vendredi 25 septembre 2015

« Deux individus contre l'histoire. Pierre Drieu la Rochelle, Ernst Jünger » de Julien Hervier

L’auteur et le livre
Ce livre est la réédition revue, corrigée et augmentée d’une postface, d’un texte publié pour la première fois en 1978 et qui était lui-même la version allégée d’une thèse d’État soutenue en Sorbonne. Professeur honoraire de l’université de Poitiers, Julien Hervier est le principal traducteur de Jünger et a dirigé l’édition des Journaux de guerre dans la Pléiade, il a également traduit des ouvrages de Nietzsche, Heidegger et Hermann Hesse, et a édité de nombreux textes de Drieu, notamment son Journal 1939-1945.
Comme le souligne lui-même l’auteur dans sa postface, le contenu de son livre serait bien différent s’il devait l’écrire aujourd’hui, notamment en ce qui concerne Jünger dont l’œuvre a pris une autre ampleur, en particulier avec les cinq volumes du journal de vieillesse Soixante-dix s’efface, jusqu’à sa mort en 1998. Quant à Drieu, il faudrait « insister sur la dimension religieuse de [son] univers » plutôt que de « le réduire à son image de grand séducteur et d’essayiste politique ». Durant les quelque trente ans qui se sont écoulés entre l’édition princeps de cet ouvrage et la présente réédition, le contexte idéologico-politique a profondément changé et ce texte doit donc être lu sans jamais perdre de vue le moment où il fut écrit.
Deux écrivains individualistes et aristocratique : quatre grands thèmes
En 1978 donc, J. Hervier (JH) se propose d’étudier deux écrivains « d’esprit individualiste et aristocratique » qui ont accordé dans leur œuvre « une large place aux problèmes de la philosophie de l’histoire » qu’ils ont « transcrits en termes romanesques ». Son livre se décline selon quatre grands thèmes (la Guerre, la Politique, l’Individu et l’Histoire, la Religion), abordés sous différents aspects pour chacun des deux auteurs. 
  • La Guerre - Pour Jünger comme pour Drieu, la guerre est perçue comme une « loi naturelle », et la Première Guerre mondiale est « l’expérience fondamentale de leur jeunesse ». Rappelons seulement quelques titres. Pour le premier : Orages d’acier (1920), La guerre notre mère (1922), Le boqueteau 125 (1925), les journaux de guerre de 1939 à 1948… et cette sentence : « Le combat est toujours quelque chose de saint, un jugement divin entre deux idées ». Pour le second, les poèmesInterrogation (1917) et Fond de cantine (1920), et surtout le roman La comédie de Charleroi (1934). Pour Drieu, les hommes « ne sont nés que pour la guerre » 
Jünger considère également la guerre comme « technique » et écrit à cet égard : « La machine représente l’intelligence d’un peuple coulée en acier », tandis que Drieu juge que « la guerre moderne est une révolte maléfique de la matière asservie par l’homme ». 
Le livre de Jünger La guerre notre mère illustre parfaitement l’idéologie nationaliste qui régnait alors dans l’Allemagne meurtrie par la défaite, avec son exaltation du sacrifice suprême : mourir pour la patrie. Si, à cette époque, Drieu est sensible à cette idée de sacrifice patriotique, avec la Seconde Guerre mondiale il évoluera du nationalisme au pacifisme.
  • La politique - En matière de politique, les nationalistes que sont initialement Jünger et Drieu estimeront rapidement que le nationalisme est dépassé et qu’il doit évoluer, pour l’un vers l’État universel et pour l’autre vers une Europe unie. Tous deux cependant appellent à une révolution, « conservatrice » pour Jünger et « fasciste » pour Drieu. On connaît les engagements de ces deux intellectuels, mot que Drieu définit ainsi : « Un véritable intellectuel est toujours un partisan, mais toujours un partisan exilé : toujours un homme de foi, mais toujours un hérétique ». Pour l’auteur de Gilles, l’engagement est nécessaire, mais « difficile » et « ambigu ». Pour Jünger, l’engagement est paradoxal : « Ma façon de participer à l’histoire contemporaine, telle que je l’observe en moi, observe-t-il, est celle d’un homme qui se sait engagé malgré lui, moins dans une guerre mondiale que dans une guerre civile à l’échelle mondiale. Je suis par conséquent lié à des conflits tout autres que ceux des États nationaux en lutte ». Une chose est sûre, ces deux intellectuels sont des « spectateurs engagés », mais Jünger « préfère finalement refuser l’engagement – même si un remords latent lui suggère que, malgré tout, en s’établissant dans le supratemporel, il peut réagir sur son environnement politique » (JH), tandis que l’engagement de Drieu « est placé sous le signe du déchirement et de la mauvaise conscience ».
  • L’individu et l’histoire - L’individualisme est une caractéristique essentielle de la personnalité de Drieu (« Je ne peux concevoir la vie que sous une forme individuelle » avoue-t-il en 1921), comme de celle de Jünger pour qui c’est dans l’individu « que siège le véritable tribunal de ce monde ». Mais leur individualisme est à la fois semblable et différent. Le premier, « individualiste forcené » par tempérament et formation, « condamne historiquement l’individualisme comme une survivance du passé, tout en étant incapable d’y échapper dans ses réactions psychologiques personnelles » (JH), le second, individualiste exacerbé également, prononce la même condamnation historique, mais dépasse la contradiction en affirmant, par-delà le constat de la décadence de l’individualisme bourgeois, « la nécessité d’une affirmation individuelle qui fait de chacun le dernier témoin de la liberté » (id.). Devant l’Histoire, Jünger et Drieu ont des attitudes parfois proches et parfois opposées. Jünger la conçoit, à l’instar de Spengler, comme essentiellement cyclique : les civilisations naissent, se développent, déclinent et disparaissent. De fait, il s’oppose aux conceptions de l’Histoire héritées des Lumières comme à celles issues du marxisme. Il envisage cependant « une disparition probable de l’homme historique ». (JH). 
Drieu est fortement marqué par l’idée de décadence, son « pessimisme hyperbolique et métaphysique » dépasse le « déclinisme » de Spengler, mais, pour lui, il existe un « courant rapide » qui entraîne tout le monde « dans le même sens » et que « rien ne peut arrêter ». Il se rapproche donc, d’une certaine manière de la conception marxiste du « sens de l’histoire », mais va jusqu’à dire que l’Histoire, c’est ce « qu’on appelle aujourd’hui la Providence ou Dieu ». 
Dans leurs « utopies romanesques », Jünger (Sur les falaises de marbre, Heliopolis) et Drieu (Beloukia, L’homme à cheval) procèdent de manière radicalement différente : le premier « part de l’histoire présente pour aboutir à l’univers intemporel de l’utopie », tandis que le second « part de l’histoire passée pour aboutir à l’histoire présente » (JH). Tous deux sont déçus par le présent, mais alors que Jünger « lui substitue un monde mythique », Drieu « l’invente dans le passé ». 
Face au « problème de la technique », Jünger et Drieu estiment tous deux que celle-ci a détruit l’ancienne civilisation sans lui avoir jamais trouvé de substitut. La solution, selon eux, ne réside pas dans un simple retour en arrière, mais dans la création de quelque chose qu’on n’appellera plus « civilisation » et qui relèvera de « la philosophie, de l’exercice de la connaissance, du culte de la sagesse » (Drieu)
  • La religion - Après la Guerre, la Politique, l’Individu et l’Histoire, la dernière partie du livre est consacrée au rapport à la religion de Jünger et de Drieu, et c’est sans doute, pour le lecteur qui ne connaît pas l’ensemble de l’œuvre de ces deux auteurs, la plus surprenante. Un long chapitre traite de « la pensée religieuse de Drieu ». Celui-ci, vieillissant, délaissant les femmes, rejetant l’action politique, se tourne de plus en plus vers la religion. Il passe de « l’ordre guerrier » de sa jeunesse à « l’ordre sacerdotal », et écrit, aux abords de la cinquantaine, des « romans théologiques ». Il admire dans le catholicisme « un système de pensée complexe » et une religion qui « représente pour la civilisation d’Europe son arche d’alliance, le coffre de voyage à travers le temps où se serre tout le trésor de son expérience etde sa sagesse ». Toutefois, s’il vénère le christianisme sub specie æternitatis, il déteste ce qu’il est devenu, c'est-à-dire une religion « vidée de sa substance », muséifiée, et qui ne représente plus qu’« une secte alanguie », à l’image du déclin général de l’Occident. L’Église n’est plus qu’une institution bourgeoise liée au grand capitalisme. À ce « catholicisme dégénéré » (JH), Drieu oppose le christianisme « viril » du Moyen Âge, celui du « Christ des cathédrales, le grand dieu blanc et viril ». Ce dieu « n’a rien à céder en virilité et en santé aux dieux de l’Olympe et du Walhalla, tout en étant plus riche qu’eux en secrets subtils, qui lui viennent des dieux de l’Asie ». Pour Drieu, il n’y a pas de véritable antagonisme entre le christianisme et le paganisme, mais seulement une façon différente d’interpréter la Nature. À ses yeux, c’est le catholicisme orthodoxe qui a le mieux conservé l’héritage païen.. Mais, au-delà des différentes religions, païennes ou chrétiennes, Drieu croit profondément en une sorte de syncrétisme universel, celui d’« une religion secrète et profonde qui lie toutes les religions entre elles et qui n’en fait qu’une seule expression de l’Homme unique et partout le même ». 
Pour Jünger comme pour Drieu, la dimension religieuse est fondamentale et « transcende toutes les autres » (JH). Mais, contrairement à Drieu, le mot même de « Dieu » est peu fréquent dans son œuvre, caractérisée pourtant par une vision spiritualiste du monde. De fait, il semble qu’il ait envisagé une « nouvelle théologie », sans lien véritable avec l’idée d’un Dieu personnel, relevant plus sûrement d’une « religion universelle », au sens où il parle d’« État universel ». L’ennemi commun des nouveaux théologiens comme des Églises traditionnelles demeure, en tout état de cause, le « nihilisme athée ». La sympathie générale qu’il éprouve pour toutes les religions relève davantage de sa philosophie de l’histoire que d’un véritable sentiment religieux, mais ne l’empêchera pas, tout au long de la Seconde Guerre mondiale, d’exprimer des préoccupations chrétiennes. Son journal de guerre comprend d’innombrables références à la Bible, dont il loue le « prodigieux pouvoir symbolique », tandis que Sur les falaises de marbre et Heliopolis mettent en scène deux importantes figures de prêtres. « Au temps de la plus forte douleur, écrit-il, le christianisme « peut seul donner vie au temple de l’invisible que tentent de reconstruire les sages et les poètes ». Pour lui, le christianisme est avant tout ce qui, dans notre civilisation, « incarne les valeurs religieuses permanentes de l’humanité » (JH). À ses yeux, le christianisme constitue un humanisme qui prône une haute conception de l’homme. Il n’en accepte pas moins le « Dieu est mort » nietzschéen qui, souligne-t-il, est « la donnée fondamentale de la catastrophe universelle, mais aussi la condition préalable au prodigieux déploiement de puissance de l’homme qui commence ». La mort de Dieu n’est pour lui que la mort des dieux personnels, elle n’est donc pas un obstacle à la dimension religieuse de l’homme. Au mot de Nietzsche, il préfère celui de Léon Bloy, « Dieu se retire », ce qui annonce l’avènement du Troisième Règne, celui de l’Esprit qui succèdera à ceux du Père et du Fils. 
En matière de religion, Drieu et Jünger sont « étrangement proches et profondément différents » (JH). Tous deux défendent les religions contre le rationalisme tout-puissant, sont convaincus de l’évidence de la mort du Dieu personnel et donc de la nécessité de « reconstruire à partir d’elle une nouvelle forme d’appréhension du divin » (JH).
Un mélange détonnant
Ce qui ressort de cette étude comparative de Jünger et Drieu, « c’est le mélange détonnant qui se produit en eux entre un esprit réactionnaire incontestable et une volonté révolutionnaire ». Toutefois si Jünger est plutôt un national-bolchevique et Drieu un révolutionnaire fasciste, face au « bourgeoisisme » tous deux sont des révolutionnaires.
Julie Hervier a intitulé son travail : « Deux individus contre l’histoire ». Le mot « individu » prend ici tout son sens lorsqu’on comprend, après avoir refermé le livre, que Jünger et Drieu sont fascinés par la singularité de l’individu. Jünger incarne un individualisme métaphysique qui est le contraire de l’individualisme bourgeois que Drieu, dans sa mauvaise conscience, croit représenter. Tous deux aspirent à l’avènement d’une nouvelle aristocratie, mais pour Drieu il s’agit d’une aspiration essentiellement politique, alors que pour Jünger le but c’est la constitution d’une « petite élite spirituelle ». Dans sa postface, l’auteur de cette magistrale et admirable étude justifie a posteriori son titre de 1978 en rappelant et en se réclamant de la formule de Kafka : « Il n’y a de décisif que l’individu qui se bat à contre-courant ».
Didier Marc , 11/06/2010
Julien Hervier, Deux individus contre l’Histoire. Pierre Drieu la Rochelle, Ernst Jünger. Eurédit, 2010, 550 p.

dimanche 20 septembre 2015

(27) Les grandes batailles du passé - Lépante (1571)

L'école, l'islam et l'Histoire

Le FigaroVox interrogeait Bruno Riondel, "professeur d'Histoire dans l'enseignement secondaire, auteur du livre Considérations inconvenantes, sur l'école, l'islam et l'histoire en France à l'heure de la mondialisation. (Éditions du Toucan)".
Dans la première partie de l'entretien, Bruno Riondel montre le décalage énorme entre l'école de la république et les élèves musulmans, que le laxisme toujours plus grand de l'institution incite à des exigences communautaristes toujours plus importantes. Puis il montre à quel point l'enseignement de l'histoire est aujourd'hui dévoyé, au point d'empêcher l'intégration de la population musulmane.
[...] "La première affaire du voile à Creil en 1989 serait «une manœuvre dirigée par des fondamentalistes musulmans» pour tester la République. Ne tombez-vous pas dans la «théorie du complot»?
Les Frères musulmans incitent les femmes à se voiler ; c'est là un moyen politique pour tester la résistance des pouvoirs publics.A Creil, en 1989, alors que l'ensemble des musulmanes de France ne portaient pas de voile, il suffisait aux jeunes filles de le retirer pour satisfaire à l'exigence légitime du chef d'établissement. Au lieu de cet acte de bonne volonté, un rapport de force fut créé par les musulmans et une résistance communautaire s'organisa.Il s'agissait bien d'un acte d'affirmation conçu et piloté par des responsables islamiques, le premier auquel d'autres succèderont.L'islamologue Gilles Kepel, que l'on ne peut soupçonner de «complotisme», rappelle dans son ouvrage intitulé «terreur et martyr» qu'en 2004, l'UOIF «encouragea les élèves qui désiraient se présenter voilées à l'école ou au lycée (…) de manière à créer un contentieux juridique qui serait mené jusqu'aux tribunaux européens…». Ne soyons pas naïfs.
Vous considérez que l'enseignement de l'histoire est, lui aussi, victime d'accommodements ?
Les ouvrages et les programmes présentent un islam médiéval révisé, tolérant et défenseur des savoirs, alors qu'ils stigmatisent l'Occident chrétien, un monde sombre marqué par les croisades, l'Inquisition ou l'emprise religieuse sur les sociétés.Curieusement les concepteurs des programmes s'alignent sans nuances sur le point de vue musulman. Quant aux pédagogues du site Eduscol, chargés de problématiser les questions proposées par les programmes, ils affirment à propos de l'histoire islamique qu'«il faut rechercher non ce qui est réellement arrivé, mais le sens que prennent ces textes dans un univers culturel différent».
La réalité passée est ainsi escamotée par une approche subjectiviste alors que la science historique exige de l'objectivité. L'impression donnée est celle d'une sagesse islamique qui éclaire un sombre moyen âge.Une telle perception est le fruit d'un postulat idéologique fondé sur de bons sentiments dans le but de favoriser le vivre ensemble ; elle traduit aussi la naïveté de ses concepteurs qui contribuent à endormir les jeunes sur le réel passé d'une civilisation qui ne fut pas aussi progressiste que certains le prétendent.De plus, l'histoire occidentale est diabolisée par la culpabilité qui affecte ses promoteurs.
A cet égard que pensez-vous de la récente polémique sur les nouveaux programmes d'histoire?
Je pense qu'elle est très révélatrice d'une volonté idéologique d'atténuation de la culture dominante avec des enseignements sur le christianisme et les Lumières devenus facultatifs, alors que l'enseignement obligatoire de l'histoire de l'islam est renforcé.Cela traduit la volonté du pouvoir de promouvoir une culture exogène à égalité avec la culture endogène, au nom du multiculturalisme et d'un vivre ensemble républicain.Il s'agit de favoriser l'inclusion de la communauté musulmane - et non plus l'intégration des musulmans-dans la communauté nationale et de forger à une échelle plus vaste une nouvelle culture globale, détachée des déterminismes identitaires et religieux. C'est là un projet généreux et naïf de l'instant présent qui ne tient pas compte de l'influence des racines spirituelles des cultures. Le retour inévitable du réel sera d'autant plus douloureux que les musulmans, eux, n'oublient pas leurs fondements culturels et inscrivent leur action dans le long terme de la tradition islamique.
Vous écrivez que l'histoire doit être un moyen de restaurer la fierté nationale. Est-ce vraiment son rôle?
En partie oui. L'enseignement de l'histoire à l'école a une dimension civique évidente. Il assure la cohésion d'un peuple. L'histoire enseignée n'est jamais neutre. Ainsi, l'histoire repentante sert le multiculturalisme par abaissement de la culture dominante diabolisée et rehaussement des autres cultures posées en victimes de l'histoire. Notre histoire nationale n'a ainsi rien d'attrayant pour susciter le désir d'identification des jeunes issus de l'immigration et si nous voulons réellement les intégrer, nous devons leur donner l'envie d'adhérer au récit national ; pour cela il faut qu'ils en tirent des motifs de fierté. Et ceux-ci sont nombreux dans notre histoire."
Et c'est un prof qui le dit; ça fait du bien !
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samedi 19 septembre 2015

LES CONCEPTS DE « COMBAT » ET DE « LUTTE » PAR JULIEN FREUND

Les guerres modernes et tout particulièrement les guerres révolutionnaires ont redonné de l’importance à la lutte des non-combattants, non seulement avec l’apparition des partisans, mais aussi avec le déploiement de la propagande, les sanctions prises contre la population civile, les camps d’internement ou de concentration, les appels à la violence, etc. Cette constatation nous apporte une première précision pour la compréhension de la lutte, en ce sens qu’elle nous invite à faire une distinction entre lutte et combat. Quand on parle de l’intervention des non-combattants, on entend par là que des hommes non régulièrement prévus pour la lutte entrent en jeu. Encore que ces situations soient plus fréquentes dans les temps modernes, elles ne leur sont pas propres, car on observe aussi l’intervention de non-combattants dans les conflits de l’histoire passée, depuis que nous la connaissons (bandes, jacqueries, etc.). Qu’est-ce que le combat ? Il est une espèce de lutte, qui se déroule selon des conventions acceptées de part et d’autre, c’est-à-dire, une lutte organisée, disciplinée et régulière n’engageant que des hommes désignés pour y participer et n’utilisant que des moyens déterminés. Le combat est la forme la plus rationnelle de la lutte. Seule l’issue du  combat est incertaine, non les moyens et les forces en présence, ce qui n’empêche nullement le recours aux ruses et aux stratagèmes.
Etant données les monstruosités, la barbarie et les atrocités actuelles auxquelles donnent lieu les manifestations de la guerre menée avec violence la plus folle, les hommes ont de tout temps essayé de donner aux conflits armés la forme du combat. Le premier pas dans cette voie a consisté dans la formation d’armées régulières, avec des cadres permanents et placés sous l’autorité directe et unique du gouvernement établi. Ce fut ensuite la création d’un droit spécial ou code militaire, sur le plan interne et externe. Les conférences de La Haye et les conventions de Genève ne sont que des exemples récents de la volonté de régler sur le plan international les actes d’hostilité. Certes les deux dernières guerres mondiales ainsi que le concept de guerre totale utilisant de moyens techniques que l’on ne pouvait prévoir au début du siècle, mais aussi la notion de guerre révolutionnaire, ont presque réduit à néant les efforts laborieux des juristes. La situation contemporaine ne saurait cependant nous faire oublier qu’au Moyen Age la féodalité avait réussi à élaborer une espèce de code plus ou moins tacite de la guerre, qu’à la suite des effroyables guerres de religion le XVIe, le XVIIe et le XVIIIe siècle avaient également réussi à réglementer les hostilités et que ce furent les guerres révolutionnaires qui modifièrent l’état d’esprit. Là aussi il faut reconnaître que cette réglementation fut l’œuvre de la rationalisation de l’Etat naissant, car dans la mesure où il s’attribuait le monopole de la violence légitime, il devait également se réserver le monopole des armes, par la suppression des mercenaires, la formation d’une armée nationale et la constitution d’une fonction militaire, à côté de la fonction administrative et autres. L’une des caractéristiques de ce que l’on appelle le ius publicum europaeum consistait justement dans l’humanisation de la guerre par la transformation de la lutte armée en combats réguliers menés par les armées reconnues des divers Etats. Il est à regretter que l’exaltation révolutionnaire de certains socialistes traite avec tant de dédain cette forme de réglementation et la rejette comme démodée ou anachronique alors qu’elle est plus décisive dans l’établissement de la paix que toutes les motions, programmes et déclarations solennelles. En effet, le véritable problème et peut-être moins de supprimer toute guerre que d’essayer de la réglementer en déterminant qui doit la mener : les combattants ou bien aussi les non-combattants ? Plus exactement, la prétendue démocratisation de la lutte au sens où elle devient l’affaire des masses a pour conséquence la démesure. Qu’est-ce qui importe le plus à l’homme : désirer le plus ou obtenir réellement quelque chose ? Il est en outre à remarquer qu’une civilisation qui parvient à transformer la guerre en combats réguliers tend presque naturellement à l’institution d’une caste militaire ou guerrière, ce système n’étant pas toujours aussi condamnable qu’on le dit généralement de nos jours, si l’on veut bien prêter attention aux observations que nous venons de faire.
La guerre-combat s’est transformée de nos jours en guerre-lutte sous l’action de causes diverses. Nous avons déjà mentionné l’influence de l’idéologie révolutionnaire et du concept de totalité. A cela il faut ajouter qu’un conflit ne peut garder la forme du combat qu’à la condition que le nombre des participants restent médiocre, c’est-à-dire que les forces restent limitées. Dès que la guerre devient générale ou mondiale et qu’elle met immédiatement en jeu l’existence d’un très grand nombre de pays, elle tend à devenir une lutte féroce et impitoyable, selon la loi caractéristique du phénomène de masse.  Les conventions juridiques et morales (au sens d’une régulation par les mœurs) perdent leur validité pratique pour céder la place à l’état de nature sous la forme d’une mobilisation de toutes les ressources matérielles et spirituelles mises au service de la violence. Max Weber a eu raison de montrer que la responsabilité de cette transformation est imputable aux deux camps (de la première guerre mondiale) et même spécialement à celui des alliés (1). D’un autre côté un conflit ne garde le caractère du combat qu’à la condition de ne pas se prolonger trop longtemps, sinon intervient l’ascension aux extrêmes décrite par Clausewitz. Alors la guerre nourrit la guerre, les objectifs politiques se déplacent, parfois se contredisent et suscitent des tensions successives toujours plus violentes dont le dénouement devient incompatible avec la législation internationale. Les difficultés et les tensions s’accroissent non seulement à cause de la durée, mais aussi par suite de l’extension du conflit dans l’espace. Alors que le combat exige un théâtre d’opérations délimité, une zone localisée, la lutte ne connait ni limites ni frontières ni interdictions. Enfin le passage du combat à la lutte vient aussi de l’indétermination des fins politiques. En vertu même de la réglementation, le combat se fixe des objectifs précis ; au contraire, les guerres modernes, à cause de leur aspect plus ou moins révolutionnaire, se donnent des buts tellement abstraits et lointains voire inaccessibles qu’elles ne peuvent que se transformer en une lutte qui, par essence, est une rivalité aux moyens diffus, aux objectifs souvent vagues et aux contours indéterminés (2). Finalement, la lutte se dégrade parfois en simple jouissance, en plaisir d’exercer la violence pour la violence, elle devient fin en soi. Le combat obéit à la loi de la force, la lutte à celle de la puissance.
La confrontation avec la notion de combat nous fournit ainsi suffisamment d’indications pour l’élucidation de celle de la lutte. Elle est la forme irrationnelle et indéterminée des conflits, parfois désordonnée, déchaînée et confuse, parfois aussi, on le voit chez Lénine, ordonnée selon les normes d’un savoir-faire prestigieux qui, cependant, ne reconnaît aucune limite. Ce qui est capital, c’est que les règles ne lui sont pas imposées de l’extérieur, mais elle les fixe elle-même, à son gré, au cours de son déroulement suivant les nécessités et les circonstances. Elle ne reconnaît d’autres frontières que celles qu’elle se donne elle-même. A la limite elle met en jeu tous les moyens possibles, ne reculant ni devant la traîtrise ou la férocité ni devant les conventions, les coutumes ou les interdit sociaux, moraux ou religieux. Au besoin elle fait appel à la violence la plus brutale et surtout préméditée, du moins tant qu’elle ne rencontre pas de résistance efficace, et, pour briser les obstacles, elle n’hésite pas à utiliser toutes les formes d’oppression, d’appropriation et d’exploitation. S’il le faut elle poussera à la délation et au crime, elle se servira du chantage, de l’escroquerie, de l’abus de confiance, semant partout la méfiance et la suspicion. Tout est possible, tout est permis. Tantôt elle se fait furieuse, ne connaissant ni pardon ni merci, tantôt insidieuse, sournoise et déloyale. Aussi appelons-nous lutte l’ensemble des efforts réciproques qu’entreprennent des adversaires ou des ennemis pour faire triompher leurs intérêts, opinions et volontés respectives en essayant de dominer ou de vaincre l’autre par la destruction ou l’affaiblissement de sa puissance. Elle peut adopter les formes régulières ou conventionnelles du combat ou bien consister en un affrontement qui pousse la violence jusqu’à l’extrême, sans considération des moyens employés et des personnes visées, dans le déchaînement de la puissance la plus folle.
Julien FREUND L’essence du politique
  1. Max Weber, Le Savant et le Politique, p. 141. Les deux raisons principales ont été d’une part le blocus organisé par les alliés et d’autre part, la guerre sous-marine à outrance des Allemands.
  2. Le passage du combat à la lutte dans les guerres modernes a été très bien décrit par Ch. De VISSCHER : « Les guerres d’autrefois étaient jusqu’à un certain point des entreprises raisonnées, aux buts circonscrit, aux conséquences suffisamment prévisibles. Gardant un certain contrôle des événements, les gouvernants conservaient parfois assez de modération pour ménager jusque chez le vaincu les forces indispensables à l’établissement d’un ordre de paix nouveau. La guerre totale est démesurée ; les hommes en perdent graduellement la maîtrise. Elle n’a plus ni objectif politique certain ni terme prévisible…Son obsession persiste au-delà de la victoire », Théories et réalités en droit international public, p. 364.

(22) Les grandes batailles du passé - Carthage (149-146 av. J. C.)

vendredi 18 septembre 2015

Assez ! Il faut rendre justice au Moyen-Age

Réflexion de Bernard Antony :
"Dans le numéro de Paris-Match de cette semaine, sur le congrès islamique de Pontoise, une photo de pleine page est ainsi légendée : « Des prédicateurs français renvoient nos filles et nos épouses au Moyen-Âge » (sic !). 
Les prédicateurs en tenue salafiste, Mehdi Kabir et Nader Abou Anas, peuvent bien en effet être hélas de nationalité française alors que leur vraie patrie semble plutôt être l’oumma islamique. 
Mais pour ce qui est du Moyen-Âge, du nôtre, les femmes n’étaient pas murées dans des harems ou ne pouvant sortir qu’accompagnées. Elles n’étaient pas recouvertes de linceuls ne laissant apparaître que leurs yeux. Il n’est que de voir la beauté des robes et des parures au long des époques de ce que l’on appelle le « Moyen-Âge ». 
Il y en eut beaucoup, grandes reines et princesses, pour gouverner, il y en eut pour écrire, il y en eut pour fonder des monastères et des œuvres admirables de charité, pour exercer très fréquemment la médecine, d’autres se consacrant à l’administration de domaines et de biens, d’autres à différents métiers, au commerce, à la littérature
Il y eut en effet bien des femmes écrivains, des éducatrices et de grandes suzeraines. Et sait-on à Paris-Match que dans nos temps féodaux les filles étaient majeures à l’âge de 12 ans, deux ans avant les garçons ? Et il y eut aussi des femmes combattantes telles Jeanne Hachette et sainte Geneviève. 
Mais à la fin du Moyen-Âge, Dieu fit surgir la plus grande des héroïnes de notre histoire, la plus extraordinaire des saintes : Jeanne d’Arc. Elle ne se déplaçait pas sous une burqa. Pour sa pureté, elle n’avait pas  besoin d’enfermement. 
Puissent les Françaises et les Français d’âme et de cœur et de piété filiale se souvenir ou apprendre combien la Chrétienté médiévale, dans laquelle l’amour de la Vierge Marie tenait une immense place, a été une grande époque d’éclosion du génie féminin. La femme a œuvré beaucoup dans la Chrétienté et la Chrétienté a magnifié admirablement la femme (...)
PS: J’ai cherché en vain dans deux librairies islamiques, à Paris et à Toulon, de cet islam dit de France, le moindre livre sur une femme ou signé d’une femme. En dehors des Hadîths avec les peu ragoûtantes histoires des femmes et concubines du prophète : rien ! Il est vrai que l’on n’y trouve non plus aucun livre de littérature française."

Quand la Hongrie était mise en esclavage par les Turcs

Christian Combaz a vécu en Hongrie et il rappelle certaines données historiquesque les bonnes consciences de l'Europe de l'Ouest feraient bien de connaître avant de condamner les dirigeants de ce pays :
Central_europe_1683"[...] Dans la série «le saviez-vous?», dans les dernières années du règne de Louis XIV, trois millions de Hongrois ont été réduits en esclavage par les Turcs et dispersés à travers la Turquie après une invasion complète de leur territoire, un anéantissement de leur culture, une multiplication des écoles coraniques, le tout dans un pays aussi farouchement catholique que pouvait l'être la France des abbayes cisterciennes. Malgré une lobotomie permanente sur le thème «c'est du passé tout ça», les Hongrois d'aujourd'hui, dont l'esprit de famille est obsessionnel, ne peuvent pas oublier les cruautés et les dévastations commises, car leur littérature et leurs livres d'histoire sont pleins de ce désastre quasi-biblique. On a beau leur dire, et nous dire, «vous mélangez tout, les deux situations n'ont rien à voir», il n'appartient à personne de se glisser dans l'imaginaire des Hongrois pour décréter qu'il doivent cesser de faire des cauchemars à propos des grandes invasions qu'ils ont subies. On ne peut pas mettre un peuple entier, qui a été martyrisé pendant un siècle, sous thérapie forcée en lui répétant que ses craintes sont vaines et que tout va bien se passer."
Sur la carte ci-dessous (cliquer pour agrandir), nous voyons qu'en 1683 la Hongrie n'était plus qu'une petite bande à l'Ouest, le reste ayant été conquis par l'Empire ottoman. C'est seulement après la victoire de Vienne en 1683 que les Turcs ont commencé à être repoussé. Il faudra 16 ans pour reconquérir les territoires perdus.
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Les Grandes Batailles du passé Troie 1250 1240 av J C

jeudi 17 septembre 2015

La dentelle du rempart (II)

Dans cette anthologie de 350 pages, on trouve les points les plus importants de la doctrine de Maurras, non en un exposé sec mais dans une diversité vivante, reflet d'une riche pensée.
Continuons à parler de La Dentelle du rempart. Les textes qui constituent ce florilège furent choisis par Bernard Grasset et René Brécy (1). On peut imaginer ensuite le contrôle rigoureux et bienveillant de Maurras. Mme Tresguenas-Mistral, digne héritière du poète, glana des Pensées variées « piquées » dans l'intervalle des chapitres « comme pour ouvrir les jours d'une dentelle dans l'épaisseur d'un rude appareil ».
La nation
La première partie s'intitule La Terre et la Nation : un extrait du Discours préliminaire de l'Enquête sur la Monarchie montre qu'une nation est une société naturelle qui dure. Une page sur Démosthène défendant l'indépendance athénienne face aux abandons de la démocratie définit le sentiment national. Un texte dédié à Jacques Bainville, La France séquanienne et la France provençale, illustre la richesse et la légitime diversité d'une nation.
La deuxième partie, Les Conflits de l'histoire, expose, par des exemples, les bienfaits de l'hérédité monarchique en France et, en opposition, les calamités que nous devons à la République (un texte emprunté à Quand les Français ne s'aimaient pas).
L'Avenir nous présente « l'éducation de Monck », le militaire, le haut-fonctionnaire, l'homme politique républicain repenti qui entreprend de restaurer la monarchie. Mais elle ne se restaure pas comme par enchantement et il ne s'agit pas de remplacer le bonnet phrygien par une couronne sans réformes profondes, sans restauration de l'Ordre après avoir nettoyé les écuries d'Augias. Dictateur et Roi constitue un des plus beaux morceaux d'anthologie. La quatrième partie du recueil s'appelle Principes et Pensées : on y trouve des pages sur la notion d'Ordre, sur l'idée de Civilisation. Le Dilemme de Marc Sangnier fournit l'essentiel du chapitre avec l'Ordre romain et l'Ordre catholique qui le reprend et le transfigure.
Un exemple et des leçons
Puis viennent les Poèmes civiques, le magnifique hymne à Paris, d'abord, des extraits de l'Ode à la bataille de la Marne où Maurras chante la civilisation française, enfin des extraits du Mystère d'Ulysse, lourds d'un message crypté de philosophie politique. Sixième partie, Libéralisme et libertés, Démocratie et peuple, définissent clairement des notions trop souvent laissées floues.
Vient ensuite une longue section consacrée à Romantisme et Révolution, d'après le titre d'un livre dont l'édition définitive (2) donne une des clefs de la pensée de Maurras : y sont réunis Trois Idées politiques et L'Avenir de l'Intelligence, magistrale et prophétique analyse de l'abaissement et de l'asservissement des esprits que nous connaissons. On y voit les ravages esthétiques, moraux et sociaux, donc politiques, d'une façon de sentir et de penser née de Rousseau. Maurras y oppose les certitudes de la science politique.
La huitième partie se nomme La Guerre. Bien que le premier texte s'intitule Récit des temps mérovingiens, il s'agit de la Grande Guerre qui reste d'actualité quoi qu'en disent les étourneaux qui nous gouvernent. La neuvième partie porte le nom de Sépultures : Maurras y rend hommage aux jeunes gens d'Action française tombés pour la patrie, dont Pierre David, « héros juif d'Action française ». À cet hommage aux morts, il oppose le goût romantique de la mort que symbolise Chateaubriand
Chacun son tour !
Enfin, dixième et dernière partie, une Confession politique tirée du Signe de Flore : « Bien qu'on l'ait beaucoup dit, je ne suis pas né royaliste. Je ne suis même pas tout à fait un Blanc du Midi, comme Barrès aimait à l'écrire. » À travers de longs tâtonnements, le jeune Maurras vint à la monarchie et n'eut de cesse d'y entraîner ses contemporains. Qu'après lui, par son exemple et ses leçons, nous y entraînions les nôtres !
Je recommande à tous, et particulièrement aux jeunes gens, la lecture de ce livre. On y trouve en 350 pages les points les plus importants de la doctrine, non en un exposé sec mais dans une diversité vivante, reflet d'une riche pensée. Comme on y voit l'homme, l'artiste et le penseur, les idées politiques ne sont pas coupées des sources vives de la vie intérieure de Charles Maurras.
Gérard Baudin L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 3 au 16 décembre 2009
1 - Nous avons parlé de Bernard Grasset dans le précédent article. René Brécy était le pseudonyme d'Eugène Langevin (1878-1956), collaborateur fidèle et talentueux du quotidien d'Action française. Il participa à de nombreux recueils de textes sur Maurras et Bainville. André Marty le cite souvent dans L'Action française racontée par elle-même (Nouvelles Éditions Latines, 1968).
2 - Bibliothèque des OEuvres politiques, 1928.

Roi de France - Légitimisme - Chouannerie

mercredi 16 septembre 2015

Les grandes batailles du passé - Azincourt 1415

Kamikazes

Ce documentaire revient sur la formation et la préparation des japonais dans le cadre de l’ «Opération Paradis», dernière grande opération navale japonaise durant la guerre du Pacifique pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Retracez les origines de l’« Opération Paradis » en avril 1945, lancée par les Japonais contre la flotte alliée dans le Pacifique. Cette opération aussi appelée « Ten-Go » a impliqué plus de 3.000 avions, des centaines d’armes: bombes, navires, torpilles ainsi que le plus grand cuirassé du monde: le Yamato.
Le bilan est lourd: plus de 7.000 japonais sont morts au combat, 400 navires alliés ont été touchés et 5.000 marins tués. Cette bataille mit en évidence la supériorité aérienne américaine.
Ce documentaire de Peter Nicholson a été primé par un New York Gold Awards en 2008.
Partie 1:
Partie 2:

L'affaire Boulin : les eaux fangeuses de la République

Lu dans Minute :
B"Surprise le 10 septembre : le parquet de Versailles a annoncé l’ouverture d’uneinformation judiciaire pour « arrestation, enlèvement et séquestration suivi de mort ou assassinat », et la nomination d’un juge d’instruction, afin de faire toute la lumière sur la mort de Robert Boulin. Pour Fabienne Boulin, la fille du défunt ministre, c’est l’espoir de voir la vérité enfin éclater. Elle a choisi « Minute » pour se confier.
Bref rappel des faits, pour mieux mesurer l’importance de ce coup de théâtre : le 30 octobre 1979, Robert Boulin, ministre du Travail dans le gouvernement de Raymond Barre sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, était retrouvé mortdans un étang de la forêt de Rambouillet, près de Montfort-l’Amaury, dans les Yvelines. Version officielle : le ministre se serait suicidé par noyade dans 10 centimètres d’eau. Depuis,des enquêtes journalistiques ont démontré que Robert Boulin avait été battu à mort avant que, dans une sordide mise en scène destinée à maquiller le crime en suicide, son corps ne soit déposé dans l’étang. Jusqu’ici, la justice a toujours réfuté cette version. L’ouverture, trente-six ans après les faits, d’une nouvelle information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction procurent l’espoir que la lumière va enfin être faite sur cette affaire d’État. [...]"
Des témoins prêts à parler se sont manifestés pour indiquer le nom des commanditaires du meurtre.

Passé Présent n°67

mardi 15 septembre 2015

SCHMITT, PETERSON, BLUMENBERG LE GRAND DEBAT SUR LA « THEOLOGIE POLITIQUE » Alain de BENOIST

On définit habituellement la sécularisation comme le processus d'autonomisation du politique et, plus généralement, de l'ensemble des pratiques sociales par rapport à l'autorité de l'Eglise et à la matrice religieuse qui organisait, ordonnait et patronnait ces pratiques sociales et politiques sous L'Ancien Régime. La sécularisation se développe à partir du XVIIIe siècle, en grande partie sous l'effet de la philosophie des Lumières, qui va elle-même de pair avec l'autonomisation de la classe bourgeoise vis-à-vis de l'aristocratie et l'autonomisation de la sphère économique et marchande vis-à-vis du politique. Le résultat est que la religion perd toute fonction sociale décisive. Elle ne légitime plus le pouvoir politique. Apparaît alors une hétéronomie nouvelle résultant de l'autonomie de l'Etat, puis de la société, par rapport au pouvoir spirituel ou de droit divin. Bernard Bourdin parle très justement de « passage de la primauté de la médiation ecclésiale sur l'ordre politique à la primauté de la médiation de l'Etat sur l'ordre religieux »\ passage qui signifie que le rapport analogique entre l'ordre terrestre et le gouvernement de Dieu n'existe plus. Les croyants sont toujours là, mais leur croyance est assimilée à une opinion parmi d'autres au sein de la société civile. Les institutions religieuses se retrouvent cantonnées dans la gestion du for intérieur. On assiste, en d'autres termes, à une privatisation de la foi. Parallèlement, l'expansion de la rationalité instrumentale au sein de la société parachève le « désenchantement du monde » (Entzauberung der Welt) évoqué par Max Weber, qu'il faut aussi entendre comme bureaucratisation et mécanicisation progressive du monde.
Qu'elle se rapporte au transfert de la médiation ecclésiale sur l'Etat souverain (Hobbes et Spinoza) ou à la neutralisation de toute médiation hiérarchiquement forte, aussi bien ecclésiologique que politique (John Locke), la sécularisation, terme éminemment polysémique (on notera qu'il apparaît dès 1559 dans la langue française avec un sens péjoratif), apparaît donc avant tout comme une rupture. Mais la question qui se pose est celle de la réalité (ou du degré de réalité) de cette rupture. Si l'on se borne à définir la sécularisation comme retrait de la religion de la sphère dominante et reconstruction des institutions sur une base « rationnelle », la rupture n'est évidemment pas contestable. « Mais si la sécularisation désigne essentiellement un transfert du contenu, des schèmes et des modèles élaborés dans le champ religieux, si la religion continue ainsi d'irriguer les temps modernes à leur insu, le théorème de la sécularisation constitue une mise en question des deux croyances modernes fondamentales. Les temps modernes ne vivraient que d'un contenu légué, hérité, malgré les dénégations et les illusions d'autofondation. Les temps modernes ne seraient pas alors des temps nouveaux, fondés et conscients de leurs fondements, mais ne seraient que le moment où s'effectue un changement de plan, une "mondanisation" du christianisme »2. D'où cette question fondamentale : « Les temps modernes constituent-ils l'époque du retrait de la religion comme secteur dominant et de l'autoaffirmation de l'homme par la seule raison, ou bien la prétention de fonder la pensée et la société sur des fondements neufs n'est-elle qu'une illusion, contredite par le transferts de contenus religieux au centre même des élaborations de la raison moderne ? »3

Les grandes batailles du passé - Austerlitz 1805

La dentelle du rempart

Parmi les florilèges maurrassiens, découvrons La Dentelle du Rempart, où la force de l'expression participe mystérieusement à celle de la pensée. Une anthologie préfacée par un éditeur de renom, Bernard Grasset.
La luxuriante diversité des oeuvres de Charles Maurras appela de son vivant l'anthologie. Tout le monde connaît Mes Idées politiques publiées en 1937 par la librairie Fayard qui les réédita en 1968 avec une préface de Pierre Gaxotte. Le petit poussin de l'admirable avant-propos rédigé par Maurras est resté justement célèbre : « Le petit poussin brise sa coquille et se met à courir... Mais le petit homme ? » L'anthologie fut établie par Maurras lui-même à la demande de nombreuses personnes.
Pour une petite anthologie
Nous citerons, moins connu, le choix de textes par François Natter et Claude Rousseau, De la politique naturelle au nationalisme intégral (1). Le livre de trois cents pages se divise en quatre parties : des textes autobiographiques, dont des poèmes, une analyse de la maladie démocratique, des vues sur la politique naturelle, enfin un exposé du nationalisme intégral. Un index, une solide bibliographie, des notes abondantes en font un ouvrage universitaire.
Peut-on passer sous silence le monumental Dictionnaire politique et critique de "Pierre Chardo" (2) ? C'est une mine où l'on peut puiser indéfiniment. Les OEuvres capitales rassemblent, elles, l'essentiel des écrits de Maurras en quatre gros volumes, avec de douloureux sacrifices dus aux malheurs du temps.
Mais je dois avouer que je suis particulièrement attaché à une petite anthologie, La Dentelle du Rempart, choix de pages civiques en prose et en vers (1886-1936) avec une préface de Bernard Grasset (3), texte publié d'abord dans la Revue universelle du 1er janvier 1937 sous le titre : Notes pour un hommage à Charles Maurras. Que signifie le titre que Maurras donna à son florilège ? Il écrit dans son introduction : « Le rempart sert à protéger. Le créneau, à guetter. Mais les festons de la découpure dorée, le grain brillant d'une pierre taillée à vif, l'heureuse harmonie des rapports en long et en large, peuvent bien émouvoir d'un égal intérêt l'agresseur et le défenseur. » Qu'elles soient analytiques ou polémiques, politiques ou poétiques, les pages de Maurras possèdent toujours une valeur littéraire qui n'est pas une "valeur ajoutée" ; la force de l'expression participe mystérieusement à la force de la pensée.
Qui était Bernard Grasset ?
Né en 1881 à Montpellier, Bernard Grasset fit des études de Sciences économiques, puis "monta" à Paris où il fréquenta dans les cafés littéraires Moréas, Faguet, Giraudoux, Charles Maurras. Il fonda une maison d'édition qui connut rapidement le succès avec deux prix Goncourt en 1911 et 1912 : Monsieur des Lourdines d'Alphonse de Chateaubriant et Filles de la pluie d'André Savignon, sans compter l'immense succès des délicieux pastiches À la manière de... signés Paul Reboux et Charles Muller.
En 1913, il publia à compte d'auteur le premier livre d'un certain Marcel Proust, Du côté de chez Swan après que le manuscrit eut été refusé chez d'autres éditeurs. L'oeuvre fut saluée par Léon Daudet. Accusé de collaboration en 1944, Bernard Grasset bénéficia d'un non-lieu. Il céda son capital à Hachette en 1954 et mourut l'année suivante. Les éditions qui portent encore son nom ne présentent que peu de points d'affinité avec lui.
La préface de Bernard Grasset révèle un parfait connaisseur de Maurras capable de souligner les lignes les plus importantes de sa pensée. Maurras est un conciliateur : « Toutes les oppositions qui ne viennent pas de la nature des choses tombent devant ce magicien. » L'homme d'action est mis en avant, à l'égal de l'humaniste : « Un tel esprit, généralisateur par essence, n'en est pas moins aux ordres du quotidien. » Bernard Grasset a vu combien Maurras, homme d'ordre, est épris de liberté, des libertés, droits qui touchent à d'autres droits et, par ce fait, sont limités, car l'homme dépend de l'homme.
Pauvreté
Le préfacier insiste sur l'esprit de pauvreté du maître de l'Action française qui transporta hors de lui tous ses soins et ne vécut que pour le service de son pays. Il met enfin en lumière ce que Maurras doit à la Grèce et à Rome : Il tientde Rome son réalisme politique, la raison gouverne le sensible, et la Grèce constitue le fondement de son esthétique. Mais Maurras n'aurait pu être sans Paris : « En vérité, comme tout s'unit en cet homme ! Ne pense-t-on pas que cet ardent troubadour est le plus haut trouvère de ce temps ? » Admirable synthèse due à un éditeur qui fut l'honneur de sa profession au temps où les grands éditeurs ne faisaient pas songer à des marchands de nouilles !
Gérard Baudin L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 19 novembre au 2 décembre 2009
1) - Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1972.
2) - La Cité des livres, Paris, 1932.
3) - Ed. Bernard Grasset, Paris, 1937.

lundi 14 septembre 2015

Les ravages de l'esprit révolutionnaire

Une critique politique de la révolution et de l’esprit révolutionnaire est souvent à courte vue. Le phénomène de la révolution est multiforme. La révolution peut être violente comme celles de Robespierre ou de Lénine. Elle peut aussi se dérouler sans violence apparente mais bouleverser la société en profondeur. Les Canadiens parlent de « la révolution silencieuse » des années soixante où la pratique religieuse a diminué, le taux de natalité s’est effondré, la délinquance a augmenté, etc… On a bien eu dans les années 68 comme on dit en France, une sorte de révolution dans les mœurs (au sens large) qui a été reprise notamment par le parti socialiste et qui n’a pas fini d’avoir de l’influence, y compris sur la vie politique.
L’une des analyses les plus profondes de l’esprit révolutionnaire a été faite par le philosophe allemand existentiel Martin Heidegger. Dans son livre « que veut dire penser ? » (« Was heisst denken ?») il a montré que cet esprit ne procédait ni de la politique ni de la morale, mais bien de la métaphysique. La métaphysique ignore la différence entre l’être et l’étant. Elle ne connaît que l’étant et l’homme moderne, déterminé par la pensée métaphysique sans même le savoir, vit « le nez dans le guidon » accroché aux objets immédiats et à l’instant présent. Il oublie l’être sans lequel les étants n’existeraient pas.
Cet homme moderne correspond au « dernier homme » décrit par Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathoustra ». Ce dernier homme n’a plus d’idéal, il est matérialiste et utilitariste.
« Qu’est ce que l’amour ? Qu’est ce que la création ? Qu’est ce que la nostalgie ? Qu’est ce qu’une étoile ? » Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil. « Nous avons inventé le bonheur disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil ». Dans les quatre questions posées, le dernier homme montre :
  • - sa froideur envers les hommes considérés comme des matières premières interchangeables (l’égalitarisme a pour but de faciliter cette interchangeabilité avec de beaux objectifs affichés) ;
  • - son scepticisme envers un Dieu créateur ;
  • - son mépris du passé (c’est un trait fondamental comme on le verra) ;
  • - son rejet de tout idéal (l’étoile).
Le dernier homme est persuadé d’avoir inventé le bonheur : c’est typique de tous les esprits révolutionnaires. Et il va chercher à l’imposer. « Il cligne de l’œil » veut dire qu’il se sent supérieur et qu’il croit que ses jugements de valeur ont une validité universelle.
Nietzsche va loin car il découvre que la réflexion la plus profonde dont est capable le dernier homme est fondée sur « l’esprit de vengeance ». Dans le chapitre sur « les Tarentules », il explique que l’égalitarisme n’est pas autre chose que de la volonté de puissance qui prend la forme de la vengeance sous le masque de la justice. Nietzsche dit que l’on ne pourra dépasser le dernier homme que si l’on est capable de se libérer de cet esprit de vengeance, donc de l’égalitarisme. Cet homme libéré de l’esprit de vengeance, il l’appelle le surhomme, dont il donne une définition : « César avec l’âme du Christ » !
La métaphysique moderne, observe Heidegger, identifie l’être avec la volonté. La volonté veut commander à tout : c’est la définition même de l’esprit révolutionnaire. Or, quel est l’obstacle invincible contre lequel la volonté ne peut rien ? C’est le temps et plus particulièrement le passé. Le temps est ce qui passe. On ne peut pas revenir sur ce qui est passé. Et Nietzsche définit la nature de cette vengeance métaphysique : c’est la vengeance à l’égard du temps qui passe, la vengeance à l’égard du passé.
C’est bien ce que l’on trouve chez tous les révolutionnaires : Robespierre comme Lénine comme les animateurs de Mai 68 : ils ont la haine du passé. Le passé est à détruire, c’est lui qui bloque l’accès au bonheur. Pour la métaphysique, l’être, c’est l’instant, ce n’est ni ce qui est passé, ni ce qui est à venir. Autrement dit, l’être n’est autre que l’étant, les objets (y compris les hommes) que l’on a sous la main.
Mais la métaphysique commet plusieurs erreurs : l’être n’est pas l’étant mais à la fois le passé, le présent et l’avenir. Le temps lui-même ne peut être réduit à l’instant. Le temps est durée : passé, présent et avenir. C’est en cela qu’être et temps sont inséparables.Toute la civilisation est fondée sur la prise en compte de ce temps long. Le révolutionnaire qui veut tout ici et maintenant n’aboutit qu’à détruire et à tuer.
C’est l’enfant ou le sauvage qui n’est pas capable de prendre en compte le temps, d’investir dans le temps et de faire fructifier dans l’avenir l’héritage du passé.
L’esprit révolutionnaire est bien parmi nous et il exerce ses ravages. Chaque fois que la facilité conduit à ne voir que l’avantage dans l’instant, cet esprit conduit à détruire notre avenir et à gaspiller l’héritage du passé. La responsabilité de l’adulte est justement de savoir prendre des décisions dans la durée. La propriété, la famille sont des institutions qui justement poussent l’homme vers plus de sens des responsabilités. Le citoyen propriétaire aura toujours une vue plus responsable que le gérant élu pour un temps court : c’est sur cette idée qu’est fondée la démocratie directe des Suisses. T
outefois, pour Heidegger, Nietzsche avait fait un bon diagnostic mais n’a pas trouvé le remède. Il le trouve dans l’éternel retour de l’identique. Mais on ne voit pas comment cet éternel retour supposé nous délivre vraiment de l’esprit de vengeance. Pour cela, il faut aller au-delà de la métaphysique. Il ne faut plus considérer le temps exclusivement comme ce qui s’enfuit, donc comme un ennemi. Le temps, c’est aussi, ce qui advient, donc c’est un don qui nous est fait par l’être. Le don, s’il est perçu, nous conduit non à la vengeance mais à la gratitude. Alors, nous sortons totalement de l’esprit révolutionnaire et de son esprit de vengeance égalitaire, nous en sommes délivrés. 
Yvan Blot , 0I/09/2010

Roger Vandenberghe

Les grandes batailles du passé - Austerlitz 1805

Reportage : « 11-Septembre : Le nouveau Pearl Harbor »

Ce documentaire en 3 parties du réalisateur italien Massimo Mazzucco représente le fruit de la plus vaste enquête citoyenne jamais menée. Il s’appuie sur des éléments factuels facilement vérifiables ainsi que sur le travail de nombreux experts de différents domaines, afin de mieux comprendre l’événement fondateur de ce siècle. Les attentats du 11-Septembre 2001 ont servi de prétexte à la guerre sans fin contre le terrorisme, et pourtant de nombreux faits qui devraient nous inciter à nous interroger sur sa mise en oeuvre restent méconnus du grand public. Au travers d’images, d’analyses et de témoignages inédits, ce documentaire pose des questions simples, claires et argumentées aux « débunkers », ces contradicteurs médiatisés qui défendent la version officielle et dont nous attendons les réponses.
1ère partie : Les avions et la défense aérienne

2ème partie : Le crash sur le Pentagone et le vol UA 93

3ème partie : L’effondrement des Tours Jumelles et du Bâtiment 7

samedi 12 septembre 2015

Les Grandes Batailles Du Passé : 1066 Hastings

11/09 : Plus de 2300 ingénieurs et architectes remettent en cause la version officielle

Pour les lecteurs de Contre-Info qui souhaitent commencer à se renseigner sur le sujet, voici un reportage à voir ici et ce site à consulter : ReOpen911.info
L’organisation « AE911Truth » publie un livre remettant en cause la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 à New York. Encore une nouvelle théorie du complot? Certes, sauf qu’elle rassemble cette fois plus de 2.351 architectes et ingénieurs.
Dans leur livre, ils disent n’apporter que des preuves scientifiques vérifiées par plus de 2.000 experts (architectes et ingénieurs).Richard Gage, le fondateur de l’association « AE911Truth », y dénonce les failles de l’enquête menée par le National Institute of Standards and Technology (NIST). Il exige une nouvelle enquête indépendante sur les causes de l’effondrement des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001.Le mystère WTC 7
Les architectes et ingénieurs veulent surtout savoir pourquoi le WTC 7, le « petit frère » des Twin Towers situé à 100 mètres au nord du lieu du drame, s’est aussi effondré. Il s’est écroulé vers 17.20 (heures locales), soit sept heures après. L’US Secret Service, Department of Defense et la CIA louaient quelques bureaux dans ce bâtiment.Jane Standley, la célèbre journaliste de la BBC, présente à New York le 11 septembre 2001, avait informé les téléspectateurs que le WTC 7 venait de s’effondrer, plus de 20 minutes avant les faits. Lors de son reportage, le bâtiment était encore visible en arrière-plan (voir la vidéo sous l’article).

Des explosifs contrôlés?
La manière dont le WTC 7 a chuté intrigue les experts. C’est un vrai mystère pour Richard Gage et les 2.351 architectes et ingénieurs. Il s’est effondré tout droit, comme si des explosifs avaient été contrôlés pendant la chute du bâtiment. Mais une telle explosion exige des mois de préparation et une extrême méticulosité.

D’après le rapport officiel, les incendies aux différents étages ont eu pour conséquence que les poutres en acier ont commencé à lâcher. Cela a provoqué une réaction en chaîne.

Des questions sans réponses
Mais selon Richard Gage, cette théorie est impossible. Un incendie de bureau ne peut pas faire autant de dégâts. Leslie Robertson, l’entrepreneur en chef du complexe du WTC, partage le même avis.

Qui a contrôlé ces explosifs à distance? Pourquoi? Richard Gage ne connaît pas les réponses à ces questions. Mais il est persuadé d’une chose: la version officielle sur les causes de l’effondrement des tours du World Trade Center n’est pas correcte.

Source : 7sur7

vendredi 11 septembre 2015

Les Grande Batailles Du Passé : 1410 Grunwald-Tannenberg

Manuscrit de Talhoffer : Le livre de combat secret du Moyen-Âge

Le livre sur le Combat de Hans Talhoffer (1420-1490) est un des plus mystérieux manuscrits du Moyen-Âge au monde. Daté de 1459, il se compose de 150 feuillets en papier écrit en dialecte Souabe, et dans ses pages illustrées apparaît une collection unique d’images de combats sanglants, de personnages portant de curieux accoutrements, de duels, de machines de guerre et d’inventions insolites.
Les pages de ce manuscrit inconnu ont été ramenées à la vie grâce à la technologie actuelle de restauration, mais encore aujourd’hui, la majorité de son histoire et de son contenu reste inexpliqué.
D’après le manuscrit, la véritable histoire de l’Europe durant le Moyen-Âge se révèle être violente, secrète, spirituelle, et contient une mine de connaissances, preuve que la société médiévale était bien plus sophistiquée et étrange que nous le pensions.
Hans Talhoffer est le plus connu de tous les maîtres escrimeurs germains du sud au XVe siècle. Il est contemporain au maître d’armes Paulus Kal, avec qui les manuscrits suggèrent une rivalité professionnelle. Talhoffer enseigna selon la tradition de Johannes Liechtenauer.
Le nom de Talhoffer apparait dans les archives de Zurich, qui indiquent comment il enseigna occasionnellement près du Rathaus, le conseil municipal, en 1454. Il est l’auteur de plusieurs traités illustrés décrivant les méthodes de combat utilisant une grande variété d’armes comme la dague, l’épée longue, le bâton et le combat monté, et incluant le combat à mains nues telle la lutte.
Ainsi, il y a moins d’un siècle, entre 1890 et 1894, Gustave Hergsell traduisait et éditait successivement, en cinquante exemplaires chacun, les trois manuscrits d’escrime d’un de ces maîtres historiquement connus, Hans Talhoffer. Ces manuscrits originaux sont datés respectivement de 1459, 1443, et 1467 et ont été rédigés par maître Talhoffer en Souabe germanique. Gustave Hergsell édita en premier ce manuscrit de 1459, écrit quinze ans après celui de 1443, avant d’éditer les autres.
Au XVe siècle, il se passa donc vingt-quatre ans pour Hans Talhoffer entre le premier et le dernier manuscrit original. Le manuscrit de 1459, le premier édité, était en partie une méthode de combat tel que maître Hans Talhoffer l’a enseigné au damoiseau Leutold de Königsegg. Ce Leutold, quant à lui, était membre d’une ancienne famille catholique de Souabe.
Il devait être d’une famille princière, vu ce que l’on découvre de son équipement et de ses armoiries dans les planches relatant son combat. Ces planches montrent d’ailleurs un damoiseau aguerri au combat, ou en tout cas très bien formé.
Les manuscrits correspondent historiquement à la période précédant celle appelée de “la grande ligue de Souabe”, qui permit d’assurer par la suite l’ordre en ces régions, entre 1488 et 1533. Ces trois ouvrages sont plus des manuels d’apprentissage du combat individuel en lice fermée, que des manuels de guerre. Ils préfigurent l’émergence d’un ordre de droit.
Les écrits illustrés du maître d’armes Hans Talhoffer sont une référence en matière de combat médiéval. La contribution du fameux maître d’arme à la théorisation du combat et à la révolution de l’escrime en général est indéniable.

jeudi 10 septembre 2015

Fiche de lecture: "La cité antique" de Fustel de Coulanges

PARCOURS DE FUSTEL DE COULANGES
Né en 1830 à Paris, il est le fils d’un officier de marine Breton. Elevé par son grand-père, il fait ses études à Paris. Il intègre l’Ecole normale supérieure (ENS) et se passionne pour l’Histoire. Devenu enseignant, il participe à des fouilles archéologiques en Grèce grâce à l’Ecole d’Athènes, en 1853. Il enseigne ensuite quelques temps à Amiens et soutient deux thèses en 1858, l’une portant sur Polybe pour la Grèce et l’autre sur la déesse Vesta, pour Rome. En 1860 il est professeur d’Histoire à Strasbourg (où un lycée porte toujours son nom). Rapidement, il s’illustre et ses cours sont très suivis. C’est à partir de ses démonstrations qu’il rédige et publie la Cité Antique, en 1864. En 1870 il devient le directeur de l’ENS. En 1888 il publie un ouvrage sur la conquête franque de la Gaule où il relativise l’importance de cette dernière. Il meurt en 1889 alors qu’il préparait la rédaction d’un ouvrage historique portant sur l’histoire de la France, depuis les origines jusqu’à la Révolution.
Connu de son vivant, admiré pour sa rigueur et sa démarche « apolitique » (pour lui, une perception idéologique de l’Histoire ne pouvait que fausser les conclusions), Fustel de Coulanges est un immense auteur et historien qui mérite encore d’être lu au début du XXIème siècle.
LA CITE ANTIQUE
L’ouvrage est une démonstration simple et claire des prises de position de Fustel de Coulanges quant à l’émergence des sociétés antiques Grecque, Romaine et Hindoue.
Le parallèle entre les trois sociétés est fait en permanence dans le livre et l’on passe naturellement, dans un même chapitre, des rivages de l’Indus à ceux de la Méditerranée.
On est loin du  style académique et ampoulé de la fin du XIXème siècle. Le livre, bien que puisant dans des sources antiques, est volontairement accessible. L’écriture, très vivante, nous plonge dans l’esprit des peuples Indo-européens, à une époque antérieure de plusieurs siècles à celle d’Homère. Fustel de Coulanges lui-même ne situe pas dans le temps les époques évoquées…
La démonstration consiste à expliquer que les conceptions religieuses des premiers Européens ont façonné les règles des sociétés archaïques. Selon l'auteur, l’Antiquité Classique, celle des philosophes Grecs, des Dieux de l’Olympe, d’Alexandre, de César et de Cicéron, est déjà une époque très tardive. Pour comprendre cette antiquité proche et les règles qui l’innervent il faut remonter à des temps bien plus anciens.
L’œuvre, d’une clarté et d’une logique imparable, est encore aujourd’hui très largement recommandée et étudiée dans les cursus d’Histoire ou encore d’Archéologie…
- Conceptions autour de la mort
Les Anciens (on peut parler ici de Grands Anciens tant l’époque est lointaine…) croyaient en la survie de l’être après la mort. Néanmoins, contrairement aux croyances actuelles, ils ne croyaient pas en la translation de l’âme vers un « ailleurs » (Paradis, Enfers, Nirvana, Grand Tout Cosmique, l’Univers, etc.). Les Anciens croyaient que l’âme restait physiquement attachée à la terre et plus particulièrement à un lieu : le tombeau.
Les morts, bien qu’invisibles, vivaient physiquement auprès de leurs tombes et nécessitaient les mêmes biens que ceux nécessaires aux vivants. Ainsi les défunts, pour exister éternellement heureux dans la mort, devaient-ils être nourris. Des offrandes funèbres devaient leurs êtres régulièrement livrées, sous peine d’être affamés et malheureux dans la mort et d’ainsi devenir des spectres malfaisants.
Seuls les membres de la famille étaient admis à rendre ces offrandes. En faisant ainsi, on s’octroyait la bienveillance des ancêtres qui devenaient de véritables petits dieux, les dieux d’une seule famille. Les dieux domestiques.
Chaque famille avait sa religion, son culte.
Il est à noter, dans ces croyances, qu’une conduite vertueuse ou scélérate n’influait en rien l’existence post-mortem. Nous avons affaire à une religiosité amorale.
- Le foyer domestique
Ces croyances concernant les mânes des ancêtres étaient incarnées dans la maison par une flamme perpétuelle, le foyer domestique. Ce feu sacré ne devait jamais s’éteindre. Il était alimenté par des essences de bois spécifiques. Des prières et des offrandes, particulières à chacune des maisonnées (chaque maison à sa religion), lui étaient rendues. A des dates particulières on se réunissait autour de lui pour l’honorer.
Chaque culte est secret, aucun étranger n’y est admis sous peine de souiller les rites. 
- La famille archaïque, l’héritage et le droit de propriété
Une famille de l’antiquité lointaine c’est avant tout une communauté liée par un même culte, une même religion. Les liens du sang y jouent donc un rôle majeur.
C’est le père qui est le chef de famille et le « grand prêtre » du culte. Il a autorité de vie et de mort. Il a surtout le rôle de reconnaître ou non les nourrissons mâle, tache vitale car ce sont ces derniers qui devront veiller sur le foyer domestique à l’avenir. Sans descendance, pas de perpétuation de la religion et donc errance des Mânes… Le célibat est donc logiquement interdit. C’est le fils aîné, celui qui perpétue le culte, qui hérite.
Cela ne signifie pas néanmoins que les « mineurs » (femmes, frères, enfants, etc…) ne jouent pas un rôle important. Ils jouent des rôles cruciaux dans le culte rendu aux Mânes (ravivage de la flamme, initiation au culte, apprentissage des prières, etc.)
L’ensemble des cérémonies (mariage, naissance, décès, etc.) sont associés aux dieux du foyer.
Les ancêtres étant attachés à une terre précise, cette dernière est inaliénable. On ne peut s’en défaire, la famille y est fixée pour toujours. Les dieux Termes gardent les bordures de ce royaume familial.
- Les clans
Au gré des générations la famille s’agrandit, en fait une famille, une gens en latin(qui donne « gène » en langue française), peut être composée de plusieurs centaines de membres rendant un culte à des ancêtres communs.
Au fil des générations des familles se sont associées. On assiste alors à une transposition du culte familiale à une échelle plus grande. On trouve un ancêtre commun, on dresse un autel et on allume une flamme perpétuelle et sacrée qui associe les membres de la communauté par des liens inaliénables.
- La Cité
Puis les clans s’associent dans le même schéma, et on assiste alors à l’émergence de la Cité. Par ce mécanisme logique on se rend compte que c’est le droit particulier (et surtout le culte dont il découle) qui a précédé le droit commun. La création d’une Cité suppose un rite de fondation. On dresse un autel, on allume une flamme… (Le feu de Vesta pour Rome). La ville n’est au départ que le lieu où résident les divinités communes.
On se rend compte ici que la Cité antique est en réalité une confédération de familles et de clans (Curies, Phratries, Tribus), dominée par un roi.
La Cité n’est donc pas une création politique, mais avant tout une entité religieuse. Chaque ville est « sainte ». Les citoyens sont liés par un culte commun. La Cité ne partage pas ses dieux et ces derniers ne peuvent qu’intercéder pour les membres de la communauté. En tant qu’Athénien, je ne peux aucunement rendre hommage aux dieux de Thèbes ou de Sparte.
La pire des condamnations, dans ce monde, est loin d’être la mort. La pire des peines c’est le bannissement et la perte de citoyenneté. Cette mesure prive en effet l’individu de ses ancêtres et de ses dieux. Il ne pourra trouver sépulture et donc repos et félicité dans l’après vie…
Les charges de la Cité (Royauté, magistrature, etc.) sont avant tout des fonctions de prêtres.
Certains rituels impliquent la présence de l’ensemble des citoyens. Ainsi est-il nécessaire de tenir une comptabilité rigoureuse des naissances et décès. Le recensement est un acte religieux avant d’être un acte civil. L’autorité de la Cité est quasi-illimitée car celle-ci est de nature religieuse. La vie privée et les individualités ne comptent que peu.
La Cité est une Eglise… Il n’existe aucune distinction entre le spirituel et le temporel. 
- Les révolutions mettent à mal le régime des Cités
L’aspect inégalitaire de ce système apparaît évident. Les familles s’agrandissent, des branches cadettes apparaissent nécessairement. Des relations de soumission s’instaurent car seuls les fils aînés peuvent hériter.
Une classe d’inférieur, de clients se met aussi en place. Cette classe ne dispose d’aucun droit sauf celui qu’acceptent de lui octroyer ses maîtres de bonnes familles nommés patriciens.
Les plébéiens (terme très connu concernant Rome), forment une classe encore inférieure. Constituée de populations assujetties, la plèbe ne possède pas d’ancêtres ni de cultes, elle n’est donc virtuellement… rien. 
Une première révolution s’installe lorsque les rois perdent leurs fonctions temporelles pour ne garder que la prêtrise (Ex : Rome, Sparte, Athènes). Les aristocrates les remplacent (Fronde inversée) à la tête politique de la Cité.
Une seconde révolution s’instaure lorsque les conditions d’héritage s’assouplissent et que les clients s’émancipent.
Une troisième révolution est inaugurée lorsque la plèbe revendique et obtient des droits politiques (Ex : instauration du Tribun de la plèbe à Rome).
Ces révolutions permettent l’émergence d’une nouvelle répartition des fonctions sociales fondée sur la richesse et non plus sur la lignée. Le rôle du suffrage prend une part de plus en plus importante (émergence de la démocratie).
- Disparition des Cités-Etats
L’émergence de la philosophie et de nouvelles croyances religieuses rendit les anciens cultes obsolètes. Toutes les fondations de la société antique en furent bouleversées. On ne pensa plus que les morts vivaient d’offrandes dans leurs tombes… Leurs âmes devaient nécessairement rejoindre un lieu (Champs-Élysées), ou le néant (Epicure).
Le culte des Mânes et du Feu s’altéra.
Puis, un jour, une petite Cité d’Italie Centrale cessa de jouer le jeu qui se tramait depuis des siècles et se mit à conquérir et assujettir ses voisines. On ignore comment ou pourquoi… Poussée par des révolutions internes et des guerres civiles, Rome eu soif de conquête et ne trouva partout qu’une résistance relative tant les anciennes croyances s’étaient détériorées. Les patriotismes locaux s’étaient éteints. En quelques siècles un empire fut formé et Rome administra partout.
Puis, la suite est connue, la citoyenneté romaine devint courante et le Christianisme apparut, ce qui fut une révolution anthropologique majeure. En effet, il y eut désormais une distinction entre le monde des cieux et le monde terrestre. Auparavant les hommes vivaient entourés de leurs dieux, désormais Dieu règne, mais depuis un ailleurs.
Le terrain avait était largement préparé par les philosophes.
Tout fut bouleversé, les temples, le droit, les traditions, les mœurs, etc.
Le monde antique disparut.
Jacques THOMAS pour le Savoir pour tous et le C.N.C.