terroristes d’Al-Qaïda en Bosnie, travaillant main dans la main avec la Turquie et, hélas, l’Iran (la position de l’Iran sur la Bosnie est, à mon avis, la pire erreur jamais commise par la République islamique qui n’a pas eu le courage de résister à l’hystérie déclenchée dans le monde musulman par les PSYOP US).

• Les « observateurs » de l’UE étaient pour la plupart des officiers des agences de renseignement occidentales. Il en va de même pour beaucoup de personnels des organisations dites « humanitaires », notamment MSF. Et, bien sûr, c’est aussi vrai pour de nombreux « journalistes ». Pourtant, alors que certains d’entre eux * rapportaient * très honnêtement ce qu’ils voyaient, beaucoup collectaient simplement des renseignements et participaient même au soutien secret des Wahabis en Bosnie (et en Tchétchénie, soit dit en passant).

Pourquoi est-ce important aujourd’hui ? Parce que bon nombre des mêmes acteurs opèrent en Ukraine et ailleurs. Un exemple parfait serait les « observateurs » de l’UE ou de l’AIEA. Voici le problème : ces « surveillants » et « observateurs » qui font un travail honnête en rapportant ce qu’ils voient verront leurs rapports jetés dans le trou de la mémoire et ils seront réduits au silence parce qu’ils ne peuvent pas révéler des secrets d’État ou rendre publiques des informations classifiées (Snowden par exemple ?). Quant au reste d’entre eux, je parle d’officiers du renseignement collectant des informations ou, pire, aidant les terroristes, leurs actions sont, par définition, nuisibles.

Pour ces raisons, je pense que la Russie devrait expulser tous les « observateurs » occidentaux (zone A) et ne pas collaborer avec les agences contrôlées par les anglosionistes telles que l’AIEA, l’OIAC, tous les organes/organisations de l’UE, toute « aide » occidentale, organisations, etc. etc. etc.

Par ailleurs, je pense également que la Russie, la Chine et l’Iran devraient créer un bataillon multinational d’observateurs prêt à être déployé dans les zones de combat impliquant des intérêts russes, chinois ou iraniens. Plus loin sur la route, ces trois pays pourraient inviter d’autres pays, mais seuls leurs dirigeants nationaux ont une véritable souveraineté et ne sont pas des administrateurs compradores pour leurs maîtres coloniaux.

Nous devons également comprendre le rôle de personnes comme Izetbegovic, Guaido, Tikhanovskaia ou, d’ailleurs, « Ze » : leur fonction n’est PAS de rechercher le meilleur pour leur peuple, mais de justifier une guerre sans fin.

La vérité sur la guerre anglo-sioniste contre la nation serbe finira par éclater. En fait, même pendant la guerre, certains observateurs (je pense à Michel Collon ici, mais il y en a d’autres) ont écrit des récits très bons et véridiques de ce qui se passait, ils ont tout simplement été ignorés par la propagande officielle de l’État (alias la « presse libre »). Cependant, tout comme dans le cas de l’incident du golfe du Tonkin, de l’assassinat de JFK, du 11 septembre et de tant d’autres faux drapeaux, cette vérité sortira bien trop tard pour remédier à quoi que ce soit. Les gens en Occident sont tellement habitués aux mensonges qu’ils les acceptent comme une sorte d’effet secondaire inévitable de la politique. Nous vivons, en effet, dans une société de post-vérité, du moins pour ceux d’entre nous qui vivons dans la zone A.

source : The Saker

traduit par Wayan, relu par Hervé, pour Le Saker Francophone

La révolte des Bonnets Rouges

 

La révolte des Bonnets Rouges

Bonnets rouges et bonnets bleus…

La création de taxes indirectes imposées par les plus hauts sommets de l’Etat à des provinces jusqu’alors exemptées ne va jamais de soi.

Ainsi, en Bretagne, en 1675 (sous le règne de Louis XIV) l’obligation d’un timbre fiscal sur les actes notariés, de nouvelles taxes sur le tabac et sur la marque de vaisselle d’étain provoquent une des plus violentes révoltes de l’époque moderne, bien que très locale. Les troubles éclatent à Rennes en avril. Une foule menaçante saccage les bureaux de tabac et du papier timbré au palais de justice.  Le mouvement s’étend rapidement à Nantes, Dinan, Vannes… Les paroisses entrent dans le mouvement et pendant trois mois les autorités demeurent incapables de maîtriser cette marée.

En signe de ralliement, les révoltés portent un bonnet rouge dans le centre ouest de la Bretagne. Une armée de 6000 hommes et 30 000 volontaires sans armes est levée. Dans le pays Bigouden, on portait un bonnet bleu, dans ces paroisses, on parlait de la révolte des bonnets bleus. 

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Rouer ou mutiler ?

Mais on ne brave pas impunément l’autorité royale. Une terrible répression s’en suivit, sur laquelle s’étendent complaisamment tous les historiens qui ne voient dans l’Ancien Régime qu’un temps de terreur, d’horreur et d’oppression : « on roua, on écartela, on pendit » peut-on lire.

Bénissons le Ciel d’être né à une époque où se rebeller contre une taxe injuste n’est puni que d’une main arrachée ou d’une gorge tranchée.

Rouer ou mutiler ?o tempora, o mores ! à chaque époque, sa coutume …

https://www.medias-presse.info/la-revolte-des-bonnets-rouges/1701/

dimanche 15 janvier 2023

#128 - Jean-Baptiste Forray pour son livre "Au coeur du grand déclassement"

Honneur à ceux qui sont morts en Indochine

 

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le général Giap

Deux fils de maréchaux de France, 20 fils de généraux, 1300 lieutenants, 600 autres officiers, 75 000 sous-officiers et hommes de troupes sont morts en Indochine.

Mais de ces huit années de terrible guerre bien des réalités sont tues aujourd’hui. Toute la grande presse et  le gouvernement socialiste à travers le ministre des affaires étrangères M Laurent FABIUS (discours du samedi 4 octobre : « c’était un grand ami de la culture française ») ont fait unanimement l’éloge du général Vo N’Guyen GIAP.

Mais c’est oublier le traitement qui fut réservé au 35000 prisonniers français par les « Viets » sous les ordres de ce même général.

Seulement 10 000 reverront leur patrie mais rentreront dans un état cadavérique.

La guerre d’Indochine c’est huit années d’une superbe histoire militaire où l’on a pu voir des exemples d’héroïsme de courage pour la France et de valeureux soldats qui sont morts inconnus, où des commandos ont réussi de superbes actions comme les Tigres Noirs de Vandenberg.

Mais qui mentionne encore les 50 000 Mans et Meos tués l’arme à la main ou massacrés misérablement pour avoir aidé la France et pour avoir lutter pour la liberté, toutes ces filles légères lardées de coups de couteaux pour avoir trop aimé les Français?

Tous ces crimes de guerre, Giap en est en partie responsable car c’est lui qui dirigeait ses troupes. Il a conçu le système concentrationnaire viet avec une mortalité qui a atteint plus de 70%, bien supérieure à celle des camps nazis.

En plus du massacre de ses ennemis, il n’hésita pas à envoyer ses hommes par vagues, par marée humaine pour se faire décimer. Il a ainsi perdu des centaines d’hommes pour gagner ne serait-ce qu’une mitrailleuse francaise !

Mais le combat de la France en Indochine ne fut pas vain. Il a donné l’indépendance et un répit pour s’organiser : au Laos, au Cambodge, et au Vietnam en dessous du 17e parallèle.

Quelle phrase pourrait mieux conclure qu’une citation du général de Lattre de Tassigny dans son discours à la jeunesse vietnamienne le 11 juillet 1951 au lycée Chasseloup-Laubat de Saigon :  « Si vous êtes des patriotes, combattez pour votre patrie, car cette guerre est la vôtre. Elle ne concerne plus la France que dans la limite de ses promesses envers le Vietnam et de la part qu’elle entend prendre à la défense de l’univers libre. D’entreprise aussi désintéressée, il n’y en avait pas eu, pour la France, depuis les croisades. Cette guerre, que vous l’ayez voulue ou non, est la guerre du Vietnam pour le Vietnam. Et la France ne la fera pour vous que si vous la faites avec elle.»

https://www.medias-presse.info/honneur-a-ceux-qui-sont-mort-en-indochine/1818/