mardi 25 février 2014

Livre : Vérités et légendes d’une "OAS internationale"

Olivier Dard, Vérités et légendes d’une "OAS internationale", Riveneuve, Paris, 2013, 260 p.
Présentation de l’éditeur : Il existe différents travaux sur l’histoire intérieure de l’Organisation secrète, mouvement fondé à Madrid en février 1961 puis développé en Algérie au lendemain du putsch d’avril pour défendre jusqu’au bout l’Algérie française, y compris par le terrorisme. En revanche, très peu de recherches ont été conduites sur les liaisons internationales de cette dernière ; de même, sur l’impact de l’OAS quant aux relations internationales si on excepte le dossier retentissant de l’enlèvement d’Antoine Argoud à Munich, opération qui a assombri pour un temps les relations franco-allemandes.
Assurément, différentes « enquêtes » journalistiques ont mis en avant l’existence d’une « OAS européenne » et insisté sur l’importance de sa contribution à un « orchestre noir » ou aux « escadrons de la mort » latino-américains dans le cadre de l’opération Condor. Pour spectaculaires que soient ces « révélations », elles ne sauraient être prises au pied de la lettre et surtout être considérées comme historiographiquement recevables.
Le travail historique reste largement à faire sur cette question et l’objectif premier de cet ouvrage est d’offrir des résultats les plus précis possibles sur ce qu’il en est des vérités et des légendes autour de cette relation de l’OAS à l’international.
Ainsi, à partir d’études originales conduites sur différents pays (Suisse, Argentine, Belgique, Espagne, Italie, Portugal), il s’agit de mesurer la réalité et l’étendue des réseaux internationaux ressortant de la nébuleuse OAS et l’impact de cette dernière sur les relations diplomatiques entre la France et les différents Etats concernés.
Olivier Dard, http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EFAFEuZuZERQvszUnm.shtml
Vérités et légendes d’une "OAS internationale", Riveneuve, Paris, 2013, 260 p.
Source : Fragments sur les temps présents : http://tempspresents.com/2014/02/10/olivier-dard-parution-verites-et-legendes-dune-oas-internationale/

lundi 24 février 2014

La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne

Entretien réalisé par Fabrice Dutilleul d’après la présentation du livre
La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne
« La loi ne peut rendre à mon enfant son royaume, car celui qui tient son royaume tient aussi la loi… »
(La reine Constance de Bretagne, mère d’Arthur, dans Le roi Jean)
La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne, éditions Dualpha.
1316 : cette année-là, pour la première fois, l’Ordre de primogéniture offrit la Couronne à une femme…
C’était une princesse de 5 ans, Jeanne, fille de Louis X, petite-fille de Philippe le Bel. Il n’y avait pas, en ce temps-là, de règles successoriales propres à la France, mais par contre, dans tout l’Occident chrétien, prévalaient des usages successoraux qui voulaient que si un roi mourait, sans laisser de fils, la Couronne revint à sa fille, s’il en avait une, selon les indications du Livre des Nom­bre : « Si le fils meurt, que l’héritage revienne à sa fille… »
Or, cette année-là, 1316, se présenta aussi en France un usurpateur, qui s’opposa à la petite princesse et manifesta clairement qu’il entendait s’emparer du Trône pour son propre compte ?
C’était le propre oncle de Jeanne, Philippe, comte de Poitiers, un prince de 25 ans. En 1317, à force d’adresse, d’audace et de duplicité, il se fit couronner à Reims, malgré l’opposition des très nombreux partisans de Jeanne. La coutume appelée « loi salique » était née.
En 1349, la reine de Navarre, Jeanne II, fille unique de Louis X, spoliée du trône de France par ses oncles Philippe V et Charles IV, puis par son cousin Philippe de Valois, meurt de la peste à Conflans…
Son fils aîné, Charles, monte aussitôt sur le trône de Navarre et, à Pampelune, le jour de son couronnement, expose l’histoire de sa mère, devant ses sujets navarrais. Il se proclame le seul héritier des Capétiens et des royaumes de France et de Navarre. Hélas ! Sur le trône de France, les Valois sont déjà installés. Incapables et n’ayant pas été élevés pour régner, ils se font bientôt battre par les Anglais à Crécy et à Poitiers.
Ce sera, entre Jean II, puis Charles V de Valois, et Charles de France et de Navarre une lutte sans merci, au cours de laquelle, le fils de l’orpheline, spoliée en 1316, 1317 et 1318, essayera de reprendre le trône de France, auquel il estime avoir plus de droits qu’Édouard d’Angleterre. Il sera bien près de réussir, mais la mort d’Étienne Marcel, son fidèle partisan, lui portera un coup fatal.
Une lutte passionnante et mal connue, qui valut à Charles II d’être flétri, longtemps après sa mort, du surnom mensonger de « Le Mauvais ».
Quand vous aurez lu cet ouvrage, vous ne verrez plus l’histoire de France de la même façon.
http://www.voxnr.com/cc/d_france/EFAFplVFyZfzoAwHSl.shtml
notes
La véritable histoire de la loi salique de Micheline Peyrebonne, Éditions Dualpha, collection « Vérités pour l’Histoire », 426 pages, 41 euros.
Francephi diffusion - Boite 37 - 16 bis rue d’Odessa - 75014 Paris - Tél. 09 52 95 13 34 - Fax. 09 57 95 13 34 – Mél. diffusion@francephi.com
Commande par internet (paiement 100 % sécurisé par paypal ou carte bancaire) sur notre site www.francephi.com.

dimanche 23 février 2014

Charles Maurras : "Dictateur et Roi"

Version intégrale et gratuite du texte de Charles Maurras (1868 – 1952), rédigé durant l’été 1899.
http://www.scribd.com/doc/207713731/Dictateuretroi-Maurras
http://la-dissidence.org/2014/02/18/charles-maurras-dictateur-et-roi/

2e Guerre Mondiale - La bataille de Normandie, par les tanks. (+playlist)

L'essence spirituelle de la Révolution

« Révolution, raison, fraternité, justice furent autant de mots magiques, autant de charmes contre la misère, de formules contre l’inégalité, que le peuple se prit à réciter avec une sombre ferveur ; il crut à une seconde bonne nouvelle comme il avait cru, dix-huit siècles auparavant, à la première… La Révolution était éternelle et invincible comme Dieu dont elle avait pris la place. »
Émile MONTÉGUT
Coup d’oeil sur la Révolution française, La Revue des Deux Mondes (août 1871)
Émile Montégut (1825-1895) fut à partir de 1857 le critique littéraire de la Revue des Deux Mondes où il publia aussi quelques essais de réflexion politique. Dans la première partie de Coup d’oeil sur la Révolution française dont nous venons de citer un extrait, il analyse l’essence de la Révolution qui est une religion. On n’avait jamais parlé ainsi depuis Joseph de Maistre qui voyait dans la Révolution une inspiration “satanique”. Mais l’analyse de Montégut ne se situe pas sur le plan de la théologie, elle se place sur celui de la constatation.
Les vertus chrétiennes devenues folles forment la mystique révolutionnaire, comme la Charité devenue Fraternité ; d’autre part, les principes qui soutiennent la société révolutionnaire sont les qualités des sociétés traditionnelles devenues folles :
« Examinez les pires erreurs, écrivait Montégut : dans toutes vous trouverez l’esprit de l’antique monarchie et de l’antique Église, mais leur esprit dépouillé de tout ce qui l’ennoblissait… » Le peuple est dressé à mépriser l’autorité, mais il adore la force qui n’en est qu’un élément apparent, et aveugle quand il est livré à lui-même. Il rejette toutes les hiérarchies naturelles, mais il accepte la tyrannie, que ce soit celle de l’homme providentiel ou celle, anonyme, des administrations. « Il refuse sa croyance à l’Église, écrit encore Montégut, mais il n’a pas abdiqué pour cela son aptitude à la foi aveugle, et il ne refuse rien de sa raison au plus infime prédicateur de club. Il pense sur l’individualité humaine et la liberté comme pensait l’Église : l’Église s’en méfiait comme d’éléments d’orgueil et de révolte : il les redoute et les hait comme germes possibles d’autocratie et comme éléments d’usurpation. Tout lui porte ombrage : il regrette le pouvoir qu’il est obligé de déléguer et, à peine l’a-t-il délégué, qu’il croit l’avoir perdu et qu’il lui semble s’être donné des maîtres… »
Exaltation mystique
Ainsi, en vertu de cette méfiance envers toute délégation du pouvoir, en toute organisation qui lui paraît un affadissement de son idéal, la Révolution ne cesse d’attaquer la société démocratique qui pourtant sort d’elle, qui s’est mise en place grâce à elle. Pourquoi ? À cause d’une sorte d’exaltation mystique qui la pousse vers une perfection impossible à réaliser puisque la Révolution est irréaliste. Une vie intérieure sérieuse pousse le chrétien vers la sainteté qu’il ne connaîtra, s’il la mérite, quelques âmes d’élite mises à part, que dans sa patrie céleste. Mais la Révolution ne possède pas de patrie céleste. Alors, que faire ? Il faut continuer à se battre contre les contingences pour faire progresser la Révolution : la Révolution ou la Mort. Au bout de la logique révolutionnaire se trouve en fait le Néant, ce que découvrit un peu tard le Girondin Vergniaud. « La Révolution est comme Saturne, dit-il devant le tribunal révolutionnaire, elle dévore ses enfants ».
Que la Révolution soit une mystique, Jaurès le reconnaît : « Il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience. » Et Alain, qui était tout sauf sot, et aurait pu, sans le poison idéologique, devenir autre chose que le philosophe du radicalisme, met en lumière la religion individualiste qui empêche l’esprit révolutionnaire de jamais organiser une société : « Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus, toute pensée a le devoir de se sentir en révolte. »
Le conservateur
Le conservateur ignore tout cela. Il est persuadé que la Révolution était nécessaire en son temps, qu’elle a fait son travail, qu’elle est terminée et qu’il va en gérer les acquits. C’est le bourgeois louis-philippard, c’est le bonapartiste, c’est le modéré sous la IIIe République, c’est le démocrate-chrétien, c’est le gaulliste de l’UNR.
Ces conservateurs sont des croyants qui ne pratiquent plus et qui ont oublié certains dogmes de leur religion révolutionnaire au point que des esprits superficiels les prendraient pour des hommes de droite, ce qu’ils ne sont point. Mais l’homme de gauche, dévot scrupuleux, pratiquant impavide, saura toujours bousculer ces « révolutionnaires du porche » toujours un peu honteux d’être de peu de foi.
Gérard Baudin L’Action Française 2000 du 1 er au 14 novembre 2007

Censuré en France : Les " périod'somb'd'not'histouâre " ©™ vues par Life Magazine .

Suite à l'article précédent consacré à l'occupation de la Syrie mandataire par la pègre armée coloniale " multiculturelle " Française je vous propose de consulter la collection de la revue Life Magazine de l'année 1940 . Vous pouvez aussi bien sûr consulter les années précédentes .
Ces journaux ne sont plus accessibles  à l'amateur moyen Français sur les sites de vente en ligne en raison des lois mémorielles Françaises et en particulier celle du camarade prolétaire Gayssot . Ces sites s'auto-censurent en vous renvoyant un message indiquant que la législation de votre pays interdit la vente  ces documents . Une lecture attentive de ceux-ci montre toutefois qu'il n'y a rien de " choquant " dans les reportages de Life Magazine consacrés à l'offensive Allemande en Pologne ou à l'offensive du 10 mai 1940 . Si la ligne éditoriale est globalement pro-allié il n'en demeure pas moins que l'honnêteté intellectuelle de Life Magazine permet de suivre la guerre vue du côté Allemand dans l'esprit de ce qui deviendra " The other side of the hill " , l'ouvrage de Sir Basil Liddell Hart : Sans haine .
L'autre aspect intéressant de ces journaux est ce que j'appellerais une " cartographie stratosphérique "  : Il s'agit de la description d'une situation géostratégique ( l'offensive aérienne du 10 mai 1940 , l'attaque Allemande sur Stalingrad , la prise de Singapour ,...) vue à l'échelle continentale ou prè-continentale telle qu'elle pourrait l'être par un observateur naviguant dans la stratosphère . Tout le monde comprendra bien sûr l'intérêt d'une telle représentation totalement abandonnée de nos jours par le mainstream alors que les moyens de représentations cartographiques en 3D sont sans commune mesure avec ce qu'ils étaient il y a70 ou 80 ans . J'ai trouvé les dernières traces de cette cartographie dans les Paris Match du début des années 50.  
L'autre élément intéressant de ces journaux est la publicité et ce qu'elle nous apprend sur la société Etasunienne des années 30 et 40 . On y voit ainsi une publicité pour l'usage par les jeunes femmes de la fermeture Eclair de préférence aux boutons pour la confection de leurs robes : Les boutons créent des " trous " aux niveau de la fermeture chez les femmes " boudinés " et c'est le premier détail que l'homme regarde :0) ... On y trouve aussi , dans le numéro du 6 mai 1940 , un article complet sur les programmes de contrôle de naissances aux Etats-Unis . Ceux-ci touchent avant tout la communauté noire et le white trash , on s'en serait douté . C'est peut-être pour ces articles que ces journaux sont interdits de vente en France et non pas pour les reportages embedded au sein de la Wehrmacht ou de la Luftwaffe ?

samedi 22 février 2014

6 février 1934

« Pour nous, nous n’avons pas à renier le 6 février. Chaque année nous allons porter des violettes place de la Concorde, devant cette fontaine devenue cénotaphe (un cénotaphe de plus en plus vide), en souvenir des vingt-deux morts. Chaque année la foule diminue, parce que les patriotes français sont oublieux par nature. Seuls les révolutionnaires ont compris le sens des mythes et des cérémonies. Mais si le 6 fut un mauvais complot, ce fut une instinctive et magnifique révolte, ce fut une nuit de sacrifice, qui reste dans notre souvenir avec son odeur, son vent froid, ses pâles figures courantes, ses groupes humains au bord des trottoirs, son espérance invincible d’une Révolution nationale, la naissance exacte du nationalisme social de notre pays. Qu’importe si, plus tard, tout a été exploité, par la droite et par la gauche, de ce feu brûlant, de ces morts qui ont été purs. On n’empêchera pas ce qui a été d’avoir été. »
Robert Brasillach  : « Notre avant-guerre » 
(Source : les-sept-couleurs)
6 février 1934.jpeg
Cliquez sur l’image pour l’agrandir.
http://fierteseuropeennes.hautetfort.com/

La politique au service de l’horreur, par Laurent Glauzy (2/2)

Le consul pédophile
Des personnes au-dessus de tout soupçon continuent de massacrer des enfants en toute impunité. Le consul-adjoint israélien en poste au Brésil, Arie Scher, accusé de pédophilie et de trafic de mineurs, a fui le Brésil le 5 juillet 2000 pour se réfugier en Israël. Scher aurait réussit à quitter l’Amérique latine avant que les forces de l’ordre ne diffusent son identité aux postes de frontière. La police brésilienne a recueilli les déclarations d’une adolescente de treize ans qui aurait « participé à plusieurs jeux fétichistes dans l’appartement du consul, situé dans l’élégant quartier d’Ipanema, dans le Sud de Rio de Janeiro. Sur une des photographies trouvées lors de la perquisition de l’appartement, la même enfant apparaissait nue, embrassant le consul. Selon la police, Scher et son complice, le Pr George Schteinberg, possédaient neuf sites Internet de pornographie et de pédophilie1. » Tel Aviv qui refuse les accusations de la police Brésilienne, nommera Arie Scher consul de l’État hébreu en Australie.
La chasse aux enfants
L’hebdomadaire Diario2 a décrit des faits horribles liés à la pédophilie, qui se sont déroulés à Aruba, petite île-État de la mer des Caraïbes rattachée au royaume des Pays-Bas : « Après la terrible dénonciation de l’Eurodéputé belge Olivier Dupuis au Congrès radical, Diario relate des chasses aux enfants, assassinés à coups de fusil en guise de divertissement. Le reportage La chasse aux enfants en Belgique, signé du journaliste italien Gianluca Paolucci, est repris par l’hebdomadaire : « Durant le congrès du Parti radical, le député européen belge Olivier Dupuis a lancé une série d’affirmations qui ont fortement choqué le public : dans son pays, des enfants ont été contraints de subir des violences en tout genre. Ils ont été assassinés comme des lapins, lors de parties de chasse auxquelles participaient des personnes de l’aristocratie, des financiers, des notables et des fonctionnaires de l’Etat. »
« Des personnalités au-dessus de tout soupçon »
Le satanisme constitue un danger en pleine expansion. Les adorateurs du diable sont en constante augmentation, également à Rome. Le quotidien Avvenire révèle : « Une autre secte satanique de trois mille adeptes a été découverte à Rome.. » 3 Cet article dévoile aussi que « la congrégation comptait ‘parmi ses affiliés des personnalités du monde du spectacle… »
À Londres, Scotland Yard enquête sur de la disparition de 2 500 adolescents. Le journaliste Alfio Bernabei rapporte d’autres faits terribles qui se sont produits dans la capitale anglaise : « De la chair d’enfants et de fœtus humains a été consommée par des hommes et des femmes ayant pris part à des rituels cannibales, ces dernières années, dans le cadre d’une commémoration satanique. Des enfants ont été torturés, violés et sacrifiés sur des autels. » 4
Mille cinq cent personnes disparues en six mois
Aux États-Unis, ces horreurs sont encore plus fréquentes. La ville californienne de Modesto détient le record national des États-Unis en termes de disparition, avec mille cinq cent personnes disparues en six mois5. Fay Yager, directrice du Centre pour la défense des enfants, Children of the Underground, expose que les enquêteurs sont de plus en plus confrontés au monde mystérieux des sectes sataniques. En 1989, sur Canale 5, lors de l’émission Arcana, le journaliste Giorgio Medail affirmait qu’aux États-Unis, chaque année, sont assassinés au cours de rites sataniques cinquante mille personnes, dont de jeunes enfants.
Selon Ted Gunderson, ces crimes horribles, dans la grande majorité des cas, restent impunis faute de volonté politique. L’ancien agent du FBI argue que la loi n’est pas appliquée, parce que ces groupes comptent des soutiens au plus haut niveau de l’État. Selon lui, ‘aux États-Unis, deux scandales liés à la prostitution infantile et à la production de snuff movies impliquant des politiciens proches de la Maison-Blanche et au-dessus de tout soupçon, ont été étouffés. Les services secrets, qui dépendent directement du président, sont intervenus pour faire cesser les enquêtes. Les victimes ont été emprisonnées et les témoins sont morts dans d’étranges accidents6.
À l’issue d’une longue enquête, le journaliste Paul Rodriguez, du Washington Times, a affirmé : « J’ai réussi à prouver que des personnes liées à la Maison-Blanche géraient un réseau de jeunes garçons. J’ai trouvé plusieurs documents qui attestent l’implication de Craig Spence dans les organisations de parties gays et pédophiles. Probablement ancien agent de la CIA et ex-directeur de l’équipe de George Bush, il était lié à la Maison-Blanche, chargé d’organiser un réseau aux services de la Maison-Blanche [ce lobbyiste Républicain sera retrouvé mort en 1989, dans sa chambre, à l’hôtel Ritz-Carlton, le plus cher de Boston]. Le nom d’un autre député, Barry Franks, apparaît dans ce scandale pédophile. Pendant une année, nous avons travaillé à quatre : les informations collectées sont terrifiantes. Exclu des enquêtes, le FBI s’est donc occupé des services secrets qui dépendent directement de la Maison-Blanche. Ce réseau criminel comprenait des représentants Républicains et Démocrates. Il s’étendait de New York à la Pennsylvanie, du Nebraska à la Californie. Des garçons étaient enlevés dans la rue et séquestrés dans des fermes. Les victimes étaient également prises dans des instituts d’adoption ou dans les campings. »7
Paul Rodriguez a mené plusieurs enquêtes avant de publier, en première page de son journal, des articles sur un réseau d’enfants impliquant des députés et des VIP appartenant à l’entourage de Ronald Reagan et de George Bush.
Les titres des articles de Paul Rodriguez étaient particulièrement éloquents : « Sexe en vente dans l’appartement d’un député », « le service secret fait cesser l’enquête sur des prostituées de VIP », « des enfants prostitués emmenés au milieu de la nuit à la Maison-Blanche ». Après quelques mois, Paul Rodriguez renonça mystérieusement à ses enquêtes sur la pédophilie au sommet de l’État américain.
Le trafic d’organes
Il y a aussi un marché des organes provoquant des scènes criminelles sur des enfants. Les clients reçoivent un catalogue d’organes servant soit à des mises en scènes fétichistes et sataniques, soit à des transplantations clandestines. Ce commerce particulièrement répugnant engendre aussi la disparition, chaque année, de centaines de mineurs, victimes de réseaux internationaux8. Le parlementaire hondurien Rosario Godoy de Osejo, fondateur d’un comité pour les enfants disparus, expose : « Le prélèvement d’organes sains sur de jeunes sujets pour alimenter la vente des pays riches explique les nombreux cas de disparition d’enfants exportés à l’étranger. » Il affirme qu’au Honduras, le président Callejas était impliqué dans ce trafic, comprenant aussi de fausses adoptions et ayant causé, dans les années 1990, l’enlèvement de huit cents enfants9.
Il existerait vraiment des sortes de supermarchés proposant des organes de jeunes cadavres. La Gazetta del Sud commente : « L’ONU a officiellement dénoncé le trafic d’enfants qui a pour finalité le commerce d’organes dans certains pays. (…) La commission des Nations unies a examiné de nombreux témoignages, des documents écrits et aussi des vidéos fournies par des organisations liées à la protection de l’enfance. Un porte-parole de la commission a refusé de communiquer le nom des pays suspectés dans ce trafic. » 10
Éric Sottas, fondateur, en 1985, de l’Organisation Mondiale Contre la Torture, a rappelé le cas de 1 395 jeunes malades disparus en Argentine, de l’hôpital psychiatrique de La Colonia Montes de Oca, situé à côté de Buenos Aires. Éric Sottas a évoqué la découverte dans un frigo de la chambre mortuaire de la Faculté de médecine de l’Université de Barranquilla, en Colombie, de nombreux corps où étaient prélevés des organes destinés à alimenter le trafic de transplantation11.
Ce monde de l’horreur paraît sans fin : Baby Doc, l’ex-directeur d’Haïti, se serait enrichi en commercialisant des cadavres frais et des organes congelés auprès de cliniques américaines, et d’instituts américains universitaires ou de recherche. (…) Au Guatemala aussi, un trafic était spécialisé dans la vente d’enfants aux États-Unis pour des transplantations clandestines12. En Colombie, des enfants sont enlevés alors qu’ils jouent dans la rue. Des laboratoires leur enlèvent les yeux avant de les relâcher13.
Le quotidien italien La Repubblica relate que les techniques de recherches de l’Université de l’Indiana, aux États-Unis, permettent de régénérer le cœur tout en évitant une transplantation. L’intervention consiste à prélever une cellule du cœur d’un embryon et de l’implanter sur le muscle cardiaque d’un adulte. Ainsi, l’organe malade bénéficie de la force et de la longévité des jeunes cellules. Pour réduire les risques de rejet, la cellule neuve pourrait être prélevée sur le fils du recevant, c’est-à-dire un embryon créé en éprouvette avec les spermatozoïdes du père et les ovules de la mère14.
Afin d’adopter un tel système, on pourra aussi utiliser l’ovule d’une donatrice anonyme, afin que les cellules soient génétiquement identiques. Ainsi, ‘pour redonner de la force à son cœur vieilli, il faudra procréer un enfant, puis l’assassiner pour se faire greffer ses jeunes cellules. Ces techniques particulièrement morbides peuvent en théorie fonctionner sur des fœtus qui seront ensuite avortés.
En 1996, dans son ouvrage Il grande peccato ieri e oggi (Le grand péché d’hier et d’aujourd’hui), P. Andrea D’Ascanio mentionne une nouvelle tendance cannibale : des fœtus avortés sont aujourd’hui utilisés comme compléments alimentaires pour garantir une peau souple et un corps plus fort. Pour ce faire, des cadavres sont utilisés en cuisine afin de préparer des soupes excellentes pour la santé. C’est la dernière nouveauté diététique en vogue en Chine. Selon P. Andrea D’Ascanio, notre système, de plus en plus éloigné de la réalité, prépare ‘un monde factice, où ‘des évènements atroces se déroulent en coulisses : par exemple, en Grande-Bretagne, vingt-hui enfants ont été assassinés pour tester un nouveau traitement.
Concernant des évènements similaires qui se sont produits à l’hôpital universitaire de Stoke-on-Trent, en Grande-Bretagne, entre 1989 et 1993, Il Manifesto publie : « Tels des cochons d’Inde, des nouveau-nés prématurés ont servi à l’expérimentation d’un nouveau ventilateur de couveuses : sur un total de 122 enfants soumis au nouveau traitement, 28 sont décédés et plus de 15 ont été victimes des dommages cérébraux permanents. » 15 Ce terrible bilan est tiré du rapport d’une commission d’enquête ordonnée par le ministère de la Santé britannique.
trafics d’organes : révélations au péril de la vie
En mai 1996, Xavier Gautier, grand reporter au Figaro, a été trouvé pendu dans sa résidence d’été dans l’île de Minorque (Baléares). Le seul indice était l’inscription sur un mur, en espagnol « traîtres, diable rouge ». Les enquêteurs espagnols ont privilégié la piste du suicide ! Avant de partir en vacances, Xavier Gautier avait travaillé sur une longue enquête concernant un trafic d’organes présumé, provenant de Bosnie, pour une clinique d’Italie du Nord. Antonio Guidi, diplômé de médecine de La Sapienza, ministre de la Famille de 1994 à 1995 et ministre de la Santé de 2001 à 2006, ‘explique : « Le phénomène est mondial. Mais l’Italie, qui a constitué un lieu de transition pour le trafic de drogue, est devenue un point de transit pour le trafic d’enfants. Ils arrivent de pays instables de l’Est de l’Europe et d’Afrique. Ces enfants sont de la viande de réserve pour les riches. Des dépôts d’organes pour les fils de ceux qui ont de l’argent. » Cependant, quand il lui est demandé si ces enfants ont été mutilés pour que les organes servent à des transplantations en Italie, il rétorque avec beaucoup de légèreté et un certain sadisme : « En Italie, non. C’est impossible ! Ils traversent nos terres comme des oiseaux migrateurs, dont le destin est d’être abattus. » 16
Les accusations faites à l’Italie
Pourtant, La Nacion de Buenos Aires s’est fait l’écho des accusations de don Paul Baurell, professeur de Théologie de l’Université brésilienne de Sao Paolo, et de celles faites le 1er août 1991 à Genève par Renée Bridel, déléguée de l’association internationale des juristes démocrates, auprès du groupe de travail sur l’esclavage des Nations unies, qui accusent l’Italie de pratiquer le trafic d’organes. Les articles de La Nacion de Buenos Aires ont été repris par le quotidien brésilien O Globo di Rio, qui définit l’Italie comme étant l’un des plus grands importateurs d’enfants du Brésil. Le correspondant d’O Globo di Rio à Rome affirme : « L’Italie et le plus important acheteur de bébés. »
Cette même année, le quotidien La Repubblica di Lima dénonce, avec une liste de noms à l’appui, des ressortissants italiens venus au Pérou pour acheter des nouveau-nés. Corriere della Sera commente : « Selon la presse de Lima, des ressortissants italiens auraient importé 1 500 petits Péruviens, qui seront ensuite assassinés pour permettre l’exportation de leurs organes. » 17
Ces enfants enlevés, réduits en esclavage, violés, contraints à se prostituer, immolés à Satan ou assassinés pour que soient dérobés leurs organes, constituent une réalité infernale ‘à l’échelle planétaire, comme le certifie Renée Bridel. Bien entendu, ni la presse ni la télévision ne dénoncent la gravité de cet univers pervers fait de souffrance d’enfants innocents. Tous ces donneurs de leçons, ces grands théoriciens morbides de la démocratie, en parlent seulement avec parcimonie, pour ne pas éveiller les consciences sur un monde politique complice de sectes satanistes.
19Gazetta del Sud du 7/7/2000
20Diario du 12/4/2000
21Avvenire du 5/9/1996
22L’Unità du 9/8/1990
23Diario della settimana n° 17 du 28/4/1999
24Idem
25Idem
26Visto du 8/11/1996
27James Dunkerley, The Pacification of Central America : Political Change in the Isthmus, 1987-1993, 1994, p. 19
28Gazzetta del Sud du 25/8/1995
29Libération du 7/12/1987 et Milly Schar-Manzoli, Manuale di difesa immunologica, Padova, MEB, 1988
30Corriere del Ticino du 6/3/1987 et Gente du 20/3/1987
31Idem
32La Repubblica du 23/11/1994
33Il Manifesto du 9 mai 2000
34Il Giornale du 4/9/1995
35Corriere della Sera du 7/9/1991
http://lacontrerevolution.wordpress.com/2014/02/16/la-pol...

La politique au service de l’horreur, par Laurent Glauzy (1/2)

La pédophilie ou le pédo-satanisme est un dossier particulièrement sensible. Est-ce alors un hasard, si les bonnes consciences, les saltimbanques sans talent, les pseudo-philosophes arrivistes, les journaleux et les politicards lèche-bottes prétendument outrés par les prises de position de l’humoriste Dieudonné et de l’écrivain polémiste Alain Soral, se montrent bien moins courageux pour se lever et dénoncer les scandales d’enfants que l’on viole et que l’on assassine ?
Chaque année, des milliers d’enfants sont violés et assassinés. En Italie, des pédophiles ont été découverts grâce à l’association anti-pédophile Telefono Arcobaleno, active depuis 1996. Cette affaire commence le 27 septembre 2000 quand le procureur de Torre Annunziata, commune de la province de Naples, envoie six ordres d’arrestation pour achat de photographies à caractère pédopornographique et vente de matériel. L’Italie apprend alors avec effroi que, pour quelques millions de lires, des détraqués s’offrent le plaisir de visionner le viol et l’exécution d’un bébé de six mois !
Toujours en Italie, plus de deux mille mineurs sont déclarés disparus chaque année. Si certains d’entre eux ne sont que de simple fugueurs qui retournent ensuite à leur domicile, ou qui sont retrouvés par les forces de l’ordre, en revanche, plusieurs centaines ne sont jamais retrouvés. Selon les statistiques officielles du ministère de l’Intérieur de Rome, en 1996, sur 2 391 mineurs déclarés disparus, 479 n’ont jamais été retrouvés. Que sont-ils devenus ? En 1997, Il Giornale titre : « À partir de 1990, le nombre d’enfants [définitivement] disparus a quadruplé. Aujourd’hui, ce chiffre explose. Et un calcul même approximatif est impossible. »1 Nous pouvons malheureusement croire que les chiffres du ministère de l’Intérieur sont bien en deçà de la vérité. Pour les adolescents de quinze à dix-huit ans ayant disparu, le quotidien milanais de centre-droit privilégie la piste de la drogue et des sectes.
La CIA et la secte pédosataniste des Finders
Dans le monde, la situation est toute aussi alarmante. Aux États-Unis, cent mille enfants disparaissent chaque année pour finir dans les réseaux de prostitution, de pornographie ou de pédophilie, alors que d’autres sont assassinés dans le sous-bois criminel des adorateurs de Satan. La Stampa parle d’une secte satanique qui recrutait des enfants. Voici ce qu’écrit le quotidien : « La secte Finders (découvreurs), fondée [au début des années 1970] à Washington par un marabout de soixante-dix ans, Marion David Pettie, se sert des enfants pour des rites sacrificiels démoniaques et des pratiques sexuelles »2. Tout commence quand, le 7 février 1982, le Washington Post évoque une affaire d’enlèvement et de viols d’enfants, ainsi que de matériel pédoporno retrouvé dans un lieu appartenant à un groupe appelé « The Finders ». Il s’agirait d’un culte pour « laver le cerveau » des enfants et les utiliser dans des rituels.
Ted Gunderson, ancien membre du FBI à Los Angeles dans les années 1970, enquêteur privé et consultant pour la sécurité, indique dans son rapport, en 1992, que la secte des Finders était très liée avec la CIA et qu’elle servait de couverture dans le trafic international d’enfants. Il relève avec étonnement que, contrairement aux vols de voiture, qui sont scrupuleusement recensés, les disparitions d’enfants ne sont pas comptabilisées, ou à peine.
Les Finders avaient des activités remontant aux années 1950, en Asie du Sud-est (Hong Kong, Malaisie, Vietnam, Corée du Nord), à Moscou, en Afrique, à Londres, en Allemagne, aux Pays-Bas, aux Bahamas… Le réseau faisait sortir des enfants de Hong Kong grâce à un contact à l’ambassade de Chine. Les enfants voyageaient ensuite dans plusieurs maisons appartenant au réseau, dans différentes juridictions. Certaines étaient équipées d’antennes satellites, probablement pour diffuser les vidéos tournées par le réseau.
Ted Gunderson remarque des pics de disparitions lors des fêtes sataniques importantes, en juin, octobre et décembre. Il constate que la CIA traite le dossier comme un « problème de sécurité intérieure » et le classe « secret ». Les charges contre les pervers ont été abandonnées et les enfants ont été renvoyés chez les bourreaux.
Le groupe de Marion David Pettie, dans la mouvance beatnik, faisait la promotion des drogues vendues par la CIA. Il affirme que Timothy Leary, agent de la CIA et leader de la contre-culture, lui avait procuré du LSD.
Le journaliste Uri Dowbenko relève que ces disparitions d’enfant, ainsi que les violences sexuelles et la pédophilie au niveau mondial, démontrent la convergence vers un réseau organisé de la criminalité de haut niveau, que contrôle dans l’ombre le système légal. Ted Gunderson et Uri Dowbenko soutiennent l’existence de plusieurs groupes de la mouvance satanique3 particulièrement puissants.
Le témoignage dramatique d’une jeune victime
Paul Bonacci fait l’objet d’une mesure d’isolement au centre correctionnel de Lincoln : il a accusé des hommes du pouvoir, dont George Bush, ou encore le député de Washington Barney Franks, qui siégea de 1981 à 2013 à la chambre des représentants des États-Unis, d’être des criminels pédophiles et d’avoir abusé de lui quand il avait six ans. Dans plusieurs de ses interventions, le pasteur Fritz Springmeier, accusera aussi l’ancien président américain d’être un pédocriminel et un sataniste4.
En 1990, Paul Bonacci, âgé de vingt-deux ans, a été examiné par un psychiatre, Beverly Mead, qui l’a soumis à une expertise. Il a déclaré que le jeune homme était sain d’esprit et ne présentait pas le profil d’un affabulateur. Bonacci raconte : « J’étais entre les mains d’un groupe [de défense de la pédophilie] dénommé Namba (North American man – Boy Love Association) qui m’invitait à des réunions à New York et à Boston. À l’âge de neuf ans, j’ai été conduit dans un hôtel avec cinq autres garçons et on nous a contraint d’avoir des rapports sexuels pendant que l’on nous filmait. Ensuite, ils m’ont obligé à avoir des rapports avec un bébé. À l’été 1985, Larry King [Ne pas confondre avec le célèbre présentateur politique de la chaîne américaine CNN] m’a obligé à tourner un film avec un autre garçon, Nicholas, qui était dans une cage. (…) On nous déguisait en Tarzan et l’on nous contraignait à avoir des rapports. Ensuite, on me commandait de le frapper. (…) Il est arrivé un homme qui m’a ordonné de taper le garçon comme s’il s’agissait d’une poupée. Ensuite, il m’a obligé à prendre un pistolet, je l’ai pointé sur sa tête et j’ai tiré. En 1984, on m’a emmené au ranch South Fork [Dallas]. Dans le cadre de la convention républicaine, Larry King organisait des parties pédophiles, toujours en compagnie de la fine fleur de la politique. »5
Paul Bonacci poursuit son récit avec des révélations choquantes : « J’ai été témoin de sacrifices humains effectués sur un bébé de quelques mois, afin de blasphémer sur la naissance du Christ. Dans ce rituel annuel, tous chantaient pour pervertir le sang du Christ. À l’aide d’un poignard ils assassinèrent le bébé et le démembrèrent, puis ils remplirent une coupe de son sang mélangé à de l’urine qu’ils nous ont fait boire, pendant qu’ils entonnaient « Satan est le Seigneur »6.
Les investigations de la Commission Franklin
L’enquête a révélé que des personnes liées à Larry King - qui dans les années 1980 et 1990 dirigeait le projet républicain d’aide à la communauté noire, par le biais du National Black Republican Council, cercle de réflexion et d’influence afro-américain interne au Parti républicain - effectuaient des rapts d’enfants pour la prostitution, la production de snuff movies (film avec mise à mort) et des parties de pédophilie.
Au début des enquêtes lancées par la Commission Franklin, de nombreux incidents ont repoussé la date du procès, comme si on avait voulu garder le silence sur cette affaire liée à la pédophilie et au satanisme. Plusieurs personnes de son entourage furent assassinées ou « suicidées ». Dan Ryan, associé de King, a été trouvé étranglé dans sa voiture. Bill Baker, partenaire du vice-président du National Black Republican Council, a été abattu d’une balle dans  la nuque, Curtis Tucker s’est défenestré d’un Holiday Inn, Charlie Rogers, amant de King, s’est tiré une balle dans la tête, Bill Skaleske, représentant officiel du département de police d’Omaha (la plus grande ville du Nebraska) qui a dirigé l’enquête sur King, a été trouvé mort, Joe Malek, autre membre des marchands de bébés et propriétaire du Peony Park, où se produisaient les parties de pédophilie, a également été tué par balle : la police a conclu à un suicide. Mike Lewis, trente-deux ans, chargé de protéger les victimes-témoins, est mort d’une crise de diabète.
La Commission Franklin a été définitivement levée quand l’enquêteur, Gary Caradori, est mort dans un mystérieux accident d’avion, après l’enregistrement, par son service, d’informations sensationnelles7.
L’Afrique du Sud n’est pas épargnée. Il Corriere della Sera mentionne : « Satan a pris pied aussi en Afrique du Sud, avec tous les aspects effroyables de son culte, le sacrifice de bébés égorgés sur l’autel du prince des Ténèbres, lors de réunions où les plus jeunes sont contraints d’avoir des rapports sexuels avec des chiens ou des boucs, animaux symboles de Lucifer. »8
Enquête enterrée
Entourées d’un épais silence, les enquêtes sont presque toujours enterrées. Pourtant, les cas de satanisme mettant en scène de pauvres innocents sont nombreux. Pour les États-Unis, Ted Gunderson constate : « J’ai quatre témoignages détaillés de trois détenus impliqués dans des rituels sataniques et un d’un prêtre de l’Utah. Tous m’ont confirmé l’existence de 50 000 à 60 000 cas annuels de sacrifices humains. Il a été retrouvé de nombreux cimetières dans tout le pays avec des dizaines de cadavres non identifiés, et aucune enquête poussée ne fut diligentée… »9.
Les crimes sataniques sont en augmentation dans le monde entier. Le Dr Diane Core, responsable de l’Institut Childwatch (Association d’assistance et de protection des mineurs), a annoncé que, en Grande-Bretagne, les cercles satanistes, plus puissants que les groupes mafieux, sont protégés par le lobby politique. Le Dr Diane Core remarque : « Malheureusement nous n’avons pas encore identifié le sommet de la pyramide qui dirige le satanisme en Grande-Bretagne. Ils jouissent de protections au plus haut niveau. Les pédophiles satanistes sont très présents à Londres. »10 Les cortèges et les sourires couronnent une réalité plus ténébreuse.
Il Corriere della Sera du 18 mars 1990 mentionne qu’à « Londres, des bébés torturés au cours de rites sataniques, des fœtus extraits de force du ventre de mères mineures sont immolés. Aux confins de la réalité, des témoignages parlent de bébés et d’adolescents offerts aux grands prêtres d’une secte satanique et à leurs adeptes pour être violentés. Une fois enceintes, des adolescentes doivent avorter : le fœtus de quatre mois est sacrifié pour la purification des satanistes qui en boivent le sang. Une enquête conduite par 66 groupes de recherche de la National Society for the Prevention of cruelty against children (Société nationale pour la prévention de la cruauté contre les enfants) confirme l’existence de telles pratiques au Royaume-Uni. »11
Consommation de fœtus lors d’une scène satanique
Le 19 janvier 1998, lors de la cérémonie de fondation du Tribunal international Martin Luther King, le Dr Diane Core annonçait qu’en Angleterre, en avril 1998, débuterait le procès pour viol d’une adolescente violentée dès l’âge de quinze ans. Une fois pubère, elle a été mise enceinte huit fois, et a dû avorter chaque fois à quatre mois de grossesse. Les fœtus étaient alors conservés dans un congélateur pour être ensuite consommés lors de scènes sataniques, avec la participation des mères avortées. »12
Le rapport entre la pédophilie et le satanisme est maintes fois établi. Le père sicilien Don Fortunato Di Noto, fondateur en 1996 de l’association Meter contre la pédophilie, a révélé l’existence d’un site Internet satanique mettant en ligne des photographies terribles de sacrifices de jeunes victimes offertes à Satan. Le père Di Noto a déclaré : « On soupçonnait le lien entre satanisme, pédophilie et sacrifices humains. Mais nous n’avions jamais trouvé de sites aussi cruels affichant les photographies de sacrifices sur des sujets mineurs. Les images n’étaient pas le résultat de photomontages. 13 » Le courage de ce prêtre italien a été récompensé en 2001, par sa nomination à l’Ordre national du mérite de la République italienne. Il semble que ce pays peut encore récompenser des personnalités honorables.
En Angleterre, en mars 1990, un enfant s’est livré à des révélations ahurissantes. Le quotidien Il Giorno rapporte : « Dans ses récits confus émergent des scénarios d’assassinats de nouveau-nés, de tombes ouvertes la nuit, de cannibalisme, de rites mystérieux avec des démons et des enfants contraints de boire de mystérieuses potions avant d’être violés et enfermés dans des cages. »14 Le quotidien italien affirmait que les criminels profitaient de protections de haut niveau.
Lobby politique et pédophilie
Le célèbre journaliste milanais Maurizio Blondet, également connu pour ses positions catholiques traditionnelles, au cours d’une enquête publiée dans le périodique Teologica, relate : « Des personnalités appartenant à l’élite se réunissent les nuits de pleine lune pour pratiquer d’étranges rites, sur une île située à proximité de Washington. Naturellement, personne ne veut aborder un pareil sujet, car ce sont des gens très puissants. Dans certains entourages politiques de haut niveau, il se dit à demi-mot que des enfants y sont violés. Le tout se déroule dans un rituel de magie noire. Ce ne sont pas des personnes communes qui s’adonnent à de tels rites, mais il s’agit d’individus dotés de hautes charges, des fonctionnaires du Pentagone, etc… »15
Horreurs après horreurs, les preuves d’adorateurs de Satan sacrifiant des enfants ne cessent de se recouper. La presse italienne ne manque pas de plumes courageuses pour dénoncer ces abominations. Il Corriere della Sera informe : « Horreur à Londres après la découverte d’un marché de films pour pédophiles. (…) Scotland Yard a enquêté sur au moins vingt enfants disparus les six dernières années et ayant connu une fin horrible. Une équipe a été formée pour enquêter dans le marché crasseux des vidéos pornographiques, les snuff movies destinés à des pédophiles sataniques. En argot, snuff signifie mourir ; dans ces vidéos, les petites victimes sont filmées alors qu’elles sont torturées, violées et assassinées. La police est convaincue qu’au moins six enfants sont morts de cette manière à Londres et dans le comté du Kent. L’Angleterre a appris avec stupéfaction qu’au sein de la société circulent des monstres prêts à filmer les tourments, l’agonie et la mort des enfants pour satisfaire la perversité de beaucoup d’autres monstres [richissimes], qui déboursent des dizaines de millions pour une copie de film. »16. Sommes qui ne sont pas à la portée de la majorité des Britanniques…
Les mystères de la Belgique
250 millions de snuff movies sont commercialisés dans le monde entier. Aux États-Unis, pas moins de 20 millions de vidéos auraient été vendues dans les années 1990. Ce sont des scènes toujours plus cruelles montrant toujours la torture et la mort d’enfants. Chaque année, dans le monde, un million de bébés et d’adolescents sont victimes de la prostitution, du tourisme sexuel, de la pédophilie, de la pornographie, du sadisme de détraqués et de satanistes. De telles horreurs ont été révélées dans le cadre de l’affaire du pédocriminel Marc Dutroux, surnommé le « monstre de Marcinelle [section de la ville wallonne de Charleroi] ».
Les vidéos de Dutroux montrent des enfants violés et mis à mort. La dénonciation a été faite par Sophie Wirtz, juriste et responsable de la section belge du Mouvement du Nid, association d’aide aux personnes prostituées. « Dans cette tragédie, le fond de l’horreur n’a pas encore été touché. », a-t-elle déclaré.17
Dans l’entretien publié par un quotidien italien, la juriste affirme qu’au début de l’affaire Dutroux, six cents vidéos-cassettes de pornographie de mineurs séquestrés étaient en circulation. La présidente du Nid explique que « la pédophilie n’est pas un rapport affectif, mais l’expression de domination sur l’enfant dont le stade extrême est la mort »18.
L’affaire Dutroux concentre des faits de pédophilie, d’homicide, de nécrophilie, de snuff movies et implique des personnes de la haute société belge, du monde de la haute finance et de la politique.
En 1989, Dutroux avait déjà été condamné à treize années de prison pour avoir séquestré et violé à plusieurs reprises deux mineures en 1985, en compagnie de Michelle Martin, condamnée à six années pour des faits analogues. Cependant, le couple pédo-criminel n’a pas purgé la totalité de sa peine : Michelle Martin et Marc Dutroux sont libérés en août 1991 et avril 1992 par une grâce du roi, malgré l’opposition du procureur et des psychiatres. Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que Marc Dutroux récidive. En novembre 1992, il est accusé d’attouchements sexuels sur des jeunes filles à la patinoire de Charleroi. Interrogé par la police communale, il est aussitôt relâché sans être inquiété. Il se murmure alors que les petites victimes sont bien plus nombreuses qu’il n’a été rapporté : le 17 août 1996, dans la propriété de Marc Dutroux sont retrouvés les corps de deux fillettes de neuf ans Julie Lejeune et Mélissa Russo, enlevées le 24 juin 1995.
Selon les autopsies, les deux fillettes avaient l’anus largement dilaté. Mélissa avait les mains attachées quand on l’a retrouvée morte. Les liens avaient été placés post mortem pour déplacer le corps, qui ne pesait que seize kilogrammes. Les jambes de l’enfant auraient aussi été fracturées post mortem. Elle n’avait plus d’hymen et le vagin était dilaté d’environ quinze centimètres de diamètre. Ces preuves démentent alors la version officielle voulant  que les fillettes soient mortes de faim et de soif dans la cave de Marc Dutroux.
Pendant qu’en Belgique 350 000 personnes manifestaient contre le « monstre de Marcinelle », le silence le plus épais entourait l’arrestation survenue au Sri Lanka, en octobre 1996, de Victor Baumann. Cet industriel helvétique qui, à la tête de plusieurs sociétés au Sri Lanka, employait mille deux cent personnes et finançait une école, ainsi qu’un dispensaire, a été accusé du viol de mille cinq cents enfants !
La secte Anubis et le cas Dutroux
La tante d’une des deux fillettes assassinées par Marc Dutroux a fait de graves déclarations : « Le marché des vidéos porno qui met en scène des mineurs compte des ramifications dans toute l’Europe, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse. » Le quotidien flamand De Standaard a divulgué qu’au moins quatre policiers faisaient partie de la secte satanique Abrasax, suspectée d’avoir acheté des enfants au pédo-criminel Dutroux pour ses rites. Cette découverte déconcertante a été réalisée grâce à une lettre (« un bon de commande ») trouvée lors des recherches des corps de Julie et Melissa, ensevelies vivantes par le même Dutroux dans la maison de Bernard Weinstein.
Dans cette lettre de la secte satanique signée Anubis, il était demandé à Weinstein de « ne pas oublier que la grande fête approche et nous attendons le cadeau pour la grande prêtresse ».
Un autre document étrange demande de trouver « huit victimes de un à trente-trois ans ». Anubis, de son vrai nom Francis Desmedt, est « grand maître » de la soi-disant « vieille religion », une sorte d’association internationale de sorcières. La grande prêtresse n’est autre que Dominique Nephtys, membre de l’église belge de Satan. Quels sont les autres membres de cette secte satanique restée secrète ? Il est bien difficile de répondre, car les enquêtes n’ont pas pu avancer : le 14 octobre 1996, le juge d’instruction anti-pédophile Jean-Marc Connerotte a été dessaisi par la cour de cassation, pour avoir assisté à un souper spaghettis de soutien aux victimes de Marc Dutroux, dans le cadre d’une soirée organisée le 21 septembre.
Le magistrat n’enquêtera donc plus sur Dutroux, alors qu’il était devenu un héros populaire. Cette annonce a provoqué des manifestations et des grèves multiples. Une femme, pendant que les manifestants hurlaient « Justice pourrie », s’est exclamée : « Aujourd’hui des enfants sont assassinés pour la seconde fois ».
Le 12 décembre 2013, l’affaire Dutroux connaît un nouveau rebondissement : lors de la procédure de levée de son immunité parlementaire, le très courageux député fédéral belge Laurent Louis révèle être soutenu dans sa démarche par la grand-mère de Julie Lejeune, une des petites victimes de Dutroux. Il affirme aussi avoir rencontré un jeune homme qui a été violé à quatorze ans par Di Rupo. Laurent Louis a reçu le soutien de l’humoriste Dieudonné qui dans son spectacle interdit Le Mur, évoquait la pédophilie, laissant entendre ses liens avec les plus hautes sphères de l’Etat !
Le parquet général avait demandé à la Chambre de lever son immunité parlementaire, voté à l’unanimité par la clique des députés afin qu’il puisse être jugé. Le 7 juin 2012, Laurent Louis avait été inculpé pour recel de pièces du dossier Dutroux ainsi que pour calomnie à l’égard d’un journaliste présenté comme « protecteur des pédophiles ». Cette dernière prévention concerne également des « injures » proférées à l’adresse d’Elio Di Rupo, que le député avait plusieurs fois traité de pédophile.
Il Giornale du 15/3/1997
2La Stampa du 8/2/1987
3Nexus n° 23, juin 1999, (édition italienne)
4Laurent Glauzy, Illuminati : de l’industrie Rock à Walt Disney, les arcanes du satanisme, La Maison du Salat, 2012, p. 14
5Avvenimenti du 17/7/1991
6John DeCamp, The Franklin Cover-up, AWT, Inc. Lincoln, Nebraska, 1992
7Giovanni Caporaso et Massimiliano Cocozza Lubisco, Bambini. Il mercato degli orrori (Enfants. Le marché des horreurs) dans Avvenimenti du 17/7/1991
8Corriere della Sera du 20/5/1990
9G. Caporaso et M. Cocozza Lubisco, op.cit.
10Executive Intelligence Review, vol. 16, n° 8 du 17/2/1989 : Pedophiles arrestedmore powerful thanthe Mafia in Britain
11Corriere della Sera du 18/3/1990
12Executive Intelligence Review, op.cit.
13Gazzetta del Sud du 1/7/2000
14Il Giorno du 15/9/1990
15Teologica,septembre/octobre 1996
16Corriere della Sera du 28/7/1990
17Gazzetta del Sud du 23/11/1996
18Idem
http://lacontrerevolution.wordpress.com/2014/02/14/la-politique-au-service-de-lhorreur-par-laurent-glauzy-partie1/

Machiaviel homme de guerre

Si Machiavel ne possédait pas l’insatiable appétit d’un Jules II pour les conquêtes territoriales, et cette ambition qu’il avait de faire de l’Église le premier État italien, d’abord, puis le seul État italien lorsqu’il aurait englobé tous les autres, il y avait une passion qu’il partageait avec lui : la passion de la guerre, et l’amour des choses militaires.
Cette passion ne se manifestait pas de la même manière chez ces deux hommes. L’un aimait dans la guerre les ardentes chevauchées, le mouvement, l’action, les embuscades que l’on dispose pour l’adversaire et celles que l’on évite soi-même. La guerre c’était la galopade dans le petit jour, avec, derrière soi, le tumulte des chevaliers bardés de fer. C’était les bataillons de fantassins courant sur les coteaux, se glissant à travers les forêts, les escadrons déployant dans la plaine leur carrousel cruel. Pour l’autre, c’est un jeu raffiné, que le sédentaire peut tout aussi bien jouer; une partie d’échecs. L’un aime les soldats splendidement habillés, les panaches flottants, les fifres aigus et les longs tambours, l’acier miroitant et les beaux chevaux. Pour l’autre, un régiment est un pion sur l’échiquier et le soldat un élément presque abstrait, un chiffre dans le déroulement du kriegspiel. Sur les dessins qui illustreront son Arte della Guerra, hommes et batailIons sont figurés par des signes typographiques. Le thêta grec représente un canon, le « T » majuscule le connétable de la bataille, le « D » majuscule le chef de bataillon, « z » est un drapeau et « s » la musique. Il les dispose sur sa feuille de papier, comme un enfant qui s’amuse avec ses soldats de plomb, mais ici l’être vivant est réduit à une lettre, le piquier n’est plus qu’un « o », le chevau-léger un « e », l’homme d’armes un « r », et ainsi de suite. Malgré cela, les combinaisons militaires qu’il organise avec ces caractères sont extrêmement vivantes parce que l’art de la guerre pour lui est un art vivant et la stratégie une science vivante.
Ce n’était pas une science nouvelle. Les Anciens l’avaient pratiquée avec beaucoup de talent, et en cette matière comme en toutes les autres, il fallait s’adresser à eux pour obtenir des critères d’excellence et de perfection. L’histoire romaine est riche d’exemples qu’un capitaine moderne peut utilement suivre ; Machiavel, chaque fois que l’occasion se présente, ne cesse de donner en modèle à ses contemporains les stratèges grecs, parfois, et, le plus souvent, les romains. « Je vous répète que les Anciens faisaient tout avec plus de sagesse et mieux que nous, et si nous errons quelquefois dans les autres affaires de la vie, à la guerre nous errons toujours complètement. »
Ne sera-t-il pas périlleux de croire ainsi à la supériorité absolue et constante des Anciens, alors que tant d’éléments nouveaux entrent en jeu dans la guerre d’aujourd’hui ? L’artillerie, par exemple. A tout prendre, malgré l’usage des armes à feu que certains condottieri blâment et condamnent — Vitelli allait jusqu’à couper les mains des artilleurs et des arquebusiers ennemis qu’il faisait prisonniers pour les punir d’user de ces instruments déloyaux — malgré les changements que le canon a apportés dans la tactique de la cavalerie et de l’infanterie, il n’y a pas tant de différence entre les guerres d’autrefois et celles d’aujourd’hui. Les enseignements des Anciens demeurent donc parfaitement valables pour notre temps, et l’homme du XVe ou du XVIe siècle, si moderne qu’il se sente, a toujours intérêt à interroger ses devanciers.
Machiavel peut, à bien des égards, apparaître comme un théoricien de la guerre, et son opinion être suspecte sur ce point, mais les praticiens eux-mêmes, les Alviano, les Picinnino, les Baglioni, les Sforza et Gattamelata, et Colleone, et Braccio di Montone, et les Malatesta, et les Petrucci, emportent des livres avec eux en campagne, et lisent ou se font lire les hauts faits des Anciens. Non seulement pour exciter leur émulation et éveiller leur amour-propre, mais aussi pour y trouver d’utiles enseignements.
La nature du terrain n’a pas changé depuis les Romains. La nature de l’homme non plus. Les éléments essentiels des armées sont toujours les mêmes, fantassins légers et fantassins lourds, cavalerie lourde et cavalerie légère, artillerie à corde, chez les Romains, artillerie à poudre chez les modernes. Le cœur du soldat et ses muscles, aussi, demeurent pareils. Et ses appétits, et ses ambitions, et ses craintes. On peut apprendre l’art de la guerre dans les livres, et l’on peut écrire des livres pour l’enseigner aux autres.
De ce que Machiavel a d’abord appris cette science dans les livres, ne déduisons pas qu’elle est chez lui livresque. C’était un des grands mérites de cet homme, dont l’érudition n’a jamais fait un rat de bibliothèque, que cette faculté qu’il avait de transformer en quelque chose de vivant tout ce que contiennent les livres. Et aussi son application à vérifier sur le terrain l’exactitude de ce que lui avaient raconté les historiens et les annalistes.
Ce n’est pas un stratège en chambre, cet envoyé florentin qui participe avec les Vitelli au siège de Pise, qui, pendant plusieurs mois, chevauche botte à botte avec César Borgia, qui discute d’effectifs, de rendement et de matériel avec Caterina Sforza, cette « capitaine », qui écoute les ardents discours de Jules II, et suivant son doigt mince et fané, pointé vers la plaine, regarde évoluer dans la brume de l’aube les Suisses, les Gascons et les Albanais. La chance l’a bien servi qui, après 15 années de vie laborieuse, d’immenses lectures et de méditations théoriques sur la guerre, l’a mis en contact avec les meilleurs généraux de son temps, lui a permis d’entendre leurs leçons, et mieux encore, de les voir à l’œuvre, de distinguer leur technique particulière, leur méthode, leurs procédés, leur style. Chacun de ces grands artistes de la guerre, que ce soit César Borgia ou Giovanni delle Bande Nere — Jean des Bandes Noires — ou Niccolò da Tolentino, ou Boldrino da Panicale, dont ses lieutenants font embaumer le corps et dont ils feignent de venir prendre les ordres chaque matin, tant le prestige du grand soldat reste fort, même après sa mort — ou Carmagnola, ou cet Alberico di Barbiano, qui est dans son « art » un novateur aussi puissant et aussi original que Bramante, Paolo Uccello, Masaccio, Piero della Francesca le sont dans le leur — chacun de ces artistes de la guerre a en effet sa propre manière d’exprimer son génie, et de créer son œuvre ; on peut à bon droit nommer cela un style. Et ce fut le grand avantage de Machiavel que d’avoir ajouté l’expérience pratique acquise sur le champ de bataille aux connaissances théoriques puisées dans les bibliothèques.
La chance veut aussi que cette époque soit celle où des transformations profondes se produisent dans l’art et la technique de la guerre. Non pas seulement du fait que le matériel change, que l’emploi de l’artillerie fournit des facilités nouvelles et pose ainsi des problèmes imprévus, mais aussi en raison des bouleversements qui surviennent dans la vie des sociétés. La guerre de la Renaissance ne ressemble pas à celle du Moyen Age. Celle-ci dépendait encore des deux facteurs primordiaux à cette époque, la chevalerie et la féodalité. La guerre était le fait de la noblesse ; le vassal y servait le suzerain avec ses propres vassaux et avec les hommes de ceux-ci. Il ne s’agissait pas de patriotisme, mais seulement de fidélité au seigneur, cette fidélité n’excédant pas, d’ailleurs, les coutumes féodales qui fixaient le nombre de jours de services dus par le vassal ; si bien que celui-ci, arrivant à l’expiration du temps de service obligatoire, rentrait chez lui tout tranquillement avec ses soldats, même si son seigneur se trouvait à ce moment-là en pleine opération stratégique.
Pour parer à ces incertitudes qui étaient toujours la conséquence du service féodal, et pour ne plus dépendre de ses nobles qui l’aidaient plus ou moins loyalement, plus ou moins fidèlement, Louis XI de France créa une armée de métier, une armée obéissant directement et uniquement au roi, qui était à la disposition du roi pendant la paix et pendant la guerre, indépendante alors des levées seigneuriales, toujours hypothétiques. Cette armée de métier, toujours sous les armes, qu’on pouvait mettre en ligne d’un jour à l’autre, il suffisait de transformer sa mentalité pour en faire une armée nationale, c’est-à-dire pour lui donner un but qui ne soit pas seulement la paye et l’espoir du butin ; pour lui donner, en un mot, un idéal. Créer le sentiment patriotique, c’était armer moralement ces soldats qui de mercenaires devenaient alors des volontaires, dévoués corps et âme à cette entité dont on leur révélait l’existence : la patrie.
Si, en France, le processus d’évolution allait de l’armée de métier à l’armée nationale, en Italie il en était allé autrement. Le Moyen Age avait vu surtout les milices communales, formées par les habitants de la cité, qui lâchaient les outils de leurs professions pour prendre leurs armes dès que la cloche les appelait à la bataille. Nous avons dit déjà par suite de quelle spécialisation s’étaient créées les armées de métier, composées de mercenaires, création qui avait l’avantage de ne plus paralyser la vie commerciale en enlevant les individus aux champs, à la boutique ou à l’atelier pour les traîner sur les routes, la pique à l’épaule. L’armée de métier, nous l’avons vu, a créé, comme conséquence, le capitaine de métier, le condottiere. Ces spécialistes de la guerre, soldats et généraux, ont représenté d’abord quelque chose d’utile et d’économique, mais ils sont vite devenus envahissants, et ils ont fini par bouleverser toute la vie politique de l’Italie. L’ascension du condottiere jusqu’aux trônes les plus illustres et les plus éminents fut le résultat direct et inévitable de cet état de choses qu’il paraissait urgent de modifier.
Certains de ces condottieri, enfin, s’étaient spécialisés davantage encore, en devenant surtout des artilleurs, tels le duc d’Urbino, Federico da Montefeltro et le duc de Ferrare, Alfonso d’Este. Ceux-ci, célèbres par leur habileté dans le maniement des armes à feu, avaient créé d’importantes fonderies de canons, et le matériel perfectionné et nombreux dont ils disposaient les faisait particulièrement rechercher. Les plus grands artistes de ce temps, passionnés eux-mêmes par cet aspect du métier militaire plutôt que par l’esprit de la bataille proprement dit — sauf chez Cellini, qui est un aventurier et qui a la mentalité d’un lansquenet — s’intéressent aux choses de la guerre. Francesco di Giorgio ajoute à ses talents de peintre, de sculpteur et d’architecte une extraordinaire habileté à construire des machines de guerre, à bâtir des fortifications, à fabriquer des pièces d’artillerie. Il est un novateur, en cet art nouveau, comme l’est de son côté Léonard de Vinci, avec plus de fantaisie encore, et avec cette paradoxale et fantastique imagination qu’il apportait dans toutes ses créations. Ingénieur militaire au service de César Borgia pendant plusieurs années, Vinci a suivi le duc de Valentinois dans ses expéditions. Il a dessiné des cartes géographiques des régions où César rêvait de porter la guerre, avec une étonnante précision dans le relevé des détails topographiques. Il a consolidé les fortifications de Piombino en 1502, comme Francesco di Giorgio l’avait fait, l’année précédente, des fortifications de Sinigaglia, la ville du « bellissimo inganno ». Il est à côté de César, à la conquête d’Urbino et de Came­rino, à Sinigaglia aussi, et il est certain que Machiavel a connu, à cette époque, le peintre de la Joconde. Il n’en parle pas, bien entendu ; le nom d’aucun artiste ne vient jamais sous sa plume. Mais comment n’aurait-il pas été attiré par la majestueuse prestance et l’éblouissant génie de cet homme universel ? Attiré, oui, intéressé, mais non pas captivé. Machiavel, en effet, était strictement, étroitement, un homme politique, homo politicus, et c’était les choses de la politique qui le passionnaient à l’exclusion de toutes les autres.
La guerre, direz-vous… La guerre, pour lui, est un accessoire de la politique. Il ne l’aime pas pour elle-même, il ne l’étudie pas gratuitement. La formation militaire fait partie de l’éducation d’un homme d’État ; il l’affirme expressément. Les princes actuels, dit-il, « ne songent pas que, chez les Anciens, tout prince jaloux de maintenir son autorité pratiquait avec soin toutes les règles que je viens de prescrire, et se montrait constamment appliqué à endurcir son corps contre les fatigues et fortifier son âme contre les dangers. Alexandre, César et tous les grands hommes de ces temps-là combattaient toujours au premier rang, marchaient à pied, chargés de leurs armes et n’abandonnaient leur empire qu’avec la vie, voulant vivre et mourir avec honneur. On pouvait peut- être reprocher à quelques-uns une trop grande ardeur à dominer, mais jamais on ne leur reprocha nulle mollesse, ni rien de ce qui énerve et dégrade l’humanité. Si nos princes pouvaient s’instruire et se pénétrer de pareils exemples, ils prendraient sans aucun doute une autre manière de vivre, et changeraient certainement ainsi la fortune de leurs États ».
Avec les artistes, donc, qui ne s’intéressent pas ou qui s’intéressent peu à la politique, Machiavel n’a pas beaucoup de sujets de conversation. Indifférent à l’architecture, à la peinture, à la sculpture, il ne semble pas avoir pris plus de plaisir à la musique. Ses divertissements sont d’un ordre peu relevé, et demeurent, même dans l’âge mûr, ceux d’un saute-ruisseau. Aventures polissonnes, missives grivoises, beuveries et « chahuts », telles semblent être ses distractions, quand il délaisse les affaires sérieuses. Il n’est pas sûr qu’il ait rencontré Michel-Ange à cette époque ; il a certainement connu Vinci; mais parce qu’ils avaient à ses yeux moins d’importance qu’un capitaine d’aventures ou qu’un secrétaire d’ambassade, il ignore leur existence et ne mentionne pas leur nom. Même pas au titre d’ingénieur militaire ou d’expert en fortifications, qui, semble-t-il, aurait dû leur valoir de sa part une certaine attention bienveillante.
Qui fréquente-t-il à Florence ? Ses camarades de bureau, et de préférence son vieil ami Biagio Buonaccorsi, le confident de ses fredaines, le destinataire des lettres burlesques et obscènes, auxquelles ce curieux homme se complaît lorsqu’il est de loisir. Il converse aussi avec les érudits, les humanistes, tous ceux qui peuvent lui parler des « Anciens ». Il semble enfin avoir été un bon mari et un père attentionné, malgré son libertinage. Un amateur d’art, non ; sous aucune forme. Un intellectuel, dans le sens le plus étroit et le plus limitatif du mot, hélas ! Sourd au divin, aveugle à cette autre chose divine, l’art, il appartient tout entier à la politique.
La curiosité qu’il montre pour l’art militaire, le seul qui existe à ses yeux myopes, est donc un élément de sa passion pour la politique, de même que cet art est l’accessoire de l’art de l’homme d’État. Mais quand une chose l’intéresse, il s’y donne avec passion. Ainsi sera-t-il enchanté, malgré la besogne qui l’accable déjà, que la Seigneurie le charge, au retour de sa mission auprès de Jules II, de la réorganisation de la milice florentine. Ses idées en cette matière avaient attiré l’attention des Florentins qui constataient, d’autre part, le danger qu’il y avait à s’abandonner aux condottieri. L’idée de revenir en somme aux milices communales du Moyen Age inspire cette réforme dont on lui demande d’établir les plans.
Il ne s’agit pour la Seigneurie que d’un travail assez simple qui porte sur le recrutement des soldats dans les pays dépendants de la République. Pour Machiavel, cette question n’est qu’une des faces du problème général, qui est celui de la composition et de la conduite des armées. La besogne qu’on lui confie, assez terre à terre, puisqu’il s’agit de savoir combien on demandera d’hommes à chaque podestat, combien on les paiera, comment on subviendra à leur entretien, et qui les entraînera, se développe et rentre dans le cadre de sa vaste science militaire. La formation de la milice florentine est un appendice, en somme, à son « Art de la guerre », et il a l’avantage de pouvoir y réaliser ses projets, de faire de l’application pratique, alors que dans les autres domaines il reste un théoricien.
C’est avec un accent de tristesse sincère qu’à la dernière page de son Arte della Guerra il se plaint de n’avoir pas eu l’occasion de mettre en pratique ses idées; le destin ne lui a pas même accordé le bonheur de devenir le conseiller technique d’un prince capable de se laisser guider et instruire par lui. « Je me plains du destin qui aurait dû me refuser la connaissance de ces importantes maximes, ou me donner les moyens de les pratiquer, car à présent que me voilà arrivé à la vieillesse, puis-je espérer d’avoir jamais l’occasion d’exécuter cette grande entreprise ? J’ai donc voulu vous communiquer toutes mes méditations, à vous qui êtes jeunes et d’un rang élevé, et qui, si elles vous paraissent de quelque utilité, pourrez un jour, dans des temps plus heureux, profiter de la faveur de vos souverains pour leur conseiller cette indispensable réforme et en aider l’exécution. » Ses divers ouvrages militaires semblent ainsi l’expansion nostalgique et mélancolique d’un soldat manqué qui, dans les campagnes auxquelles il a assisté, a toujours joué le rôle passif du spectateur; qui, dans toutes les guerres a été un témoin et non un acteur ; qui a conçu de grandes, ingénieuses et fertiles idées, et qui n’a jamais eu l’opportunité de les réaliser. Il n’a pas plus été un grand capitaine qu’il n’a été un grand homme d’État. Un observateur, un critique, un historiographe, l’homme qui enregistre les faits, les commente, les classe et les conserve ; un homme qui écrit l’histoire, enfin, et jamais l’homme qui la fait.
Aussi prévoit-il les reproches qu’on lui adressera s’il s’aventure dans le domaine des « spécialistes ». Au début de son livre sur l’art de la guerre, il s’en justifie, parant adroitement les flèches qu’on ne manquera pas de lui lancer. « Je n’ignore pas, dit-il modestement, qu’il est téméraire d’écrire dans un métier que l’on n’a jamais exercé; je ne crois pas cependant que l’on puisse me faire de grands reproches d’oser occuper, sur le papier seulement, un poste de général dont beaucoup d’autres se sont chargés en réalité avec une bien plus insigne présomption encore. Les erreurs où je puis tomber en écrivant peuvent être rectifiées et n’auront nui à personne; mais les fautes de ceux-là ne sont aperçues que par la ruine des empires. » Ayant ainsi lancé sa pointe aux généraux malheureux, avec une certaine aigreur d’intellectuel, Machiavel déploiera tous les prestiges de sa science militaire.
Celle-ci, je l’ai dit, est nourrie à la fois par la lecture et par l’observation, mais l’observation l’emporte, en ce sens qu’elle contrôle, vérifie, homologue et entérine ce que lui a appris la culture. La constitution de la milice, qui occupe la plus grande partie des années 1506 et 1507, satisfait ce goût qu’il a pour le détail précis, pour l’application des mesures exactes, pour le fait pratique. Les Neuf ; dont il était le secrétaire de chancellerie, lui laissaient carte blanche. Aussi supportait-il toute la besogne, toute la responsabilité, et le travail l’accablait-il, mais il avait cette satisfaction rare et exquise d’agir à sa guise, selon ce qu’il croyait être le meilleur pour l’intérêt de l’État. Personne ne le contrôle ni ne le critique ; il est seul à poursuivre cette énorme correspondance que réclament l’enrôlement des soldats, leur armement, leur transport, leur nourriture, leur équipement. Son bureau est devenu un véritable bureau de recrutement où s’entassent les rôles de compagnies, les états de fourniture s, les bulletins de commandes et les factures. Il s’occupe du matériel aussi bien que des hommes, de l’artillerie et de l’intendance. Il est à la fois trésorier-payeur et garde- magasin, comptable et armurier. Submergé par les paperasses, il s’en échappe parfois pour aller faire fouetter quelque déserteur ou ramasser de force des insoumis.
Certains podestats faisaient la sourde oreille. IL courait alors les villages et les gros bourgs, stimulant zèle des indifférents, effrayant les rebelles par l’appareil de cordes et de coutelas que portent avec eux Don Michele, ce remarquable bourreau dont la République a hérité après la disparition du duc de Valentinois, et ses aides. Il faut qu’il organise la répression et, si celle-ci risque de provoquer des désordres plus graves, qu’il se fasse diplomate, qu’il arrange les choses sans mécontenter tramp les autorités locales, sans affaiblir, non plus, la milice. C’est à lui que les capitaines demandent les effectifs dont ils ont besoin, à lui que les maires refusent les levées prescrites. Et quand tout ce monde-là est habillé, chaussé, coiffé, armé, monté, on envoie les nouvelles recrues s’exercer au camp de Pise, où il y a chaque jour des escarmouches. Il s’agit alors de les loger, et l’on fait construire des baraquements, de les payer, en s’arrangeant pour que les bandits de grand chemin n’arrêtent pas en route les agents du Trésor, de leur fournir du pain, du vin, de la viande, de satisfaire aux mille réclamations des capitaines qui ne sont jamais contents, qui se jugent lésés, défavorisés, sacrifiés. Et il s’agit par surcroît d’inculquer à tous ces braves gens la notion de ce qu’on appelle le patriotisme, le dévouement au sol, à la cité, à la collectivité, pour empêcher que les agents recruteurs des autres compagnies au service des États voisins les débauchent et les fassent déserter quand on les aura à grands frais exercés, équipés et armés.
Ces menus détails mêmes sont passionnants pour qui se consacre avec tout son cœur et toute son intelligence à une tâche comme celle-là. Dans la correspondance et les notes de voyages de Machiavel, organisateur de la milice florentine, on retrouve ce souci des « petites choses » qui apparaît d’autre part dans son Arte della Guerra. Pour mieux dire, Machiavel est un homme qui sait qu’il n’y a pas de petites choses. Voyez avec quelle minutie il discute les moindres détails techniques, du creusement des fossés, des herses des portes dans les forteresses, de la forme des selles (« les selles à arçon et à étriers, inconnus des anciens, donnent aujourd’hui aux cavaliers une assiette à cheval beaucoup plus ferme qu’autrefois, et je pense que le choc d’un pesant escadron de gens d’armes est beaucoup plus difficile à soutenir que ne l’était celui de la cavalerie ancienne… »), de la manœuvre en limaçon, de la meilleure forme à donner aux affûts des canons. Les rayons courbés des roues des affûts français sont-ils préférables aux rayons droits des roues des affûts italiens ? Incontestablement. Écoutez avec quelle autorité et quelle compétence d’artilleur, de charroyeur, de charpentier il en discute. « Ce serait une erreur de croire que les Français ont voulu seulement donner par là plus de beauté à leurs roues, car on ne s’inquiète pas de beauté quand il s’agit de solidité. Quand l’affût est chargé, il porte également des deux côtés, ou il penche de l’un ou de l’autre ; s’il porte également, chaque roue, soutenant le même poids, n’est pas excessivement chargée ; s’il vient à pencher, tout le poids de l’affût tombe sur une roue, et si les rayons de celle-ci sont droits, ils peuvent aisément se briser ; ils penchent en effet avec la roue et ne supportent plus le poids d’aplomb. Ainsi c’est lorsque le char porte également et qu’ils sont moins chargés que ces rayons sont les plus forts, et ils sont plus faibles lorsque l’affût étant penché, ils sont chargés davantage. C’est tout le contraire pour les rayons courbés des affûts français. Lorsque leurs affûts viennent à pencher et s’appuyer sur une des roues, ces rayons ordinairement courbés deviennent alors droits et portent tout le poids d’aplomb ; et lorsque l’affût marche également, et qu’ils sont courbés, ils ne portent alors que la moitié du poids. »
J’ai dit que Machiavel considérait la guerre comme un jeu intellectuel, comme une partie d’échecs. Mais la marche des figures, les combinaisons tactiques dépendent, en fait, de tous ces éléments banals, terre à terre, si l’on veut, que le bon joueur doit connaître pour ne pas commettre d’erreur. Il sait bien que, dans la réalité, l’intendance joue un rôle aussi grand que l’état-major, qu’un soldat mal nourri perd la moitié de ses moyens. De là vient, chez lui, cette scrupuleuse attention partagée entre les grandes idées générales et les infimes détails matériels. Le grand capitaine est celui qui veille à la chaussure de ses hommes tout autant qu’à leur arquebuse ou à leur moral. Et c’est tout cela rassemblé qui constitue son traité sur la formation de la milice florentine, ses « provisions » pour l’infanterie et la cavalerie, son « art de la guerre », enfin, pleins de ces conseils utiles, modestes si l’on veut, qu’on le voit donner, par ailleurs, sur le plan de la science diplomatique, à son ami et disciple Rafaele Girolami, nommé ambassadeur du roi d’Espagne auprès de l’Empereur. Cette lettre à Girolami constitue un petit bréviaire à l’usage des ambassadeurs, aussi bien que ses traités militaires des bréviaires à l’usage des capitaines, et le Prince le bréviaire immortel de tous les hommes d’État ; ses Discours sur Tite-Live, moins connus, moins pratiqués, étant plus riches encore d’enseignements et d’expérience.
Écoutez-le chuchoter à l’oreille de Girolami : « Un honnête homme exécute ponctuellement les ordres qu’il a reçus, mais il y faut aussi de l’habileté. Pour bien s’acquitter d’une commission politique, il faut connaître le caractère du prince et de ceux qui le dirigent et s’attacher à ceux qui peuvent nous procurer facilement des audiences, car il n’y a rien de difficile pour un ambassadeur qui a l’oreille du prince ; mais il lui importe surtout de se faire estimer, et il y parviendra en réglant tellement ses actions et ses discours, qu’on le juge homme d’honneur, libéral et sincère. Ce dernier point est essentiel et beaucoup trop négligé. J’en ai vu plus d’un se perdre tellement dans l’esprit des princes par leur duplicité qu’ils ont été incapables de conduire la négociation la moins importante. Sans doute il est quelquefois nécessaire de couvrir son jeu, mais on doit le faire de manière à n’éveiller aucun soupçon et se tenir prêt à répondre si l’on vient à être découvert. » Ce qui prouve que le « machiavélisme » dont on fait honneur à l’inventeur de ces sages conseils ne consiste pas dans un emploi systématique de la duplicité, de la fausseté et du mensonge, mais davantage dans l’alternance de la sincérité et de la dissimulation, selon que les circonstances réclament l’une ou l’autre.
On voit donc Machiavel homme de guerre attacher autant d’importance aux « boutons de guêtre » que Machiavel diplomate recueillir les moindres renseignements et utiliser tout ce que pourra lui apprendre d’insignifiant en apparence une conversation fortuite. Mais quand il se hausse au-dessus des simples détails techniques, il embrasse alors tout l’ensemble de la question avec une largeur de vues, un vaste esprit de synthèse qui sont vraiment, dans cette matière comme dans les autres, le coup d’œil du génie. Il a, ainsi, très bien jugé l’efficacité et l’avenir de cette arme toute nouvelle qu’est l’artillerie. L’usage des armes à feu obligeait en effet les capitaines à modifier l’ordre de bataille et les évolutions traditionnelles des fantassins et des cavaliers. La lenteur du tir, les longs préparatifs qu’exigeait la mise en batterie des bombardes, l’usure rapide des canons empêchaient ces armes à feu de jouer un rôle décisif dans la bataille. Elles servaient surtout dans les sièges. En rase campagne, il était assez facile de se préserver. « Les coups de la grosse artillerie, le plus souvent sans aucun doute, portent à faux. L’infanterie a si peu de hauteur, et cette artillerie est si difficile à manier que, pour peu que vous leviez le canon, le coup passe par-dessus la tête ; si vous l’abaissez, il frappe à terre et n’arrive pas. Songez encore que la moindre inégalité de terrain, le moindre buisson, la plus légère éminence entre vous et l’artillerie arrête tout son effet. Quant à la cavalerie et surtout aux gens d’armes qui sont plus élevés et plus serrés que les chevau-légers, il est plus facile de les atteindre… » De là les formations de bataille imaginées par Machiavel et reproduites dans son livre, remarquables pour leur mobilité, leur souplesse, leur moindre vulnérabilité.
Avait-il expérimenté lui-même, sur le terrain, les avantages de ces formations ? C’est peu probable. Il fallait, pour commander la manœuvre d’un bataillon, des connaissances pratiques qu’il n’avait pas pu acquérir ni exercer. Maître du kriegspiel sur le papier, Machiavel devait se montrer assez maladroit dans des exercices auxquels, en revanche, excellait un simple sous-officier d’infanterie. Les condottieri avec lesquels il discutait de stratégie s’amusaient parfois à le « mettre au pied du mur », et la légende raconte que Giovanni de Medici, le fils de Caterina Sforza, le fameux « Jean des Bandes Noires », se divertit un jour à lui confier un régiment de trois mille hommes évoluant dans la plaine, pour qu’il le fasse manœuvrer à sa guise. Machiavel, rapporte Bandello qui raconte l’histoire, sua sang et eau pendant deux heures sans obtenir autre chose qu’un désordre affreux ; sur quoi Jean des Bandes Noires, prenant le commandement, avec quelques ordres et quelques roulements de tambour, redressa la manœuvre, et dirigea sans peine les mouvements de cette compagnie.
Cette piquante démonstration de la supériorité du « praticien » sur le « théoricien » en cette matière n’empêche pas les conclusions de Machiavel de représenter un progrès considérable sur l’esprit du temps. Celles sur la constitution de l’armée, par exemple, et les avantages qu’il y a à choisir les fantassins parmi les paysans et les cavaliers parmi les citadins, ses remarques sur l’âge des soldats, sur leurs aptitudes physiques, sur leur entraînement. Ce sont là toutes choses que les condottieri savaient d’instinct, mais Machiavel les a précisées, codifiées, afin d’instruire justement les profanes, les « civils » qui n’entendent rien aux choses militaires.
Il se propose d’intéresser ces profanes, ces civils, aux lois qui commandent la composition et l’entretien d’une armée, parce qu’il a besoin de l’adhésion de l’opinion publique à la réforme qu’il préconise et dont les condottieri vont être les premières victimes. Le désir qu’il a de créer une armée nationale exclut en effet tous les éléments proprement mercenaires qui se louent au plus offrant et qui n’apportent à la guerre qu’un esprit de lucre. Machiavel est l’inventeur du patriotisme italien, ou, pour mieux dire, il veut répandre dans la masse du peuple ce sentiment qui est resté jusqu’alors le privilège de quelques esprits plus éclairés, de quelques cœurs plus généreux. L’Italien de la Renaissance connaissait uniquement un patriotisme local, un esprit de clocher. Transformer ce sentiment étroit, exclusif, limitatif, en un patriotisme national est un de ses plus ardents espoirs. Voulant une Italie unie, il comprend la nécessité de la doter d’une armée nationale et de la soustraire à l’ingérence des étrangers, aussi bien dans le domaine, considérable, du gouvernement des États que dans celui, plus modeste, de la composition des armées. 
Au cours des diverses campagnes auxquelles il avait assisté, Machiavel avait constaté les nombreux défauts des armées de métier, des condotte, qui n’étaient à tout prendre qu’une solution lâche, avare et paresseuse. Pour éviter à leurs sujets de faire la guerre et pour épargner à leurs finances l’entretien d’une armée permanente, les États italiens s’étaient mis entre les mains d’aventuriers et d’étrangers. Certains condottieri étaient des hommes de grande valeur, mais leur état même faisait qu’ils servaient indistinctement l’une ou l’autre république. Vendant leurs services, ils agissaient comme tous les commerçants qui s’efforcent d’en donner le moins possible tout en se faisant payer le plus cher possible. Leur insolence, leur arrogance, leur mauvaise foi, leur avidité surpassaient le plus souvent leur conscience professionnelle, sauf peut-être chez un Carmagnola qui était un honnête homme, et chez un Federico d’Urbino, dont l’honnêteté tournait à la faiblesse.
César Borgia l’avait bien compris ; le jour où il a été persuadé que ses condottieri se disposaient à le trahir, il avait constitué une armée « nationale » levée parmi ses sujets romagnols qui lui étaient dévoués corps et âme. C’est par leur armée nationale que les Suisses, démontre Machiavel, ont atteint une supériorité militaire indiscutable. C’est par leur armée nationale que les Romains sont devenus les maîtres du monde ; nationale, en effet, était essentiellement leur armée, malgré les nombreux auxiliaires qu’ils employaient, cavaliers arabes et germains, frondeurs baléares et crétois, « artilleurs » grecs, puisque le noyau, la légion, était constitué uniquement par des Latins. Il faut donc, en cela comme dans tout le reste, revenir à l’exemple des Anciens. Enflammé par la lecture de Tacite, de Tite-Live, de César, Machiavel s’enthousiasme pour ces petits légionnaires bruns à tète ronde, manœuvrant sous le cep de vigne des centurions, abreuvés de vinaigre et nourris de biscuits secs, qui sur toutes les routes de l’univers ont porté leur épée courte et leur bouclier carré.
Il faut revenir à l’armée nationale qui, seule, possède un « moral » et une âme ; constituée par des citoyens, commandée par des citoyens ; en un mot par des hommes attachés au sol qu’ils défendent par les liens de l’affection, du dévouement et du patriotisme. 
En cela comme en beaucoup d’autres choses, Machiavel ressemble à ces hommes de la Révolution française, qui proclamaient la Patrie en danger et commandaient la levée en masse. En Italie, aussi, à cette époque, la Patrie était en danger. Le sol national était violé par les Espagnols qui tenaient le royaume de Naples, par les Français qui avaient Milan et convoitaient toujours davantage, par l’empereur Maximilien, enfin, qui, à cette époque, faisait de grands préparatifs pour descendre en Italie. Était-ce seulement dans l’intention de venir se faire couronner à Rome ? Ou bien, reprenant la politique de ses prédécesseurs souabes, prétendait-il restaurer la toute- puissance de l’Empire dans la péninsule ?
Tous ces événements, tous ces périls commandaient à l’Italie de devenir forte et de s’unir, pour faire front contre les « Barbares ». En cela Machiavel pensait comme Jules II, mais non pour les mêmes motifs. Alors que l’un aspirait à accroître indéfiniment le prestige de l’autorité du Saint-Siège, l’autre était mû simplement par ce sentiment patriotique, anachronique, en ce sens qu’il était très rare chez les hommes de ce temps, et exceptionnel en Italie où les particularismes locaux, les divisions, les jalousies, les susceptibilités favorisaient l’intervention étrangère.
Ce patriotisme, il s’efforce de l’enseigner à ses contemporains, d’abord en leur donnant pour exemple leurs ancêtres les Romains qui, grâce à lui, avaient atteint la toute-puissance ; en leur démontrant ensuite que leur intérêt le commande, qu’à moins de transformer leurs institutions militaires, les États italiens périront. Et comme la transformation des institutions militaires implique de profonds changements dans les idées, les mœurs et les habitudes, c’est une métamorphose radicale, en somme, qu’il entend imposer à ses concitoyens. 
Parviendra-t-il à les convaincre ? Il s’applique à persuader d’abord les deux Soderini, le gonfalonier perpétuel, et le cardinal, dont il réclame le concours. Il veut aussi toucher le peuple lui-même, dans les magistrats qui le représentent, dans sa conscience collective, dans l’ « opinion publique ». Il s’efforce de créer un mouvement d’opinion, et à cette fin il organise de fréquentes parades, au cours desquelles on fait défiler dans les rues et manœuvrer sur les places cette nouvelle milice florentine qu’il a recrutée, équipée, armée, exercée à grand-peine et à grands frais. Ces manifestations qui intéressent le peuple, toujours épris de spectacles gratuits, rendent compte des efforts faits par lui, Machiavel, pour doter sa ville de l’armée nationale qui lui faisait défaut. Dorénavant, la patrie ne sera plus défendue par des Suisses, des Gascons ou des Espagnols. Les Florentins eux-mêmes ou, pour mieux dire, les Toscans, puisque l’armée est recrutée dans les villes et les villages tributaires de Florence, protégeront la Toscane contre l’ennemi étranger.
Il ne s’agit pas encore d’une armée nationale italienne : il ne faut pas être trop exigeant. Le passage du patriotisme provincial au patriotisme national sera long et difficile, et l’armée nationale italienne ne sera possible que le jour où les Toscans, les Lombards, les Napolitains, les Vénitiens se considéreront comme des Italiens, et penseront italien. En attendant le jour lointain où l’Italie sera pour tous les habitants de la Péninsule une réalité géographique, politique, sociale, morale, psychologique, et je dirai même : sentimentale, il faut parer au plus pressé et appliquer son sentiment patriotique à la « petite patrie ».
La création de la milice nationale est un premier pas fait pour se libérer de la tutelle des étrangers ; plus de soldats étrangers, plus de chefs étrangers. Firenze fara da sè. Cela s’accomplit en ce qui concerne les soldats, gars racolés dans la campagne toscane, à grand labeur, après de longs voyages et d’interminables correspondances avec les podestats. Pour les chefs, pas encore. On s’étonnera que Florence, animée de ce noble désir de ne dépendre que d’elle-même et de ses fils, confie le commandement de son armée nationale, de nouveau, à un étranger.
Et quel étranger ! Un Espagnol, un aventurier que la Seigneurie a ramassé parmi les débris de l’armée de César Borgia. L’homme à tout faire du duc de Valentinois, l’exécuteur des hautes œuvres, le bourreau qui a, de ses mains, passé le lacet autour du cou des victimes de Sinigaglia. Ce Don Michele, qu’on appelle familièrement Michelotto, élevé à la dignité de capitaine général des troupes florentines, se met à la tête de la milice. Un paradoxe ? non pas, une vieille tradition, dont il sera difficile de se débarrasser : celle qui fait préférer l’étranger au concitoyen, de peur que celui-ci ne s’enorgueillisse ou ne tire avantage de sa nouvelle dignité. On aurait pu choisir Antonio Tebalducci Giacomini, qui est un bon soldat, un technicien valeureux, qui a vaincu l’Alviano en 1505, et qui, par surcroît, appartient à une vieille famille florentine. Non, on lui préfère cet Espagnol taré, qu’on avait jeté en prison après la chute de César Borgia, par horreur de tous les crimes qu’il avait commis. Ah! ils seront difficiles à changer, ces Florentins !
En fait, le problème du chef ne se pose pas d’une façon aiguë pour le moment, puisque Florence n’est pas en danger ; les opérations devant Pise font partie de la routine quotidienne. Peut-être espère-t-on aussi que la réputation de cruauté froide, implacable, qui accompagne en tous lieux le féroce Michelotto aura une heureuse influence sur la discipline de la milice. Celle-ci, en effet, n’est pas composée de soldats de métier, déjà rompus à la vie militaire, mais de paysans, qui ont quitté la charrue pour prendre la pique et l’arquebuse. Machiavel sait bien que le patriotisme ne sera pas un élément suffisant pour assurer l’homogénéité, la solidité de l’armée, et surtout sa docilité, son obéissance immédiate et aveugle. Le regard dur de Michelotto, sa bouche mauvaise, ses jurons castillans, et sa promptitude à jouer du poignard feront plus, probablement, que toutes les qualités de Giacomini. C’est Machiavel, d’ailleurs, qui soutient de toutes ses forces la candidature de Don Michele, contre une opposition tenace et hostile ; on craint, semble-t-il, que Soderini veuille s’appuyer sur Michelotto pour exercer la tyrannie.
Soderini émule de César Borgia ? Machiavel sait bien qu’il n’y a rien à craindre. Le jour où Soderini mourra, il écrira une épigramme féroce dans laquelle il montrera l’ancien gonfalonier rejeté du paradis par les anges, de l’enfer par les diables. « Soderini ? Qu’il s’en aille dans les Limbes, là où sont les petits bébés ! » Il fallut trois votes successifs au Conseil des Quatre-Vingts pour obtenir la majorité nécessaire à la nomination de Don Michele. Cela fait, Machiavel se hâta de l’envoyer devant Pise où les « miliciens » piétinaient et, du jour au lendemain, les opérations prirent un rythme plus vif, les nouveaux soldats se battirent plus courageusement.
Pourquoi ? Eh ! Machiavel connaît bien les hommes. Il suffisait de leur donner un chef qu’ils redoutassent plus qu’ils ne redoutaient les Pisans.
Marcel BRION