lundi 6 février 2017

C’était un 6 février…

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1934 : à l’appel d’organisations patriotiques (Croix-de-feu, Ligue d’Action française, Jeunesses patriotes, Solidarité française…), des dizaines de milliers de Français, dont beaucoup d’anciens combattants, manifestent à Paris contre la corruption extrême qui règne dans les milieux politiques (l’affaire Stavisky est un élément déclencheur), au cri de « à bas les voleurs ! »
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Alors que la tension monte et que les Croix-de-feu se dispersent sagement, rive droite, des heurts ont lieu entre manifestants et policiers. La foule s’approche trop du Palais Bourbon au goût du Régime, qui fait tirer les Gardes mobiles sur les citoyens…
22 Français mourront sous les balles de la République et plus d’un millier sera blessé.
La Gauche prétendra qu’il s’est agi d’une tentative de « coup d’Etat fasciste » et à son arrivée au pouvoir en 1936, dissoudra les puissantes ligues. Côté patriote, les déçus de l’attitude de Maurras (maniant la plume dans les locaux du journal ce soir-là, pendant que les militants se battaient et souhaitaient pour nombre d’entre eux prendre la Chambre) vont créer une organisation clandestine qui fera beaucoup parler d’elle : « la Cagoule » (lire article ici). Chaque année les nationalistes rendent hommage à ces morts. Comme Robert Brasillach en son temps :
« Pour nous, nous n’avons pas à renier le 6 février. Chaque année nous allons porter des violettes place de la Concorde, devant cette fontaine devenue cénotaphe, en souvenir des vingt-deux morts. Chaque année la foule diminue, parce que les patriotes français sont oublieux par nature. Seuls les révolutionnaires ont compris le sens des mythes et des cérémonies. Mais si le 6 fut un mauvais complot, ce fut une nuit de sacrifices, qui reste dans notre souvenir avec son odeur, son vent froid, ses pâles figures courantes, ses groupes humains au bord des trottoirs, son espérance invincible d’une Révolution nationale, la naissance exacte du nationalisme social de notre pays. Qu’importe si, plus tard, tout a été exploité, par la droite et par la gauche, de ce feu brûlant, de ces morts qui ont été purs. On n’empêchera pas ce qui a été d’avoir été. »
Robert Brasillach, in Notre avant-guerre.
1945 : mise à mort du poète et journaliste nationaliste Robert Brasillach, à l’âge de 35 ans, victime de l’Épuration. [livres de lui et sur lui ici].
Les derniers coups de feu continuent de briller
Dans le jour indistinct où sont tombés les nôtres.
Sur onze ans de retard, serai-je donc des vôtres ?
Je pense à vous ce soir,
ô morts de Février.
Robert Brasillach, 5 février 1945
Ses Poèmes de Fresnes méritent de figurer dans les bibliothèques des patriotes. Ils ont été l’objet d’une heureuse réédition dont voici la 4e de couverture :
« Ecrivain reconnu et journaliste engagé, Robert Brasillach va payer cher les choix qu’il fit durant la Deuxième Guerre mondiale.
Condamné à mort pour des écrits, après un procès de six heures et une délibération de vingt minutes, il ne bénéficiera d’aucune grâce en dépit d’une large mobilisation de personnalités de divers bords (tels que Paul Valéry, Paul Claudel, François Mauriac, Albert Camus, Marcel Aymé, Jean Cocteau, Jean Anouilh, Thierry Maulnier…). Aucun des recours déposés par Jacques Isorni, son avocat, n’aboutira.
Robert Brasillach va donc se retrouver à Fresnes, dans le quartier des condamnés à mort. Les semaines passant, le funeste sort qui l’attend se fera de plus en plus certain.
Durant ses quelques mois de captivité, il rédigera secrètement des poèmes (il n’avait droit ni à un stylo, ni à du papier), jusqu’à l’issue fatale qui le verra tomber sous des balles françaises, le six février 1945, à l’âge de trente-cinq ans.
Ils dévoilent un poète de grand talent, sensible, témoignant d’une hauteur d’âme remarquable. »

LES CHEVALIERS TEUTONIQUES (ORDRE TEUTONIQUE) | 2000 ANS D’HISTOIRE | FR...

jeudi 2 février 2017

#VoxAF - Bouvines 1214

La monarchie républicaine à la française, par Philippe Conrad

nrh88-300x378-278x350.jpgLe texte que nous publions ci-dessous est l’éditorial du n° 88 de la Nouvelle Revue d’Histoiredont Philippe Conrad est le directeur, daté de janvier-février 2017. Son dossier : « La République et ses présidents ». De Louis-Napoléon Bonaparte à Charles de Gaulle. A noter que ce numéro comprend également un entretien avec Philippe de Villiers, « Faire de l’histoire autrement ».
« Les citoyens vont bientôt être appelés à désigner le successeur à l’Élysée de François Hollande et le suffrage universel sacrera ainsi celui qui sera le neuvième président de la Ve République. Institué depuis le référendum constitutionnel de 1962, et régulièrement renouvelé depuis les élections de 1965, ce rituel fait aujourd’hui partie de notre paysage politique. L’élection présidentielle demeure pour les Français le moment démocratique par excellence, un scrutin plébiscité par l’opinion et qui bénéficie de la participation électorale la plus forte. Un demi-siècle après les empoignades qui accompagnèrent l’adoption du suffrage universel direct pour désigner le chef de l’exécutif, les protestations indignées des juristes et des ténors du « Cartel du non » paraissent aujourd’hui bien dérisoires. Les velléités de certains d’en finir avec un « pouvoir personnel » soupçonné de violer les grands principes démocratiques ne paraissent guère en mesure de changer une pratique désormais solidement installée.
Vieille de plus d’un siècle et demi, l’institution présidentielle a connu plusieurs mutations significatives. Une fois la République proclamée en 1792, les constituants de l’an I et de l’an III prirent bien soin d’écarter toute personnalisation du pouvoir exécutif susceptible de rappeler une royauté désormais honnie. Mais les hommes de thermidor ne purent empêcher un jeune général couvert de gloire d’instaurer une monarchie impériale fondée sur le culte de l’homme providentiel.
Les révolutionnaires de 1848, s’inspirant du modèle américain, confièrent le pouvoir à un président élu au suffrage universel, mais Louis-Napoléon Bonaparte eut vite fait d’en finir avec la seconde République. Les constituants de 1875, qui souhaitaient une rapide restauration monarchique, introduisirent le septennat, conçu sur mesure pour Mac Mahon. Mais la victoire électorale des républicains, et l’épreuve de force qui suivit, conduisit le vieux maréchal à « se démettre » pour laisser la place à Jules Grévy qui, dès 1848, n’avait pas caché son hostilité à l’institution présidentielle.
Pour conjurer toute tentation de « césarisme », l’oligarchie parlementaire s’imposa ensuite comme seule détentrice de la souveraineté nationale, l’hôte de l’Élysée se voyant réduit au rôle « d’inaugurateur de chrysanthèmes ». Quand Grévy doit démissionner pour « avoir le malheur d’avoir un gendre », Clemenceau, grand pourfendeur de la présidence, annonce publiquement qu’il « vote pour le plus bête », avant de la réduire à « un organe aussi inutile que la prostate »… Après lui, Casimir-Perier et Alexandre Millerand veulent disposer, dans l’intention de jouer un rôle significatif, des pouvoirs que leur accorde la constitution de 1875 mais ils sont contraints à la démission. Fallières et Doumergue brillent par la popularité dont ils bénéficient dans l’opinion, alors que le malheureux Albert Lebrun apparaît à peu près inexistant.
L’éphémère IVe République reproduit la IIIe, même si René Coty sait prendre ses responsabilités en 1958. Tout change avec le retour au pouvoir du général de Gaulle qui fonde, en s’appuyant sur une très large majorité de Français, une Ve République dont le président constitue la clef de voûte. Une mutation contestée par ceux qui dénoncent alors « le coup d’État permanent » mais qui s’accommoderont très bien, une fois leur tour venu, du nouveau régime…
L’adoption de l’élection du président au suffrage universel viendra compléter l’édifice institutionnel et conforter le lien particulier désormais établi, au-delà des combinaisons partisanes, entre un homme et le peuple français. Bientôt sexagénaire, la Ve République paraît solidement établie, même si l’introduction du quinquennat et la récente apparition des primaires ont quelque peu modifié la donne. Reste la qualité des hommes, alors que les tentations démagogiques, la vacuité idéologique et l’hégémonie de la « communication » ont lourdement plombé les derniers mandats.
Le cadre institutionnel n’est pas en cause mais peut on espérer, à la veille d’une échéance majeure, le succès d’un(e) candidat(e) qui, porteur d’un diagnostic solide quant à l’état du pays, sera en mesure, au nom de l’intérêt général, d’échapper à la bien-pensance imposée par la médiacratie et aux blocages nés de corporatismes devenus obsolètes.
Philippe Conrad
En vente chez les marchands de journaux ou à commander ici.

Zoom - Louis de Condé : « J’ai voulu tuer de Gaulle ! »

L’EMPIRE PERSE ACHÉMÉNIDE (~ 550-330 AV. J.-C.) | 2000 ANS D’HISTOIRE | ...

mardi 31 janvier 2017

La petite histoire : L'intervention française aux États-Unis

La littérature sortie des tranchées - Orages d'acier - 28/01/2017

Découverte d’une incroyable nécropole médiévale au Mont-Saint-Michel

Qui ne connaît pas le Mont-Saint-Michel et sa rue principale, habituellement noire de touristes ? Or sous les pavés se cachait une nécropole datant du Moyen Age. Elle a été découverte lors de travaux de canalisations qui ont commencé en novembre dernier.
Les archéologues de l’INRAP (l’Institut national de recherches archéologiques préventives) ont alors pris la relève des ouvriers. Les fouilles se terminent des jours ci.
Les archéologues ont dénombré 30 sépultures d’adultes mais aussi d’enfants. La datation au carbone 14 et des recherches plus poussées permettront d’en apprendre plus sur ces squelettes et sur leurs conditions de vie.

L’EMPEREUR CALIGULA (12-41 AP. J.-C.) | 2000 ANS D’HISTOIRE | FRANCE INTER

dimanche 29 janvier 2017

Gaston Bergery : entre démocratie dirigiste et dictature

Gaston Bergery : ce personnage ambigu fut un symbole de la crise politique et morale de la France des années 1930 et 1940, écartelé entre volontarisme jacobin et tentation fasciste, à la recherche d'une introuvable synthèse.
Des débuts prometteurs
Ses origines elles-mêmes sont ambiguës. Gaston Bergery voit le jour le jour à Pans le 22 novembre 1892, des œuvres illégitimes d'un financier allemand et de Marie-Louise Morel-Derocle, laquelle fera reconnaître l'enfant par l'homme qu'elle épousera ensuite, Jean-Paul Bergery. Licencié en droit (1912), il devient avocat au barreau de Paris, mais manifeste de plus grandes ambitions intellectuelles, puisqu'il se consacre bientôt à la préparation d'une thèse de doctorat et entreprend des études de philosophie. La guerre l'oblige à y renoncer. Brave au feu, il accède vite au grade d'aspirant et est cité dès mars 1915. Blessé en Champagne, il est versé en 1916 au service de liaison avec l'armée britannique qui lui remettra la Military Cross l'année suivante. Sa formation juridique et ses mérites militaires sont à l'origine de son affectation (avec le grade de sous-lieutenant) au Secrétariat de la Conférence de la Paix (novembre 1918), puis à la Commission des Réparations (1919). En contact avec les milieux politiques, il y trouve des appuis, notamment celui d'Edouard Herriot qui en fait son directeur de cabinet au Quai d'Orsay (juin 1924-avril 1925).
Un radical dissident
Le radicalisme le séduit, et il en souhaite la rénovation dans le sens d'un jacobinisme capable de redonner à l’État sa vigueur réformatrice et d'unir les Français autour d'un idéal patriotique et humaniste. Cette orientation l'oppose à Herriot et à la droite du parti, celle des Caillaux, Sarraut, Chautemps, et l'apparente aux Jeunes Turcs (Zay, Mendès France, Cot) dont il se tient pourtant à l'écart, par un esprit d'indépendance qui ne cessera de le caractériser. Quoique non marxiste, il se révèle dirigiste et planiste en économie, et se prononce en faveur de la nationalisation des grandes entreprises ce qui lui vaut l'appellation de "radical-bochevik ".
Elu député de Seine-et-Oise en 1928 et 1932, il devient vice-président du groupe radical et siège à la commission dés Affaires étrangères. Son intérêt pour la politique extérieure lui vient de son métier. Devenu avocat à la Cour d'appel de Paris, il s'est spécialisé dans les questions de droit international, ce qui l'a amené à fréquenter les milieux diplomatiques de nombreux pays, dont les États-Unis et l'URSS. Il s'intéresse en particulier au Pacte général de renonciation à la guerre, aux dettes interalliées et aux paiements allemands au titre des réparations, à la Banque des règlements internationaux (1929), à la question du règlement des dettes russes. Cette spécialisation ne l'empêche pas de se prononcer sur d'autres sujets et sur la politique générale du gouvernement. En particulier, il ne ménage pas ses critiques les plus acerbes à l'égard du ministère Herriot, pourtant radical et chef de la majorité de gauche qui domine la Chambre depuis mai 1932. La pusillanimité du président du Conseil (qui a tiré les leçons de son échec de 1924-1925 et de celui du Cartel des gauches) en matière économique et financière le rebute à un point tel qu'en décembre, il vote la défiance à l'égard du ministère - à la majorité duquel il appartient pourtant, contribuant ainsi à sa chute. Il préconise une alliance plus étroite avec le parti socialiste SFIO en vue de constituer une gauche puissante capable de restaurer un État assez fort pour réaliser les réformes institutionnelles, économiques et sociales nécessaires au redressement d'une France en plein marasme et au pouvoir gangrené par un parlementarisme perverti. Ce qu'il souhaite, c'est la refondation de la République sur des bases institutionnelles solides, et conformément aux principes d'égalité et de justice issus du legs de la Révolution française. Il n'est pas le seul dans ce cas : des radicaux tels que Mendès France, Jean Zay, déjà cités, et des esprits originaux tels que Bertrand de Jouvenel, Georges Izard, Arnaud Dandieu, Robert Aron et tous les intellectuels non conformistes des années 1930 partagent ces aspirations, il s'agit là d'un état d'esprit fort répandu à l'époque, qui ne parviendra pas à s'imposer en raison de la prépondérance des cloisonnements partisans.
La situation de Bergery au sein du parti radical devient intenable. Les caciques radicaux n'admettent pas le coup de poignard qu'il a donné à Herriot, d'autant plus qu'il ne ménage pas les ministères suivants (Paul-Boncour, Daladier, Sarraut, Chautemps), eux aussi issus de la majorité de gauche dont fait théoriquement partie Bergery. Ce dernier tire les conséquences du conflit l'opposant à ses camarades : il quitte le parti radical en mars 1933.
Un jacobin autoritaire et planificateur
Gaston Bergery entend couper les amarres avec la gauche archaïque que représentent le parti radical et la SFIO parlementaire de Léon Blum, et constituer une gauche plus moderne, émancipée des vieilles idées du XIXe siècle, capable de restaurer l'autorité de l'exécutif et d'entreprendre des réformes conjuguant efficacité économique et souci de justice sociale. Dirigiste, il n'entend cependant pas instaurer un système socialiste, et rejette sans balancer le modèle soviétique dont il connaît les résultats désastreux, de par ses voyages en URSS et ses nombreuses relations, il ne se réclame pas davantage du fascisme, et demeure ancré à gauche, donc attaché à la démocratie et aux libertés publiques, et hostile à l'antisémitisme, alors en vogue, et au racisme. « Le racisme et l'antisémitisme sont contraires à l'idée de nation » déclare-t-il.
Il noue d'ailleurs des rapports amicaux avec la ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme en 1932 par l'entremise de Georges Pioch, président de la Ligue internationale des Combattants de la Paix(1) Le fascisme et la guerre sont ses deux grands ennemis, et c'est un Front commun contre le fascisme, contre la guerre et pour la justice sociale qu'il fonde en 1933, peu après son départ du parti radical. À son initiative, cette formation se rapproche du mouvement Amsterdam-Pleyel, lancé en 1932-1933 par Henri Barbusse et Romain Rolland, et de la Ligue des Droits de l'Homme. En décembre 1933, il dote son mouvement d'un hebdomadaire, La Flèche. Soucieux d'unir tous les partisans d'une gauche moderne, il fusionne son mouvement avec la Troisième Force de Georges Izard, lors d'assises tenues à Lyon les 3 et 4 novembre 1934, constituant ainsi le Parti frontiste. Ce nouveau parti se veut dirigiste, planiste, socialement progressiste, et antifasciste(2). Non sans réticences, il se joint au Front populaire lors des élections des 26 avril et 3 mai 1936, qui lui permettent de retrouver son siège de député. En effet, honnête et soucieux de clarté, il s'était démis de son mandat de parlementaire au lendemain du 6 février 1934, considérant qu'ayant rompu avec le parti radical sous la bannière duquel il avait remporté l'élection de 1932, il devait retrouver une légitimité démocratique , mais il avait été battu lors de l'élection partielle du 29 avril 1934.
Bergery apporte d'abord un soutien critique au gouvernement de Front populaire. Mais, très vite, la critique l'emporte sur le soutien, au point de devenir défection. Bergery reproche au gouvernement de n'avoir pas fait le choix d'une politique résolument dirigiste et planificatrice rompant avec le libéralisme économique, et d'avoir tenté de réaliser ses réformes sociales au sein de ce dernier, incompatible avec elles, engendrant ainsi l'inflation et la récession, et aboutissant à l'échec final. Entre le ministre de l'Economie, Charles Spinasse, planiste, technocrate et "synarchiste" et Vincent Auriol, qui ne remet pas en cause le libéralisme économique, il opte pour le premier. Ces vues le rapprochent dé Marcel Déat et de l’Union socialiste républicaine, dissidence planiste de la SFIO.
Jusqu'à la fin de 1937, Bergery reste un homme de gauche, jacobin, dirigiste et réformateur, attaché à la démocratie représentative. Mais l'inconséquence de la gauche radicale et socialiste, restée attachée à un libéralisme désuet incapable de résoudre les problèmes économiques et sociaux du XXe siècle le tire du côté de la tentation totalitaire, fort répandue durant les années 30, malgré son antifascisme affirmé. A partir de 1937, à ses yeux, seul un régime fort rompant avec la démocratie libérale et parlementaire sera capable d'opérer les réformes dont la France a un impérieux besoin.
Un pacifiste convaincu et lucide
D'autre part, son attachement à la cause de la paix infléchit ses positions vis-à-vis des dictatures fascistes. Non qu'il se sente désormais des affinités avec elles, mais il est parfaitement conscient de la totale impréparation militaire et morale de la France à s'engager dans un éventuel conflit. Aussi approuve-t-il la signature des accords de Munich (30 septembre 1938). Il convient ici de relever la continuité existant chez Bergery dans son pacifisme et son hostilité envers le fascisme. Pacifiste inconditionnel, refusant par principe toute guerre nouvelle, il préféra constamment, jusqu'en 1939, toute voie diplomatique permettant d'éviter cette dernière à une attitude de résistance et d'affrontement tant avec l'Italie mussolinienne qu'avec l'Allemagne hitlérienne. Il appartenait, de ce fait, au camp hétéroclite des pacifistes intégraux, où l'on trouvait des personnalités aussi diverses que Alain (philosophe) et Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères d'avril 1938 à septembre 1939 (tous deux radicaux), Louis Lecoin (anarchiste), Simone Weil et Jean Giono. Et, en accord avec cette inclination naturelle, il se prononça, en 1932, pour le renoncement officiel des Alliés aux paiements allemands au titre des réparations, considérant que cet abandon d'une des exigences du Traité de Versailles était de nature à entraver la marche du parti national-socialiste vers le pouvoir en lui ôtant un argument patriotique.
C'est donc fort logiquement qu'en août 1939, il déploie encore toute son énergie à arrêter la marche à la guerre (qui représente, pour lui, une course vers l'abîme). Avec une quinzaine de députés de tous bords, il met sur pied un Comité de liaison contre la guerre, durant la Drôle de guerre, il ne soutient pas le gouvernement Daladier ; enfin, en fin mars 1940, il refuse la confiance à Paul Reynaud, décidé à la poursuite du conflit, et demande la recherche d'une négociation avec l'Allemagne. Comment juger cette attitude ? Certes, étant donné la situation politique et militaire en mars 1940, la recherche d'une négociation ne pouvait aboutir qu'à une capitulation devant une Allemagne hitlérienne décidée à réduire à sa plus simple expression la France perçue comme l'ennemie héréditaire. Mais, en mars 1940, on pouvait encore penser difficilement, on en conviendra qu'il fallait impérativement négocier l'arrêt des hostilités tant qu'il en était encore temps, autrement dit avant la défaite totale de nos troupes et le déferlement de la Wehrmacht sur notre pays. Un arrêt négocié du conflit en mars 1940 alors que le désastre n'était pas encore complet aurait-il permis d'éviter l'armistice du 22 juin avec ses conséquences aussi catastrophiques qu'humiliantes ? C'est peu probable, mais on peut comprendre que des nommes se soient efforcés d'y croire et aient cru de leur devoir de freiner des quatre fers pour éviter le pire, Gaston Bergery fut de ceux-là.
Rallié par raison au régime de Vichy
D'autre part, la politique est l'art de mettre à profit les opportunités. Gaston Bergery, depuis ses débuts en politique, n'a cessé de critiquer l'obsolescence délétère de nos institutions libérales et parlementaires, dont le mauvais fonctionnement entraîne l'impuissance de l'exécutif et l'impossibilité d'opérer les réformes propres à sortir la France du marasme. Et il s'est efforcé de convaincre la classe politique de la justesse de ses idées et dé la nécessité de s'unir autour d'un grand programme national et social d'inspiration démocratique, jacobine, pacifiste et antifasciste. Il a échoué au sein du parti radical, puis avec son parti frontiste, demeuré sans grande influence, et enfin sous le Front populaire.
En 1940, la preuve lui semble donc donnée de l'incurie totale de la République. Et S voit dans la défaite l'occasion unique d'instaurer un nouveau régime.
À cette fin, il rédige, le 6 juillet 1940, une motion en faveur d'« un ordre nouveau, autoritaire, national, social, anticommuniste et antiploutocratique », signée par de nombreux parlementaires. Et le 10, il vote les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Il approuve la loi constitutionnelle du 10 juillet et les 5 premiers actes constitutionnels du Maréchal organisant l’État Français(3). Durant tout l'été, il s'active au sein d'un Comité d'organisation chargé de définir les bases d'un Parti national unique, lequel lui semble la base indispensable du nouveau régime. Mais les oppositions entre Marcel Déat, Jacques Doriot, Charles Maurras, de La Rocque, Bucard, Deloncle, Clémenti et autres, et l'opposition du Maréchal provoquent l'échec du projet.
De plus, il se montre favorable à la politique de Collaboration avec l'Allemagne. Cela ne signifie pourtant pas que Gaston Bergery se convertisse au fascisme qu'il a si longtemps combattu. Et, de fait, à la différence de Déat, Doriot et autres, il ne demandera pas l'instauration en France d'un régime imité de celui de l'Allemagne ou même de l'Italie. Son idéal politique reste l'instauration d'un État fort restaurant la prospérité et la grandeur du pays dans un esprit d'égalité et de justice sociale. Il ne comptera pas parmi les orateurs politiques du Vél d'Hiv, ne participera pas aux activités du groupe Collaboration et ne se mêlera pas aux rivalités entre les divers partis collaborationnistes. Peu satisfait par le gouvernement de Vichy, qu’il estime indécis et attentiste, il ne se fait pas non plus le chantre d'un engagement total de la France aux côtés de l'Allemagne. Des divers gouvernements de Vichy, celui qui répond le mieux à ses espérances est sans conteste celui de l'amiral Darlan (24 février 1941-18 avril 1942), technocratique et moderniste, autoritaire sans idéologie fascisante, soucieux seulement d'efficacité au service de la France et des Français. Darlan lui propose d'ailleurs le ministère de la Justice, mais il décline cette offre. Au fond, il regrette qu'il ait fallu que l'occasion d'instaurer le régime dont il rêve soit donnée par la défaite, l'occupation allemande et la domination du fascisme en Europe. Il se contentera de postes diplomatiques. Nommé ambassadeur à Moscou en avril 1941, il est rappelé dès la fin juin de cette année à la suite de la rupture des relations diplomatiques entre l'URSS et la France. En 1942, il est nommé ambassadeur à Ankara. À la fin de 1944, aptes la fin du régime de Vichy, il cède son poste à Jacques Tarbé de Saint-Hardouin, représentant le général De Gaulle.
Son allégeance en demi-teinte à Vichy vaut à Bergery l'indulgence de la justice républicaine. Emprisonné durant quatre mois après son retour (volontaire) d'Ankara, il est inculpé, mais laissé en liberté et finalement acquitté par la Cour de Justice de la Seine en février 1949. Et, peu après, il est réintégré au barreau de Paris comme avocat spécialisé dans le droit international. Mais sa carrière politique est terminée. En 1951, il prête la main à la fondation de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP). Il mourra dans l'oubli, à Paris, le 10 octobre 1974.
Paul-André Delorme Rivarol du12 janvier 2017
1) Journaliste, Georges Pioch (1873-1953) eut un parcours plutôt chaotique. Militant antimilitariste, dreyfusard et hostile à l'antisémitisme à la charnière des XIXe et XXe siècles, il fut proche de la SFIO, puis adhéra au parti communiste naissant, avant de s'en voir exclu dès 1923. Membre du comité central de la Ligue des Droits de l'Homme (1930), il devient président de la Ligue internationale des Combattants de la Paix (1931), mais la quitte en 1939, lui reprochant sa tiédeur à l'égard de la dictature stalinienne et des procès de Moscou. En 1936, il entre au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Son pacifisme inconditionnel le rapproche de Marcel Déat lors du prélude à la guerre en 1939, et il collabore comme critique littéraire à L'Œuvre jusqu'en 1943.
2) Il expose ses idées dans un livre, Notre plan, publié par les éditions de La Flèche en 1937.
3. Du 11 juillet 1940 au 17 novembre 1942, le Maréchal édictera 12 actes constitutionnels, dont 2 (les articles 4 et 12) feront l'objet de révisions partielles par la suite.

La véritable nature de la démocratie moderne

1223470889.jpgVisitez le site du Cercle de l’Aréopage :
http://cercleareopage.org
Conférence au Cercle de l'Aréopage:
La véritable nature de la démocratie moderne
Par Maxence Hecquard et Pierre Magnard
Ouvrage présenté:
https://www.amazon.fr/fondements-phil...
La démocratie est aujourd'hui une valeur sacrée, une véritable religion. Dans un ouvrage passionné, passionnant [...] où toute l'histoire de la pensée politique moderne et contemporaine est citée à comparaître " (P. Magnard), Maxence Hecquard revisite les fondements et la genèse de cette religion séculière. L'antique ordre du monde s'est écroulé. La mort de Dieu, définitive depuis Darwin, fait place à un Etat de droit fondé sur une.. vérité scientifique : le progrès. Oui contesterait un tel régime ? La cohérence remarquable du système apparaît ainsi à l'énoncé de la métaphysique sous-jacente : celle d'un univers en évolution peint par Condorcet et Teilhard de Chardin, mais véritablement pensé par Kant, Hegel et Darwin. La démocratie est le moment politique de ce progrès. Hasard et liberté, droit et morale, intérêt et bien commun forment désormais autant de couples indissolubles. Le lien social devient essentiellement économique...
Retrouvez les évènements du Cercle : 
http://cercleareopage.org/conf%C3%A9r...
Lisez La Relance de la Tradition: Notes sur la situation de l'Église
Broché:
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Pour liseuse:
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HANNIBAL BARCA | 2000 ANS D’HISTOIRE | FRANCE INTER

vendredi 27 janvier 2017

« L’idéologie des droits de l’homme »




Émission de Thibaut de Chassey, diffusée en direct sur Radio Courtoisie le 19 janvier 2017, avec :
le père Louis-Marie, du couvent dominicain d’Avrillé (49), et de la revue Le Sel de la terre.
Jean-Louis Harouel, docteur en droit et agrégé d’histoire du droit, professeur émérite d’histoire du droit à l’Université Paris Panthéon-Assas, auteur notamment des Droits de l’homme contre le peuple, de La grande falsification et de Revenir à la nation.
Ont aussi été évoqués : le dernier numéro de L’Héritage, « revue d’études nationales », qu’on peut se procurer en ligne ici, et dont on peut consulter le site ici.
Le livre de Jean Madiran : Les droits de l’homme DHSD.
A voir aussi, sur la question : L’apothéose humaine, de l’abbé Rioult.
Vous pouvez écouter la radio en direct sur son site ou sur la bande FM :
À Paris et en Ile-de-France : 95,6 Mhz et DAB+ (canal 6D) | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8. Sur les bouquets satellite Canalsat (canal 199 pour la mosaïque des radios et canal 641 pour l’accès direct à Radio Courtoisie) et TNTSAT. 
http://www.contre-info.com/lideologie-des-droits-de-lhomme |

Mythologie Slave - Mythes et Légendes #6

L’ARMÉE ROMAINE | 2000 ANS D’HISTOIRE | FRANCE INTER

mardi 24 janvier 2017

Nos raisons pour la Monarchie - 3

« Laissons-les s’amuser avec leur jeu d’échec et disparaissons pendant qu’il en est encore temps » (entretien avec Marie Cachet)

Moins connue que son compagnon Varg Vikernes (l’un des forgerons de la musique black metal), Marie Cachet n’en est pas moins aussi créative et soucieuse de préserver notre culture européenne plurimillénaire. À l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage Le Secret de l’OurseEurope Maxima est allé à la rencontre de cette maman en révolte contre le monde moderne.
Europe Maxima : Les lecteurs d’Europe Maxima vous connaissent sans doute en tant que compagne de Varg Vikernes, artiste prolixe qui a à cœur, tout comme vous, de promouvoir notre héritage et notre culture européenne. En ce qui vous concerne comment avez-vous pris conscience de l’importance de « notre plus longue mémoire » comme le rappelait, après Nietzsche, feu Dominique Venner ?
Cachet-Marie-188x300.jpgMarie Cachet : En fait, depuis toujours. Quand j’étais petite, je me demandais pourquoi je ne pouvais contrôler que moi-même, pour ainsi dire. Je m’interrogeais sur la différence entre autrui et moi-même, sur l’individualité, sur l’infinitude de l’univers. J’étais une enfant renfermée à l’intérieur, et j’avais quelques particularités sensorielles qui n’aidaient pas à mon adaptation sociale. J’avais un attrait viscéral pour la Nature. Je me souviens de la sensation unique, presque oppressante que procuraient les grandes et sombres forêts de châtaigniers en Corse, les sommets des Alpes, les étoiles du ciel. J’observais tout ce que la Nature nous donnais à voir, et je lisais des livres sur la faune sauvage.
C’est cette sensation vertigineuse d’infinitude qui m’a fait prendre conscience de l’importance de notre plus longue mémoire. Plus tard, mais toujours enfant, j’ai farfouillé dans les bibliothèques et ouvert quelques livres de Platon, et surtout les stoïciens, Kierkegaard et Perceval.
Europe Maxima : Ce n’est un secret pour personne que votre compagnon et vous-même êtes extrêmement sévères à l’égard du christianisme et plus largement des monothéismes abrahamiques. Vous ne cachez pas non plus votre paganisme. De ce fait comment envisagez-vous votre identité française ? En effet vous n’êtes pas sans savoir que la France est la fille aînée de l’Église…
Marie Cachet : La fille aînée de l’Église ? La France est beaucoup de choses. La France, c’est aussi le pays avec le plus de vestiges paléolithiques en Europe. Vestiges jalousement gardés et dissimulés par l’Église, pendant longtemps.
La France, c’est La Ferrassie, la plus vieille nécropole du monde (- 39 000 ans), inconnue et abandonnée près d’une route, à peine ouverte à la visite, Le Regourdou, avec le plus vieux « dolmen » du monde (- 70 000 ans), Bruniquel, avec le plus vieux « Mithraeum » du monde (- 126 000 ans). La France, c’est les premiers squelettes d’enfants, de bébé et de foetus au monde (Le Moustier, La Ferrassie, Pech de l’Azé, La Quina), Lascaux, Chauvet, Rouffignac, Pech Merle, Cosquer, Gargas, Font-de-Gaume, Mas d’Azil, la Madeleine, Cro-Magnon… Il y en a tellement que vous vous ennuieriez si j’en faisais la liste.
La France, c’est aussi les innombrables tumuluscairn, dolmens et menhirs, présents non pas seulement en Bretagne, mais dans tout le pays. À chaque fois que vous voyez une croix, vous pouvez être à peu près sûrs qu’il s’agissait d’un lieu important pour nos ancêtres païens.
Elle est là, notre plus longue mémoire. L’Église, a adopté, pour mieux nous attirer, nous tromper et nous soumettre, quelques-uns de nos rituels multi-millénaires. Elle a aussi détruit des vestiges sacrés, constructions gigantesques pour l’époque, posées pour durer des millénaires, comme témoins des énigmes du passé, que vous et moi avons le devoir de savoir lire. Platon disait que la réincarnation d’une âme durait de 3 000 à 10 000 ans ; dans le monde moderne, notre vision du temps est incroyablement étroite. 2 000 ans de christianisme, à l’échelle de nos ancêtres, c’est une poussière de temps.
La France, mon identité française, et l’identité de chaque Européen dont de nombreux ancêtres y ont vécu, c’est tout ce qui est enterré là, sous nos pieds, des milliers d’années de couches de terre, et les trésors qui s’y cachent. La France, c’est le plaisir de savoir qu’en veillant sur un hectare de terre, vous veillez peut-être sur d’importants vestiges.
Europe Maxima : Comment êtes-vous venu au paganisme et comment définirez-vous votre paganisme ? Vous considérez-vous comme völkisch ?
Marie Cachet : Je n’ai pas appris la mythologie. La mythologie c’était pour moi un fouillis de choses diverses. Varg m’en parlait parfois, et alors, avec ma perspective qui était différente, j’ai subitement tout vu clairement. Mon paganisme ? Le paganisme de nos ancêtres était une science, une explication profonde du fonctionnement de la Nature et du monde. De même, la réincarnation est une vérité.
Les traditions, mythologies et contes sont les vecteurs de cette science, et également des outils pour nous sortir de l’Amnésie.
Je ne connais pas les Völkischen, vous savez, je suis loin de toutes ces appellations.
Europe Maxima : Dans l’une des vidéos de votre chaîne YouTube vous affirmez que la permaculture relève du paganisme. Pourriez-vous développer ?
Marie Cachet : La permaculture c’est le paganisme. S’il fallait définir en quelques mots l’opposition fondamentale du paganisme et des religions du désert, je le ferais ainsi : les religions du désert placent l’homme au dessus de la Nature, pour elles, la Nature est l’esclave de l’homme, et l’homme n’a rien a apprendre d’elle, au contraire, il doit la soumettre. Le paganisme, c’est l’exact inverse : l’homme est partie de la Nature, et il est soumis à ces lois, s’il n’obéit pas à ces lois, alors il sera lui-même détruit (bien sûr pas immédiatement, mais après plusieurs milliers d’années). L’homme doit observer la Nature, et apprendre d’elle. Voilà concrètement mon paganisme.
Europe Maxima : Vos positions sur le paganisme, votre critique virulente du christianisme ainsi que votre penchant pour l’écologie peuvent rappeler Robert Dun. Connaissez-vous son œuvre ?
Marie Cachet : Malheureusement, non, sur certains sujets je suis totalement ignorante. Je m’informerai.
Europe Maxima : L’intérêt que vous montrez pour l’Europe en tant que culture s’accompagne-t-il d’un intérêt pour une Europe politique ?
Marie Cachet : Non. Je crois qu’on a fini avec la politique. Les jeux sont faits. La solution moderne revient toute seule : le tribalisme, aussi appelé « communautarisme », l’autonomie et la décroissance. Laissons-les s’amuser avec leur jeu d’échec et disparaissons pendant qu’il en est encore temps. Utilisez l’énergie qu’il vous reste, au sens littéral du terme (le pétrole) pour préparer l’avenir, dans lequel les meilleurs survivront. C’est mon opinion.
L’effondrement de la politique et de l’économie sera alors la meilleure chose qui puisse nous arriver. Quand j’étais ado, ce qu’il fallait faire pour s’en sortir aujourd’hui, c’était apprendre les codes informatiques, aujourd’hui, ce qu’il faut faire, c’est apprendre la permaculture et la décroissance. C’est ça la vraie modernité, c’est ça la vraie révolution.
Europe Maxima : Quel est votre sentiment sur la situation en France et en Europe ?
Marie Cachet : Ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant.
Europe Maxima : Vous êtes une adepte du survivalisme. L’autonomie maximum possible et la préparation à des temps difficiles sont souvent les motivations premières lorsque l’on entreprend une telle démarche. Est-ce aussi à vos yeux une façon de se rapprocher du mode de vie de nos aïeux ?
Marie Cachet : Oui, c’est les deux à la fois. C’est aussi la découverte d’une vie beaucoup plus rassasiante. La permaculture procure un bonheur intense. Réparons le désert laissé par les générations précédentes !
Europe Maxima : À l’instar de votre compagnon vous êtes à l’évidence quelqu’un de créatif. Vous avez réalisé un film intitulé ForeBears, vous animez un site où vous faites part de vos recherches sur l’homme de Néandertal et vous venez de sortir votre deuxième ouvrage  Le secret de l’Ourse . Comment vous êtes-vous intéressée à ce lointain ancêtre ?
Marie Cachet : Vous l’avez dit vous-même : notre plus longue mémoire. La même passion que celle qui a poussé Roger Constant à creuser un trou gigantesque dans son jardin, jusqu’à la sépulture Néandertalienne du Regourdou, le flair, l’envie de remonter au bout du bout.
Europe Maxima : Des chercheurs ont récemment attesté, grâce à des preuves « irréfutables » trouvées dans la grotte de Goyet en Belgique, que l’homme de Néandertal était anthropophage. Qu’en pensez-vous ?
Marie Cachet : Néandertal n’était pas anthropophage, c’est mon avis. Ces fameuses « preuves », à Goyet, ou sur d’autres sites, sont des traces de découpe sur les fémurs et sur la nuque. J’explique clairement dans mon dernier livre et à travers les rituels et traditions européennes, pourquoi l’on prélevait les fémurs et/ou têtes des ancêtres. Les tombes renfermant des squelettes sans têtes sont innombrables dans l’histoire de l’Europe. Dans le site du Regourdou (Neandertal, – 70 000 ans), la tête (Mimir) est manquante et les jambes ont été remplacés par des jambes d’ours. Ce rituel a été imagé dans le film ForeBears, et était encore d’actualité chez les Celtes.
Europe Maxima : Vous avez sorti en décembre 2016 votre second ouvrage Le Secret de l’Ourse. Pourriez-vous présenter ce second effort aux lecteurs d’Europe Maxima ? Est-ce la suite de votre livre Le Besoin d’Impossible ?
Marie Cachet : Le Secret de l’Ourse, c’est une clef pour comprendre toutes nos traditions, nos mythologies et nos contes classiques. Absolument tout, des sorcières aux différents dieux, en passant par les dolmens, les grottes ornées, et même par les rituels étranges comme « la petite souris », « la galette des rois » et que sais-je encore…
En un sens oui, c’est la suite du premier livre Le Besoin d’Impossible, mais plutôt pour moi-même, car objectivement, les deux livres sont très différents.
Europe Maxima : Votre théorie est donc que nos mythes, contes et légendes sont en réalité « codés » et qu’ils ne sont pas juste de simples histoires pour les petits et les grands. Selon vous, peut-on parler d’ésotérisme ?
Marie Cachet : Oui, dans le sens réel du terme, on peut parler d’ésotérisme. Ce système de mémoire est génial. Tout un chacun, petit et grand, peut se rappeler de ces histoires simples et appliquer des traditions millénaires, ainsi, les énigmes restent disponibles, et puis certains les comprendront.
Europe Maxima : La lecture que vous faites de tous ces mythes et de facto très matriarcale. Vous êtes vous-même mère de cinq enfants. Cela a-t-il d’une manière ou d’une autre influencé ou « guidé » vos recherches ?
Marie Cachet : On m’a dit cela plusieurs fois, mais je crois que ce n’est pas juste. On est habitué à la dichotomie matriarcal/patriarcal, moi, je n’en vois pas. Le rituel de réincarnation est symbolisé par la grossesse, qui, inévitablement, se passe dans un corps féminin. Cependant la mémoire, l’ancêtre, est souvent imagé par le masculin.
La maternité m’a aidé à comprendre des symbolismes énigmatiques que je n’aurais sans doute pas saisi autrement. Un accouchement naturel, pour une femme, c’est une sortie brutale de la domestication moderne, c’est un rituel de passage. Après mon premier accouchement, la sage-femme m’a demandé : « vous voulez voir le placenta ? ». Moi, j’avais 19 ans, j’aurais eu envie de dire non, mais ma belle-mère, qui étais avec moi, a tout de suite répondu « oui ». C’est alors que j’ai vu cet organe mystérieux, ce jumeau, et qu’elle m’en a expliqué le fonctionnement.
D’ailleurs, comme je le précise dans mon livre, le placenta, c’est le père.
Europe Maxima : À travers la lecture de votre livre on se rend compte de l’importance du placenta, ce qui en définitive est le simple reflet de la réalité. Vous êtes-vous intéressée à l’isotropie placentaire, dorénavant illégale dans ce pays de liberté que l’on nomme France, et à ses bienfaits ?
Marie Cachet : Lors de mon dernier accouchement, à cause des pratiques médicales modernes, j’ai vécu une grave hémorragie de la délivrance. Pour me remettre sur pied, j’ai pu éviter une transfusion, mais j’ai dû avoir des perfusions de fer à haute dose. Si j’avais vécu la même chose en situation dégradée, peut-être que je l’aurais mangé, ce placenta, comme le font tous les animaux, car il est rempli de fer facilement assimilable. En cas d’accouchement normal, je ne l’aurais pas jeté, comme c’est le cas dans les hôpitaux aujourd’hui, mais je l’aurais enterré et j’aurais planté un arbre à ses côtés.
Vous savez, en France, vous pouvez toujours négocier…
Europe Maxima : Votre livre soulève la question de nos vies antérieures, et le constat que vous faites est que l’ancêtre « lutte » pour renaître. Cela expliquerait ainsi les souvenirs de vies antérieures de certaines personnes. La prochaine étape pour vous n’est-elle pas justement de vous remémorer ces vies, de développer une nouvelle forme de maïeutique ?
Marie Cachet : Je ne sais pas. Je crois que ces choses sont trop intimes pour être dévoilées, mais je me trompe peut-être.
Europe Maxima : En définitive faire des enfants serait donc un moyen d’être immortel…
Marie Cachet : En quelque sorte…
• Propos recueillis par Thierry Durolle.
• Marie Cachet, Le secret de l’Ourse. Une clé inattendue pour la compréhension des mythologies, traditions et contes européens, préface de Varg Vikernes, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2016, 344 p., 32,60 €.

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